Elias Ashmole

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Elias Ashmole
Elias Ashmole by John Riley.jpg
Elias Ashmole par John Riley
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
LambethVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
King Edward VI School (Lichfield) (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Elias Ashmole, né le à Lichfield et mort le à Lambeth, est un antiquaire, homme politique, astrologue, étudiant en alchimie, officier d'arme anglais et un des premiers francs-maçons spéculatifs. Il soutient les royalistes et la restauration de Charles II pendant les guerres civiles anglaises et reçoit plusieurs charges lucratives en remerciement. Il est l'un des fondateurs de la Royal Society, institution dédiée à la promotion des sciences. Collectionneur passionné tout au long de sa vie, sa collection d'objet acquis auprès du voyageur et botaniste John Tradescant, ainsi que sa bibliothèque personnelle composée de nombreux ouvrages et manuscrits très divers sur l'histoire et les sciences fait partie de l'Ashmolean Museum créé spécifiquement après sa mort et appartenant à l'Université d'Oxford.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avocat, royaliste et franc-maçon[modifier | modifier le code]

Elias Ashmole est né à Breadmarket Street, Lichfield, Staffordshire[1]. Sa famille a des affaires de négoces importantes, mais sa fortune est en baisse à sa naissance. Sa mère, Anne, est la fille d'un riche drapier de Coventry, Anthony Bowyer, et un parent de James Paget, un baron de l'Échiquier (en). Son père, Simon Ashmole (1589-1634), est un sellier ayant servi comme soldat en Irlande et en Europe. Elias Ashmole suis des cours à la Lichfield Grammar School (actuelle King Edward VI school) et devient choriste à la cathédrale de Lichfield. En 1633, il part vivre à Londres comme précepteur pour les fils de James Paget, et en 1638, avec son aide, il devient avocat.

Il réussit dans cette vocation juridique à Londres et épouse Eleanor Mainwaring (1603-1641), membre d'une famille aristocratique, qui meurt pendant une grossesse[2], seulement trois ans après leur union, le 6 décembre 1641[3]. Dès sa jeunesse Elias Ahsmole commence à agrandir sa fortune, il se lie également d'amitié avec le major-général Charles Worsley, beau-frère de sa sœur Mary Ashmole, qui a épousé John Booth, de Salford.

Elias Ashmole soutient Charles Ier dans la guerre civile. Au début des combats en 1642, il quitte Londres pour la maison de son beau-père Peter Mainwaring de Smallwood, Là, il vit en retrait jusqu'à 1644, jusqu'à sa nomination comme commissaire du roi à Lichfield[4]. Peu de temps après, à la suggestion de George Wharton, un astrologue de premier plan avec de solides relations judiciaires, il reçoit un poste militaire à Oxford, où il a servi comme officier d'ordonnance pour les forces du roi. Pendant son temps libre, il étudie les mathématiques et la physique[5]. Il acquiert un intérêt profond pour l'astronomie, l'astrologie et la magie[3]. À la fin de 1645, il quitte Oxford pour accepter le poste de commissaire à Worcester. Il reçoit également un poste militaire supplémentaire de capitaine dans le régiment de lord Astley, une partie de l'infanterie royaliste, mais en tant que mathématicien, il est détaché à des postes d'artilleurs. Il ne semble jamais avoir participé à un combat réel[6].

Après avoir servi quelque temps dans l'armée, il quitte le service pour se livrer à l'étude. Il s'occupe d'abord de magie, et publie en 1650 et 1652 quelques traités sur cette science chimérique, puis se livra à des recherches historiques. Il publie en 1672 les Institutions, lois et cérémonies de l'ordre de la Jarretière, ouvrage estimé, qui lui fait donner par Charles II la place de héraut d'armes à Windsor.

Elias Ashmole est aussi connu pour avoir rapporté dans ses mémoires le premier témoignage historique d'appartenance à la franc-maçonnerie. Initié en 1641, il est l'un des tout premier franc-maçon spéculatif dont l'histoire ait retenu le nom[7],[8]

Collections[modifier | modifier le code]

Fasciculus chemicus

En 1646-47, Elias Ashmole fait plusieurs tentatives de rapprochement avec de riches veuves dans le but de contracter un bon mariage et de s'assurer une sécurité financière . En 1649, il épouse lady Mary Mainwaring, fille de Sir William Forster of Aldermaston, une riche veuve par trois fois de vingt ans son aînée [9]. Le mariage est célébré malgré l'opposition de la famille de la mariée, et n'est pas connu pour avoir été harmonieux. La demande de séparation et de pension alimentaire demandée par Mary Mainwaring fut déboutée par la Cour en 1657. Néanmoins, le mariage fournit à Elias Ashmole la jouissance des terres du premier époux de Mary situées à Bradfield, Berkshire. Cela lui laisse le loisir de continuer à s'adonner à ses passions comme la botanique et l'alchimie par exemple sans avoir à se soucier du lendemain. Il s'arrange pour faire libérer de prison son ami Wharton et l'embauche pour s'occuper de ses terres[10].

