El Alto (Bolivie)

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El Alto
Blason de El Alto
Héraldique
Drapeau de El Alto
Drapeau
El Alto (Bolivie)
Voie achalandée d'El Alto.
Administration
Pays Drapeau de la Bolivie Bolivie
Département La Paz
Province Pedro Domingo Murillo
Maire
Mandat
Eva Copa
2021-2026
Démographie
Gentilé Alteño, Alteña
Population 848 452 hab. (2012)
Densité 2 189 hab./km2
Géographie
Coordonnées 16° 31′ 00″ sud, 68° 10′ 00″ ouest
Altitude 4 150 m
Superficie 38 756 ha = 387,56 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Bolivie
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El Alto
Géolocalisation sur la carte : Bolivie
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El Alto

El Alto est la troisième ville la plus peuplée de Bolivie située dans le prolongement de la capitale La Paz dans le département de La Paz et la province de Pedro Domingo Murillo.

Peuplée d'environ un million d'habitants, elle est l'une des villes les plus hautes du monde. Elle est la ville de plus de cent mille habitants la plus haute du monde à 4 149 m au-dessus du niveau de la mer.

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle se situe sur l'altiplano, haut plateau andin. Il y règne un climat rigoureux tout au long de l'année, froid et venteux mais néanmoins ensoleillé. La pluviométrie est très faible (330 mm) et se concentre principalement durant les mois d'été. Les réserves d'eau de la ville sont insuffisantes pour faire face à un développement démographique non planifié de 5 % par an. L'eau provient des glaciers environnants et est difficile d'accès pour les populations les plus pauvres du fait du manque d'infrastructures d'acheminement de l'eau en ville et de l'insuffisance des retenues d'eau dans les montagnes. Un quart de sa population n'a pas accès à l'eau courante.

Vue de l'Altiplano et d'El Alto.

Histoire[modifier | modifier le code]

Officiellement ville de Bolivie depuis 1984, il ne s'agissait d'abord que d'une banlieue alimentée par l'exode rural des populations amérindiennes notamment aymara. Exode rural causé par les chocs pétroliers des années 1970 qui avaient ravagé l'appareil industriel bolivien dans les campagnes, ainsi que par une transition démographique indigène rendant impossible le maintien pour tous d'un mode de vie rural dans les grands espaces altiplaniens arides déjà peu propices à l'agriculture.

Depuis les années 1950, El Alto est devenue officieusement la 3e plus grande agglomération, après Santa Cruz de la Sierra et La Paz. Mais le destin de cette ville nouvelle est intimement lié à celui de La Paz, où siège le gouvernement et où les travailleurs alteñiens se rendent par migration pendulaire. La ville reste encore très pauvre et possède peu d'infrastructures récentes.

Elle est aussi le siège d'un évêché catholique et possède une cathédrale.

Longtemps considérée comme une banlieue-dortoir, El Alto n'obtient le statut de ville qu’en 1986. Elle est le théâtre de grandes manifestations entre 2000 et 2003, connues comme les guerres de l'eau et du gaz, contre plusieurs projets gouvernementaux de privatisation[1].

Le journaliste John Pilger, dans son film La Guerre contre la démocratie (The War on Democracy), s'est rendu dans cette ville pour enquêter sur des massacres ayant eu lieu durant les évènements de 2003.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La ville d'El Alto devient officiellement une municipalité bolivienne le et est ensuite élevée au statut de ville quelques années plus tard, soit précisément le [2].

La ville s'étend sur une superficie de 387,56 km2 qui est subdivisée en quatorze districts ayant des fonctions administratives et politiques. Le territoire de la municipalité représente 7,58 % du territoire total de la province Pedro Domingo Murillo. Parmi les quatorze districts, dix sont de caractère urbain et quatre de caractère rural[2].

Instances politiques[modifier | modifier le code]

À l'instar des autres municipalités boliviennes, El Alto est dirigée par un gouvernement municipal, soit le Gobierno Autónomo Municipal de El Alto. Celui-ci est constitué d'un maire et d'un conseil municipal où des maires adjoints siègent et représentent chacun des quatorze districts formant la ville. La mairesse actuelle est Eva Copa, élue sous la bannière de Jallalla La Paz, pour le mandat 2021-2026. La liste suivante recense les maires d'El Alto depuis 2010.

