Emma Albani

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Emma Albani
Emma Albani.jpg
Portrait d'Emma Albani
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Brompton (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Emma Albani (née Marie-Louise-Emma-Cécile Lajeunesse à Chambly, le - Kensington, le ) est l'une des sopranos les plus célèbres du XIXe siècle et début du XXe siècle, et la première cantatrice canadienne à devenir une célébrité internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Marie-Louise-Emma-Cécile Lajeunesse naît à Chambly, au Québec[1], d'un musicien professionnel, Joseph Lajeunesse (professeur de harpe, piano et d'orgue), et de Mélina Mignault. Elle commence ses études musicales à quatre ans avec son père. Deux ans après la mort de sa mère en 1856, elle poursuit son éducation au couvent du Sacré-Cœur[2] qu'elle quitte en 1865 après sept années d'études rigoureuses. Sa famille déménage alors à Albany, New York en 1865, où elle devient une chanteuse populaire et gagne de l'argent pour continuer ses études. En 1868, elle part pour l'Europe, où elle étudie avec Gilbert Duprez au Conservatoire de Paris[1]. Elle reste six mois à Paris, puis va en Italie à Milan, où elle étudie la technique de chant italienne avec Francesco Lamperti. Sur les conseils de son professeur d'élocution, Signor Delorenzi, elle change son nom en Emma Albani, qui sonne plus européen[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Madame Albani, 1884
Emma Albani
Emma Albani

Elle fait ses débuts à l'opéra le , à Messine au Teatro Vittorio Emanuel, jouant Amina dans La sonnambula de Vincenzo Bellini[4], adoptant comme l'a suggéré son professeur d'élocution le nom d'Albani emprunté à une vieille famille Italienne[réf. nécessaire]. Albani est immédiatement invitée à Malte pour jouer dans divers opéras, et l'année suivante elle signe un contrat de cinq ans avec Frederick Gye, le directeur du Covent Garden. Elle connut un grand succès à Malte et Florence. Elle fait ses débuts londoniens le 2 avril 1872[5]. La qualité de sa voix était très appréciée. Elle fait ensuite des tournées en Russie et aux États-Unis. En 1875, Emma Albani se rend en Allemagne, à Dresde et Munich, où, avec Franz Wiillner, elle étudie des rôle du répertoire opératique wagnérien[6]. Le 6 août 1878, elle épouse Ernest Gye, le fils de Frederick Gye, un directeur d'opéra[1]. Le couple a un fils, prénommé Frederick-Ernest, l'année suivante. Cette même année, son époux devient locataire du Covent Garden après la mort de son père. Plus tard, elle fut très talentueuse dans le rôle d'Eva (Die Meistersinger) et Desdemona. Elle chanta dans le premier Covent Garden de la Metropolitan Production.

Elle a chanté dans beaucoup d'oeuvres, notamment dans celles de Gounod, Mackenzie, Cowen, Dvorak, Elgar, etc. Et en 1886, à St Elizabeth, à l'occasion de la visite de Franz Liszt en Angleterre. Elle a aussi chanté à l'opéra et fait des concerts à Paris, à Bruxelles, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Mexique, au Canada et plus tard une tournée en Inde, en Australie et en Afrique du Sud. Sa voix était la voix d'une remarquable soprane d'une qualité sans nom.

Albani se joint à la tournée Abbey-Graw en 1889, et fait ses débuts au Metropolitan Opera en 1891 dans le rôle de Gilda dans Rigoletto. Elle connu le dernier et grand triomphe de sa carrière en 1896 en tant que Isolde dans Tristan[1] et le Roi Marc de Jean Edouard de Reszke. Elle relâche sa carrière mais continue les tournées, visitant notamment le Canada en 1901, 1903 et 1906. Elle donne sa dernière représentation publique à Londres en 1911[1]. Elle a aussi fait quelques enregistrements au début des années 1900, grâce à l'invention du phonographe.

Peu après son abandon de la scène, de mauvais investissements de son mari réduisent le couple à une quasi-pauvreté et Albani doit chanter dans les music-halls et donner des cours de chant. En 1925, son mari meurt, et des concerts bénéfices amassent assez d'argent pour lui permettre de vivre dans l'aisance jusqu'à sa mort, en 1930, à Kensington, en Angleterre, au Royaume-Uni à l'âge de 82 ans.

Dès 1874, elle a entretenu une fidèle amitié avec la reine Victoria, qui durera jusqu'à la mort de celle-ci en 1901[2].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Obituary: Dame Emma Albani », The Musical Times, vol. 71, no 1047,‎ , p. 463–463 (lire en ligne)
  2. a et b « Elles ont fait l'Amérique » tome 1 de Serge Bouchard, Marie-Christine Lévesque, Lux éditeur 2011, pp 171-196
  3. « Emma Albani, soprano et professeure de chant (1847-1930) - Biographies - Le Gramophone virtuel - Bibliothèque et Archives Canada », sur www.collectionscanada.ca (consulté le 22 mai 2018)
  4. Maheu, Renée, « Les grandes voix du Québec », Cap-aux-Diamants : La revue d'histoire du Québec, no 35,‎ (ISSN 0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne)
  5. « Emma Albani | De remarquables oubliés | Radio-Canada.ca », sur De remarquables oubliés | Radio-Canada.ca (consulté le 25 mai 2018)
  6. Marie-Thérèse Lefebvre, « La musique de Wagner au Québec au tournant du XXe siècle », Canadian University Music Review / Revue de musique des universités canadiennes, no 14,‎ , p. 60–76 (ISSN 0710-0353 et 2291-2436, DOI 10.7202/1014311ar, lire en ligne)
  7. « Fiche descriptive : Rue Albani », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le 22 mai 2018)
  8. « Fiche descriptive : Avenue Albani », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le 22 mai 2018)
  9. Potvin, Yves, « Un nationalisme en retard », Cap-aux-Diamants : La revue d'histoire du Québec, vol. 5, no 2,‎ (ISSN 0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne)
  10. « Place-des-Arts (Frédéric Back) », sur stm.info
  11. Robert Lévesque, « Un mélo tout neuf », Le devoir,‎ , Cahier B (lire en ligne)

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emma Albani, Forty Years of Song (London, Mills and Boon, 1911).
  • Brian Busby, Character Parts : Who's Really Who in CanLit (Toronto: Vintage Canada, 2004). (ISBN 0-676-97579-8).
  • Cheryl MacDonald, Emma Albani : Victorian Diva (Toronto, Dundurn, 1984). (ISBN 0-919670-75-X), (ISBN 0-919670-74-1).
  • Mémoires d'Emma Albani (L'éblouissante carrière de la plus grande cantatrice québécoise). Traduits du livre Forty Years of Song et annotés par Gilles Potvin, avec chronologie, discographie et bibliographie. (Édition du Jour - Dépôt légal, Bibliothèque Nationale du Québec, 4e trimestre 1972).
  • Stephen Willis, « Archives of Emma Albani at the National Library of Canada », National Library News, Vol. 25, no. 12 (December 1993).

Liens externes[modifier | modifier le code]