El Museo Universal

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El Museo Universal  
Image illustrative de l’article El Museo Universal

Discipline Sciences, littérature, arts
Langue Espagnol
Publication
Maison d’édition Gaspar y Roig (Madrid, Espagne)
Période de publication à
Fréquence Bimensuel puis hebdomadaire
Indexation
ISSN 1889-8440
OCLC 802776331

El Museo Universal est une publication périodique culturelle fondée à Madrid (Espagne) en 1857 par José Gaspar Maristany y Fernando Roig, puis s'est arrêté peu après la Révolution de 1868.

Traitant de sujets culturels et scientifiques, cette revue offrait une grande quantité de gravures.

Histoire[modifier | modifier le code]

La vitrine de la société Gaspar y Roig quand « El Museo Universal » est exposé.
Établissement typographique de Gaspar y Roig, janvier 1868.
Inondations de Valence de 1864. Vue d'Alzira.
Convent de San Agustín de Salamanque, signé par « Urrabieta », gravé par Bernardo Rico y Ortega, avril 1868.

La revue El Museo Universal est créée en 1857 par les catalans José Gaspar Maristany, artiste graveur[1] et Fernando Roig[2], qui avaient déjà créé ensemble en 1845 Casa Editorial, l'une des maisons d'éditions madrilènes les plus avancées[1], est est diffusée pour la première fois le comme bimensuel. La revue deviendra hebdomadaire à partir de 1860[1].

Elle a comme sous-titre « Periódico de ciencias, literatura, artes, industria y conocimientos útiles » (« Périodique de sciences, littérature, arts, industries et autres connaissances utiles »)[3].

Elle est l'héritière de Semanario Pintoresco Español[4], qui avait cessé d'être publiée cette même année ; et La Ilustración Española y Americana deviendra son héritière à son tour, à sa fondation en 1869[5],[N 1].

Son directeur principal est le journaliste républicain Nemesio Fernández Cuesta[7], à propos duquel Cecilio Alonso affirme qu'il a mené la revue à dépasser les limites de la neutralité politique au-delà de ce qui serait considéré comme normal pour une revue illustrée d'art, littérature et sciences[8].

En 1866, Gustavo Adolfo Bécquer, protégé de Luis González Bravo, prend la direction de la section littéraire. Il publiera dans la revue quelques poèmes et sera l'auteur de la section « Revista de actualidad », une chronique de l'actualité qui sera présente tout au long de la vie de la revue. Ventura Ruiz Aguilera (es) lui succèdera assez rapidement, suivi de Francisco Giner de los Ríos, alors qu'éclate la « septembrina »[1].

Après environ treize ans d'existence, El Museo Unviersal publie son dernier numéro le , après qu'Abelardo de Carlos l'a acheté puis lui a substitué La ilustración española y americana, dont les premiers numéros évoquent « El Museo Universal » dans son sous-titre[1].

Selon Charnon-Deutsch, l'arrivée de la revue — ainsi que son successeur, La Ilustración Española y Americana — a fait que « l'Espagne voie enfin une revue espagnole illustrée qui combine les nouvelles du jour avec une vision monumentale de son passé national[N 2] ». Selon Trancón Lagunas, il aurait fait partie, avec Semanario Pintoresco Español et Museo de las Familias de la « trilogie des revues les plus importantes du siècle [en Espagne] jusqu'à la Révolution de 1868[N 3] », de même que l'hémérothèque de la Bibliothèque nationale d'Espagne, qui associe également La ilustración (1849-1857) à cette sélection[1].

Collaborateurs[modifier | modifier le code]

À partir de 1865, la revue intègre un nouveau collaborateur de grande qualité, l'écrivain Gustavo Adolfo Bécquer[11], qui deviendra directeur littéraire l'année suivante. Nemesio Fernández Cuesta y Picatoste avait été le premier directeur, mais il a été relevé par León Galindo de Vera par suite de ses velléités politiques[1].

De nombreux écrivains et journalistes reconnus sont sollicités, dont Pedro de Alarcón, Manuel del Palacio (es), José Zorrilla, Antonio Ribot y Fontseré (es), Ventura Ruiz Aguilera (es), Florencio Janer (es), Emilio Castelar y Ripoll, Francisco Pi i Margall, Gaspar Núñez de Arce[1].

La revue contient de nombreuses planches et gravures[4],[12], et compte donc de nombreux artistes graphiques, tels que Valeriano Domínguez Bécquer[N 4], Bernardo Rico y Ortega[13] — figure principale des graveurs de la revue, qui constituait alors une authentique école de graveurs[1]—, Enrique Laporta[15], Francisco Laporta Valor (es)[13], Daniel Vierge[N 5], Francisco Ortego[7], Carlos Ribera[N 6], Martín Rico[1], Federico Ruiz (es)[7], Tomás Carlos Capuz y Alonso[17] ou encore Joaquín Sierra y Ponzano (es)[18].

Contenus[modifier | modifier le code]

La revue se veut encyclopédique, avec des articles aux thèmes variés, allant de l'histoire aux beaux-arts en passant le voyage et les mœurs. Elle offre également des contenus littéraires, dont des traductions de texte d'Heinrich Heine ou d'Edgar Allan Poe[1].

