Effondrement des immeubles rue d'Aubagne à Marseille

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Effondrement des immeubles rue d'Aubagne à Marseille
Graffiti rue d'Aubagne à Marseille après l'effondrement des immeubles en 2018
Graffiti rue d'Aubagne à Marseille après l'effondrement des immeubles en 2018

Type Effondrement d'un immeuble
Pays Drapeau de la France France
Localisation 1er arrondissement de Marseille
Date à 9h
Bilan
Blessés 2
Morts 8

Le lundi vers 9 h, deux immeubles vétustes du centre ville de Marseille, aux 63 et 65 rue d'Aubagne, dans le quartier populaire de Noailles, s'effondrent brutalement, provoquant la mort de huit personnes. Dans les jours qui suivent, les secours démolissent un immeuble qui menace de s’effondrer au numéro 67 et évacuent des centaines de personnes habitant dans les logements adjacents.

Avant l'effondrement[modifier | modifier le code]

L'accident témoigne de la vétusté de l'habitat marseillais[1],[2] et de l'inaction de la Mairie[3],[4]. Selon un rapport commandé par le ministère du logement et publié en 2015[5],[6], 100 000 personnes vivent dans des logements insalubres à Marseille[7],[8]. Une note confidentielle de l'Agence Régionale de Santé, antérieure à l'accident, dévoilée par Le Monde le 9 novembre, étrille les services de la mairie[9],[10],[11]: les dix d'agents du service communal d’hygiène et de santé (SCHS) de la ville n'auraient aucune compétence technique ni juridique: ils « soutiennent souvent que les dégradations constatées sont dues essentiellement aux modes d’occupation », « ont tendance à sous-évaluer la gravité des dysfonctionnements qu’ils relèvent », et lorsque des travaux sont exigés « il suffit que le bailleur écrive que le locataire refuse les travaux et le dossier est classé »[9]. Les arrêtés préfectoraux d’insalubrité sont très rares, aucun arrêté préfectoral d'insalubrité n'a été pris en 2016, six dossiers auraient été transmis au Coderst en 2017, et neuf depuis le début de 2018, alors le nombre de logements potentiellement indignes est évalué à 40 000[9].

L'état des deux immeubles était connu de la mairie et de la justice[12],[13]. Un expert désigné par la justice décrivait en 2015 l'état de délabrement des immeubles aux n° 63, 65 et 67 de la rue d'Aubagne, la présence de fissures, dont certaines très ouvertes, et le fait que les immeubles s'appuient les uns sur les autres[14]. Benoît Gilles[15] dans Marsactu avait publié en 2016 une série d’articles sur l'habitat de ce quartier[16] écrivant déjà à l'époque: « Au 63 rue d’Aubagne et au 13 rue de l’Arc, des oriflammes sales jadis bleus flottent au vent. La société d’économie mixte de la Ville, Marseille Habitat, y annonçait fièrement que ces immeubles allaient faire l’objet de rénovation dans le cadre d’un plan d’éradication d’habitat indigne [entre 2002 et 2016[17]]. Dans le premier, des travaux de consolidation ont été entrepris mais semblent arrêtés. (...) Une forte odeur de moisi ne rassure pas le visiteur sur l’état du bâti. » Un rapport 2018 de la Soleam (société locale d'équipement et d'aménagement de l'aire marseillaise) évaluait à 48% des immeubles l’habitat indécent ou dégradé dans le quartier de Noailles, 20,5 % d’entre eux (dont les 63 et 67 rue d'Aubagne), présentaient des présomptions de péril ou d’insalubrité; le 65 était épinglé pour l'indécence du logement[12]. L'expert Reynald Filipputti alerte la mairie le TGI et le syndic dès 2014[18], puis analyse dans un rapport rendu le 28 septembre 2018 que les désordres pourraient avoir été causés au cours des dix dernières années par la présence permanente d’eau dans les caves de cet îlot d’immeubles[13]. En 2017, la municipalité est à nouveau alertée par une note intitulée « Constat de faiblesse structurelle représentant un risque pour les biens et les personnes à court terme au 65 et 67 rue d’Aubagne »[18]. Les arrêtés de péril relèvent de la compétence de la Mairie[19].

