Emma Chenu

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Emma Chenu
Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
BeauvoirVoir et modifier les données sur Wikidata
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Activité
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Archives conservées par
Archives nationales (F/17/22794)
Archives nationales (AJ/16/5481)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Emma Chenu
Signature

Emma Chenu est une enseignante française, deuxième femme à obtenir le baccalauréat (1863) et la Française à être diplômée d'une licence universitaire (1868).

Biographie[modifier | modifier le code]

Emma Chenu est née le à Belleville, rue de Tourtille (aujourd'hui 20e arrondissement de Paris)[1],[2]. Fille de Robert Chenu, marchand épicier, et de Marie Louise Dutemple, elle a au moins une sœur, la graveuse Maria Chenu.

Elle réside à Beauvoir (Seine-et-Marne) au début du XXe siècle[3], et y décède le 10 octobre 1912.

Carrière[modifier | modifier le code]

Emma Chenu obtient son brevet supérieur de l'enseignement primaire en 1855 à Paris[4].

Le , elle est la deuxième française à réussir le baccalauréat[4],[1], la première bachelière française étant Julie Daubié, bachelière ès lettres à Lyon en 1861. Elle passe le diplôme en spécialité sciences mathématiques auprès de la faculté des sciences de Paris[1], une première dans cette université[5]. La presse évoque les félicitations qui lui sont adressées par le doyen de la faculté des Sciences Henri Milne-Edwards[6].

Licence ès sciences d'Emma Chenu - Archives nationales.

En , elle devient la première française à obtenir une licence (ès sciences mathématiques), toujours à la Faculté de Paris[4],[1],[7].

Lors du siège de Paris en 1870, elle siège aux côtés de Julie-Victoire Daubié dans la commission mixte de l'enseignement mise en place par les maires de Paris Étienne Arago puis Jules Ferry.

Enseignante, Emma Chenu donne des cours préparatoires aux examens de l'enseignement primaire (élémentaire et supérieur) de 1856 à 1875 à Paris[4], et est correctrice à la Sorbonne des cours de l'Association de l'enseignement secondaire de jeunes filles[4]. En , alors enseignante dans un établissement secondaire de Seine-et-Marne, elle demande en vain un emploi de professeur à l'École normale supérieure de jeunes filles qui vient d'être créée. Elle est recommandée par Henri Brisson[4]. Elle refuse à l'automne une proposition de poste de direction de l'externat secondaire de jeunes filles de Montauban, qu'elle juge trop éloigné de Paris.

Emma Chenu publie plusieurs ouvrages pédagogiques et recueils de sujet d'examen[8]. Elle collabore, en 1888 et 1889, à l'éphémère Revue scientifique des femmes, fondée par Céline Renooz[9],[10].

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

À partir de 2020, des voies commencent à être attribuées à Emma Chenu : une rue porte son nom à Aubervilliers[11] depuis 2020, ou encore une allée à Saint-Avé (Morbihan).

Début 2022, l'université de Bretagne Occidentale nomme l'un de ses amphithéâtres en son honneur, à la suite d'une consultation publique[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Archives nationales (France), registre de réception des licenciés ès sciences de la Faculté des sciences de Paris, cote AJ/16/5481
  2. Family search, état civil reconstitué de la ville de Paris, consultable en ligne.
  3. Elle est mentionnée dans le recensement de Beauvoir (Archives départementales de Seine et Marne, recensement de Beauvoir, 1906).
  4. a b c d e f et g Archives nationales (France), dossier de fonctionnaire de ministère de l'Instruction publique, cote F/17/22794.
  5. Le Croisé, 17 novembre 1866, consultable sur Gallica.
  6. Journal des débats politiques et littéraires, 21 avril 1863, consultable sur Gallica.
  7. Le Petit journal, 14 juillet 1868, consultable sur Gallica.
  8. Bibliothèque nationale de France, catalogue en ligne.
  9. Le XIXe siècle, 16 juillet 1888, consultable en ligne.
  10. Bibliothèque nationale de France, notice du Catalogue général.
  11. Mairie d'Aubervilliers, délibération du 17 décembre 2020, consultable en ligne.
  12. « L’Université de Bretagne Occidentale féminise les noms de ses amphithéâtres à Brest et à Quimper », sur letelegramme.fr, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]