Emmanuel Lochac

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Emmanuel Lochac
Nom de naissance Emmanuel Loschack
Naissance
Kiev
Décès (à 70 ans)
Nice
Activité principale
Auteur
Genres

Emmanuel Lochac, dit Loschack, né à Kiev le , mort à Nice le , est un écrivain et poète français d'origine ukrainienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Emmanuel Lochac nait à Kiev le 27 mars 1886, de Joseph Loschack (translittération approximative d'un nom, écrit en alphabet cyrillique, qui signifie mulet en slave) et Sonia Zudkowitch. En 1894, sa famille émigre en France et s'installe à Paris, rue François-Miron. Il fréquente l'école communale de garçons située rue des Hospitalières-Saint-Gervais. Son père, érudit et polyglotte, joue un rôle certain dans son éducation[1].

En 1898, lui nait un frère, Georges. Étant de santé fragile, atteint de tuberculose pulmonaire, il fait entre 1901 et 1914 de fréquents séjours en sanatorium, en particulier à Cimiez, près de Nice. En 1906, il rencontre à Villiers-le-Bel Albertine Cornet, qui a alors quatorze ans, et qu'il épousera en 1922. En 1914, considéré comme guéri, il revient de Nice à Paris, tente en vain de s'enrôler dans la Légion étrangère[2], et s'inscrit à l'École du Louvre. En 1919, encouragé par Han Ryner, il publie son premier livre. En 1922, il épouse Albertine Cornet, reste installé à Paris, fréquente Han Ryner et Jean de Gourmont, puis Jean Royère et Valery Larbaud en 1924. Il s'établit alors 13 rue Édouard-Manet, mais conserve pour ses activités professionnelles, leçons et traductions — en particulier du portugais —, un bureau avenue de la Sœur-Rosalie, au domicile de ses parents. Il publie dans diverses revues : La Flandre littéraire, La Revue nouvelle, Les Cahiers du Montparnasse.

En 1931, il s'établit à Fontenay-sous-Bois, 53 rue du Clos d’Orléans. Sa mère meurt en 1934, époque où il fait la connaissance de Sully-André Peyre. En 1936, il publie ses Monostiches. En 1940, l'occupation de la France coïncide avec la mort de son père. Il a alors une vie à risque, du fait de ses origines juives et de sa nationalité russe, mais il continue à fréquenter des lieux publics parisiens tout en refusant de porter l'étoile jaune et étant démuni de papiers d'identité. Il finit par entrer dans la clandestinité, et se réfugie à Marolles-en-Brie. Il cesse alors temporairement de publier.

En 1945, recruté par le poète Charles Tillac, il entre au jury de la Société littéraire des PTT. En 1947, il est reconnu par Jean Paulhan dans son anthologie Poètes d'aujourd'hui. Entre 1948 et 1956, il publie sept livres. À la même époque, il fréquente le groupe Les Poètes inactuels, qui donnera naissance, avec Jacques-Gustily Krafft, au groupe Le Poisson d'Or, devenu ultérieurement Le Cercle Aliénor, cercle d'esthétique qui à ce jour existe encore. En 1955, Alberte Lochac ayant pris sa retraite, il s'installe à Nice, où il meurt le 10 novembre 1956 d'un accident cardiaque.

Bibliographie[3][modifier | modifier le code]

Ouvrages édités[4][modifier | modifier le code]

Poèmes
  • L'Oiseau sur la pyramide, avec une préface de Jean Royère, Albert Messein, coll. « La Phalange », 1924. Ouvrage dédié A mon frère Georges Lochac
  • Le Promenoir des Élégies, Albert Messein, coll. « La Phalange », 1929
  • Monostiches, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1936
  • Le Tribut à Mélusine, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1938
  • Hier nous attend, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1938
  • Obélisque, micrones, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1946
  • Un Souffle et une Ombre, ghazels, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1951
  • Sixains de Persévérances, poèmes, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1956
Proses
  • Le Dimanche des malades, prose suivies de quelques vers, Éditions La Veilleuse, 1919. Dédié à Han Ryner.
  • Le Secret du Belvédère, avec un avant-propos de Valery Larbaud, les Écrivains réuinis, Paris, 1927, hors commerce
  • Le Poète et les Sphynges, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1949
  • Avant Arcturus, maximes, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1949
  • La Charte de l'Ephémère, maximes, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1952
  • Propitiations du Temps, maximes, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1953
  • La Bouteille dans le Vide, maximes, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1954. Avec en épigraphe une phrase d'Alexandre Chneour : Le lendemain, toutes les plages du nord de Tunis étaient couvertes de millions de papillons rejetés par la mer.
  • Contre le forclos, livre posthume, Marsyas, Éditions Aigues-Vives, 1958
Pré-publications en diverses revues
  • Douze tercets de l'Oiseau sur la pyramide, parus dans La revue de l'Époque, 1921
  • Faux-jour, six quatrains, paru dans Yggdrasill, bulletin mensuel de la poésie en France et à l'Étranger, no 6, octobre 1936
  • Le Poète et les Sphynges, paru en revues et non tiré en volume, 1949
Pré-publications dans la revue Marsyas