Un arrêté de péril imminent existait pour l'immeuble 63 depuis 2008[20],[21], mais les premiers arrêtés de péril remontent à 2005[22]. Marseille Habitat avait réalisé à la place des copropriétaires des travaux d’office de traitement d’urgence en 2008[22]. L'expert désigné en 2009 par le tribunal de grande instance (TGI) n'a rendu son rapport qu'en 2013, apparemment faute de coopération du syndic[22]. En 2012, Arlette Fructus, adjointe au maire et déléguée au logement avait alerté le président du TGI[22]. L'immeuble est acquis par la ville en 2017 par voie d’expropriation, la copropriété ayant été jugée en état de carence[22],[19]. A l'état de ruine[23],[24], le 63 était dans la liste des 500 immeubles visés par le plan d’éradication de l’habitat indigne (EHI), mais seule la sécurisation de la façade a été réalisée[12],[25]. Selon le syndic de l'immeuble voisin, « Il manquait une partie de la toiture à l’arrière, et cet immeuble n’avait plus d’ossature. Le sol était en terre battue et l’eau ruisselait vers le 65. »[24] Des images prises pendant une visite d'expertise le 25 octobre 2018 témoignent de l'état de délabrement de l'immeuble[26].

L'immeuble au 65 avait fait l'objet de plusieurs arrêtés de péril, le dernier trois semaines avant l'accident[27]. Il avait été évacué temporairement le 18 octobre[21],[28]. D'après la Mairie, l'immeuble 65 avait fait l’objet ce jour là d’« une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants »[20]. D'après les riverains, la cage d’escalier du 65 s’était pour partie affaissée quinze jours avant l'accident[2]. D'après une habitante du 65, qui n'était pas présente au moment du drame, des vitres avaient explosé le vendredi précédent l'accident, et sa porte d'entrée avait bougé et ne fermait plus ; averti, le syndic n'aurait pas réagi[29],[30]. Elle porte plainte[31]. Un autre miraculé du même immeuble était en route vers le syndic, alerté par les fissures de l'immeubles qu'il venait de filmer[32],[33], au moment où celui-ci s'est effondré[34]. Le syndic de l'immeuble, Lieutard, déclare au Monde que « le bâtiment était en bon état et entretenu. Ce n’était pas un immeuble insalubre », et que c'est l'immeuble au 63 qui est à l'origine de la catastrophe[24].

Le 16 novembre, La Provence révèle que Reynald Filipputti et Bruno Pluchino, deux des experts auteurs des rapports sur les immeubles de la rue d'Aubagne, n'étaient pas inscrits sur la liste de la cour d'appel d'Aix-en-Provence[35].

Secours[modifier | modifier le code]

La rue d'Aubagne, après l'effondrement des deux immeubles

Au moment de l'accident[36],[37], 9 appartements sur 10 de l'immeuble en copropriété au numéro 65 étaient habités[20]. L'immeuble au 63 était muré[20], mais probablement squatté ; d'après un voisin, « dire que l’on ne pouvait pas rentrer, c’est un mensonge, cela fait des années que l’on sait que ces immeubles sont dangereux et qu’on laisse les gens y vivre »[25].

Selon le procureur de la République de Marseille, jusqu'à huit personnes pourraient avoir été ensevelies au numéro 65, rue d’Aubagne[20]. Huit morts ont été peu à peu retrouvés dans les décombres[38],[39],[1],[20],[24],[40],[41]. Les victimes sont[42],[43],[44],[45]:

  • Ouloume, originaire des Comores[46] et mère de six enfants ;
  • Au deuxième étage : Julien, un homme de 30 ans; deux Marseillais, Taher, 58 ans, d'origine tunisienne, et Sherif (ou Chérif selon les sources), algérien de 36 ans, marié et père d’un enfant; ils étaient invités chez Rachid, l'un des occupants de l'immeuble absents au moment du drame ;
  • Au quatrième étage : Fabien, un artiste-peintre de cinquante ans que son compagnon Sylvain décrit comme étant "affaibli par la maladie"; Simona, une étudiante italienne de 24 ans originaire de Tarente, dans les Pouilles; Niasse, un jeune italien d'origine sénégalaise, 26 ans, il était chez Simona le jour de l'accident;
  • Marie-Emmanuelle, une femme âgée de 55 ans, qui vivait au cinquième étage.

