Eddy de Pretto

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Eddy de Pretto
Description de cette image, également commentée ci-après
Eddy de Pretto en interview lors du festival des vieilles charrues en .
Informations générales
Naissance (25 ans)[1]
Créteil, Val-de-Marne
Drapeau de la France France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Activités annexes Acteur
Genre musical Chanson française, rap électropop, musique électronique[2]
Instruments Voix
Années actives Depuis 2016
Labels Initial Artist Services
Universal Music France
Influences Frank Ocean, Kanye West, Barbara, Claude Nougaro, Stromae[3]
Site officiel eddydepretto.com

Eddy de Pretto est un auteur-compositeur-interprète et acteur français, né le à Créteil dans le Val-de-Marne[1].

Il devient la nouvelle révélation française du rap grâce à son titre Kid, issu de l'album Cure. Vite perçu comme le nouveau génie des mots de la chanson française, son style et ses textes ont su séduire et toucher son public. Eddy de Pretto expose dans ses textes de nombreux problèmes de société tels que l'homophobie ou encore ce qu'il appelle la « virilité abusive ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Eddy de Pretto naît le à Créteil dans le Val-de-Marne[1],[2],[4], où il grandit aux côtés de son père, chauffeur de poids-lourd et fan de football, et de sa mère, technicienne de laboratoire « passionnée de culture »[5], et d'ascendance réunionnaise[6].

Sa ville natale à laquelle fait référence sa chanson Beaulieue[7] et à laquelle il doit beaucoup, lui a donné « une certaine rage, une envie de me dépasser. Il y a un peu ce truc de carcan en banlieue, qu'on le veuille ou non : on nous dit qu'on est en marge, qu'on va arriver à rien, qu'on va mal finir. Moi j'avais des rêves plein la tête et une petite voix me disait que j'allais y arriver. L'envie de m'en sortir m'a aidé à y parvenir », raconte-t-il dans une interview[8].

À l'âge de douze ans, il commence à prendre des cours de théâtre, de chant, de technique vocale et de piano[9] : « Je prenais la télécommande pour faire un micro et je tournais l'halogène pour faire la lumière. Du coup ma mère m'a proposé de prendre des cours de théâtre vu que je n'excellais pas au sport[8] ». Il poursuit sa formation à l'Institut supérieur des arts de la scène (ECM-ISAS), à Paris[2].

Débuts (2010-2017)[modifier | modifier le code]

Eddy de Pretto fait ses premiers pas d'acteur en commençant par la publicité télévisée, notamment dans le rôle du jeune Jules César pour CanalSat en [10],[11], avant de débuter dans le monde théâtral et celui du cinéma : il joue dans les courts métrages Königsberg de Philipp Mayrhofer en 2012 et Vivre sa vie de Paul D. Meyer en 2013, et fait aussi une apparition dans le long métrage Paulette (2013) de Jérôme Enrico.

Entre 18 et 19 ans, il commence à écrire ses chansons. Il chante pour la première fois I Believe I Can Fly de R. Kelly devant le public de la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) de son quartier : « J'étais tout frêle, […] tellement stressé parce qu'il y avait beaucoup de rap et je n'étais pas du tout dans ces codes-là », raconte-t-il dans une interview[12].

Il se fait alors appeler « Freddy Berlingot »[13] en référence aux petits emballages de lait concentré sucré qu'il affectionne particulièrement.

Il participe au Printemps de Bourges, dont il remporte le prix des Inouïs[14], et à Bars en Trans, et est lauréat des inRocKs Lab 2016[2]. Il se joint également en octobre 2017 au Festival Off Off Off des Nuits de Champagne à Troyes[15].

Kid et Cure (depuis 2017)[modifier | modifier le code]

Il sort son premier EP, intitulé Kid, le . Pour les lives de son EP, il lance les morceaux depuis son iPhone relié à un câble, il n'a pas de musicien excepté un batteur lors de ses concerts[2].

Début , sur la scène de l'émission de télévision Taratata, il chante Comme un boomerang en duo avec Julien Doré, chanson de Serge Gainsbourg jadis interprétée par Dani et Étienne Daho[16] en 2001.

