Eldorado (roman)

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Eldorado
Image illustrative de l'article Eldorado (roman)
Récupération d'immigrés clandestins au large de Lampedusa par la marine italienne en 2006

Auteur Laurent Gaudé
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Éditions Actes Sud
Collection Domaine français
Date de parution
Nombre de pages 237
ISBN 978-2742762613
Chronologie
Précédent Le Soleil des Scorta La Porte des Enfers Suivant

Eldorado est un roman de Laurent Gaudé publié le aux éditions Actes Sud. Il est considéré comme un roman humaniste.

Écriture du roman[modifier | modifier le code]

Ce roman est écrit par Laurent Gaudé immédiatement après l'obtention du prix Goncourt en 2004 pour Le Soleil des Scorta. Il met en scène à nouveau le sud de l'Italie, cette fois-ci à travers le phénomène d'immigration clandestine en provenance d'Afrique du Nord vers l'île italienne de Lampedusa qui a pris de l'ampleur à partir de 2004-2005.

Le roman est divisé en treize chapitres qui entremêlent alternativement les histoires des différents protagonistes.

Résumé[modifier | modifier le code]

Salvatore Piracci est un commandant dans la marine depuis vingt ans et depuis trois ans, le commandant de la frégate Zeffiro, un navire des gardes côtes italiens basé à Catane, est chargé de surveiller les embarcations amenant illégalement des immigrés clandestins sur l'île de Lampedusa. Il se voit comme le « gardien de la citadelle Europe » faisant face comme il le peut à la détresse des immigrés risquant leur vie pour poser le pied dans un Eldorado imaginaire en quête d'une vie meilleure. Nombreux sont ceux qui meurent en route, livrés (par des passeurs sans morale) au sort des flots ou dépouillés en cours de route, au détour d'une frontière. Parmi ceux-ci, le hasard lui fait rencontrer dans les rues de Catane une femme qu'il avait sauvée quelques années auparavant. Elle lui explique que lors de la traversée son bébé était mort de soif et avait dû être jeté en mer. N'ayant trouvé la force de survivre que dans l'espoir de se venger un jour des passeurs qui les avaient trahis, elle vient demander à Piracci une arme afin de retourner au Proche-Orient et abattre le responsable qu'elle a fini par identifier. Piracci l'ayant sauvé naguère, elle le convainc qu'il doit maintenant l'aider à accomplir son objectif. Devant la force et la détermination de cette femme, il ne peut qu'accepter. Lors d'une énième patrouille, le commandant Piracci ne réussit, malgré tout ses efforts, à retrouver que deux d'un groupe de cinq embarcations en détresse durant une nuit de tempête. La colère le submerge. Un court échange avec l'un des rescapés le déstabilise un peu plus dans ses sentiments et le sens de son travail : il refuse in extremis et à regret de cacher cet homme à bord et doit le livrer aux autorités italiennes. Sa décision est prise, il décide de tout quitter et de partir pour l'Afrique du nord à bord d'une barque de pêcheurs.

Durant le même temps, deux frères soudanais Soleiman et Jamal font route vers la Libye afin de tenter la traversée pour l'Europe. Une fois la frontière passée, Jamal annonce à son jeune frère qu'il s'arrête là. Se sachant malade, il lui explique qu'il ne pourra effectuer la traversée avec lui et qu'il ne l'a accompagné jusqu'ici que pour être sûr que celui-ci irait, désormais seul, jusqu'au bout de leurs rêves communs. Jamal le force donc à continuer ayant pour arguments: la fin du voyage et la traversée sont déjà à moitié payées. Se jurant de réussir, Soleiman continue son chemin jusqu'au moment où tout le groupe d'émigrants se fait dépouiller par les passeurs (après le passage de la ville d'Al-Zuwarah) et abandonner sur le bord de la route. Soleiman qui a tenté de résister est légèrement blessé. Il se retrouve seul avec Boubakar, un Malien claudiquant qui depuis sept ans fait obstinément route vers le nord. Celui-ci indique à Soleiman que les Libyens bloquent désormais l'immigration suite aux accords avec l'Italie datant de 2005. Pour lui la porte d'entrée vers l'Europe se trouve maintenant au Maroc et plus précisément à Ceuta, enclave espagnole autonome sur le continent nord-africain. Ils décident d'unir leurs forces en l'absence de toute ressource, et petit à petit, au fil des mois, font route vers le Maroc en passant par Ghardaïa.

De son côté, Salvatore Piracci, arrivé en Afrique, perd petit à petit son envie de vivre après avoir rencontré la chef des passeurs. Elle lui propose de travailler pour elle et lui laisse une grosse somme d'argent afin de le convaincre. Il s’enfuit vers Ghardaïa pour échapper à ces obligations. En chemin, il tente de s’immoler par le feu mais n'y arrive pas, car il n'a pas de briquet. Puis, arrivé à Ghardaïa, il rencontre Soleiman qui le confond avec Massambalo, divinité veillant sur les voyageurs en leur portant chance. Piracci se prête au jeu en endossant le rôle de Massambalo. Le changement d'attitude de Soleiman lui fait comprendre que sa voie est peut-être de transmettre la « fièvre de l'Eldorado ». Néanmoins, en errant sans but sur la route il se fait heurter par un camion d'immigrants sous les yeux de soleiman et trouve la mort, apaisé.

Arrivés à Ceuta, les clandestins font face à la barrière de Ceuta, double rangée de barbelés et de murs empêchant l'entrée sur le territoire espagnol. Après des jours d'attente et sous la pression grandissante des autorités marocaines qui voient d'un mauvais œil ces masses vagabondes, plusieurs centaines de candidats à l'immigration décident de tenter un passage en force en prenant d'assaut la barrière avec des échelles de fortune. Soleiman et Boubakar sont parmi eux et lors de l'assaut, réussissent en s'entraidant, à faire partie des rares personnes à passer l'ultime frontière.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Ce roman est pour de nombreux critiques venu confirmer Laurent Gaudé comme une « valeur sûre[1] » de la littérature française capable, grâce au « souffle épique[2]», « d'aborder, sous le couvert de la fiction, les grands problèmes qui se posent au monde moderne[3] ».

Eldorado reçoit le prix des lycéens de l'Euregio 2010[4].

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Eldorado » : formidable dans Le Parisien du 21 août 2006.
  2. Ames à la mer dans L'Express du 7 septembre 2006.
  3. Afrique, adieu dans Le Figaro du 15 octobre 2007.
  4. « Eldorado », sur actes-sud.fr (consulté le 20 décembre 2015).