Le bilan définitif est de huit morts lorsque les recherches sont arrêtées, le 10 novembre, le commandant du bataillon des marins pompiers annonçant avec « certitude qu’il n’y a heureusement plus aucune victime sous les décombres »[47], démentant[48] la rumeur du contraire[49]. Sophie, une rescapée de l'immeuble, a dit le 8 novembre être aussi sans nouvelles de Cissé, un habitant, qui n'a finalement pas été retrouvé dans les décombres[43].

Juste après l'accident, 105 personnes sont évacuées et relogées dans 60 chambres d’hôtels du centre-ville[20]. Tout en secourant les victimes, les pompiers décident, pour leur propre sécurité, de démolir un troisième immeuble, situé au 67, et qui menaçait de s’effondrer[50]. Les immeubles aux numéros 61 et 69 de rue d'Aubagne inquiètent aussi les autorités[51]. Les travaux doivent s'interrompre le 7 au soir[52],[53], le temps de détruire les premiers étages du 69. Les secours constatent alors que le 69 est solide et pourrait même servir d'appuis aux immeubles situés plus haut dans la rue. Ils ne touchent pas au 71 qui devait lui aussi être déconstruit[54]. Les évacués du 69 sont relogés rue de Ruffi sans avoir pu récupérer aucune affaire personnelle[55]. Le vendredi 9, une centaine d'autres logements adjacents sont évacués : il s'agit des immeubles aux 1, 3, 5, 7 et 2, 4, 6, 8 de la rue Jean Roque, et du numéro 61 au 97 de la rue d'Aubagne[56],[41],[57]; à cette date, 359 personnes (de 176 familles) sont relogées[58]. Le samedi 10 novembre, l'évacuation du 24 cours Lieutaud et du 18 rue Jean Roque[59] porte à 404 personnes de 187 familles le nombre de personnes relogées[60]. L'application soudaine d'un principe de précaution multiplie les évacuations[61],[62]. Les personnes prises en charge par la mairie, d'une façon laborieuse[61],[63], sont au nombre de 452[64] selon les chiffres du 12 novembre, plus de 700 le 15 novembre (après évacuations 91 boulevard de Strasbourg, 34, 36, 38, 40 rue Jean-Roque, 389 rue de Lyon, 7 boulevard de Briançon, 24 et 29 cours Lieutaud, 4 rue Pythéas, 3 rue Hoche, 24 rue Pierre Dupré)[61],[62]. Au total le 16 novembre, 834 personnes ont été évacuées de 83 immeubles (dont 46 près du site de l'accident)[65]. La Marseillaise publie une carte des évacuations[66].

Par ailleurs, 21 arrêtés de péril ont été pris en urgence entre le lundi 5 et le vendredi 9, portant le total à 200 bâtiments marseillais[67]. L'État décide de procéder à une expertise d'une ampleur inédite des bâtiments à risque à Marseille, celle-ci durera plusieurs semaines[68].

Réactions[modifier | modifier le code]

Politiques[modifier | modifier le code]

