Eiji Tsuburaya

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Eiji Tsuburaya
Tsuburaya Eiji01.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
TokyoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
円谷 英二Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
円谷 英一Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Tokyo Denki University (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Enfants
Hajime Tsuburaya (d)
Noboru Tsuburaya (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Site web

Eiji Tsuburaya (円谷 英二, Tsuburaya Eiji?), né Eiichi Tsumuraya (円谷 英一, Tsumuraya Eiichi?) le à Sukagawa et mort le est un responsable d'effets spéciaux japonais connu pour avoir travaillé sur de nombreux films de science-fiction. Il est l'un des co-créateurs de la série des Godzilla et il est également le créateur principal d'Ultraman.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Tsuburaya décrit son enfance comme étant remplie « d’émotions mêlées ». Il est le fils ainé de Isamu et Sei Tsuburay, il a de nombreux frères et sœurs. Sa mère meurt alors qu’il a 3 ans et son père part vivre en Chine pour des affaires de famille. Le jeune Eiji est depuis lors vaguement élevé par son oncle Ichiro et sa grand-mère paternelle Natsu. En 1908, il entre à l’école primaire de Sukagawa Choritsu Dai'ichi Jinjo Koutou Shogakko et deux ans plus tard, se prend de passion pour la construction de maquettes d’avion, ce qui est en grande partie dû au succès phénoménal des aviateurs japonais de l’époque. C'est un passe-temps qu’il continuera de pratiquer jusqu’à sa mort. En 1915, à l’âge de 14 ans, il obtient l’équivalent japonais du Baccalauréat et, malgré les réticences de sa famille, il intègre l’École Japonaise d’Aviation à Haneda. Après la fermeture de cette école en 1917 suite à la mort accidentelle de son fondateur, Seitaro Tamai, Tsuburaya entre dans une école de commerce. Il commence une carrière assez fructueuse au département de recherche et développement de la compagnie de jouets Utsumi, mais une rencontre inattendue à une fête de la compagnie en 1919 va changer le cours de son destin : Yoshiro Edamasa lui offre l’opportunité de faire ses preuves en tant que cadreur.

Début de carrière et propagande de guerre[modifier | modifier le code]

En 1919, son premier emploi dans l’industrie du cinéma est celui d’assistant directeur de la photographie à Nihon Katsudou Shashin Kabushiki-kaisha (Compagnie de cinématographie Nihon, qui deviendra célèbre sous le nom de Nikkatsu) à Kyoto. Après avoir servi en tant que membre du personnel de la correspondance de l'armée entre 1921 et 1923, il entre chez Ogasaware Productions. Il est notamment le cadreur du film Le Bossu de Enmeiin (Enmeiin no Semushiotoko) et le cadreur assistant du film révolutionnaire de Teinosuke Kinugasa en 1925 : Kurutta Ippeiji (Une Page Folle).

Il entre chez les studios Shōchiku en 1926 et devient cadreur à plein temps à partir de 1927. Pendant cette période, il commence à créer et à utiliser des techniques de film innovantes. Par exemple, il est le premier dans le cinéma japonais à utiliser une grue pour sa caméra. En 1930, dans le film Chohichiro Matsudaira, il créa une illusion visuelle par superposition d’images. C’est ainsi que commence le travail pour lequel il est connu de nos jours : les effets spéciaux.

1930 est également l’année de son mariage avec Masano Araki. Hajime, l’ainé de ses trois fils, nait trois ans plus tard. Pendant les années 1930, Tsuburaya travaille pour plusieurs studios successifs et se taille la réputation d’être très méticuleux dans son travail. C’est pendant cette période qu’il voit le film qui va influencer toute sa carrière. Après le succès international de Godzilla en 1954, Tsuburaya dira : « Quand j’ai travaillé chez Nikkatsu, King Kong était projeté à Kyoto et je n’oublierai jamais ce film. Je me suis dit "Je ferai un jour un film de monstre comme celui-là." »[1]

En 1938, il dirige les Techniques d’Effets Spéciaux chez les studios Tōhō Kabushiki-gaisha, créant un département indépendant des Effets Spéciaux en 1939. Cette période est propice à Tsuburaya pour le développement de la technique et lui permet de décrocher quelques récompenses. Mais il ne reste pas longtemps chez Tōhō.

