Elizabeth Siddal

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Elizabeth Siddal
Siddal-self-portrait.jpg

Elizabeth Siddal, dans un autoportrait de 1854

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 32 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
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Elizabeth Eleanor Siddal () était un modèle très fréquemment peint et dessiné par les artistes préraphaélites, mais aussi elle-même poétesse et artiste-peintre préraphaélite anglaise.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Nommée Elizabeth Eleanor Siddall en l'honneur de sa mère, 'Lizzie' Siddall est née le 25 Juillet 1829 au 7 rue Charles, Hatton Garden. Ses parents étaient Charles Crooke Siddall, qui revendiquait une ascendance noble à sa famille, et Eleanor Evans, descendante d'une famille anglo-galloise. A la naissance de Lizzie, son père possédait une entreprise de fabrication de couverts. En 1831, sa famille déménagea à Southwark, au sud de Londres, un quartier moins salubre que Hatton Gardon. Tous les frères et sœurs de Lizzie Siddall y sont nés: Lydia, de qui elle fut particulièrement proche, Mary, Clara, James et Henry. Bien qu'il n'y ait aucune preuve que Lizzie Siddall soit allée à l'école, elle savait lire et écrire, ses parents lui ayant probablement enseigné. Elle développa un amour de la poésie très jeune, après avoir découvert un poème d'Alfred Tennyson sur un morceau de journal qui avait été utilisé pour envelopper une motte de beurre; cette découverte fut l'inspiration qui la poussa à commencer à écrire ses propres poèmes.

Modèle pour les Préraphaélites[modifier | modifier le code]

Elizabeth Siddal fut sans doute l'un des deux modèles les plus importants de la fraternité préraphaélite, avec Jane Burden. Elle influença profondément leur vision de la beauté féminine, ou sans doute personnifia-t-elle ces idéaux. Elle était le modèle par excellence de Dante Gabriel Rossetti (et fut aussi son épouse), ainsi la majorité des premières peintures sont ses portraits. Elle fut aussi peinte par Walter Deverell, William Holman Hunt et John Everett Millais, notamment dans son célèbre tableau Ophélie (1852).

L'orthographe 'Siddall' fut changée en Siddal après que Dante Gabriel Rossetti supprima le second 'l'. Elle fut tout d'abord remarquée par Walter Derverell en 1849 lorsqu'elle travaillait chez un chapelier à Cranbourne Alley, Londres. On ne sait pas si Siddal avait alors des aspirations artistiques, bien qu'elle aimat la poésie. Elle était employée comme modèle par Deverell et ce fut lui qui la présenta aux préraphaélites. William Michael Rossetti, son beau frère, la décrivit comme "la plus belle créature, avec un air entre dignité et gentillesse, avec quelque chose dépassant la modeste estime de soi et participant à une réserve dédaigneuse; grande, bien faite, avec un port altier et des caractéristiques peu communes, des yeux bleu-vert sans éclat, avec de lourdes et parfaites paupières, un teint éclatant et une lourde masse de cheveux cuivrés."

Bien que plus tard vantée pour sa beauté, Siddal fut tout d'abord choisie comme modèle pour ses formes peu développées. Deverell travaillait alors sur une grande peinture à l'huile représentant une scène issue de "La Nuit des rois", montrant Orsino, Feste et Viola en Cesario. Comme les autres préraphaélites, Deverell s'inspirait et prenait modèle sur la vie quotidienne plutôt que sur une figure antique ou idéalisée. Il se choisit comme modèle pour Orsino, son ami Dante Gabriel Rossetti pour Feste. Il ne lui restait plus qu'à trouver uns jeune fille qui pourrait se vêtir comme un garçon. "La Nuit des rois" de Deverell fut la première peinture pour laquelle Lizzie Siddal posa.

Lorsqu'elle commença à travailler en tant que modèle, Siddal avait une poste à temps partiel enviable à la chapellerie de Mme Tozer. Elle avait un revenu régulier assuré dans le cas où elle n'aurait pas réussi en tant que modèle, activité inhabituelle pour une femme de cette période.

Elizabeth Siddal servit de modèle pour l'Ophélie de Sir John Everett Millais.

En 1852, Siddal posa pour l'"Ophélie" de Millais, flottant dans une baignoire remplie d'eau afin de représenter Ophélie se noyant. Millais peignit quotidiennement jusqu'en hiver, plaçant des lampes sous la baignoire afin de chauffer l'eau. Il advint une fois où toutes les lampes s'étant éteinte, l'eau devint glaciale. Millais, absorbé par sa peinture ne remarqua rien, et Siddal ne se plaint pas. Elle tomba alors très malade, souffrant d'un rhume sévère ou d'une pneumonie. Son père tint Millais pour responsable et, sous la menace d'une action en justice, Millais paya les factures du médecin. On pense qu'elle souffrait de tuberculose, bien que quelques historiens penchent plutôt en faveur de troubles intestinaux. D'autres suggèrent qu'elle aurait été anorexique, d'autres encore attribuent sa mauvaise condition physique à une addiction au laudanum ou à une accumulation de plusieurs maux. Dans son livre "At Home" paru en 2010, Bill Bryson suggère qu'Elizabeth Siddal aurait pu souffrir d'un empoisonnement, car elle était consommatrice régulière de la Solution de Fowler, un soi-disant tonique à base d'arsenic.

Elizabeth Siddal fut la première muse de Dante Gabriel Rossetti et le resta pendant une grande partie de la jeunesse de celui ci. Rossetti la rencontra en 1849, alors qu'elle était modèle pour Deverell, et dès 1851, elle posa pour Rossetti et il n'utilisa alors quasiment plus aucun autre modèle, l'empêchant de poser pour les autres préraphaélites. Il est dit que le nombre de peintures qu'il fit d'elle se comptent en milliers. Les peintures et dessins que Rosseti fit de Siddal aboutirent en 1863 à la représentation de Béatrice (de Dante Alighieri) dans "Beata Beatrix, peint un an après la mort d'Elizabeth Siddal.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Elizabeth Siddal est au cœur de l'intrigue du roman de Fred Vargas : "Un lieu incertain" publié chez Viviane Hamy.

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Elizabeth Siddal » (voir la liste des auteurs).
  • (en) Virginia Surtees (1991). Rossetti's Portraits of Elizabeth Siddal, Aldershot: Scolar Press.
  • (en) Kim Morrissey (1998). Clever as Paint: The Rossettis in Love (playscript), Toronto: Playwrights Canada Press.
  • (en) Lucinda Hawksley (2004). Lizzie Siddal: The Tragedy of a Pre-Raphaelite Supermodel, Andre Deutsch