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Edgar-Raoul Duval

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Edgar-Raoul Duval
Illustration.
Portrait phographique de E. Bacard
Fonctions
Député français

(2 ans, 8 mois et 16 jours)
Élection
Réélection 4 octobre 1885
Circonscription Eure
Législature IIIe et IVe (Troisième République)
Groupe politique Union des droites
Prédécesseur Eugène Janvier de La Motte
Successeur Victor Milliard

(10 mois et 16 jours)
Élection 20 février 1876
Circonscription Eure
Législature Ire (Troisième République)
Groupe politique Union des droites
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Jules Develle

(4 ans, 8 mois et 5 jours)
Élection 8 février 1871
Circonscription Seine-Inférieure
Groupe politique Union des droites
Maire de Notre-Dame-du-Vaudreuil

(9 ans)
Conseiller général de l'Eure

(10 ans)
Circonscription Canton de Pont-de-l'Arche
Prédécesseur Henri Chennevière
Successeur Paul Petit
Conseiller général de la Seine-Maritime

(1 an)
Circonscription Canton de Rouen-3
Successeur Frédéric Deschamps
Biographie
Nom de naissance Edgar-Raoul Duval
Date de naissance
Lieu de naissance Laon
Date de décès (à 54 ans)
Lieu de décès Monte-Carlo (Monaco)
Sépulture Cimetière du Père-Lachaise
Nationalité Française
Parti politique Union des droites
Père Raoul Duval
Fratrie Fernand Raoul-Duval
Famille Famille Raoul-Duval

Edgar-Raoul Duval, né le à Laon et mort le à Monte-Carlo, est un magistrat et homme politique français.

Caricature d'Edgar-Raoul Duval parue dans Le Trombinoscope de Touchatout,en 1873.

Membre de la famille Raoul-Duval, il est le fils de Raoul Duval dit « Raoul-Duval » et, par sa mère, le petit-fils de Jean-Baptiste Say[1]. Duval intègre très jeune la magistrature. En 1856, il est substitut du procureur impérial à Nantes ; il est ensuite successivement avocat général à Angers, à Bordeaux et à Nantes. Ill est bonapartiste, et est élu député de la Seine-Inférieure à l’Assemblée nationale le . Il y devient un orateur central, notamment lors du vote des lois constitutionnelles de 1875 instaurant définitivement la Troisième République en France.

Il est élu député de l'Eure dans la circonscription de Louviers le  ; battu le par un républicain, Jules Develle, il est réélu à la députation le , cette fois dans la circonscription de Bernay, qu'il représente à la Chambre des députés jusqu'à sa mort le . Il est maire de Notre-Dame-du-Vaudreuil, dans l'Eure, où il possède un château, de 1878 à sa mort.

Affichant ses sentiments bonapartistes, il se montre un défenseur enthousiaste du groupe parlementaire de droite « l'Appel au peuple ». Le , à l’acquisition par la société anonyme du journal En Avant ayant acquis L’Ordre et le Peuple français d’Albert Huet, il se voit attribuer la direction politique de ces deux journaux d’obédience bonapartiste[2]. Son éloquence et son activisme politique lui valent d'être qualifié, sans méchanceté, de « hanneton dans un tambour » par le journaliste et député bonapartiste d'extrême droite Paul de Cassagnac.

En 1886, il se distingue des conservateurs monarchistes (qui défendaient des intérêts dynastiques et s'opposaient au régime républicain) en essayant de fonder la « Droite républicaine », un groupe politique attaché aux idées conservatrices, mais acceptant les institutions républicaines. Cette même année, il participe à la création de l'« Association française pour la propagation du volapük », une langue internationale construite, et devient membre du Comité central de l'association[3].

Familier des salons parisiens comme de ceux de Rouen[4], il était lié d'amitié avec Gustave Flaubert[5]. Les lettres que lui a adressées ce dernier ont été publiées[6].

Souffrant depuis longtemps d’un rhumatisme larvé, qui remontait jusqu’au cœur, lors de crises durant plusieurs semaines, il commettait l’imprudence de se donner trop d’exercice. Resté alité pendant près d’un mois, en juillet 1886, il se livre, à peine guéri, à des parties de chasse et de canotage à son château du Vaudreuil, qui le fatiguent énormément. Il part récupérer dans le Midi à la mi-décembre. Il se rend à pied jusqu’à Menton chez ses deux médecins, qui lui ont pourtant défendu tout exercice, et va le soir au théâtre, où il est pris d’une syncope. Le lendemain, un refroidissement est déclaré, à la suite d’une nouvelle imprudence. Il meurt la soirée suivante[7].

Ses obsèques ont lieu au temple protestant de l'Oratoire du Louvre, et il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, division 39[8],[9].

Descendance

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La famille Raoul-Duval est toujours à la tête d'un important groupe commercial (import-export : bois, café, rhum, caoutchouc, etc.) et industriel (chimie, engrais, produits végétaux, etc.) dont les origines remontent à 1826 au Havre[10].

Son arrière-petite-fille, Nadine Raoul-Duval (1927-2022), épouse en secondes noces l'écrivain Roger Nimier (1925-1962), parents de Marie Nimier. Son arrière-petit-fils, Claude Raoul-Duval (1919-2018), aviateur dans les Forces françaises libres, est compagnon de la Libération[11].

Notes et références

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  1. Assemblée Nationale, « Edgar, Raoul Raoul-Duval - Base de données des députés français depuis 1789 - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  2. « Le Monde et la Ville », Le Gaulois, Paris, 2e série, vol. 12, no 384,‎ , p. 1 (ISSN 1160-8404, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  3. Association française pour la propagation du Volapük, « Association française pour la propagation du Volapük », Le Volapük, Paris, Henri Jouve, vol. 1, no 1,‎ , p. 2 (ISSN 2546-860X, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  4. (en) Jeanne Simone Pouquet (trad. Lewis Galantière), The Last Salon : Anatole France and His Muse, New York, Harcourt, Brace, , xxiv, 362 p., in-8º (OCLC 709498, lire en ligne), p. 321.
  5. (en) Frederick Brown, Flaubert : a biography, Paris, , 628 p., 24 pl. : illustr., portr. ; 24 cm (ISBN 978-0-67402-537-0, OCLC 85862632, lire en ligne), p. 534.
  6. (en) Francis Steegmuller (éd.), The Letters of Gustave Flaubert, New York, New York Review Books, , 710 p. (ISBN 978-1-68137-717-9, OCLC 1380466850, lire en ligne), p. 649.
  7. « Mort de M. Raoul Duval », Journal d'Évreux, Évreux, vol. 5, no 14,‎ , bd6t51179749s/f1 (ISSN 2968-9899, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  8. 39e division Jules Moiroux, Le cimetière du Père-Lachaise, (lire en ligne sur Gallica), p. 290
  9. GB, « Jean-Baptiste Say », sur Oratoire du Louvre, (consulté le )
  10. Sur le groupe Raoul-Duval (société en commandite : SCRD) voir : Stéphane Siret, « Le Havre », Le Point, nº 1624, 31 octobre 2003.
  11. « Claude Raoul-Duval », sur ordredelaliberation.fr (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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