Dysharmonie évolutive

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La dysharmonie évolutive, ou dysharmonie d'évolution, est une classification du chapitre 3 de la Classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent, applicable à l'enfant et l'adolescent ni névrotique, ni psychotique, mais avec une perturbation de la personnalité. Ce diagnostic n'existe qu'en France, il est souvent posé au détriment de celui des troubles envahissants du développement ou des troubles du spectre de l'autisme.

Historique[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un concept français créé par Roger Misès, proche de la notion d'état limite.

Pronostic[modifier | modifier le code]

Une expérience sur une classe d'école maternelle thérapeutique (CMT) créée en 1992 à Bruxelles a permis de constater que les enfants diagnostiqués avec une dysharmonie d'évolution sont le plus souvent capables de suivre une scolarité en milieu ordinaire, et « s’améliorent de façon spectaculaire après un trimestre de scolarité au sein de la CMT, sans adjonction d’une prise en charge spécialisée »[1].

Une dysharmonie spécifique[modifier | modifier le code]

Elle se différencie de la dysharmonie issue du trouble envahissant du développement.[réf. nécessaire]

Critiques[modifier | modifier le code]

Article connexe : Critique de la psychanalyse.

En 2004, le psychiatre cognitiviste Laurent Mottron a critiqué cette classification, qu'il estime se faire au détriment du diagnostic du syndrome d'Asperger, et être une conséquence de la mainmise des psychanalystes en matière de classifications médicales dans le domaine de l'autisme en France[2] : « les milieux de santé français tardent à reconnaître les troubles envahissants du développement sans déficience intellectuelle, alors que cette catégorie est reconnue dans des milieux médicaux depuis la fin des années quatre-vingt. Ce retard se manifeste par une réticence, en présence d’une personne d’intelligence normale, à poser le diagnostic d'autisme ou celui de syndrome d'Asperger, au profit de diverses appellations comme « traits autistiques » , « psychoses infantiles » ou « syndrome sémantique pragmatique ». Du fait de l’usage en France d’une nosographie des troubles psychiatriques du développement sans équivalent dans le reste du monde, les personnes atteintes de ces handicaps s’y retrouvent sous des appellations qui ne font pas le lien avec les TED, dont la plus connue est « dysharmonie d’évolution »[3] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claire De Vriendt-Goldman, Laurence Brenig et Pascale Desgives, « La classe maternelle thérapeutique : un outil pour des enfants présentant une dysharmonie d'évolution », La psychiatrie de l'enfant, vol. 47, no 1,‎ , p. 229–258 (ISSN 0079-726X, lire en ligne).
  2. Mottron 2004, p. 34 ; 47.
  3. Mottron 2004, p. 31.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Gibello 2009] Bernard Gibello (préf. de Serge Lebovici), L'enfant à l'intelligence troublée, Dunod, coll. « Enfances », (ISBN 2100530046)
  • [Lang 1977] J.-L. Lang, « Les dysharmonies d’évolution », Psychanalyse à l’université, vol. 2, no 6,‎
  • [Misès, Perron et Salbreux 1994] Roger Misès, Roger Perron et Roger Salbreux, Retards et troubles de l'intelligence de l'enfant, EME Éditions Sociales Françaises (ESF), coll. « La vie de l'enfant », (ISBN 2710110407)
  • [Mottron 2004] Laurent Mottron, L'autisme, une autre intelligence: diagnostic, cognition et support des personnes autistes sans déficience intellectuelle, Éditions Mardaga, coll. « Pratiques psychologiques: Cognition, émotion et santé », , 235 p. (ISBN 2870098693 et 9782870098691)