Elliott Management Corporation

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Elliott Management Corporation
logo de Elliott Management Corporation

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Paul SingerVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité Secteur financierVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.elliottmgmt.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Elliott Management Corporation est un fonds d'investissement américain basé à New York, avec également des bureaux à Londres. Il est fondé en 1977 et dirigé par Paul Singer[1]. En avril 2014, il gère plus de 23 milliards de dollars (16,8 milliards d'euros)[2]. Il est qualifié de fonds vautour pour son âpreté sans pitié contre des États aux abois et à l’économie fragile[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Paul Singer crée le fonds Elliott en 1977 avec 1,3 million de dollars prêtés par des proches. L'entreprise se spécialise d'abord dans les obligations convertibles, puis se concentre après le krach de 1987 dans les dettes décotées. Le fonds a notamment géré le redressement d'entreprises comme Enron, WorldCom, Telecom Italia ou Elektrim. Il possède également d'autres actifs comme des actions de Delphi Corporation ou BMC Software.

Investissements[modifier | modifier le code]

Les résultats annuels d’Elliott (14 % de rendement annuel moyen ; 36 résultats positifs sur 38 années d’activité) s’expliquent par le développement d’une approche singulière, à stratégies multiples, de l’investissement : combinant dettes rentables, titres dépréciés, couverture de risque/arbitrages, participations au capital et à l'immobilier.

La principale caractéristique d’Elliott est de limiter l’exposition aux facteurs extérieurs et d’investir dans des situations où la mise à disposition de ses ressources peut améliorer les résultats finaux. C'est cette approche qui a permis à Elliott de percevoir le danger des subprimes et de ne pas y investir. Une partie de son activité consiste également à être un fonds activiste. Elliott investie alors dans des entreprises auxquelles il participe activement à la bonne gestion et à la réussite comme Adecco, Wella AG, Vinashin.

Récemment, en février 2015, elle a été une des entreprises à investir dans Sigfox[4], une entreprise toulousaine de réseau cellulaire. Sigfox est une start-up spécialisée dans l’Internet des objets, un secteur en pleine expansion. De plus, une des filiales d’EMC au Royaume-Uni a investi dans des projets d’énergie renouvelable notamment solaire.

En décembre 2018, le fonds annonce avoir pris une participation de plus de 2,5 % au capital de Pernod Ricard et vouloir soumettre des mesures visant à améliorer la performance opérationnelle et la gouvernance du groupe[5].

Affaire Eiffarie[modifier | modifier le code]

À la fin de 2005, l'État français cède 70 % d’APRR à Eiffarie (propriété d'Eiffage et Macquarie), qui lance une offre publique de retrait pour obtenir plus de 95 % d’APRR et l'intégrer fiscalement. Elliott entre alors au capital d'APRR pour y obtenir une participation élevée (13,5 %) susceptible d'être revendue ensuite à Eiffarie en réalisant une plus-value (qui s'élèverait à 7,5 millions d'euros selon l'AMF[6]). Des négociations pour un accord de vente ont lieu en 2008 et 2009 mais se heurtent à chaque fois à la question du prix. En juin 2010 un accord est trouvé sur un prix de 55 euros par action, plus élevé que le cours de bourse de l'époque[7],[2].

En avril 2014 l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) requiert une amende de 40 millions d'euros contre Elliot dans cette affaire pour « manquement d'initié » puis « manipulation du cours de bourse » d'APRR entre le 28 mai et le 11 juin pour enrayer sa tendance à la baisse au moment de la sortie du capital par le fonds d'investissement. La filiale britannique du fond, Elliott Advisor UK, qui négociait avec Eiffarie la vente de ses participations dans APRR, est accusée d'avoir informée sa maison mère de l'avancée des discussions.

Le 5 mai, la Commission des sanctions ne retient pas l'accusation de manipulation des cours, mais condamne Elliott à payer 16 millions d'euros (8 pour Elliott Advisor UK et 8 pour Elliott Management), la plus grosse amende de l'histoire de la Commission[8]. Elliott annonce faire appel de cette décision devant la Cour d'appel de Paris.

Le 14 janvier 2016, la Cour d'appel de Paris confirme la décision de la Commission des sanctions du 25 avril 2014[9].

Dettes souveraines[modifier | modifier le code]

Elliott est connu pour posséder beaucoup de dettes souveraines, qu'elle recouvre par voie de justice : en Argentine en 2014[10], mais aussi au Congo dans les années 2000 et au Pérou dans les années 1990.

Argentine[modifier | modifier le code]

En décembre 2001, au plus fort de la crise économique argentine, Domingo Cavallo (alors ministre de l'Économie) annonce le défaut de paiement du pays face à ses créanciers. Pendant des années, les gouvernements successifs vont négocier une restructuration de la dette : 93 % des investisseurs finissent par accepter une décote de l'ordre de 70 %, et un calendrier de remboursement sur plusieurs années. Mais les 7 % restants vont négocier avec des fonds spéculatifs, dont Elliott et Aurelius, qui rachètent leurs créances à bas prix[11]. Ils attaquent ensuite les États en justice pour se voir rembourser la valeur faciale de la dette, soit plus de 1,3 milliard pour les deux fonds.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Company Overview of Elliott Management Corporation », sur Bloomberg Businessweek (consulté le 1er août 2014)
  2. a et b « Affaire APRR : l'AMF pourrait infliger une amende record au fonds spéculatif Elliott », sur Le Monde.fr, (consulté le 1er août 2014)
  3. Elliott, ce fonds « vautour » qui défie l’Etat français
  4. « Sigfox lève 100 millions d’euros et accélère à l’international » (consulté le 7 mai 2015)
  5. « Pernod Ricard dans les griffes du fonds activiste Elliott », sur Capital.fr, (consulté le 12 décembre 2018)
  6. « L'AMF soupçonne le fonds spéculatif Elliott Management de délit d'initié », sur La Tribune, (consulté le 1er août 2014)
  7. « L’AMF veut infliger une sanction record au fonds Elliott », sur Les Échos, (consulté le 1er août 2014)
  8. « APRR : l’AMF inflige une amende record au fonds Elliott », sur Les Échos, (consulté le 1er août 2014)
  9. « CA Paris, 14 janv. 2016 »
  10. « Elliott, le fonds vautour qui fait trembler l'Argentine », sur Le Monde.fr, (consulté le 1er août 2014)
  11. « L’Argentine au bord du gouffre financier », sur Libération.fr, (consulté le 1er août 2014)