Dzaoudzi

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Dzaoudzi
Dzaoudzi
Le « rocher » de Dzaoudzi, le boulevard des Crabes, la vasière des Badamiers et une partie de Petite-Terre, vus d'avion.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Mayotte
Département Mayotte
Intercommunalité Communauté de communes de Petite-Terre
Maire
Mandat
Saïd Omar Oili
2020-2026
Code postal 97615
Code commune 97608
Démographie
Population
municipale
17 831 hab. (2017 en augmentation de 24,6 % par rapport à 2012)
Densité 2 266 hab./km2
Géographie
Coordonnées 12° 47′ 20″ sud, 45° 16′ 14″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 132 m
Superficie 7,87 km2
Élections
Départementales Dzaoudzi
Localisation
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Dzaoudzi
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Dzaoudzi

Dzaoudzi est une commune française du département d'outre-mer de Mayotte dont elle est le chef-lieu[1]. La commune est constituée des deux villages de Dzaoudzi et Labattoir.

En 2017, la commune comptait 17 831 habitants[2] ce qui en fait la troisième ville de Mayotte.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le boulevard des Crabes (début du XXe siècle).
Barge reliant Dzaoudzi à Mamoudzou (2003).

La ville de Dzaoudzi se trouve sur un piton rocheux situé à proximité de la Petite-Terre à laquelle il est relié par le Boulevard des Crabes (digue artificielle). Pour se rendre en Grande Terre, un système de barges géré par la STM (Société des Transports Maritimes) relie Dzaoudzi à Mamoudzou.

L'aéroport international de Mayotte se trouve à Pamandzi, commune voisine de Dzaoudzi-Labattoir (mais son nom officiel est Dzaoudzi).

Le climat y est de type tropical.

Labattoir[modifier | modifier le code]

Labattoir est un quartier de la commune de Dzaoudzi. Labattoir est un toponyme français et rappelle l'existence, dans ce village, d'un abattoir qui jouxtait le four à chaux présent près de l'entrée du village.

En 1985, la première salle de cinéma grand écran y est apparue utilisant la projection cinématographique (35 mm, 75 mm).

Climat de Mayotte[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'îlot fut habité avant le XIXe siècle. C'est davantage sur le morne de Mirandole ou « Pamandzi Keli », où se fixèrent à partir du IXe siècle les premiers habitants de Petite Terre (Africains, Indonésiens, Malgaches...). Au XVIIIe siècle, des Perses y implantent l'islam[3].

Il faut attendre le règne de Salim (Saleh ibn Mohamed ibn Bechir el Monzari, régnant vers 1790-1807) pour que le rocher de Dzaoudzi abrite la capitale du sultanat après l'abandon de Tsingoni.

Comme en témoignent les archives du début de la période coloniale, Dzaoudzi était protégée par des remparts de protection, qui furent renforcés par les Français lors de la fortification de l'île dans les années 1840[4].

J.S Leigh, en donne une description précise en 1838 :

« Nous nous sommes approchés du village où réside Dansoul (Andriantsoly), roi de Mayotte ; ce village est construit sur une petite île allongée qui n’a pas plus d’un mille de circonférence. Chaque côté tombe à l’abrupt dans la mer excepté l’un d’entre eux défendu par une haute muraille et de petites tours carrées qui se prolongent et entourent l’île. Sa hauteur varie selon la difficulté ou la facilité d’accès. Trois portes sont verrouillées chaque nuit au crépuscule et les clefs sont remises au gouverneur sans la permission duquel personne ne peut sortir ou rentrer. Nous avons été accueillis, à l’extérieur de la fortification, par un certain nombre d’habitants, un mélange de Sakalava, d’Antalaouts (Malgaches musulmans), des Anjouanais, etc.
[...] Un énorme canon est placé sur le point culminant de l’île mais ne repose pas sur un affût. Il ne peut être déplacé. (...) La mosquée était la seule construction en pierre de la ville à côté des dix résidences du roi que j’ai vues. Elle était plutôt grande car elle faisait 40 pieds carrés. Les piliers étaient en bois et le toit fait de feuilles de cocotiers [...]. »

Peu après 1843 (prise de possession de Mayotte par la France), l'administration française s'installe sur Petite-Terre, sur le rocher de Dzaoudi. Elle construit une caserne et un pavillon des officiers, une chapelle, une prison et un hôpital[3].

L'hôpital de Dzaoudzi est construit par le génie de 1848 à 1851. C'est un hôpital de la Marine, dirigé par un médecin militaire de première classe, et aidé par un ordre missionnaire : les sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Il sera le seul hôpital de Mayotte jusqu'au début du XXe siècle[3].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le décret no 77-129 du fixe le chef-lieu de Mayotte à Mamoudzou, mais Dzaoudzi garde provisoirement cette fonction en attendant que le transfert soit officialisé par arrêté ministériel[5]. Néanmoins, l'hôtel de préfecture (qui était situé dans l'ancienne maison du gouverneur) et le Conseil général ont déjà été transférés à Mamoudzou en 1987[6].

