Edmond-Henri Crisinel

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Edmond-Henri Crisinel
Biographie
Naissance
Décès
(à 51 ans)
NyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Edmond-Henri Crisinel, né à Faoug le et mort à Nyon le , est un poète, écrivain et journaliste vaudois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait ses études à Lausanne, où il se signale par sa culture littéraire, musicale et artistique. Après une année de préceptorat à Zurich (1919), il est atteint d'une grave dépression qui nécessite une hospitalisation. Après son rétablissement, il détruit ses poésies de jeunesse et commence une carrière de journaliste à La Revue de Lausanne. Il exerce ce métier pendant vingt-sept ans, même si de longues périodes de maladie entravent sa carrière.

À trente-neuf ans, il retrouve l'inspiration et écrit Le Veilleur (1939), Alectone (1944), Nuit de juin (1945), Feuillets du Sagittaire et Le bandeau noir (1949). À trois reprises, il regagne les maisons de santé et les hôpitaux psychiatriques et finit par n'entrevoir qu'une seule solution à son calvaire : le suicide. Il se donne la mort à Nyon le 25 septembre 1948[1].

Crisinel laisse une œuvre poétique peu abondante mais de grande densité : de courts poèmes en prose et une prose, Alectone, où il exprime son expérience de la maladie et de la folie avec une bouleversante intensité qui marquera à jamais la littérature romande. Comme Gérard de Nerval, il est hanté tout au long de son existence par la difficulté de s'accepter tel qu'il est, refoulant notamment son homosexualité, et confiant à ses poèmes ses angoisses, ses démons et aussi ses rares périodes de rémission et d'espoir, qui s'appuie sur sa foi chrétienne, une vision quasi mystique de l'être. « Ma route est d'un pays où vivre me déchire », écrit-il dans son premier recueil, Le Veilleur. Il traduit son désir de transcendance en une langue ciselée, avec rimes et alexandrins.

Ses œuvres complètes ont été publiées à Lausanne chez deux maisons d'édition : Éditions l'Âge d'Homme (Poche Suisse) et Plaisir de Lire.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Élégie de la maison des morts
  • Alectone
  • Feuillets du Sagittaire
  • Nuit de juin
  • Œuvres complètes, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. Poche Suisse, 1979
  • Le Veilleur, Lausanne 1939, Éditions des Trois Collines.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alice Rivaz, « On me dit lointain et détaché », in : Ce nom qui n'est pas le mien, Éditions Bertil Galland (1980) et Éditions de l'Aire (1998), p. 123-129
  • Alain Nicollier, Henri-Charles Dahlem, Dictionnaire des écrivains suisses d'expression française, vol. 2, p. 291-294
  • Pierre-Olivier Walzer, Dictionnaire des littératures suisses, p. 90
  • A contre temps huitante textes vaudois de 1980 à 1380, p. 110
  • Pierre-Paul Clément, « Edmond-Henri Crisinel » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  • Pierre-Paul Clément, « Edmond-Henri Crisinel », dans Histoire de la littérature en Suisse romande. Nouvelle édition, Carouge-Genève, Editions Zoé, (ISBN 978-2-88182-943-7), p. 837-843.
  • Dominique Vollichard, Etudes de Lettres, 1979, série IV, tome 2, no 4, p. 17-44. « Hommage à Edmond-Henri Crisinel » Etudes de Lettres, 1968, série III, tome 1, p. 181-238. ainsi que : William Boven, "Edmond Crisinel Poète de la Mélancolie" Etudes de Lettres, 1967, série II, tome 10, p. 3-12. La Revue de Belles-Lettres, 1968, no 1 consacré à Edmond-Henri Crisinel.
  • Jean-Philippe Chenaux, Un Académicien chez les Vaudois: Edmond Jaloux : Ramuz, Roud, Crisinel, Simond, Weber-Perret et la Société de Poésie, Morges, coll. « Cahiers de la Renaissance vaudoise 158 », , 311 p. (ISBN 978-2-88017-158-2).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Philippe Chenaux, Un Académicien chez les Vaudois: Edmond Jaloux : Ramuz, Roud, Crisinel, Simond, Weber-Perret et la Société de Poésie, Morges, coll. « Cahiers de la Renaissance vaudoise 158 », , 311 p. (ISBN 978-2-88017-158-2), p. 65-73.

Liens externes[modifier | modifier le code]