« Ce n'est pas la pluie », un slogan en réponse à Jean-Claude Gaudin[47], pendant la Marche blanche organisée par le collectif « Noailles en colère », le 10 novembre 2018
  • Jean-Claude Gaudin[69], maire Les Républicains de Marseille, propose d'abord que « ce dramatique accident pourrait être dû aux fortes pluies qui se sont abattues sur Marseille ces derniers jours[12]. » Il reconnaît le 7 novembre que l’effort municipal n’est pas suffisant, annonce un audit pour procéder à « une vérification totale de tout ce qui peut paraître aujourd’hui comme de l’habitat insalubre », et met en cause les propriétaires du 65, « il s’agit d’une copropriété privée. L’éradication doit aussi atteindre les marchands de sommeil, il n’y a pas que la Ville qui peut les atteindre. (…) C’est à ces gens-là aussi qu’il faudrait s’adresser, avec un peu plus de violence qu’aujourd’hui[70]. » Jean-Claude Gaudin s'exprime dans une conférence de presse le 8 novembre[4],[53],[71],[72],[73]. Il y rend hommage aux personnes décédées, félicite les secours, affirme que sa collectivité a fait « depuis plus de vingt ans (...) tout ce qui était en [son] possible [pour régler le] problème de l’habitat indigne. » Interrogé par un journaliste au sujet de la différence entre les budgets alloués à la patinoire (56 millions) et à l’habitat indigne (15 millions par an, seulement 3 millions par an d'après Marsactu[74]), Jean-Claude Gaudin dit ne rien regretter. Il écarte l'idée de démissionner, mais les marseillais défilant le 10 novembre le lui demandent[75], et Jean-Michel Aphatie, dans sa chronique sur Europe 1, doute que ce soit évitable[11]. La note de l'ARS révélée par Le Monde le 9 novembre révèle les graves manquements des services de la mairie[9],[11]; J.-C. Gaudin admettra le surlendemain que ses services « n’en ont pas assez fait » tout en refusant de devenir un « bouc émissaire » : « nous n’avons pas de faute particulière à nous reprocher (...) la mairie a fait largement ce qu’elle devait faire. L’insalubrité existe encore, il faut faire des efforts sérieux et nous allons nous efforcer d’en faire plus [mais] la mise en accusation globale de la mairie est épouvantable »[75].
  • Dominique Tian, 1er adjoint au maire, n'a fait aucune déclaration[76].
  • Martine Vassal, présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui partage la compétence de la lutte contre l’habitat indigne avec la Ville, n'assiste pas à la conférence de presse de la municipalité, et se manifeste par un post unique sur les réseaux sociaux[77]. Les journalistes de Marsactu se demandent s'il s'agit de « déni assumé [ou d']indifférence »[73], ou si elle est « laissée en réserve »[69]. Elle réagit le 13 novembre[78].
  • Marc Poggiale, du Parti Communiste Français, charge la métropole : « Des dizaines de milliers de personnes n’habiteraient pas en situation d’insalubrité et de danger potentiel, si l’offre de logements locatifs sociaux était suffisante et convenablement répartie sur tous les arrondissements de Marseille »[79].
  • Jean-Luc Mélenchon, député La France insoumise : « ce sont les maisons des pauvres qui tombent, et ce n’est pas un hasard[80]. »
  • Alexandra Louis, députée La République en marche : « dans la lutte contre l’habitat indigne à Marseille, le maillon faible, c’est la mairie. Aucun dispositif ne fonctionne[24]. » Alexandra Louis et trois autres députés La République en Marche de Marseille (Cathy Racon, Claire Pitollat et Saïd Ahamada) mettent en cause le maire dans une lettre ouverte: « Nous pouvons tous d'ores et déjà constater l'échec patent de la lutte contre l'habitat indigne et le traitement des immeubles en péril à Marseille »[58]. Ils envisagent une mise sous tutelle de la ville en matière d'habitat[79], comme cela s'était produit six mois après l'Incendie des Nouvelles Galeries marseillaises, non loin de Noailles, en 1938[2].
  • Patrick Mennucci, conseiller municipal socialiste a jugé « indécente » l'attitude des élus de la majorité municipale, Yves Moraine (maire de secteur) et Laure-Agnès Caradec (adjointe à l'urbanisme), qui participaient le lendemain soir de l'accident à une soirée festive sur le thème du chocolat[81],[82]. Yves Moraine s'en est excusé[69]. Laure-Agnès Caradec fuit la presse[83].
  • Benoit Payan, conseiller département et municipal socialiste : « À 300 mètres [des immeubles effondrés], un ilot immobilier entier, ancienne propriété de la Ville, est réhabilité, mais avec pour seul projet d’en faire un hôtel de luxe. En face, les nouveaux bureaux d'une mairie de secteur auront couté 7 millions d'euros aux Marseillais. La même année, juste derrière, l'école Korsec à Belsunce fermait son infirmerie envahie par les rats[84]. »

Société civile[modifier | modifier le code]

