Eftimie Murgu

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Eftimie Murgu
Eftimie murgu.jpg
Fonction
Député à l'Assemblée de Hongrie
Biographie
Naissance
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Eftimie Murgu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 64 ans)
BudaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités

Eftimie Murgu (né le 28 décembre 1805 à Rudăria, au departement de Caraş-Severin - mort le 30 avril 1870 à Budapest) est une figure de la renaissance culturelle roumaine, juriste et un professeur de philosophie roumain, homme politique, député dans le parlement révolutionnaire hongrois pendant la Révolution de 1848 (le Régime de Debrecen) et avocat à Budapest.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Il est né dans la famille de Samuel Murgu, officier de l'armée impériale autrichienne et de Cumbria Murgu (née Pungilă) dans la maison numéro 84 à Rudăria (Caraş-Severin) en ayant comme parrain Mândru Suta. Il passe seulement une partie de son enfance à Rudăria parce qu'en 1815, son père, Samu, est transféré au régiment de la frontière de Caransebes.

Il commence l'école primaire dans sa ville natale, Rudăria, avec le professeur Ion Măzăran. Il y apprend la langue slavonne (vieux-slave). Il continue ses études à Caransebeș où il apprend le hongrois, puis il suit les cours de la faculté de philosophie de Szeged, où il sort diplômé en 1827. En 1830 il finit la Faculté de Droit de l'Université de Pest, et en 1834 il obtient le titre de docteur en droit universel à l'université de Pest. Outre sa langue maternelle roumaine, il parlait couramment le latin, le hongrois, l'allemand, le grec et le slavon.

Il est initié à la franc-maçonnerie à Iași en 1834, puis il devient le Vénérable d'une loge moldave de cette ville[1].

Eftimie Murgu a été l'un de plus clairvoyants démocrates et révolutionnaires roumains, l'une des grandes personnalités « qui n'a pas hésité de se sacrifier pour le bonheur du peuple et du pays »[réf. nécessaire]. Dans les années 1830, il commence son activité quand il entre dans la vie publique avec la publication de son ouvrage Combaterea disertatiei - (Wiederlegung) - une réponse aux affirmations diffamatrices du Hongrois Sava Tököly, qui remettait en question l'authenticité de la langue et de l'histoire du peuple roumain. Le travail écrit de Murgu est complété par le fait qu'il a été l'un des pionniers de l'enseignement philosophique roumain.

Dans toute son activité Eftimie Murgu a été un grand adversaire de l'absolutisme des Habsbourg. Ce fait s'est avéré en 1849 dans la Diète de Debrecen, où il vote pour le détrônement de la dynastie des Habsbourg, ce qui constituera l'un des principaux actes d'accusation qui vont lui apporter la condamnation à la mort. Il se déclare aussi contre l'oligarchie de l'Église orthodoxe serbe dirigée par Joseph Rajacič et il lutte pour que l'Église orthodoxe de Banat et de la Transylvanie obtiennent le droit d'officier le culte dans la langue maternelle.

Dans sa conception révolutionnaire, Eftimie Murgu était un ardent partisan de l'idée de la république, un combattant infatigable pour l'abolition de relations féodales et pour l'unité nationale des roumains.

Pendant l'hiver de 1848 Eftimie Murgu se trouvait dans la deuxième détention et le 6 février son procès est repris. Il a demandé la permission de se présenter devant l'empereur. Grâce aux manifestations les jeunes roumains de Pest, Murgu est libéré le 9 avril. Après quelques jours, Timotei Cipariu lui propose de présider l'Assemblée de Blaj, mais il refuse cette proposition.

Le 24 juin il est élu député simultanément dans les circonscriptions de Lugoj, Oraviţa et Făget. À l'occasion de la validation des élections pendant la réunion de l'Assemblée nationale du il optera pour le mandat de Lugoj[2]. Il obtient le droit de convoquer une assemblée populaire à Lugoj et le 27 juin au début de l'Assemblée il est proposé président.

La Grande Assemblée nationale de Lugoj le 15 juin 1848, dont il a été proposé comme président de ce qui a été proposé, a exigé parmi les autres demandes, les suivantes[2] :

  • la mise en place d'une armée populaire roumain et l'armement du peuple,
  • l'organisation de Banat comme un Căpitanat Général,
  • la nomination de Eftimie Murgu comme capitaine général de Banat,
  • la reconnaissance de la langue roumaine comme langue officielle dans tout le Banat,
  • l'indépendance de l’Église orthodoxe roumaine de Banat.