À la mi-, il lance Random, la première chanson de son futur premier album Cure[17], évoquant ses peines de cœur[17].

Aux côtés de Gaël Faye et Fishbach, il est nommé dans la catégorie « Révélation scène de l'année » à la 33e cérémonie des Victoires de la musique qui se déroule le [18],[17],[19] : Gaël Faye en est le vainqueur.

Mi-, il présente son titre Ego sur « une instrumentale épurée et mécanique » et à propos duquel l'interprète s'explique : « Je pose l'éventualité de devenir dingue à cause de la vitesse à laquelle va le projet. À force d'entendre des éloges, le « trop de soi » implose et c'est le risque que j'expose ici. La peur simple de tomber dans le fanatisme de soi-même par les réseaux sociaux, les mots d'amour et tout autre signe qui flatte et qui crée ce monstre d'ego[20]. »

Le , il sort son premier album Cure, disponible en CD, vinyle et en version dématérialisée[21]. En même temps se révèle le clip de Normal, abordant stéréotypes sur l'identité sexuelle, peur d'autrui et homophobie[22] : « Une colère vis-à-vis de gens qui m'attaquaient parce qu'ils n'aimaient pas la personne que je pouvais représenter », explique-t-il dans le magazine Têtu[23]. Le clip est tourné au centre des YMCA, rue de Trévise à Paris dans la plus vieille salle de basket-ball au monde[réf. nécessaire]. Une semaine après sa sortie, le disque se classe numéro un des meilleures ventes d'albums, avec 13 500 exemplaires[24] et « déloge » Grand Corps Malade au Top albums France Fnac[25]. L'album est certifié en France disque de platine[26].

Eddy de Pretto sort une réédition de son premier album le , intitulée Culte. Elle contient quatre nouveaux titres, Comme ça, Grave, Sensible et Risque de toi[27]. Le chanteur annonce au mois d'octobre de la même année une dizaine de dates à l'Élysée Montmartre[28].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Comme il l'évoque dans quelques unes de ses chansons, Eddy de Pretto ne cache pas son homosexualité : « Je ne suis pas militant. Je n'ai pas envie d'être un porte-drapeau. J'ai juste envie de raconter ma vie, ma réalité », ajoute-t-il dans une interview[12]. Il se définit alors comme un artiste « non-genre »[29].

Dans l'émission Taratata diffusée le , il explique que dans son titre Kid, il cherche à interroger la masculinité et l'hyper-virilité qui ont constitué une part de son éducation. Lorsque Nagui lui demande s'il parle d'homosexualité dans ses chansons, il répond que ce n'était aucunement son but[30]. À ce sujet, le chanteur déclare aux Inrockuptibles : « J'essaie de parler de mon histoire personnelle et de la normaliser le plus possible. Et pas la mettre en avant pour dire que je suis le premier pédé qui lie le rap et la chanson française[2]. »

Environnement musical[modifier | modifier le code]

La musique d'Eddy de Pretto s'inscrit à la fois dans le hip-hop et la variété française. Pour Libération, son style est au « mitan de la chanson « traditionnelle » (Charles Aznavour, Jean Guidoni, Pierre Lapointe…) et du hip-hop générationnel »[1]. Le journal loue le style « âpre et emphatique » et le compare à « celui d'un Stromae lisant fébrilement Édouard Louis, la nuit, sous les draps, à la lampe torche »[1].

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie d'Eddy de Pretto.
  • 2018 : Cure (album)
  • 2018 : Culte (réédition augmentée de Cure)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films
Courts-métrages
  • 2012 : Königsberg, de Philipp Mayrhofer : Antoine
  • 2013 : Vivre sa vie, de Paul D. Meyer : Alex