  • Christian Nicol, l'auteur du rapport 2015 sur la « requalification du parc immobilier privé à Marseille »[6], explique à Marsactu après l'accident que « Le problème principal tient à la question du relogement. Dans un immeuble en situation de péril imminent, les habitants doivent être relogés immédiatement et souvent de manière durable. [Pour cela] il faut pouvoir mobiliser des logements du parc HLM. [Mais] les HLM [sont] la chasse gardée des élus qui [font] du clientélisme avec les attributions. Du coup, ils préfèrent bricoler avec le logement social de fait que constitue cet habitat indigne[85],[86]. » Jean-Claude Gaudin réplique : « Le travail de Monsieur Nicol était très partisan, il est venu une journée et s'est basé uniquement sur les documents que nous lui avons fournis (...) Nous [ne l'avons] pas attendu pour agir[87]. »
  • Le journal La Marseillaise, Emmaüs, Droit au Logement et le Donut Infolab lancent une enquête[88] sur les conditions de mal-logement à Marseille, et invitent à témoigner sur les réseaux sociaux avec le hashtag #BalanceTonTaudis[89],[90].
  • Patrick Lacoste, urbaniste à Marseille et membre de l’association Centre-ville pour tous dénonce le cynisme de la Mairie à l'antenne de France Inter[91]; il insiste sur la nécessité de lutter contre les marchands de sommeils, d'encadrer les loyers, de délivrer des permis de louer (la Maire des 1er et 7ème Arr. de Marseille Sabine Bernasconi a dit en conférence de presse qu'elle ne savait pas ce que c'est[69]), et du rachat par la municipalité de 200 immeubles extrêmement dangereux en centre ville pour y faire du logement social.

Manifestations[modifier | modifier le code]

Marche blanche organisée par le collectif « Noailles en colère », le 10 novembre 2018
  • Les habitants du quartier rassemblés le mercredi 7 et le collectif « Noailles en colère »[92],[93] organisent une « marche blanche » le samedi 10 novembre[94],[95],[96]. Elle rassemble 8 000 personnes d'après la police[47],[60]; un balcon s'effondre aux abords du défilé, blessant trois personnes[97],[98],[99]. Jean-Claude Gaudin s'abstient de participer par « peur que [sa] présence provoque des tensions »[100],[75].
  • Le soir du mercredi 14 novembre, à l'initiative du même collectif, une « marche de la colère » [101],[102] rassemble des milliers de manifestants (plus nombreux que pour la marche blanche d'après Marsactu[103], 8 000 d'après la police[104]) qui crient « Gaudin assassin, Gaudin démission » et « Mairie, métropole, région : tous coupables » en se dirigeant vers l'hôtel de ville protégé par des barrières, où ils sont reçus par des gaz lacrymogènes[105],[103],[106],[107],[108],[109]. Six personnes sont interpellées et placées en garde à vue[110].
  • Le collectif annonce la poursuite de la mobilisation avec une prochaine « grande marche de la dignité » [109].

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Le conseiller régional Les Républicains Xavier Cachard, propriétaire d'un appartement au 65, présente sa démission, qui est initialement refusée par Renaud Muselier[111]. Mais le 15 novembre celui-ci suspend de leurs responsabilités à la Région ses vice-présidents Xavier Cachard et Arlette Fructus (celle-ci est en charge du logement à la Ville, la Métropole et la Région)[112],[113],[114].

Les critiques de la gestion de la ville et des suites de l'accident mettent en difficulté Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille depuis 1995[105],[111],[115],[116]. Le 13 novembre, le gouvernement d'Emmanuel Macron presse Jean-Claude Gaudin de faire sans délais le diagnostic du risque que présente l'habitat marseillais, si nécessaire avec l'accompagnement de l'État, et de « mettre rapidement en œuvre le protocole de lutte contre le logement indigne conclu en décembre 2017 »[117], qui ne conseille pourtant pas directement l’habitat dégradé du centre-ville[118]: selon plusieurs observateurs, c'est le signe que l'État et les collectivités territoriales se renvoient la balle[118],[76].

L’ex-ministre socialiste Marie-Arlette Carlotti demande que soit fait un bilan de la politique de la métropole[111]. Les candidats de la majorité LR à la succession de J.-C. Gaudin, Bruno Gilles et Martine Vassal, prennent leur distances avec le Maire[116]. Bruno Gilles, dans une conférence de presse qu'il donne depuis le Sénat, propose de coordonner la future opération conjointe entre État et collectivités et affirme qu'« il est temps de changer de méthode, de montrer que cette lutte contre l'habitat indigne est une priorité. Cela n'a pas été le cas jusque-là. »[119] La Marseillaise note que Bruno Gilles a passé plus de vingt ans dans la vie politique locale[120]. Martine Vassal annonce le 13 novembre un plan contre l’habitat indigne, à venir dans les 10 jours[78].

