Effet de disposition

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L'effet de disposition est une anomalie découverte dans la finance comportementale. Il se rapporte à la tendance des investisseurs à vendre trop tôt des titres dont la valeur a augmenté, tout en conservant trop longtemps ceux dont la valeur a chuté. Un effet qui se révèle désastreux en termes de rendement de portefeuille[1].

Description[modifier | modifier le code]

Contrairement à la concrétisation d'un gain, les investisseurs sont moins enclins à reconnaître des pertes — ce qu'ils seraient obligés de faire s'ils vendaient les actifs qui ont perdu en valeur — car cela démontrerait que leur décision de départ était mauvaise, les investisseurs vendront alors trop tard les actifs subissant des pertes, en contradiction avec les nouvelles informations sur les rendements des titres[2]. Retarder la vente est donc une pratique qui peut s'expliquer psychologiquement, permettant d'éviter temporairement la sensation désagréable liée au regret, mais qui peut finalement s'avérer très coûteuse.

Ce comportement est irrationnel, dans la mesure où la performance future de l'action est sans rapport à son prix d'achat[3]. Le cas échéant, les investisseurs devraient être plus susceptibles de vendre à perte en vue d'exploiter des déductions fiscales sur les plus-values[3],[4]. Dans une étude réalisée par Terrance Odean, cette vente pour raisons fiscales n'est observée qu'en décembre, dernière occasion de prétendre à des réductions d'impôt en déchargeant des titres perdants ; pour les autres mois, l'effet de disposition est généralement observé[5],[6].

L'effet de disposition peut être partiellement expliquée par l'aversion aux pertes et par la comptabilité mentale[7],[8]. Des explications plus complètes prennent aussi en compte d'autres aspects de la théorie des perspectives, comme un effet de réflexion[2],[9] ou l'implication d'une dissonance cognitive[10],[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yannick Coulon, Guide pratique de la finance comportementale : Pour l'investisseur individuel et le conseiller financier, Gualino éditeur, , 170 p. (ISBN 9782297048576), p. 57.
  2. a et b (en) Hersh Shefrin et Meir Statman, « The disposition to sell winners too early and ride loosers too long : Theory and evidence », Journal of Finance, Dallas, Texas, vol. 40, no 3,‎ , p. 777-790.
  3. a et b (en) Colin F. Camerer, « Prospect theory in the wild : evidence from the field », dans Daniel Kahneman et Amos Tversky, Choices, Values, and Frames, Cambridge, Cambridge University Press, , 840 p. (ISBN 9780521627498), p. 288-300.
  4. (en) Nicholas Barberis et Wei Xiong, « What drives the disposition effect? An analysis of a long-standing preference-based explanation », Journal of Finance, vol. 64, no 2,‎ , p. 751-784.
  5. (en) Terrance Odean, « Are investors reluctant to realize their losses? », Journal of Finance, vol. 53, no 5,‎ , p. 1775-1798.
  6. Yannick Coulon, Guide pratique de la finance comportementale : Pour l'investisseur individuel et le conseiller financier, Gualino éditeur, , 170 p. (ISBN 9782297048576), p. 58.
  7. (en) Martin Weber et Colin F. Camerer, « The disposition effect in securities trading : an experimental analysis », Journal of Economic Behavior and Organization, vol. 33, no 2,‎ , p. 167-184.
  8. Yannick Coulon, Guide pratique de la finance comportementale : Pour l'investisseur individuel et le conseiller financier, Gualino éditeur, , 170 p. (ISBN 9782297048576), p. 59.
  9. (en) Andrea Frazzini, « The disposition effect and underreaction to news », Journal of Finance, vol. 61, no 4,‎ , p. 2017-2046.
  10. (en) Heiko Zuchel, What drives the disposition effect?, Mannheim, Université de Mannheim, coll. « Sonderforschungsbereich 504 » (no 01-39), , 18 p.
  11. (en) Mark A. DeWeaver et Randall Shannon, « Waning vigilance and the disposition effect : Evidence from Thailand on individual investor decision making », Journal of Socio-Economics, vol. 39, no 1,‎ , p. 18-23.