Une base de la Légion étrangère, le détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM), ainsi qu'une sentinelle de la marine nationale française s'y trouve. On la nomme le rocher, car elle se situe en haut d'un piton rocheux.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1988 ? Ali-Abdallah Djana    
2001 2008 Issa Soulaïmana Mhidi MPM Instituteur
2008 2014 Mohamadi Bacar M'Colo MDM  
2014 En cours Saïd Omar Oili   Professeur de lycée
Conseiller général du canton de Dzaoudzi (2001 → 2015)
Ancien président du conseil général de Mayotte (2004 → 2008)
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1978. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee, mais la loi relative à la démocratie de proximité du a, dans ses articles consacrés au recensement de la population, instauré des recensements de la population tous les cinq ans en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Mayotte et dans les îles Wallis-et-Futuna, ce qui n’était pas le cas auparavant[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2002[8], les précédents recensements ont eu lieu en 1978, 1985, 1991 et 1997.

En 2017, la commune comptait 17 831 habitants[Note 1], en augmentation de 24,6 % par rapport à 2012

Évolution de la population  [ modifier ]
1978 1985 1991 1997 2002 2007 2012 2017
4 1475 8658 25710 79212 30815 33914 31117 831
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[9] puis à partir de 2006[10])
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Saïd Omar Oili (né en 1956), maire depuis 2014 et ancien président du conseil général.
  • Boinali Saïd (né en 1960), syndicaliste et ancien homme politique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'ancienne résidence des Gouverneurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au , millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le décret no 77-129 du 11 février 1977 (paru au Journal officiel le lendemain) indique que le chef-lieu est fixé à Mamoudzou mais que, jusqu’à une date qui sera précisée par arrêté ministériel, ce chef-lieu reste provisoirement fixé à Dzaoudzi. Cet arrêté ministériel n’ayant jamais été pris, Dzaoudzi reste de jure le chef-lieu.
  2. https://www.insee.fr/fr/statistiques/3291775?sommaire=2120838
  3. a b et c Patrice Bourée, « L'hôpital de Dzaoudi, référence médicale des Comores pendant 150 ans », La Revue du Praticien, vol. 68,‎ , p. 341-346.
  4. Samuel F. Sanchez, « Plans de colonisation, idées chimériques ? Nosy Be et Mayotte dans les projets français d’expansion dans l’océan Indien occidental et vers Madagascar (1839-1857) », dans Norbert Dodille (dir.), Idées et représentations coloniales dans l'océan Indien, Paris, Presse Universitaire de Paris-Sorbonne, coll. « Imago mundi » (no 17), , 710 p. (ISBN 978-2-84050-607-2), p. 167–198.
  5. « Fac-similé JO du 12/02/1977, page 00861 | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 6 mars 2018)
  6. Nathalie Bernardie-Tahir et Omar El-Mahaboubi, « Mayotte : des parfums au tourisme. Les nouveaux enjeux du littoral », Cahiers d'Outre-Mer, no 216,‎ , p. 369–396 (DOI 10.4000/com.1137).
  7. Titre V de la loi no 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité
  8. Décret no 2002-974 du 9 juillet 2002 fixant la date et les conditions dans lesquelles sera exécuté le recensement général de la population de Mayotte en 2002, publié au JORF du .
  9. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  10. pour les années 1978, 1985, 1991, 1997, 2002, 2007, 2012 et 2017
  11. Dzaoudzi. ― Ancienne résidence des Gouverneurs, située au rocher de Dzaoudzi, avenue de France : la résidence en totalité, avec les deux longères, les trois canons, les six réverbères et le sol. Inscription : par arrêté du 5 novembre 2012.
  12. « Ancienne résidence des Gouverneurs », notice no PA97600001, base Mérimée, ministère français de la Culture, inscription par arrêté du
  13. Ancienne résidence des Gouverneurs, sur Monumentum
  14. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Guébourg, Petites îles et archipels de l'océan Indien, Karthala, paris, 2006 (nouvelle éd. revue et augmentée), 526 p. (ISBN 2-8458-6823-5)
  • Jean-François Hory, La Résidence de Dzaoudzi, Éditions mahoraises, Éditions du baobab, Mayotte, 2002, 39 p. (ISBN 978-2-908301-41-0)
  • Anne Lebel (dir.), Dzaoudzi, une histoire contratriée, 1843-1866 : catalogue de l'exposition présentée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine en 2005, Archives départementales de Mayotte, Mamoudzou, 2006, 43 p. (ISBN 2-84945-008-1)
  • J. Ninon, « La Dynamique urbaine à Mayotte : l'étalement de Mamoudzou et la périphérisation des centres petits-terriens », in Les Cahiers d'Outre-Mer, 2007, vol. 60, no 240, p. 305-318
  • « Centralisation et polarisation : l'aire urbaine de Mamoudzou et les villages mahorais », article de Didier Benjamin et Henri R. Godard, in Mappemonde, no 64, 2001-4, 5 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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