eSIM

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
les lettres eSIM, dans une silhouette pointillée représentant la forme qu'une carte SIM mini.
Le logo eSIM, tel que proposé par la GSM Association.

L'eSIM (abréviation de Embedded SIM[1], en français SIM intégrée ou SIM embarquée) est une évolution de la carte SIM pour les téléphones portables et les objets connectés. Après que le format de la carte SIM a été réduit de plus en plus, certains « nouveaux » objets communicants, comme les montres connectées, n'ont plus la place pour intégrer une carte SIM, même au format nano. Les concepteurs décident donc d’utiliser une carte SIM virtuelle, une carte eSIM.

Concept[modifier | modifier le code]

Une première version est sortie en mars 2016[2], puis une deuxième version de la spécification a été publiée en [1],[3]. À l'occasion du Mondial du mobile 2017 (Mobile World Congress), Qualcomm a présenté[4] une solution technique, avec démonstration en direct, embarquant directement au sein de son processeur Snapdragon le matériel (le Secure processor et toutes les unités mémoires et de calculs associées) et le logiciel (les applications Java sécurisées) pour émuler la carte SIM au sein du téléphone via le processeur Snapdragon, donc sans carte SIM physique. La Samsung Gear S2 a par exemple été la première à embarquer une eSIM[1],[2],[5].

Cette nouvelle eSIM, assez courante aux États-Unis, est en 2020 encore rare en France.

Intérêts techniques et économiques[modifier | modifier le code]

Dans le cas d'un téléphone mobile, qui n'est pas forcément la première utilisation de l'eSIM, mais qui est facilement compréhensible, les avantages de l'eSIM sont les suivants :

  • Les constructeurs de téléphone mobile, en éliminant la carte SIM physique, n'ont plus à gérer un emplacement permettant de connecter physiquement la carte SIM au téléphone. Cela simplifie la conception du téléphone.
  • Les opérateurs de téléphonie mobile n'auront plus à envoyer une carte SIM physique (avec les données enregistrées sur la carte SIM), mais pourront directement télécharger les informations dans la puce embarquée du téléphone.
  • Les clients n'auront plus à changer les cartes SIM dans le téléphone en cas de changement d'opérateur, la transition se fera instantanément, simplement par la mise à jour des données enregistrée dans la puce par téléchargement.
  • Il n'y a pas, techniquement, d'impossibilité pour que la puce soit multi-opérateur, autrement dit le téléphone peut devenir "multi-SIM" et "multi-opérateur" si les constructeurs le décident[6].

D'après les fabricants[7],[8], l'eSIM pourrait permettre un parcours client totalement dématérialisé. En effet, il faut aujourd'hui, après s'être abonné à une offre mobile, se procurer une carte SIM contenant toutes les informations du profil client, que l'on l’insère ensuite dans son terminal. L’eSIM permet de s'affranchir de cette étape. Avec l'eSIM, on achète un terminal avec une eSIM, et on y télécharge ensuite les données de l'opérateur. Cela nécessite généralement d'avoir souscrit préalablement une option Multi-SIM payante en plus de son forfait.

En plus de pourvoir télécharger les données client à distance, un autre avantage est de pouvoir multiplier les objets connectés rattachés à une même offre mobile avec un numéro de téléphone unique. Pour le moment, il s'agit essentiellement de montres connectées, mais la gamme de produits pourra s'élargir aux tablettes et aux voitures. En 2019, PSA[9] a annoncé ainsi son intention d'équiper ses véhicules connectés d'eSIM[10].

Soutiens des constructeurs et des opérateurs[modifier | modifier le code]

Pour que l'eSIM soit disponible pour le consommateur final, il faut trois facteurs :

  • un module matériel et logiciel intégré dans le téléphone par le fabriquant,
  • un opérateur mobile qui commercialise un service compatible avec l'eSIM,
  • une validation de ce téléphone par cet opérateur.

Autrement dit, il faut que chaque téléphone soit validé par chaque opérateur.

Par exemple, en 2018 l'eSIM du Pixel 3 de Google est autorisé en Allemagne, en Angleterre où aux États-Unis[11], mais en pas encore en France en janvier 2020[12].

En 2017, plus de 60 constructeurs, opérateurs et intervenants soutiennent l'initiative, dont des acteurs majeurs du secteur, en France (Bouygues Telecom, SFR, Idemia, Gemalto, STMicroelectronics, etc.) comme à l'international (Intel, China Telecom, NTT DoCoMo, Samsung Electronics, Ericsson, etc.).