Suites judiciaires[modifier | modifier le code]

Cette section est liée à une affaire judiciaire en cours. 
Le texte peut changer fréquemment, n'est peut-être pas à jour et peut manquer de recul. N'hésitez pas à participer à l'écriture de synthèse de manière neutre et objective, en citant vos sources. N'oubliez pas que, dans nombre de systèmes judiciaires, toute personne est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement et définitivement établie.

Une enquête est ouverte par le procureur de la République de Marseille et confiée à la police judiciaire[41], pour blessures et homicides involontaires[21],[24]. Un avocat marseillais présent à la réunion publique du 7 novembre évoque la possibilité d'une action de groupe et la probabilité des poursuites pénales[121]. Salon La Provence, La police judiciaire et les magistrats du parquet travaillent dans le cadre d'une enquête de flagrance, en attendant la désignation de juges d'instruction et l'ouverture éventuelle d'une information judiciaire[122]. La procédure pourrait cibler la Ville, les experts et toute autre personne impliquée, et prendre des années[122]. Les enquêteurs perquisitionnent les services municipaux et le siège de Marseille Habitat le 13 novembre[123],[124],[125],[126], les propriétaires du 65 rue d'Aubagne, notamment Xavier Cachard, le 15 novembre[127], huit experts le 16 novembre[128],[129].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Dans le centre-ville de Marseille, 13 % de l’habitat est indigne », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a b et c « Incurie municipale à Marseille ? Quand la cité phocéenne passait sous tutelle de l'Etat », France Culture,‎ (lire en ligne)
  3. François Bonnet, « A Marseille, une mairie incompétente et un Etat absent », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  4. a et b « Effondrement d’un immeuble à Marseille : critiqué, le maire Jean-Claude Gaudin défend les efforts de la ville », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. « Logement indigne à Marseille : un rapport au vitriol », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  6. a et b « Parc immobilier privé à Marseille : rapport de Christian Nicol - CRES Paca », sur www.cres-paca.org (consulté le 7 novembre 2018)
  7. « Effondrements d'immeubles à Marseille : logement insalubre, un constat terrible », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  8. « Marseille : dix personnes introuvables après l’effondrement de deux immeubles », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  9. a b c et d « Avant l’effondrement des immeubles, la gestion de l’habitat par la mairie de Marseille déjà critiquée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. « La note de l'Agence régionale de santé qui accablait le service d'hygiène de la Ville », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  11. a b et c « Marseille : l’équipe municipale ne va pas pouvoir continuer comme ça jusqu’à la fin du mandat » [vidéo], sur Europe 1,
  12. a b c et d « N°63 rue d'Aubagne, symbole de l'inefficacité municipale contre l'habitat indigne », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  13. a et b « A Marseille, plusieurs expertises avaient sonné l’alerte sur l’état des immeubles effondrés », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. « Effondrements d'immeubles à Marseille : le rapport de l’expert qui annonçait le pire », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  15. « Benoît Gilles, salubrité publique », Libération,‎ (lire en ligne)
  16. « [Vivre à Noailles] La lutte sans fin contre l'habitat indigne », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  17. « À Marseille, le drame de la rue d'Aubagne peut-il faire tomber Jean-Claude Gaudin ? », France Inter,‎ (lire en ligne)
  18. a et b David Coquille, « Deux courriers d'experts de 2014 et 2017 prouvent que la ville connaissait les risques du 65 rue d'Aubagne », Journal La Marseillaise,‎ (lire en ligne)
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  30. « «Ca aurait pu être moi»: rue d’Aubagne, à Marseille, la colère et la peine des survivants », Libération,‎ (lire en ligne)
  31. « Marseille : le témoignage d'une miraculée », sur France.tv,
  32. « Vidéo - Effondrements d'immeubles à Marseille : les images du n°65 quelques minutes avant sa chute », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  33. « La vidéo d'un habitant montre l'état du 65, rue d'Aubagne, quelques minutes avant le drame | Marsactu », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  34. « Effondrements d'immeubles à Marseille : "En découvrant d'anormales fissures, je suis parti" », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  35. « Exclusif - Effondrements d'immeubles à Marseille : les experts n'étaient pas inscrits sur la liste de la cour d'appel... », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