Au cours des années 1650, il consacre beaucoup d'énergie à l'étude de l'alchimie. En 1650, il publie Fasciculus Chemicus sous le pseudonyme anagrammatique de « James Hasolle ». Cette œuvre est une traduction anglaise de deux œuvres alchimiques latines, l'une d'Arthur Dee, le fils de John Dee. En 1652, il publie son plus important ouvrage alchimique, Theatrum Chemicum Britannicum, une compilation largement annotée de poèmes métaphysiques. Le livre conserve et met à disposition de nombreuses œuvres qui n'existent auparavant que dans des manuscrits privés.[17]. Il y a peu de preuves qu'il ait mené ses propres expériences alchimiques. Il semble avoir été un collectionneur d'écrits alchimiques et un étudiant de l'alchimie plutôt qu'un pratiquant actif, et se décrit comme un élève de William Backhouse. Sa dernière publication alchimique fut The Way to Bliss en 1658, mais son intérêt semble s'atténuer en faveur de ses autres activités [2] Elias Ashmole encourage l'utilisation de remèdes thérapeutiques basés sur les formes galéniques et paracelsiens. Ses travaux tentent de fusionner les deux écoles. The Way to Bliss recommande des moyens de prévenir la maladie: une alimentation équilibrée, un exercice modéré et suffisamment de sommeil [18]. Ses travaux sont étudiés par d'autres philosophes naturalistes, tels qu'Isaac Newton[11]

Elias Ashmole rencontre le botaniste et collectionneur John Tradescant le jeune vers 1650. ce dernier à avec son père, construit une vaste et célèbre collection de plantes exotiques, de spécimens de minéraux et d'autres curiosités du monde entier dans leur maison de Lambeth. Elias Ashmole l'aide à cataloguer sa collection en 1652 et en 1656 il finance la publication du catalogue, le Musaeum Tradescantianum. En 1659, le père Tradescant ayant perdu son fils unique sept ans auparavant, lui cède légalement sa collection. En vertu de l'accord, il en prend possession lors de son décès en 1662. Toutefois, sa veuve conteste l'acte affirmant que son mari l'avait signé lorsqu'il était ivre sans en connaître le contenu. L'affaire est réglée à la chancellerie en sa faveur deux ans plus tard. Sa femme garde la collection en fiducie jusqu'à sa mort. La pugnacité pour obtenir la collection que déploie Elias Ashmole amène quelques chercheurs à considérer qu'Ashmole est un ingrat et un ambitieux s'étant approprié l'héritage d'un véritable héros pour sa propre glorification[12],[13].

Restauration[modifier | modifier le code]

Ashmolean Museum[modifier | modifier le code]


Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Theatrum Chemicum Britannicum, Londres, 1652 ; réimpr. New York, 1967. Anthologie d'alchimie.
  • Antiquities of Berkshire, 1665.
  • The Institution, Laws and Ceremonies of the Most Noble Order of the Garter, 1672. Sur l'ordre de la jarretière.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Elias Asmole – (1617–1692) », sur Lichfield City Council (consulté le 8 avril 2016).
  2. Josten, C. H 1966, p. 18 Vol I.
  3. a et b Hunter, Michael, (September 2004; online edition May 2006) "Ashmole, Elias (1617–1692)", Oxford Dictionary of National Biography, London, Oxford University Press, DOI:10.1093/ref:odnb/764, retrieved 25 January 2010 (Subscription required)
  4. Josten, C. H 1966, p. 19 Vol I.
  5. (en) « Elias Ashmole, founder of the Ashmolean Museum », Brasenose College, University of Oxford (consulté le 3 mars 2008).
  6. Josten, C. H 1966, p. 28-30 Vol I.
  7. Bauer et Dachez 2007, p. 29.
  8. (en) Christopher Hill, Elias Ashmole (1617–1692). His Autobiographical and Historical Notes, his Correspondence, and Other Contemporary Sources Relating to his Life and Work., Clarendon Press, , pp. 355-357
  9. She was the widow of Sir Edward Stafford (d. 1623), John Hamlyn (d. 1633) and Sir Thomas Mainwaring (d. July 1646), recorder of Reading, Berkshire (Josten, vol. I, p. 43).
  10. (en) Stephen, Leslie, "Ashmole, Elias". Dictionary of National Biography, Londres, Smith, Elder & Co.
  11. (en) Tobias Churton, Magus: The Invisible Life of Elias Ashmole, Lichfield, Signal Publishing, (ISBN 0-9543309-2-7).
  12. (en) Marjorie Swann, Curiosities and Texts: The Culture of Collecting in Early Modern England, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, (ISBN 0-8122-3610-6), p. 12, 40–54.
  13. (en) « Heaven on earth », The Economist,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) C. H. Josten (5 volumes), Elias Ashmole (1617–1692) : His Autobiographical and Historical Notes, his Correspondence, and Other Contemporary Sources Relating to his Life and Work, Oxford, , 2065 p.
  • Alain Bauer et Roger Dachez, Les 100 mots de la franc-maçonnerie, PUF, coll. « Que sais-je? », (ISBN 9782130562634, lire en ligne) (inscription nécessaire) – via Cairn.info.

Liens externes[modifier | modifier le code]