Ecaterina Teodoroiu

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Ecaterina Teodoroiu
EcaterinaTeodoroiu.jpg
Biographie
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Ecaterina Teodoroiu, née Cătălina Toderoiu[1] le 15 janvier 1894 et morte le 3 septembre 1917, est une femme militaire roumaine. Elle a participé à la Première Guerre mondiale, durant laquelle elle meurt au combat. Elle est considérée comme une héroïne en Roumanie.

Enfance[modifier | modifier le code]

Elle est née dans le village de Vădeni (aujourd'hui partie de Târgu Jiu), dans la région historique de l'Olténie, dans la famille d'Elena et Vasile Toderoiu, deux agriculteurs. Teodoroiu a cinq frères (Nicolae, Eftimie, Andrei, Ion, Vasile) et deux sœurs (Elisabeta et Sabina). Après avoir étudié pendant 4 ans à Vădeni puis à Târgu Jiu (dans une école élémentaire germano-roumaine) et obtenu un diplôme de l'École de filles de Bucarest, elle devient enseignante en 1916, année de l'entrée en guerre de la Roumanie[2].

Monument à Slatina.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Membre des Scouts, elle travaille d'abord comme infirmière mais elle décide par la suite de devenir soldat en première ligne, profondément impressionnée par le patriotisme des blessés et touchée par la mort de son frère Nicolae, sergent dans l'armée roumaine. C'est une décision inhabituelle pour une femme de cette époque, elle est donc envoyée au front à contrecœur. Cependant, avec le soutien de la famille royale roumaine, elle prouve sa valeur en tant que symbole et comme un soldat.

Travaillant en tant qu'infirmière, elle rejoint les réservistes civils et militaires le 14 octobre 1916 pour repousser l'attaque d'une compagnie bavaroise de 9e armée allemande sur un pont au-dessus de la Jiu, en face de Târgu-Jiu. Impressionnée par sa bravoure, la famille royale invite Teodoroiu à Bucarest, le 23 octobre[3].

Le 30 octobre, elle part pour le front voir son frère Nicolae, sergent du 18e régiment d'Infanterie (Gorj), qui est tué peu de temps après, le 1er novembre, par un obus lors de combats près de Porceni.

Voulant venger la mort de son frère, elle demande au colonel Obogeanu à être autorisée à rejoindre le 18e régiment d'infanterie en tant que bénévole. Elle doit prouver ses compétences militaires en utilisant une ruse afin d'éviter que sa compagnie, entourée par l'ennemi, ne soit fait prisonnière.

Néanmoins, elle est ensuite capturée au cours de combats sur les hauteurs de Rășina-Peșteana-Tunși, la nuit du 3 au 4 novembre 1916, mais réussi à s'échapper avec des blessures légères en tuant avec un revolver dissimulé le soldat allemand qui la garde. Le 6 novembre, Teodoroiu est impliquée dans les combats près de Bărbătești et Țânțăreni. Plus tard, lors de combats près de Filiași, elle est blessée aux deux jambes par un obus, évacué à Craiova, puis à Bucarest et, plus tard, hospitalisée à l'Hôpital militaire roi Ferdinant de Iași.

Le 23 janvier 1917, elle sort de l'hôpital et, après avoir rencontré le sous-lieutenant Gheorghe Mănoiu (le frère d'un ancien camarade d'école) à l'hôpital, elle demande à être autorisée à rejoindre son 43e/59e régiment d'Infanterie comme infirmière volontaire.

Pour sa bravoure, elle reçoit la médaille de la Vertu Scout et la médaille de la Vertu Militaire de 2e classe, le 10 mars 1917. Le 17 mars 1917, elle reçoit aussi de la médaille de la Vertu Militaire de 1re classe, et est fait sous-lieutenante honoraire (Sublocotenent) par le Roi Ferdinand, qui lui confie le commandement d'un peloton de 25 hommes de la 7e compagnie (43e/59e régiment d'Infanterie, 11e division), commandé par le sous-lieutenant Gheorghe Mănoiu[4].

Parti le 25 avril, le régiment est cantonné à Codăești, dans le canton de Vaslui. Le 4 août, le 43e/59e régiment, une partie de la réserve de la 1re armée dirigée par le général Eremia Grigorescu, se préparent à rejoindre la prochaine offensive. Le 5 août, le régiment quitte Vaslui pour Tecuci, traverse le Siret et campe dans la forêt de Malta Seacă, près de la ligne de front.

Le 17 août, le commandant de la 11e division, le général Ernest Broșteanu, la prie de rester à l'hôpital mobile à l'arrière du front, mais le sous-lieutenant Teodoroiu refuse fermement, lui demandant à être autorisée à rejoindre son peloton dans la prochaine bataille.

Le 20 août, le 43e/59e régiment creuse dans la colline Secului, dans la zone de Muncelu-Varnița.

Le 3 septembre 1917, les lignes roumaines sont attaquées par les forces du 40e régiment de réservistes de la 115e division d'infanterie. Tout en menant son peloton dans une contre-attaque, elle est touchée par des tirs de mitrailleuse dans la poitrine (selon certains), ou dans la tête (selon d'autres sources). Selon l'ordonnance générale no 1, publié le lendemain par le colonel Constantin Pomponiu, le commandant du 43e/59e régiment, ses dernières paroles avant de mourir sont : « En avant, n'abandonner pas, je suis toujours avec vous ! »[5]Henri Berthelot la considère comme la « Jeanne d'Arc de la Roumanie » pour sa bravoure, son patriotisme et son sacrifice personnel.

D'abord enterrée près du front à Fitionești, ses restes sont inhumés une nouvelle fois en juin 1921, dans une crypte dans le centre-ville de Târgu Jiu. Son tombeau est vénéré par un monument érigé en 1936 par Milița Petrașcu.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ro) « Legenda Ecaterinei Teodoroiu: Ce spun Arhivele Militare », Historia.ro (consulté le 8 décembre 2015)
  2. Ecaterina Teodoroiu la biographie de « https://web.archive.org/web/20061005033219/http://www.mariromani.ro/personaj.php?id=100 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  3. (ro) « Casa memorială Ecaterina Teodoroiu » [archive du ], Gorj Museum (consulté le 8 décembre 2015)
  4. Ion Mocioi, Ecaterina Teodoroiu: eroina poporului român, Scrisul Românesc, 1981.
  5. Arina Avram, Petru celebre din România, Editura ALLFA, 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Maria Bucur, « Between the Mother of the Wounded and the Virgin of Jiu: Romanian Women and the Gender of Heroism during the Great War », Journal of Women's History, no 12,‎ , p. 30–56
  • Constantin Kirițescu, Istoria războiului pentru întregirea României: 1916-1919,
  • Kathryn J. Atwood, Women Heroes of World War I: 16 Remarkable Resisters, Soldiers, Spies, and Medics, Chicago Review Press, .

Liens externes[modifier | modifier le code]