Édouard Duseigneur

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Édouard Duseigneur
Édouard Duseigneur
Le général Duseigneur, photographie publiée dans le magazine Détective, no 475, .

Nom de naissance Édouard Arthur Ernest Duseigneur
Naissance
Lyon, Rhône
Décès (à 57 ans)
Saint-Didier-au-Mont-d'Or, Rhône
Allégeance Drapeau de la France France
Grade général de brigade aérienne
Distinctions commandeur de la Légion d'honneur
croix de guerre 1914-1918

Édouard Duseigneur, né le 29 décembre 1882 à Lyon (Rhône) et mort le 3 mars 1940 à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, est un général de brigade aérienne, membre de la Cagoule.

Il est souvent prénommé Edmond dans des ouvrages historiques. Il semble que cela soit une erreur, recopiée de livre en livre sans vérification.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Fils de Maurice Duseigneur et d'Hélène Piaget, issu d'une famille de négociants mais neveu d'un officier, Édouard Ernest, qui a achevé sa carrière avec le grade de lieutenant-colonel (d'artillerie), Édouard Duseigneur suit des études secondaires au lycée Ampère de Lyon. Il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr comme major d'entrée et fait partie de la 88e promotion (1903-1905)[1].

Mobilisé dans la cavalerie en 1914, il devient pilote de chasse en 1915. Capitaine, il commande à partir de septembre 1915 à mars 1917 l'escadrille N 57[2] puis de cette date à 1918 le groupe de combat 11, l'escadre de chasse no 2 en enfin la 2e brigade aérienne[3]. Deux fois blessé, titulaire de la croix de guerre, neuf fois cité, il est chevalier de la Légion d'honneur en 1915, puis promu officier en septembre 1918 [4]. Chef d'escadron, en convalescence après la guerre, il est affecté à l'inspection technique de l'aéronautique en 1919 puis au 5e bureau de la direction de l'aéronautique, et ensuite en 1920 au 31e régiment d'aviation, comme adjoint au chef de corps[5].

Affecté en 1924 dans l'état-major de l'inspecteur général de l'aéronautique[6], promu lieutenant-colonel en décembre 1925[7], puis colonel en 1928[8], commandant du 11e régiment à Metz, il est affecté au cabinet du premier ministre de l'Air Laurent Eynac en novembre 1928[9]. Il est chef adjoint en janvier 1929[10] puis chef en mai 1930[11] de son cabinet militaire, ce qui lui vaut d'être promu commandeur de la Légion d'honneur en 1929[12]. Il commande en 1931 l'école militaire et d'application de l'armée de l'air, à Versailles[13]. Promu général de brigade le [14], détaché au Centre des hautes études militaires en 1934, il est nommé en mai 1935 au commandement de la 22e brigade aérienne, à Chartres[15]. À sa demande, il quitte le service actif fin mai 1936[16]. Il pantoufle un temps dans le privé, travaillant pour la firme aéronautique Amiot[17].

Président de l'UCAD et membre de la Cagoule[modifier | modifier le code]

Joseph Pozzo di Borgo.

Le périodique des socialistes Le Populaire le dénonce comme Croix-de-feu en 1936, alors qu'il commande la 22e brigade à Chartres[18]. Selon le futur vice-président de l'UCAD, le duc Joseph Pozzo di Borgo, qui est l'un des chefs des Croix-de-feu, Duseigneur voulait quitter l'armée en 1935 et adhérer aux Croix-de-feu du colonel François de La Rocque. Pozzo di Borgo, qui servit sous les ordres de Duseigneur en 1918, l'en dissuada[19].

Après la victoire du Front populaire et devant la crainte d'un coup d'État communiste, il est encore en relation avec Pozzo di Borgo, qui a rompu avec La Rocque à l'été 1936, pour fonder un groupe dissident des Croix-de-feu[20]. Il s'exprime sur la lutte contre le communisme dans le périodique de droite Choc du colonel Maurice Guillaume[21] et sert de « témoin de moralité » en faveur de Pozzo di Borgo lors des procès qui opposent ce dernier au colonel de La Rocque[22]. Il fonde et préside une association anticommuniste, déclarée à la préfecture de Paris en , l'Union des comités d’action défensive (UCAD). Elle fédère des groupements tels le Centre d'information et de coopération, le Centre d'études nationales et le Comité de rassemblement antisoviétique fondé par des anciens francistes en juin 1936, notamment Roland Jurquet de La Salle, que Duseigneur aurait rencontré au cercle parisien du Grand Pavois[23].

Il est en contact avec le chef de la Cagoule, Eugène Deloncle[24]. Dans ses mémoires, le commandant Loustaunau-Lacau évoque sa rencontre avec Duseigneur, qu'il date du mois de décembre 1936. C'est Pétain, « que l'agitation subversive ne laisse pas indifférent », qui l'aurait envoyé rencontrer le général. Loustaunau-Lacau commente ainsi sa rencontre: « Je viens de tomber sur la Cagoule et j'ai l'impression très nette, bien qu'il s'en défende, que Duseigneur est dominé par un caractère supérieur au sien. (...) Cette visite confirme les renseignements qui m'étaient venus d'un peu partout: une dissidence de l'Action française s'arme pour faire face à un putsch communiste »[25].

