Elektro-L

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Elektro-L
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maquette d'Elektro-L

Données générales
Organisation Roscosmos
Domaine satellite météorologique
Statut opérationnel
Lancement 2011,2015,2016
Durée de vie 10 ans
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 1855 kg
Orbite Orbite géostationnaire
Principaux instruments
MSU-GS Radiomètre à 10 canaux
GGAK-E Mesures du rayonnement
GEOSAR Alerte et géolocalisation

Elektro-L constitue la première famille de satellites météorologiques russes circulant en orbite géostationnaire. Après le lancement d'un unique satellite de première génération Elektro-1 en 1994, le gouvernement russe confie à la société Lavotchkine en 2001 le développement d'une nouvelle famille baptisée Elektro-L dont le premier exemplaire est lancé en 2011 et positionné au niveau de la longitude 76°. Un second satellite est lancé en décembre 2015. Le dernier satellite de la série devrait être lancé en 2016.

Historique[modifier | modifier le code]

le premier satellite météorologique russe placé en orbite géostationnaire a connu une longue phase de gestation qui remonte au début des années 1980. L'entreprise VNII Elektromekhaniki est chargé à l'époque de concevoir le satellite Elektro-1 dont deux exemplaires devaient être placés en orbite. À cause de la crise économique qui suit l'éclatement de l'Union soviétique un unique satellite est lancé en 1994 et positionné au niveau de la longitude 76° Est. Celui-ci cesse de fonctionner en 1998 alors que les principales puissances spatiales (Japon, Europe et États-Unis) maintiennent à l'époque depuis une vingtaine d'années dans l'espace une présence permanente de ce type de satellite[1].

En 2001 le gouvernement russe confie à Lavotchkine, le principal constructeur russe de satellites scientifiques, le développement du remplaçant du Elekto-1. L'Elektro-L (L Pour Lavotchkine) doit inaugurer une nouvelle plateforme, baptisée Navigator qui doit être réutilisée par la suite pour les observatoires spatiaux Spektr-R , Spektr-RG et Spektr-UV. Trois satellites sont prévus le premier devant occuper la longitude 76° Est et le second devant être positionné à 14,5° Ouest. La charge utile comporte un instrument principal, de type radiomètre, pour répondre aux besoins météorologiques mais également un instrument destiné à étudier le rayonnement solaire. Un récepteur permet à la fois de relever les données de 800 balises météorologiques éparpillées sur le territoire russe et de capter les signaux des balises de détresse de de type Cospas-Sarsat. Pour lancer le satellite, le constructeur ukrainien Ioujnoïe développe une nouvelle version de son lanceur, la Zenit-3F équipée de l'étage supérieur Fregat-SB. Les performances du moteur de cet étage s'avèrent inférieures à ce qui était prévu et le constructeur du satellite doit abaisser la masse de l'Elektro-L 1900 à 1 766 kg en réduisant la quantité d'ergols emportés et donc la durée de vie de l'Elektro-L. La date de lancement prévu initialement en 2006 est régulièrement repoussé et a finalement lieu le 20 janvier 2011. Le second satellite, dont le lancement était prévu en 2010, a été placé en orbite en décembre 2015[2]. Le troisième devrait mis en orbite par une fusée Proton beaucoup plus puissante, à la suite de la décision des dirigeants russes de ne plus avoir recours au lanceur ukrainien[1].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Le satellite Elektro-L utilise la nouvelle plateforme Navigator de Lavotchkine dont c'est la première utilisation. Cette plateforme a une masse à sec de 950 kg et peut emporter 540 kg d'ergols. Le satellite est stabilisée 3 axes. La précision de pointage est inférieure à 0,05° et la dérive angulaire est inférieure à 5 x 104°/s. Les panneaux solaires regroupés sur une aile orientable fournissent 1,7 kw en fin de vie. La plateforme consomme environ 700 watts. Le satellite a une masse totale de 1 620 kg dont 435 kg pour la charge utile. Le satellite est conçu pour une durée de vie de 10 ans[3].

Charge utile[modifier | modifier le code]

La charge utile est constituée par trois instruments[3].

Radiomètre MSU-GS[modifier | modifier le code]

MSU-GS est l'instrument principal d'Elektro-L. D'une masse de 106 kg, il a été développé par l'institut de recherche RNIIKP situé à Moscou. Il s'agit d'un radiomètre à 10 canaux dont 3 en lumière visible et 7 en infrarouge. Il fournit une image de la surface de la Terre et de la couche supérieure de l'atmosphère. Les mesures effectuées sont proches de celles de l'instrument SEVIRI installé à bord du satellite européen MSG-1 de EUMETSAT.

Groupe d'instruments de mesures hélio-physiques GGAK-E[modifier | modifier le code]

GGAK-E, d'une masse de 50 kg, regroupe un ensemble d'instruments effectuant des mesures des différents particules et rayonnements atteignant la Terre afin de suivre et prévoir l'activité solaire et d'étudier la magnétosphère, l'ionosphère et les couches supérieures de l'atmosphère terrestre. Il est composé de 7 capteurs[4] :

  • SKIF-6 est un spectromètre qui mesure le spectre énergétique et la densité des flux d'électrons et de protons d'origine solaire jusqu'à 70 MeV
  • SKL-E est un spectromètre qui effectue les mêmes mesures jusqu'à 100 MeV
  • GALS-E mesure la densité des protons d'origine galactique de 600 à 1 200 MeV
  • ISP-2M mesure la constante solaire (rayonnement infrarouge entre 0,2 et 100 microns)
  • VUSS-E mesure l'intensité du rayonnement ultraviolet dans la longueur d'onde caractéristique des 121,6 microns (ligne d’absorption HL)
  • DIR-E mesure le rayonnement X d'origine solaire
  • FM-E est un magnétomètre qui mesure 16 fois par seconde les trois composants vectoriels du champ magnétique terrestre ainsi que l'intensité de celui-ci avec une précision de 0,01%.

Système d'alerte et de géolocalisation GEOSAR[modifier | modifier le code]

GEOSAR est un système d'alerte et de localisation de radiobalises de type Cospas-Sarsat.

Historique des lancements[modifier | modifier le code]

Mise à jour : décembre 2015[5]
Désignation Date lancement Lanceur Référence COSPAR Statut Commentaire
Elektro-L 1 20 janvier 2011 Zenit-3F 2011-001A En service
Elektro-L 2 11 décembre 2015 Zenit-3F 2015-074A En service
Elektro-L 3 2016 Proton-M Bloc-DM-03

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Anatoly Zak, « Elektro-L », sur russianspaceweb (consulté le 25 mars 2015)
  2. (en) Patrick Blau, « Final (?) Zenit 3 Rocket Thunders off from Baikonur with Elektro-L Weather Satellite », sur spaceflight101,
  3. a et b (en) « Elektro-L », sur EO Portal (consulté le 25 mars 2015)
  4. (en) Patrick Blau, « Elektro-L Satellite Overview », sur spaceflight101 (consulté le 11 décembre 2015)
  5. (en) Gunter Dirk Krebs, « Elektro-L 1, 2, 3 », Gunter's apace page (consulté le 12 décembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]