Église Saint-Joseph du Havre

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Église Saint-Joseph
Image illustrative de l'article Église Saint-Joseph du Havre
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Diocèse du Havre
Début de la construction 1951
Fin des travaux 1956
Architecte Auguste Perret
Style dominant Architecture moderne inspiré de l'architecture néogothique[Note 1] et de l'architecture néoclassique[Note 2]
Protection Logo monument historique Classé MH (1965)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (2005)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Ville Le Havre
Coordonnées 49° 29′ 27″ Nord 0° 06′ 04″ Est / 49.4908626, 0.1010656[1]

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Église Saint-Joseph

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Église Saint-Joseph

L'église Saint-Joseph est un édifice emblématique du centre-ville reconstruit du Havre. C'est le premier monument que l'on voit en arrivant par la mer.

Le renouveau de l’art sacré, l’abstraction lyrique des années 1950, ainsi que les modifications liturgiques à l’origine des réformes de Vatican II, sont à mettre en exergue à la compréhension de l’édifice.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une chapelle: 1870 à 1873[modifier | modifier le code]

L'idée de fonder une nouvelle paroisse, la paroisse Saint-Joseph, naît en 1863 avec l'abbé Beaupel (curé de l'église Saint-Vincent-de-Paul). En 1868, une exposition maritime internationale a lieu vers la rue Gustave Cavazan et le boulevard Impérial, sur un terrain libéré par la destruction des anciennes fortifications de la ville; le bâtiment en bois qui servait à l'exposition devait être détruit, mais avant cela la mairie acheta le terrain, et l'idée était de faire de ce bâtiment un lieu de culte[2]. Ainsi les travaux d'aménagement du bâtiment débutèrent l'année même; la guerre franco-prusse en 1870 n'interrompt pas les travaux[2]. Un clocher-porche est construit à l'ouest du bâtiment, le clocher est surmonté d'une flèche de charpente[2]. Le la chapelle est bénie, mais aucune paroisse n'est fondée[2]. Les dimensions de la chapelle étaient de 35 mètres de long et 14 mètres de large[2].

Le quartier sur lequel a été érigée la paroisse était un quartier de charpentiers de navires et de chantiers navals. C'est donc à saint Joseph, charpentier, et saint patron des charpentiers, que le curé fondateur, l'abbé Roger, a dédié la première église .

La première église: de 1873 à 1944[modifier | modifier le code]

Bien qu'aucune paroisse ne soit formée, une nouvelle église est construite à l'emplacement de la chapelle: le la première pierre est posée[3]. Le l'archevêque de Rouen, le cardinal de Bonnechose fait de l'église Saint-Joseph une église succursale et fonde la paroisse Saint-Joseph, et modifie les limites des paroisses de Saint-Vincent-de-Paul, de Saint-Michel et de Notre-Dame[3]. Le , l'abbé Roger est installé en tant que curé de la nouvelle paroisse par l'abbé Duval (curé doyen de Notre-Dame)[3]. L'église est ouverte au culte dès le , et une semaine après deux cloches sont bénites:

  1. La première cloche porte l'inscription :«L'an de grâce 1877, M. l'Abbé Léon Ernest Roger, étant curé de Saint-Joseph, MM. Roussel, Onizelle, Letellier, Haugel et Bordeau, Roger Lemarchand, H. Franque, E. Lamotte étant membre de la fabrique, j'ai été bénite par Messire Benoist Bonaventure Legros, vicaire général de Son Exc. Mgr le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, et nommée Marie-Louise-Claire par M. Gustave Begouën Demeaux et Mme Marguerite Claire Dupont-Delaporte, épouse de M. Bigot de La Robillardière» et sur la lèvre «M. Henri Léon Franque m'a donnée en mémoire de son père, M. Émile Franque. F. Cartenet Fondeur»
  2. La deuxième cloche portait l'inscription : «L'an de grâce 1877, M. l'Abbé Léon Ernest Roger, étant curé de Saint-Joseph, MM. Roussel, Onizelle, Letellier, Haugel et Bordeau, Roger Lemarchand, H. Franque, E. Lamotte étant membre de la fabrique, j'ai été bénite par Messire Benoist Bonaventure Legros, vicaire général de Son Exc. Mgr le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, et nommée Émile-Paul par M. Aimable Hyacinthe Roussel, président de la fabrique et Mlle Marie Aimée Lucas; Mlle Marie-Louise Franque m'a donnée en mémoire de son frère, M. Paul. F. Cartenet Fondeur.»[3]

L'église de style néogothique possédait une nef en trois vaisseaux, dont la nef centrale était sur deux niveaux d'élévations. Le transept était surmonté d'une tour-lanterne, et l'église possédait cinq chapelles absidiales dans l'abside[3]. Le clocher n'a pas été construit: un petit clocher en bois (provenant de l'ancienne chapelle) provisoire a été construit à côté de la façade ouest de l'église.

