Emil Hácha

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Emil Hácha
Emil Hácha en conversation avec Adolf Hitler et Hermann Göring en 1939.
Emil Hácha en conversation avec
Adolf Hitler et Hermann Göring en 1939.
Fonctions
Président d'État du
protectorat de Bohême-Moravie

(6 ans, 1 mois et 17 jours)
Président du gouvernement Jan Syrový
Rudolf Beran
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Fonction supprimée
Président de la République tchécoslovaque

(3 mois et 19 jours)
Élection
Prédécesseur Jan Syrový (intérim)
Edvard Beneš
Successeur Edvard Beneš (indirectement)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Trhové Sviny
Date de décès (à 72 ans)
Lieu de décès Prague
Nationalité tchécoslovaque

Signature de Emil Hácha

Emil Hácha
Présidents de Tchécoslovaquie

Emil Hácha, né le à Trhové Sviny et mort le à Prague, est un avocat et homme politique tchèque. De 1938 à 1939, il est le troisième président de la République tchécoslovaque, amputée par les accords de Munich. Après l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne nazie en mars 1939, il demeure à son poste en tant que président du protectorat de Bohême-Moravie, subordonné aux Reichsprotektors allemands. En mai 1945, après la libération de la Tchécoslovaquie, il est arrêté pour collaboration ; il meurt quelques semaines plus tard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et carrière juridique[modifier | modifier le code]

Emil Hácha fait des études de droit à l'université Charles de Prague. Il travaille ensuite pour l'administration régionale de Bohême alors que celle-ci est intégrée à l'Autriche-Hongrie. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il devient juge à la Cour suprême administrative de Vienne.

Après le traité de Versailles, Emil Hácha devient juge à la Cour suprême administrative de la République tchécoslovaque et, en 1925, Tomáš Masaryk le nomme président de cette institution. Il est en même temps l'un des plus fameux avocats du pays, spécialiste de droit international. Il fait également des traductions d'ouvrages anglais, comme Trois hommes dans un bateau, de Jerome K. Jerome.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Après les accords de Munich et l'exil du président Edvard Beneš, il est élu président de la République le et demande à Rudolf Beran de former un gouvernement. Rudolf Beran était président du Parti d'unité nationale dans lequel s'étaient regroupés la plupart des partis de droite[1].

En , l'action des agents allemands et des séparatistes slovaques aboutit à une crise intérieure que le gouvernement tente de résoudre par une intervention armée le . Monseigneur Jozef Tiso, président du gouvernement autonome slovaque, est renversé, mais Adolf Hitler et Hermann Göring convoquent Hácha à Berlin et le menacent de faire bombarder Prague. Au bord de la crise cardiaque, terrorisé par Hitler, Emil Hácha est ainsi contraint de signer le 15 mars un document acceptant l'occupation de la Bohême-Moravie par les troupes allemandes[2].

Après l'occupation de ce qui restait de la Tchécoslovaquie, au lendemain du , Hácha reste à son poste de président mais doit se soumettre à Hitler et à Konstantin von Neurath, gouverneur du protectorat de Bohême-Moravie (Reichsprotektor), nommé en novembre 1939. Il proteste contre la politique allemande de germanisation du protectorat. Ces protestations ont peu d'effet. En , Hácha prend secrètement contact avec Beneš qui se prépare à former un gouvernement en exil et fait savoir qu'avec son gouvernement, il reste solidaire de la résistance extérieure tchèque[3].

En , après la défection du ministre de l'Agriculture parti rejoindre Beneš à Londres, Hácha envoie un télégramme à Hitler pour réaffirmer la volonté de son cabinet de coopérer. Ce n'est pas suffisant pour Hitler qui attendait un serment d'allégeance. Hácha transmet alors à Berlin son souhait d'assister à la victoire de l'Allemagne. Beneš réagit en déclarant que la limite de l'opportunisme a été franchie. Ultérieurement, Hácha félicite Hitler pour sa victoire à l'Ouest[4].

La situation se dégrade après la mise à l'écart de Neurath, considéré par Hitler comme trop tendre mais qui garde son titre de Reichsprotektor, au profit de Reinhard Heydrich, lequel prend le titre de « vice-protecteur » (stellvertretender Reichsprotektor). Hácha qui avait écrit une lettre de démission sans l'avoir envoyée, perd tout contrôle sur les affaires réelles du pays et devient une sorte de marionnette. Beaucoup de ses collègues et amis sont arrêtés, comme le Premier ministre Alois Eliáš, ou bien fusillés ou encore déportés en camp de concentration. L'arrestation d'Eliáš a lieu en , une semaine après la nomination de Heydrich. Dans un discours à la radio, Hácha dénonce Beneš comme « l'ennemi public numéro un ».

Après l'attentat réussi contre Heydrich de fin , des manifestations de masse sont organisées contre Beneš et les politiciens de Londres. Le gouvernement offre dix millions de couronnes pour retrouver les coupables. Cette politique de collaboration n'est suivie d'aucune gratification de la part de Hitler, qui reçoit Hácha et le menace d'expulser plusieurs millions de Tchèques hors de la Bohême-Moravie.

Prague est prise par l'Armée rouge le . Arrêté le , et transféré dans un hôpital militaire de Prague, Hácha y meurt à l'âge de 72 ans, six semaines après la libération du pays. Il demeure une figure controversée de l'histoire tchèque. Selon la journaliste tchèque Astrid Hofmanova, Emil Hácha est autre chose que ce symbole de collaboration avec l'ennemi, de trahison et de timidité qu'il paraît être. « En acceptant la fonction présidentielle, il s'est sacrifié dans l'intérêt de la nation et celui de l'État »[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pavel Bělina, Petr Čornej, Jiří Pokorný, Histoire des Pays tchèques, Éditions du Seuil 1995, p.396.
  2. Astrid Hofmanova, Emil Hácha, radio tchèque, 17/07/2002
  3. Werner Rings, Life with the enemy, Weidenfeld and Nicholson, 1979, p.136
  4. Life with the ennemy p.138.

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Liens externes[modifier | modifier le code]