Edmond Bernhard

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Edmond Bernhard
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Biographie
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Edmond Bernhard, né à Uccle le et mort à Hal le (à 81 ans), est un cinéaste belge.

Très méconnu du grand public, il est vénéré internationalement par quelques cinéphiles pointus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edmond Bernhard est professeur à l'Institut national supérieur des arts du spectacle. Il est une des principales influences du cinéaste Philippe Grandrieux qui fut son étudiant.

Edmond Bernhard était aussi collectionneur d'automobiles.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Edmond Bernhard réalise en 1954 Lumière des hommes (24 minutes), description textuelle et respectueuse de la liturgie d'une messe, proche du catholicisme « noir » de Georges Bernanos.

En 1955, il tourne Souvenir de Bruxelles (15 minutes).

Il réalise ensuite un diptyque : Waterloo (18 minutes) en 1957 et Belœil (16 minutes) en 1958. Il joue subtilement avec le son et l’image, remarquablement montés, pour dénoncer le paradoxe de la culture de masse : le cinéaste observe ironiquement des touristes populaires confondant art et anecdote pittoresque.

En 1960, il coréalise avec Paul Haesaerts L'École de la liberté (15 minutes).

En 1963, il détourne une commande du département cinéma de l'Éducation nationale lui demandant de traiter « le problème des loisirs ». Edmond Bernhard réalise un film sur la vacuité, le vide et l'ennui. Produit par l'Union économique occidentale et tourné à Bruxelles, Dimanche (19 minutes) est une œuvre lyrique et musicale. C'est une promenade dans la ville, ses parcs et lieux de loisir, par exemple, le cinéma du centre-ville l'Aventure (et son grandiose slogan inscrit en lettres de néon à l'entrée de la salle : « L'aventure c'est l'évasion. »).

Le cinéaste Boris Lehman a dit de ce film :

« Sans le recours d’aucun commentaire, usant d’images extraordinaires sublimant des lieux communs (l’ennui du dimanche, des enfants qui jouent, un coureur dans un bois, un match de football...), Bernhard construit par un montage savant une œuvre exceptionnelle sur le sentiment du vide et de fossilisation du monde. »

Il a ensuite été continuellement recalé par la commission du film (qui distribue les subventions). Il mettra fin à leur dialogue de sourds qui le minait et l'étouffait : « Il y avait là une dame qui exigeait à tout prix de moi un scénario. Je tourne toujours sans scénario... Ils me mettaient plus ou moins au pinacle à cette époque et ils ne voulaient pas me donner du fric. Ils voulaient le donner à une "structure", qui serait moi sans être moi. »

En 1972, il réalise sa dernière œuvre, Échecs (32 minutes), un film d'animation (tourné image par image) épuré que seuls les joueurs d'échecs comprennent.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]