Le , une bombe américaine détruit une partie de la nef et la façade occidentale, et le souffle démolit le clocher provisoire; mais, du fait de leur petite taille, les cloches ne se fissurent pas après leur chute[3]. Mais le , un nouveau bombardement détruit totalement les parties épargnées par la précédente attaque. Seules quelques statues et les deux cloches survivent[3].

De la reconstruction jusqu'aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après la destruction de la première église, la paroisse décida d'emménager une chapelle provisoire dans un petit baraquement du camp François Ier, qui fut bénie le par Mgr Daniel Lemmonier (évêque auxiliaire de Rouen à l'époque)[4].

Auguste Perret et Raymond Audigier sont les deux architectes à l’origine de la construction de l’église Saint-Joseph. À la mort de Perret, en 1954, Audigier termina l'ouvrage avec la collaboration de Georges Brochard pour le cabinet Perret. Audigier et Brochard étaient par ailleurs assistés par un autre architecte, Jacques Poirrier. Auguste Perret dessine avec Raymond Audigier les plans de la nouvelle église : Auguste Perret, qui était athée, voulait que l'église soit aussi un monument à la mémoire des victimes de la guerre tandis que Raymond Audigier, très croyant, souhaitait en faire un cierge de remerciement à Dieu pour le retour de la paix. Cette seconde idée a fortement influencé le choix de la forme définitive du monument tout en s'inspirant des précédents projets réalisés par Auguste Perret: l'église votive Sainte-Jeanne d'Arc, une basilique dessinée par Perret en 1926 et originellement destinée à être construite rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris. L'abbé Marie convainc le clergé et le ministère de la reconstruction de mettre en œuvre ce projet.

Les travaux débutent le 21 octobre 1951 par la pose de la première pierre. La fin du gros œuvre a lieu en octobre 1957 avec l'achèvement de la tour de 107 mètres et la reprise du culte le 22 mars 1959, les aménagements intérieurs n'étant terminés qu’en 1961. La consécration du maître-autel et des aménagements (baldaquin, stalles) conçus par l’architecte Guy Verdoïa a lieu en 1964.

La nouvelle église Saint-Joseph fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 11 octobre 1965[5].

En 1997, l'église est parée d'un habillage lumineux.

En 2003, un orgue construit à l’origine en 1966 à Strasbourg, pour la chapelle Saint-Thomas-d’Aquin du Havre, y est installé.

D'importants travaux de restauration sont menés entre 2003 et 2005 pour un coût d'1,6 million d'euros : reprise, sur quasiment toutes les parois, des bétons d'origine qui ont été très abîmés par l'air salin et les tempêtes marines, intervention également à l'intérieur du clocher; réalisation de l'étanchéité des terrasses ; mise en conformité du réseau électrique et, enfin, rénovation de certains vitraux dont les scellements métalliques avaient vieilli.

La prouesse technique[modifier | modifier le code]

Le clocher vu du chœur

Conçue pour résister aux tempêtes tout en conservant une apparence légère, l'église Saint-Joseph est un bâtiment à la structure complexe et tirant parti des meilleures techniques de construction de son époque.

Ce qui frappe le plus le visiteur de l'église est sans doute l'absence de piliers dans sa partie centrale. Tirant parti de l'extrême résistance mécanique du béton, Perret a en effet pu vider le volume intérieur (50 000 m³) de toute structure de soutien visuellement encombrante dans sa zone centrale. La masse de l'édifice repose sur une surface de base de 2 000 m² et l'église a nécessité 50 000 tonnes de béton. Le bloc de base de l'église repose sur 71 « pieux Franki » de 15 mètres de long. Les 16 piliers de l'église reposent sur 16 puits tubés en béton armé de 1,45 m de diamètre et s'enfonçant à 15 mètres dans le sol. Le clocher exerce un poids de 1 100 tonnes à chaque angle.

Le clocher de l'église Saint-Joseph dominant le centre-ville reconstruit du Havre

Description physique[modifier | modifier le code]

L'autel vu du clocher

L’extérieur[modifier | modifier le code]

 Eglise Saint Joseph vue de l'extérieur
Eglise Saint Joseph vue de l'extérieur

Dès le premier regard, toute la structure de l’édifice est révélée :

  • un ordre principal comprenant 4 groupes de 4 piliers soutient la tour ;
  • un ordre secondaire ponctué par des colonnes nervurées, supporte les parties basses de l’édifice: bas-côtés, tribune et chapelle.

L’intérieur[modifier | modifier le code]

Le chœur comprenant l’autel majeur, la clôture et le ciborium sont réalisés par l’architecte Guy Verdoïa, en 1964. L'autel est localisé au centre de l'église. C’est, ainsi, une autre des particularités de l’église saint-Joseph.

Les vitraux[modifier | modifier le code]

La tour-lanterne fait entrer la lumière dans l'édifice grâce à ses vitraux multicolores. Les claustras préfabriqués, sans armature, sont garnis sur la face extérieure d'un verre blanc et sur la face intérieure d'un verre coloré.

 Vitraux de l'église Saint Joseph du Havre
Vitraux de l'église Saint Joseph du Havre

Les vitraux sont agencés selon une symbolique précise des couleurs et des formes renvoyant aux recherches de l’Atelier d’Art Sacré, sur les vertus théologales.