Soupçonné d'appartenir à la Cagoule, il est arrêté le 25 novembre 1937 avec les autres dirigeants de ce groupe clandestin[14]. L'UCAD aurait été le paravent légal de cette organisation d'extrême droite et Duseigneur aurait fait partie du comité directeur de la Cagoule[26]. Le vice-président de l'UCAD, Pozzo di Borgo, est également arrêté, comme plus tard le secrétaire général de l'UCAD, Jurquet de La Salle[27], et le secrétaire du général. Défendu notamment par l'avocat et député Xavier Vallat, malade et affaibli, Duseigneur est transféré dans une maison de santé en février 1938 puis mis en liberté provisoire en juin, mais il est alors inculpé de complot contre la sûreté de l'État[28].

Un « Comité de défense des patriotes emprisonnés », formé fin décembre 1937, a pris sa défense en raison de son passé d'ancien combattant, a engrangé des signatures de personnalités - généraux en retraite, leaders d'associations d'anciens combattants, intellectuels, tous marqués à droite - et tenté de tenir un meeting au Vélodrome d'hiver en janvier 1938, mais cette réunion a été interdite devant la menace d'une contre-manifestation[29].

Il meurt le 3 mars 1940, après avoir repris du service dans l'aviation après la déclaration de guerre; ses obsèques sont célébrées en l'Église protestante unie de l'Étoile à Paris[30].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Nobécourt, Le Colonel de La Rocque (1885-1946) : Ou les pièges du nationalisme chrétien, Paris, Fayard, coll. « Pour une histoire du XXe siècle », , 1194 p. (ISBN 978-2-35512-027-5), p. 110

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro, 18/9/1903, Revue du cercle militaire, 26 septembre 1903, Journal officiel, 4 juillet 1902, Ibid., 19 juin 1903, saint-cyr.org: 1903-1905-88e-promotion-de-la-tour-d-auvergne., Annuaire de la Saint-Cyrienne
  2. L'aérophile, 1-15 décembre 1916. Cf. le site albindenis.free.f: l'escadrille MS 57 N57 Spa57
  3. Franks, Norman; Frank W. Bailey, Over the Front: A Complete Record of the Fighter Aces and Units of the United States and French Air Services, 1914-1918, Grub Street, 1992, Les Ailes, 11 juillet 1929
  4. , Journal officiel, 5 décembre 1918, Ibid., 2 octobre 1918, Les Ailes, 11 juillet 1929
  5. Journal officiel, 10/10/1919, Ibid., 25 décembre 1920
  6. Ibid., 26/31924
  7. Ibid., 25/12/1925
  8. L'Aérophile, 1-15 avril 1928
  9. Le Petit Parisien, 21 mars 1928, Journal officiel, 10 novembre 1928
  10. Journal officiel, 16 janvier 1929
  11. L'Ouest-Éclair, 28 mai 1930
  12. Les Ailes, 11 juillet 1929
  13. Les Ailes, 29 octobre 1931
  14. a et b L'Ouest-Éclair, 26 novembre 1937
  15. Journal officiel, 8 mai 1935
  16. Ibid., 31 mai 1936
  17. L'Ouest-Éclair, 26 novembre 1937, Le Populaire, 17 mai 1936, Les Ailes, 14 mai 1936
  18. Le Populaire, 17 mai 1936
  19. Jacques Nobécourt, op. cit., p. 549
  20. Jacques Nobécourt, op. cit., p. 532
  21. Jacques Nobécourt, op. cit., p. 546
  22. Le Populaire, 27 octobre 1937
  23. Jacques Nobécourt, op. cit., p. 546, Recueil des actes administratifs de la préfecture du département de la Seine (UCAD), Ibid., (CRAS), Le Journal, 29 juillet 1936
  24. Deloncle et Duseigneur se sont rencontrés vers juin ou juillet 1936 et sont allés ensemble en Italie, pour rencontrer Mussolini, qu'ils n'auraient pas vu cependant, et en Espagne (Nobécourt, op. cit., p. 545, Le Matin, 17 décembre 1938, , L'Ouest-Éclair, 22 janvier 1938). Deloncle affirme dans une brochure postérieure qu'il a fondé l'UCAD avec son ami Duseigneur : E. Deloncle, Les Idées et l'action, imprimerie artistique moderne, 1941, p. 10
  25. Georges Loustaunau-Lacau, Mémoires d'un Français rebelle, Robert Laffont, 1948, p. 112
  26. Jacques Nobécourt, op. cit., p. 545
  27. Le Matin, 4 décembre 1938, Le Temps, 26 février 1938
  28. Le Populaire, 25 juin 1938, Le Matin, 25 juin 1938, Cherbourg-Éclair, 7 juillet 1939
  29. Le Figaro, 31 décembre 1937, Journal des débats, 2 janvier 1938, L'Action française, 4 décembre 1937,L'Action française, 9 janvier 1938,Le Temps, 15 janvier 1938, Ibid., 16 janvier 1938
  30. L'Ouest-Éclair, 4 mars 1940, L'Aérophile, mars 1940, Les Ailes, 14 mars 1940, Journal des débats, 8 mars 1940, Le Temps, 4 mars 1940, Le Figaro, 5 mars 1940

Annexes[modifier | modifier le code]

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