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Gilles Renault, « Eddy de Pretto. Que la fête commence », sur Libération, (consulté le 16 février 2018).
  2. a b c d e et f Abigaïl Aïnouz, « Entre rap et chanson française, Eddy de Pretto est bien parti pour cliver la fin d'année », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 19 janvier 2018).
  3. « Eddy de Pretto », sur Le Fair, (consulté le 20 janvier 2018).
  4. Pascaline Potdevin, « Eddy de Pretto, sois bon », sur Grazia, (consulté le 19 janvier 2018).
  5. Maud Darbois, « Eddy de Pretto : « C'est le travail d'une vie pour un homme d'accepter la féminité et la masculinité en lui » », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 janvier 2018).
  6. Lise Hourdel, « Sakifo 2018 : l'artiste Eddy de Pretto évoque ses origines réunionnaises », sur Réunion La Première, (consulté le 4 juin 2018)
  7. Clawdia Prolongeau, « Créteil, berceau du rappeur Eddy de Pretto », sur Le Parisien, (consulté le 19 janvier 2018).
  8. a et b Anne-Charlotte Dancourt, « Eddy de Pretto: « Je ne rentrais pas dans le moule physiquement » », sur La Parisienne, (consulté le 13 mars 2018).
  9. Juliette Thévenot, « Eddy de Pretto, intriguant rappeur de la génération Dolan », sur L'Obs, (consulté le 19 janvier 2018).
  10. Abigaïl Aïnouz, « Découverte du lab #151 : Eddy de Pretto », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 janvier 2018).
  11. « Publicitié Canalsat - Canalsat à la demande - Comédie/Film historique », sur YouTube, (consulté le 20 janvier 2018).
  12. a et b Mélodie Raymond, « Interview : Eddy de Pretto, Beau Parleur », sur Shoes Up, (consulté le 24 janvier 2018).
  13. Abigaïl Aïnouz, « Entre rap et chanson française, Eddy de Pretto est bien parti pour cliver la fin d'année », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  14. « Les prix - Les Inouïs », sur Les Inouïs du Printemps de Bourges, (consulté le 23 janvier 2018).
  15. « Nuits de Champagne : la programmation », sur Nuits de Champagne, (consulté le 19 janvier 2018).
  16. « Julien Doré chante Comme un boomerang avec Eddy de Pretto dans Taratata ! », sur RFM, (consulté le 31 janvier 2018).
  17. a b et c « Eddy de Pretto raconte ses peines de cœur dans Random, son nouveau titre », sur BFM TV (consulté le 21 janvier 2018).
  18. « Les nominations des Victoires de la musique 2018 », sur France Inter, (consulté le 19 janvier 2018).
  19. « Louane, Orelsan, Depardieu... Découvrez toutes les nominations des Victoires de la Musique 2018 », sur BFM TV (consulté le 21 janvier 2018).
  20. « En écoute : Eddy de Pretto questionne les mécanismes du succès dans Ego », sur Konbini, (consulté le 17 février 2018).
  21. « Notre Eddy, notre idole », sur Rocknfool, (consulté le 1er mars 2018).
  22. « Clip « Normal » : Eddy de Pretto monte sur le ring pour tordre le cou à l'homophobie », sur Charts in France, (consulté le 2 mars 2018).
  23. Adrien Naselli, « Eddy de Pretto, le « Kid » gay du rap français (interview) », sur Têtu, (consulté le 3 mars 2018).
  24. Yohann Ruelle, « "Cure" : Eddy de Pretto entre numéro un des ventes avec son premier album », sur Charts in France, (consulté le 10 mars 2018).
  25. « Top albums France Fnac : Eddy de Pretto déloge Grand Corps Malade », sur La Dépêche du Midi, (consulté le 13 mars 2018).
  26. « Les Certifications - SNEP », SNEP, (consulté le 9 avril 2018)
  27. Julien Goncalves, « Grave, Sensible... Eddy de Pretto dévoile les inédits de sa réédition Culte », sur Charts in France, (consulté le 9 novembre 2018).
  28. Théau Berthelot, « Eddy de Pretto annonce une résidence de 10 concerts à l'Élysée Montmartre en 2019 », sur Charts in France, (consulté le 9 novembre 2018).
  29. « Qui est Eddy de Pretto, le chanteur qui fait du « non-genre » un style à part entière ? », sur Huffington Post, (consulté le 3 décembre 2017).
  30. « Taratata no 5 », sur mytaratata.com, (consulté le 18 décembre 2017).
  31. « Out d'or : L'acteur de «Plus belle la vie», Jonas Ben Ahmed, élu personnalité LGBT de l'année », sur 20 Minutes, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

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