Toute la revue est illustrée de nombreuses gravures sur bois, aussi bien originales que reproduites à partir des principales revues étrangères. Pour Gómez Aparicio et Mari Cruz Seoane, l'image prend une telle importance qu'elle fait partie de l'information, et en fait une revue graphique plutôt qu'une revue illustrée[1]. C'est ainsi que des dizaines de portraits, de paysages, de scènes de mœurs, de monuments, d'allégories y seront estampées. La revue était par ailleurs célèbre pour ses calendriers annuels, pleins d'illustrations et de textes des artistes de la revue[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À noter que cette revue a célébré son 25e anniversaire en 1882 alors qu'elle avait été fondée en 1869 : considérer que la date de fondation de cette revue est en fait celle d'El Museo Universal (en 1857) montre à quel point ces deux revues sont liées[5]. D'ailleurs, El Museo Universal avait été acquise par, Abelardo de Carlos (es), le propriétaire de La Ilustración Española y Americana[6].
  2. Texte original : « España viera por fin una revista española ilustrada que combinara noticias del día a día con una visión monumental de su pasado nacional[9]. »
  3. Texte original : « la trilogía de revistas más importantes del siglo [en España] hasta la revolución del 68[10]. »
  4. Valeriano Domínguez Bécquer est cité par Márquez[13] : il semblerait qu'il signait fréquemment avec ses initiales, « V. B. » : « À partir de 1865, les vignettes signées avec les initiales de Vaeriano Bécquer, « V. B. », devinrent relativement fréquentes, aussi bien dans la revue que dans l'almanach annuel que distribuait El Museo Universal à ses abonnés[14]. »
  5. Bien que Márquez cite Daniel Urrabieta Vierge[13], il est possible qu'il se soit en fait agit de son père, Vicente Urrabieta (es) : en effet, le premier, né en 1851, signait « Vierge » et pas « Urrabieta », et selon la bibliographie consultée, il a très peu travaillé pour des publications en Espagne avant de partir en France vers 1869-1870.
  6. Cecilio Alonso cite un certain « Carlos Ribera »[7]. Dans la Galería biográfica de artistas españoles del siglo XIX de Manuel Ossorio y Bernard (1868), n'apparaissent que deux artistes au nom de « Ribera » : Carlos Luis de Ribera y Fieve et Juan Antonio de Ribera, tous les deux peintres[16]. Il est donc possible qu'Alonso fasse référence au premier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l et m (es) Bibliothèque nationale d'Espagne, « Fiche et hémérothèque du Museo Universal », sur hemerotecadigital.bne.es (consulté le 12 septembre 2014).
  2. Riego 2001, p. 219.
  3. (en) « Fiche du Museo Universal », sur worldcat.org (consulté le 12 septembre 2014).
  4. a et b Trancón Lagunas 2000, p. 49-50.
  5. a et b Riego 2001, p. 158.
  6. Márquez 2005, p. 190-191.
  7. a b c et d Alonso 2013, p. 56.
  8. Alonso 2013, p. 59.
  9. Charnon-Deutsch 2008, p. 85.
  10. Trancón Lagunas 2000, p. 66.
  11. (es) José Félix Navarro Martín, « Gustavo Adolfo Bécquer y la Feria de Sevilla », ABC,‎ , p. 11 (lire en ligne).
  12. Riego 2001, p. 220.
  13. a b c et d Márquez 2005, p. 191.
  14. Rubio Jiménez 2006, p. 378.
  15. Ossorio y Bernard 1868, p. 352.
  16. Ossorio y Bernard 1868, p. 152-162.
  17. Ossorio y Bernard 1868, p. 118.
  18. Ossorio y Bernard 1868, p. 222.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (es) Cecilio Alonso, « Las revistas de actualidad germen de la crónica literaria. Algunas calas en la evolución de un género periodístico entre 1845 y 1868 », Anales de literatura española, Valence, Université d'Alicante, no 25,‎ , p. 45-67 (ISSN 0212-5889, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Lou Charnon-Deutsch, Hold That Pose : Visual Culture in the Late Nineteenth-Century Spanish Periodical, Penn State Press, (ISBN 9780271047140, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Rafael Fraguas, « Grabados para un espejo social », El País, Madrid,‎ (lire en ligne)
  • (es) Miguel B. Márquez, « D. Abelardo de Carlos y "La Ilustración Española y Americana" », Ámbitos: Revista internacional de comunicación, nos 13-14,‎ , p. 185-209 (ISSN 1139-1979, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Manuel Ossorio y Bernard, Galería biográfica de artistas españoles del siglo XIX, vol. 1, Madrid, Imprenta de Ramón Moreno, (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Manuel Ossorio y Bernard, Galería biográfica de artistas españoles del siglo XIX, vol. 2, Madrid, Imprenta de Ramón Moreno, (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Bernardo Riego, La construcción social de la realidad a través de la fotografía y el grabado informativo en la España del siglo XIX, Ed. Universidad de Cantabria, (ISBN 9788481022872, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Jesús Rubio Jiménez, La fama póstuma de Gustavo Adolfo y Valeriano Bécquer, Saragosse, Universidad de Zaragoza, (ISBN 9788415031666, lire en ligne)
  • (es) Jesús Rubio Jiménez, Pintura y Literatura en Gustavo Adolfo Bécquer, Fundación José Manuel Lara, (ISBN 9788496556836, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Augusto Ferrán, « El puñal », dans María Montserrat Trancón Lagunas, El cuento español en el siglo XIX. Autores raros y olvidados, Lleida, Universitat de Lleida, (ISBN 9788484095491, lire en ligne)
  • (es) María Monserrat Trancón Lagunas, La literatura fantástica en la prensa del romanticismo, Institució Alfons el Magnánim, (ISBN 84-7822-331-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]