Pendant la Seconde Guerre Sino-Japonaise et la Seconde Guerre mondiale, il réalise plusieurs films de propagande et produit quelques effets spéciaux pour la Division de Recherche de Films Educatifs de Tōhō, créée par décret du gouvernement impérial[2]. Ce travail inclut Kōdō Nippon (La Voie Impériale du Japon) (1938), Kaigun Bakugeki-tai (Escadron de bombardiers) (1940), Moyuru ōzora (Le Ciel Brulant) (1940),  Hawai Mare oki kaisen (La guerre en mer, d’Hawaï à Malaya) (1942), Kessen-no Ōzara-e (Bataille décisive dans le ciel) (1942), Katō hayabusa sentō-tai (L’Escadrille des faucons de Katō) (1944).

Pendant la période d’occupation du Japon qui succède à la guerre, l’association des travaux de Tsuburaya avec la propagande japonaise s’est avéré être un obstacle pour sa carrière dans la période qui suit. C'est pourquoi il se lance en tant qu’indépendant en créant sa propre compagnie de production, Tsuburaya Visual Effects Research, tout en travaillant également sur quelques films pour d’autres studio, jusqu’à ce qu’il retourne travailler chez Tōhō au début des années 1950.

Sa carrière chez Tōhō[modifier | modifier le code]

À la tête du Département des Effets Spéciaux de Tōhō qu’il a créé en 1939 (et appelé Département des Arts Spéciaux jusqu’en 1961), il dirige une équipe d’une soixantaine d’artisans, de techniciens et de caméramans. C’est là qu’il commence à faire équipe avec le réalisateur Ishirō Honda et le producteur Tomoyuki Tanaka, avec qui il réalise Godzilla  (ゴジラ - Gojira) en 1954.

Pour son travail dans Godzilla, Tsuburaya gagne son premier Prix de la Technique de Film. Contrairement à Willis O’Brien qui a utilisé la technique de l’animation en volume pour créer King Kong dans le film du même nom en 1933, Tsuburaya crée les effets spéciaux de son monstre géant grâce à un homme vêtu d’un costume de caoutchouc. Cette technique, maintenant associée intimement avec les kaiju japonais ou les films de monstre, est aussi appelée suitmation (mot popularisé par la presse japonaise dans les années 1980). Cette technique, en utilisant des décors miniatures détaillées avec parcourus par des acteurs en costumes de monstre est encore utilisé aujourd'hui (parfois combinée avec des techniques d’image de synthèse) et est maintenant considéré comme un art typiquement japonais.

L’immense succès de Godzilla amène Tōhō à produire une série de films de science-fiction, certains en introduisant de nouveaux montres, d’autre utilisant à nouveau le personnage de Godzilla. Parmi ces films, les plus populaires et les plus critiqués sont ceux impliquant l’équipe de Godzilla : Tsuburaya, Honda et Tanaka ainsi que leur compositeur Akira Ifukube. Pendant cette période, Tsuburaya produit également des effets spéciaux pour des films autres que des films de monstre comme L’Homme H (1958) ou La Dernière Guerre de l'Apocalypse (1961), et gagne un autre prix japonais de la Technique de Film pour son  travail dans le film de science-fiction Prisonnière des Martiens (1957). Il gagne également un prix en 1959 pour la création du « Tōhō Versatile System », une imprimante optique pour les images sur grand écran, qu'il fabrique de ses propres mains et utilise pour la première fois dans Les Trois Trésors en 1959 (Tsuburaya est constamment frustré par le mauvais état des équipements qu'il est contraint d'utiliser, et par les contraintes budgétaires imposées par Tōhō qui l’empêche de faire l'acquisition de nouvelles technologies cinématographiques).

Fidèle à sa compagnie, Tsuburaya travaillera pour Tōhō jusqu’à sa mort en 1970.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Le , le 114e anniversaire de sa naissance a été célébré par un Google Doodle sur la page d'accueil du moteur de recherche[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Taylor, Al., « The Man Who Made Godzilla Famous », Fantastic Films and Other Imaginative Media,‎ , p. 19
  2. (en) August Ragone, Eiji Tsuburaya: Master of Monsters: Defending the Earth with Ultraman and Godzilla, San Francisco, California, Chronicle Books, (ISBN 978-0-8118-6078-9)
  3. Marie-Pierre Haddad, « Eiji Tsuburaya, l'un des créateurs de Godzilla, aurait eu 114 ans », sur RTL, (consulté le 7 juillet 2015).