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  37. « Deux immeubles se sont écroulés rue d'Aubagne à Marseille, au niveau du 63-65. DIAPORAMA », sur LaProvence.com,
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  46. « Effondrement d’un immeuble à Marseille: Le Ministère des Affaires Etrangères confirme le décès d'une femme comorienne », HabarizaComores.com,‎ (lire en ligne)
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  49. Ariane Chemin et Gilles Rof, « Marseille : rue d’Aubagne, rue de colère », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  50. « Vidéo - Marseille : les images impressionnantes de l'effondrement provoqué du troisième immeuble », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  51. « Effondrements d'immeubles à Marseille : les bâtiments situés aux numéros 61 et 69 inquiètent particulièrement les autorités », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  52. « Effondrements d'immeubles à Marseille : les travaux stoppés jusqu'à nouvel ordre, la sécurité des secouristes n'est plus assurée », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  53. a et b « Effondrement d’un immeuble à Marseille : critiqué, le maire Jean-Claude Gaudin défend les efforts de la ville », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  54. Précisé par Pierre Dartout, préfet des Bouches-du-Rhône, lors d'une conférence de presse le 9 novembre à 15h
  55. « Effondrements d'immeubles à Marseille : évacués du 69, ils ont tout perdu », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
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  113. « Effondrements d'immeubles à Marseille : Arlette Fructus s'en prend violemment à Renaud Muselier », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
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  115. « À Marseille, le drame de la rue d'Aubagne peut-il faire tomber Jean-Claude Gaudin ? », France Inter,‎ (lire en ligne)
  116. a et b « Fin de règne sous les huées pour le roi Gaudin », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  117. Françoise Verna, « Rue d’Aubagne : Macron secoue la Ville de Marseille », Journal La Marseillaise,‎ (lire en ligne)
  118. a et b « Habitat indigne : l’État et les collectivités rejouent leur éternel ping-pong | Marsactu », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  119. « Effondrements d'immeubles à Marseille : Gaudin de plus en plus seul, y compris parmi les siens », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  120. « [#BalanceTonTaudis] Bruno Gilles (LR) : «  On n’a pas été bons dans les collectivités » », Journal La Marseillaise,‎ (lire en ligne)
  121. Florent de Corbier, « Rue d'Aubagne, « beaucoup de logements sont insalubres. La question d’action groupée se pose » », Journal La Marseillaise,‎ (lire en ligne)
  122. a et b « Effondrements d'immeubles à Marseille : les questions que l'on se pose », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  123. « Rue d’Aubagne : la police judiciaire s’invite dans les services municipaux », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  124. « Effondrement d’immeubles à Marseille : des perquisitions en cours à la mairie et à Marseille Habitat », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  125. « Immeubles effondrés rue d'Aubagne : vague de perquisitions ce matin dans les services de la mairie de Marseille », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  126. « Avec le drame de la rue d'Aubagne, la Ville au cœur d'une nouvelle tempête judiciaire | Marsactu », Marsactu,‎ (lire en ligne)
  127. « Effondrements d'immeubles à Marseille : perquisitions en cours chez les propriétaires du 65 rue d'Aubagne », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  128. « Immeubles effondrés à Marseille: perquisitions chez les experts », France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur,‎ (lire en ligne)
  129. « Immeubles effondrés à Marseille : huit perquisitions en cours chez les experts », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Présence sur un réseau social : Facebook (compte)Voir et modifier les données sur Wikidata (« Collectif du 5 novembre »)
  • La Provence, « "Marseille fraternelle" : un supplément de 20 pages pour rendre hommage aux victimes du drame de la rue d'Aubagne », La Provence,‎ (lire en ligne)

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • « Marseille : enquête sur les logements insalubres », France Culture,‎ (écouter en ligne)

Vidéos[modifier | modifier le code]