L'année suivante à la révolution, Eftimie Murgu vote pour le détrônement de la dynastie des Habsbourg (le 13 avril) et pour la nouvelle loi sur les nationalités qui contenait l'obtention de droits minimaux pour les roumains, ainsi que la réorganisation d'une légion roumaine (le 28 juillet). Pour le courage de voter contre les Habsbourg, il est arrêté le 22 août et condamné à mort pour "haute trahison contre la monarchie des Habsbourg". Sa condamnation est changée à quatre ans en prison qui va les exécuter dans la prison de Iosefstadt en Bohême. Après qu'il sort de la prison, il est élu député de nouveau dans la Diète, et en 1861, il fut élu député dans la circonscription de Moravita. En 1865 il écrit un dernier document intitulé "Sur le mémorandum du Congrès serbe" ; son activité a été limitée par le fait que les prisons l'avaient beaucoup affaibli. Le 12 mai 1870 cet "homme fantastique avec le caractère de bronze", que le Banat l'a donné, meurt.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1805 déc. 28 – il est né dans la commune de Rudăria (devenue Eftimie Murgu, Caraş-Severin);
  • 1826 – il suit les cours de la faculté de philosophie de Szeged;
  • 1827 – il finit la faculté de philosophie de Pesta. Il s'inscrit à la faculté de droit de la même ville;
  • 1830 –  il finit les cours de la faculté de droit à l'université de Pesta. Polémiques  avec Sava Tököly où il défend l'origine du peuple roumain (Wiederlegung)[3] ;
  • 1834 – Il obtient le titre de docteur de l'université de Pesta, dans le domaine du droit universel. Il part pour être professeur à Iaşi;
  • 1834 nov. 20 – Il commence le cours de philosophie à l'École de la ville de Iaşi[3] ;
  • 1836 11 mai – il demande à l'Eforia  des écoles de fixer son examen le plus tôt possible pour pouvoir quitter la Moldavie;
  • 1837 déc. 08 – il est nommé professeur de logique et de droit romain à l'université de Saint Sava de Bucarest[4] ;
  • 1839 déc. 19 – Alexandru Ghica approuve sa démission;
  • 1840 nov.14 – il est l'objet d'une enquête pour sa participation et son rôle dans le mouvement révolutionnaire de  la Valachie;
  • 1841 – il est arrêté par le régiment de frontière de Caransebes pour avoir participé dans le mouvement révolutionnaire en Valachie;
  • 1841 sept. 21 - il est libéré de la prison;
  • 1845 mars - a lieu la deuxième arrestation, à la suite de la dénonciation du prêtre Ioan Blidariu de Găvojdia qui l'avait accusé d'avoir agité les roumains contre les hongrois et contre l'intégrité de l'état[4]. Il est envoyé sous escorte à la prison ” Neugebaude” de Buda;
  • 1845 oct. – a lieu l'audition de sa Murgu par les autorités de Buda;
  • 1846 avr.27 – il commence le procès de E. Murgu au tribunal royal de Pesta, finalisé par une peine de quatre ans d'emprisonnement[5] ;
  • En 1848, la avr.09 – il est libéré de la prison;
  • 1848 le 24 juin - il est élu député dans les circonscriptions électorales de Lugoj, Oraviţa et Făget ;
  • 1848 27 juin – préside l'Assemblée à Lugoj[2] ;
  • 1848 juillet 13 – il soumit au ministre hongrois des Affaires intérieures, les demandes de l'Assemblée de Lugoj;
  • 1849 13 avril - il vote dans la Diète le détrônement de la dynastie des Habsbourg;
  • 1849 29 juillet – il se rencontre avec Avram Iancu pour lui faire connaître la nouvelle loi sur les nationalités;
  • 1849 septembre – il est de nouveau arrêté et envoyé à Arad;
  • 1850 – est transféré dans une prison à Budapest;
  • 1851 7 octobre – le Conseil de guerre le condamne à mort par pendaison et la confiscation des biens. Le décret du 25 août 1850, la peine est réduite à quatre ans de prison[5]. Il est envoyé à la prison à Iosefstadt en Bohême pour l'exécution de la peine.
  • 1853 octobre – il est libéré;
  • 1861 24 avril - il participe aux élections pour la Diète dans la circonscription de Lugoj;
  • 1864 29 avril - il est élu député pour Stamora-Moravita;
  • 1865 – la dernière démarche publique: ”"Sur le mémorandum du Congrès serbe"”;
  • 1870 avril 7 – il fait son testament qu'il enregistre à la mairie de la ville de Budapest, sous le numéro 10897/1870;
  • En 1870, le 12 mai, il meurt dans la ville de Buda, où il a été enterré dans le cimetière Kerepesy de Budapest;

En 1932 – ses os ont été apportés en Roumanie et inhumés dans le cimetière de la chapelle de la Lugoj.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Eftimie Murgu
  2. a b et c Cosma, p. 22
  3. a et b Cosma, p. 20
  4. a et b Cosma, p. 21
  5. a et b Cosma, p. 23

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aurel Cosma jr. - Banateni de alta data, vol. J', Timişoara, 1933

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Ionel Cionchin - Eftimie Murgu - Zeul românilor bănățeni, în Din galeria oamenilor de seamă, Timișoara: Ando Tours, 2002
  • Mariana Neguțu - In memoriam - Eftimie Murgu (1805-1870), articol, publicat în periodicul Muzeului Național de Istorie a României, nr. 17/2005, București.
  • Attila Varga - Eftimie Murgu și percepția elitei ecleziastice din Banat la 1848-1849, în Gelu Neamțu (coord.) - Biografii pașoptiste. Culegere de studii, București: Editura Academiei Române, 2006
  • Bejat, Marian, Geneza psihologiei ca știință experimentală în România, EDP, București, 1972, p 32
  • Eftimie Murgu, Gheorghe Bogdan-Duicǎ, Imprimeria naționalǎ, 1937