Marsyas était la revue bilingue provençal-français de Sully-André Peyre, publiée de 1921 à 1961. Elle accueillit Emmanuel Lochac, toujours en première page, comme auteur-contributeur. Figurèrent au sommaire de la revue :

  • no 246, juin-juillet 1946, pages 1243 à 1253 : Hier nous attend
  • no 261, juin-juillet 1948, pages 1419 et 1420 : Le poète et les sphynges, 1° partie
  • no 271, septembre-octobre 1949, pages 1535 à 1539 : Avant Arcturus
  • no 283, janvier-février 1951, Un souffle et une ombre
  • no 292, mars-avril 1952, pages 1755 à 1759 : La charte de l'éphémère
  • no 301, avril 1953, pages 1879 à 1882 : Propitiation du temps
  • no 313, septembre 1954, pages 1991 à 1995 : La bouteille dans le vide
  • no 325, janvier-février 1956, pages 2119 à 2123 : Sixains de persévérance

Présence dans des anthologies[modifier | modifier le code]

Anthologies à proprement parler
  • Poètes d'aujourd'hui, supervisée par Jean Paulhan, Éditions de Clairefontaine, 1947
  • Anthologie des Poètes du Poisson d'Or, Éditions Sésame, Paris, 1956
  • Anthologie critique, établie par Sully-André Peyre, Marsyas, juin 1958
  • Nouveau trésor de la poésie, par Pierre Menanteau, Éditions Sudel, 1974
Florilèges
  • Au pas feutré du songe, choix de vers et de proses, Cahier des Images de Paris, introduction par Élie Richard, 1967
  • Le Charbonneur de murailles, éditions L'Oie de Cravan, 2003, avec une brève présentation due à Pierre Peuchmaurd, (ISBN 2 922399 24 9), 33 p. Signalée à tort sur certains sites internet comme étant un ouvrage d'Emmanuel Lochac, cette plaquette est en fait une compilation -significative- d'extraits de son œuvre en prose, essentiellement des aphorismes[5]. Le titre est repris d'une des publications faites dans Le Manuscrit autographe.
  • La revue de Jean Royère, Le Manuscrit autographe, chez Auguste Blaizot et fils, qui connut 44 numéros (janvier 1926 / octobre 1933), a publié à plusieurs reprises des fragments de l'œuvre d'Emmanuel Lochac :
    • numéro 8, 1927, Le cueilleur de simples, aphorismes
    • numéro 12, 1927, Le charbonneur de murailles, aphorismes
    • numéro 20, 1929, Le livre d'or de l'auberge, aphorismes
    • numéro 24, 1929, Monostiches, cinquante monostiches qui ne sont pas repris dans le recueil de 1936

Signalement dans des ouvrages de littérature française[modifier | modifier le code]

  • René Lalou, Histoire de la littérature française contemporaine, PUF, 1941, t. II, p. 2
  • Henri Clouard, Histoire de la littérature française, Albin Michel, t. II, p. 170-171
  • Jean Rousselot, Dictionnaire de la Poésie française contemporaine, Larousse, 1968, p. 152
  • Robert Sabatier, La Poésie du XXe siècle, Albin Michel, 1982, t. I, p.491-492 ; t. III, p. 48 et 89

Articles, études et morceaux choisis dans des revues littéraires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Sape n° 6-7, p. 65-66.
  2. Lettre d'Emmanuel Lochac à Valéry Larbaud, daté de Paris, le 18 mars 1929.
  3. Emmanuel Lochac, ses visages et leurs énigmes, ouvrage collectif, sous la direction de Jacques Arnold, Éditions La Jointée, Paris, 1994, p. 230.
  4. D'après Aux pas feutrés du songe, florilège composé par son éditeur Sully-André Peyre
  5. voir la biobibliographie de Pierre Peuchmaurd