Ces vitraux aux formes strictement géométriques se déclinent en sept couleurs principales (blanc, orange, jaune, vert, violet, rouge et verdâtre) pour former cinquante nuances au total. Les couleurs sont placées du plus sombre à la base au plus clair (le blanc) vers le sommet. Les couleurs dominantes dépendent également de l’orientation. À l’est, lilas rosé, or et vert pour la Nativité. Au sud, orange, jaune et or symbolisent la splendeur et la gloire de Dieu. À l’ouest, le rose dominant et le rouge représentent l’action et la force. Enfin, au nord, le bleu prépondérant est la couleur de la Vierge et du ciel.

Par ailleurs, sombres en partie basse, les verres s’éclaircissent en allant vers le haut de la tour : ils deviennent translucides au sommet. En outre, le nombre de vitraux augmente proportionnellement avec la hauteur : la partie basse ne comporte qu'un panneau lumineux sur deux alors que le haut est une immense verrière. Ce parti pris architectural et décoratif crée un sentiment d’élévation spirituelle et de grande unité esthétique.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Aucune peinture n'orne le bâtiment qui est sobre, voire rude, et tire sa noblesse architecturale de la pureté de sa structure.

Le mobilier de l'église est lui aussi très sobre. On recense notamment :

  • Quatre confessionnaux en chêne, dans l'esprit de l'époque, auteur inconnu, classés à l'inventaire[6].
  • le tabernacle mural, sculpté par Marcel Adam et orné par l'orfèvre Charles Leborgne, classé à l'inventaire[7].
  • les fauteuils de célébrant (cinq fauteuils dont trois d'époque et réalisés pour l'église par un auteur inconnu), classé à l'inventaire[8].
  • les bancs de fidèles, dessinés par Georges Brochard, classés à l'inventaire[9].
  • les 800 sièges de type cinéma.
  • la sépulture de l'abbé Marcel Marie, fondateur bâtisseur de Saint-Joseph.
  • Deux modestes statues sont présentes : une statue de la Vierge Marie et une statue de saint Joseph, l'une au Sud et l'autre au Nord.
  • L'autel qui est taillé dans un seul bloc de granit. Son poids est de sept tonnes. Son emplacement au centre de l'église sous la tour a été voulu par l'abbé Marie et par Auguste Perret. Cette disposition n'était pas traditionnelle dans l'architecture chrétienne lors de la construction de l'église. Elle le deviendra avec le Concile Vatican II en 1961.

Orgues[modifier | modifier le code]

La tribune est à présent dotée de son orgue à tuyaux, construit par le facteur d'orgue Alfred Kern (Strasbourg) en 1966 pour la chapelle Saint-Thomas du Havre (aujourd'hui démolie). L'orgue a été transféré sur la tribune de Saint-Joseph en 2003-2004 où il trouve sa place tant sur le plan sonore qu'architectural.

Sa composition est la suivante et permet de jouer plutôt un répertoire baroque : 2 claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes – 13 jeux dont certains remarquables et sonnant admirablement dans l’édifice.

On notera une flûte conique 8’, un prestant 4’, un cornet de 5 rangs décomposé (5 jeux) ... et une trompette 8’ ré-harmonisée en 2004 par le célèbre facteur havrais Ph. Hartmann. (instrument appartenant à un organiste havrais, le mettant gracieusement à l'usage cultuel).

L'orgue a été inauguré le 25 septembre 2005, avec entre autres, l'Orchestre André Caplet peu de temps après la réouverture de l'église.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tour octogonale et sa flèche
  2. Pilastres et corniches

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article  : source utilisée pour la rédaction de cet article.

  • Gilbert Décultot, Le Havre, ses églises, , 304 p. (OCLC 27975643) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Robin (Suzanne), Églises modernes, évolution des édifices religieux en France depuis 1955, 1980.
  • Collectif.Monuments, monuments… Le Havre et sa reconstruction, catalogue d'exposition, Le Havre, Musée des Beaux-Arts André Malraux, 15 février-12 mars 1984, Le Havre, 1984.
  • Abram (Joseph), Perret et l'école du classicisme structurel, 1910-1960, École d'Architecture de Nancy, Service de la Recherche Architecturale, 1985.
  • Abram (Joseph), L'équipe Perret au Havre. Utopie et compromis d'une reconstruction, École d'Architecture de Nancy, Paris, Bureau de la recherche architecturale, 1989.
  • Chevalier (Michel), La France des cathédrales du IVe au XXe siècle, Rennes, éditions Ouest-France, 1997.
  • Etienne-Steiner (Claire), Le Havre, Auguste Perret et la reconstruction, collection Images du Patrimoine, Inventaire général/AGAP, Rouen, 1999.
  • Collectif (Joseph Abram, Sylvie Barot, Elizabeth Chauvin), Les Bâtisseurs, l'album de la reconstruction du Havre, Le Havre, édition Point de vues, musée Malraux, 2002.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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