Apple, de son côté, ne fait pas partie des constructeurs ayant soutenu officiellement la eSIM à sa sortie en 2017. Cependant, en septembre 2018, les iPhone XS, iPhone XS Max et iPhone XR embarquent une eSIM pour permettre d'avoir une double SIM (une carte SIM physique + eSIM)[13].

En France[modifier | modifier le code]

L'intégration effective par les opérateurs français dans leurs offres progresse depuis 2020[12].

Après avoir initialement réservé la fonction d'eSIM aux objets connectés comme les montres (Apple watch et Samsung Galaxy watch), mais n'autorisant que la carte SIM conventionnelle pour les smartphones, Orange a levé cette restriction dès 2019 (uniquement pour les clients, avec une ligne initialement ouverte avec une SIM classique)[14].

En janvier 2020, SFR accepte lui aussi les eSIM des téléphones (avec les mêmes restrictions, réservées aux clients déjà connectés).

Bouygues Telecom devrait activer la fonctionnalité au printemps 2020[15].

Chez les trois opérateurs, la liste des téléphones est assez restreinte, ce sont les derniers iPhone compatibles, et quelques téléphones Android. En effet, d'une part peu de smartphones embarquent la technologie eSIM, et d'autre part ils doivent être validés officiellement par les opérateurs.

Enfin, Free n'a pas prévu de l'activer en 2020, cette technologie n'étant pas prioritaire dans son plan de développement.

Au delà des quatre opérateurs de réseau mobile, les opérateurs virtuels (MVNO) pourront proposer des offres eSIM, à l'instar de Transatel.

Ailleurs dans le monde[modifier | modifier le code]

Pays où des opérateurs proposent des offres supportant l'eSIM :

  • Amérique du nord : Canada (Bell, Fido, Freedom, Koodo, Lucky Mobile, Rogers, Telus, Virgin), USA (AT&T, T-Mobile, Truphone, Ubigi, Verizon Wireless)
  • Europe : Allemagne, Autriche, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède, Suisse
  • Asie : Hong-Kong, Inde, Malaisie, Philippines, Singapour, Taïwan, Thaïlande, Viêt Nam

Les opérateurs virtuels (MVNO) suivants proposent leurs services sur toute la planète : GigSky, MTX Connect, Redtea Mobile, Soracom Mobile, Truphone, Ubigi.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « eSIM : pourquoi la carte SIM embarquée fait saliver Gemalto », Silicon,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mars 2018)
  2. a et b « L'eSIM va-t-elle supplanter la carte SIM ? | ITespresso.fr », ITespresso.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mars 2018)
  3. (en-GB) « Highlights of Mobile World Congress 2017 Seminar: eSIM – a New SIM for a New Generation of Connected Consumer Devices - eSIM », eSIM,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mars 2018)
  4. http://www.gsma.com/esim/wp-content/uploads/2017/03/4.Qualcomm_iUICCDemo-for-MWC_Final_Feb02_2017.pdf
  5. (en-US) « What is an eSIM: Normal SIM Card would be replaced by eSIM in the future - Tech News Pakistan | Pakistan Business News », Tech News Pakistan | Pakistan Business News,‎ (lire en ligne, consulté le 1er décembre 2018)
  6. (en-GB) « Remote SIM Provisioning: How it Works - eSIM », eSIM,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mars 2018)
  7. « Esim Samsung », sur Samsung fr (consulté le 26 mars 2019)
  8. « Trouver les opérateurs mobiles qui proposent le service eSIM », sur Apple Support (consulté le 26 mars 2019)
  9. « Constructeur automobile français », sur Groupe PSA (consulté le 26 mars 2019)
  10. 01net, « eSIM : l'évolution de la carte SIM qui va bouleverser nos usages mobiles », sur 01net (consulté le 26 mars 2019)
  11. « eSim: Google tente une percée avec pixel 3 », sur www.lesnumeriques.com.
  12. a et b « L'eSim enfin disponible pour certains smartphones chez SFR, bientôt chez Bouygues », sur lesnumeriques.com.
  13. « Découvrez le type de carte SIM qu’utilise votre iPhone ou votre iPad », sur apple.com, mis en ligne et 25 juin 2019 (consulté le 8 septembre 2019)
  14. « eSim Orage met la priorité sur l'Iphone », sur www.lesnumeriques.com.
  15. https://www.assistance.bouyguestelecom.fr/mobiles/mode-emploi/Tout-savoir-sur-la-e-Sim

Liens externes[modifier | modifier le code]