  • 2010-2015 : Edgar Patana (MAS)
  • 2015-2021 : Soledad Chapetón Tancara (UN)
  • 2021-2026 : Eva Copa (Jallalla)


Quartiers[modifier | modifier le code]

El Alto est constituée de plusieurs quartiers qui revêtent davantage un caractère sociologique que politique ou administratif, contrairement aux districts. Une liste sommaire ci-dessous présente quelques quartiers notables.

  • 1.º de mayo
  • La Ceja
  • 16 de julio
  • Complejo
  • Ciudad Satélite
  • Mercedario
  • Villa Ingenio
  • Nuevos Horizontes
  • Senkata
  • Santiago I
  • Santiago II
  • Villa Adela
  • Villa Dolores
  • Villa Exaltación
  • Villa Ingavi

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La municipalité d'El Alto constitue selon les estimations de 2020, la deuxième plus grande ville de Bolivie en termes de population, après Santa Cruz de la Sierra. En 2020, la population est effectivement estimée à 943 558 habitants[3]. Le tableau suivant présente l'évolution du nombre d'habitants de la ville suivant les recensements qui ont été effectués au fil des années. À noter que la « ville d'El Alto » correspond à son noyau urbanisé.

Évolution démographique d'El Alto[4]
Année Ville Municipalité
1992 405 492 414 528
2001 647 350 649 958
2012 846 880 848 452
2022 - -

Criminalité[modifier | modifier le code]

Bien que la Bolivie soit l'un des pays les plus sûrs d'Amérique Latine, les zones urbaines populaires comme El Alto concentrent une certaine petite criminalité (escroqueries, pickpockets...) liée à la grande pauvreté de nombreux habitants. El Alto est également parfois le théâtre de lynchages, qui font partie du paysage social bolivien teinté d'une certaine violence. Les cambriolages étant nombreux, certaines familles qui vivent en communauté à El Alto pendraient ainsi des épouvantails au lampadaire de leur rue afin de montrer aux voleurs ce qui les attend.

Transports[modifier | modifier le code]

Vue du téléphérique et de La Paz (au premier plan) surmontée par El Alto (en arrière-plan).

L'accès à la capitale est aisé grâce à l'unique autoroute de Bolivie. À 10 km se situe le centre-ville de La Paz, à 3 600 m d'altitude. Cet accès routier unique vers La Paz est également extrêmement stratégique, car elle est très souvent l'objet de blocages lors des grands mouvements sociaux (ce qui met La Paz dans un quasi état de siège), des blocages qui peuvent jusqu'à aller au renversement du gouvernement comme en 2003 lors de la guerre du gaz.

À l'opposé, la route conduit au sud-est à travers des paysages hors du commun jusqu'à Oruro. Cependant, pour ceux qui ne disposent pas de transports privés, l'accès à la capitale est rendu très difficile, voire dangereux dans ses minibus surchargés.

L'aéroport international de La Paz, l'un des plus hauts du monde, se trouve également à El Alto.

Un réseau de téléphériques urbains appelé Mi Teleférico relie les villes de La Paz et d'El Alto. Mis en service le , le réseau comptait en 2018, un total de 25 stations réparties sur huit lignes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cathy Dos Santos, « Architecture. En Bolivie, les « cholets » de Freddy Mamani font fureur », sur L'Humanité,
  2. a et b (es) Ministerio de Desarrollo Productivo y Economía Plural - Dirección General de Análisis Productivo, Informe Estadístico del Municipio de El Alto, La Paz, , 14 p. (lire en ligne), p. 2
  3. (en) City Population, « Bolivia: Municipal Division (Departments and Municipalities) - Population Statistics, Charts and Map », sur www.citypopulation.de, (consulté le )
  4. (es) Ministerio de Desarrollo Productivo y Economía Plural - Dirección General de Análisis Productivo, Informe Estadístico del Municipio de El Alto, La Paz, , 14 p. (lire en ligne), p. 3