Duralex

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Duralex International
logo de Duralex
illustration de Duralex

Création 1939
Dates clés 25-07-2008 immatriculation de la société actuelle
Fondateurs groupe Saint Gobain
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Au service de votre table
Siège social La Chapelle-Saint-Mesmin, Loiret, Centre-Val de Loire
Drapeau de France France
Direction Antoine Ioannidès (02/09/2008)
Activité Fabrication de verre creux
Produits Verre trempé
Effectif 231 au 30/06/2018
Site web www.duralex.com

Chiffre d'affaires 57 787 000 € au 30/06/2018
Résultat net -1 823 000 € au 30/06/2018 (exercice de 18 mois)

Duralex Interrnational[1] est une entreprise française, implantée à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le département du Loiret, qui fabrique de la vaisselle en verre trempé. C'est également une marque sous laquelle sont vendus les produits fabriqués par cette entreprise : des verres, des assiettes ou encore des plats.

Le nom Duralex provient de la citation latine, Dura lex, sed lex, qui signifie la loi est dure, mais c'est la loi. Une autre filiale de Saint-Gobain, Pyrex lança son produit Pyrex-Sedlex[2],[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Le verre trempé a été inventé par l'entreprise française Saint-Gobain dans les années 1930. Il est alors utilisé pour sa grande résistance dans la fabrication de vitres pour automobiles, produites par la Société d'exploitation verrière Beauce-Bourgogne (SEV) dans une verrerie située dans l'agglomération orléanaise à La Chapelle-Saint-Mesmin.

Cette verrerie, créée en 1927 par un vinaigrier, a appartenu également au parfumeur François Coty, sous le nom de société des verreries de La Chapelle-Saint-Mesmin. Elle servait alors à fabriquer des flacons de parfum. Elle a été acquise par Saint-Gobain en 1934[4].

Quelques années plus tard, la société imagine un autre débouché pour le verre trempé, la vaisselle, et dépose le la marque Duralex. L'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin est alors transformée pour produire des « objets en verre pour usage culinaire, notamment en verre trempé »[5].

Empilement de verres Duralex Provence.

Le verre de type Gigogne est lancé en 1946 ; devenu culte depuis, il est le premier article de vaisselle commercialisé par la marque. Des générations d'écoliers se sont amusées à comparer leur « âge » à partir du chiffre au fond de chaque verre. Il s'agit en fait du numéro de l'un des 50 moules servant à la fabrication des verres. Cinquante verres sont ainsi produits sur les presses composées de deux tables, chaque table étant dotée de 25 moules. Mais seulement 48 verres sont commercialisés, deux d'entre eux étant réservés au suivi de la qualité en cas de défaut de fabrication[6].

Les années 1960 constituent l'âge d'or de Duralex, un second site de production est ouvert à Rive-de-Gier dans le département de la Loire et un spot télévisé de la marque ira même jusqu'à remporter le prix du 12e festival international du film publicitaire de Cannes en 1965.

Le déclin de la marque débute à la fin des années 1970. Saint-Gobain cède cette branche de son activité[7] en 1997 au verrier italien Bormioli Rocco. Duralex emploie alors encore 1 000 salariés.

En 2004, l'entreprise est revendue à un cadre de l'entreprise associé à des investisseurs. Elle est finalement contrainte au dépôt de bilan l'année suivante. L'entreprise est alors rachetée par Sinan Solmaz, un grossiste turc de 38 ans et premier client de la marque. L'usine de Rive-de-Gier, qui avait déjà été menacée de fermeture en 2002 en raison de difficultés financières, et qui employait alors 110 personnes, ferme définitivement ses portes cinq ans plus tard. La société, employant alors 260 salariés, se déclare en cessation de paiement le puis est placée en liquidation judiciaire le .

À la suite d'une plainte déposée par le mandataire judiciaire dans le cadre de cette procédure, il apparait que de début 2007 à juillet 2008, Sinan Solmaz a organisé le départ pour la Turquie de machines, de moules et de 85 conteneurs de marchandises. Ces marchandises y ont été vendues à « 20 % de leur valeur réelle », entraînant un manque à gagner pour Duralex de plus de 4,5 millions d'euros. De plus plusieurs centaines de milliers d'euros de créances dues à Duralex ont été encaissés par Sinan Solmaz sur un compte qu'il possède à Dubaï. Enfin, il a augmenté artificiellement la dette de Duralex au profit de ses entreprises en Turquie, grâce à des jeux d'écriture comptable. L'homme d'affaires, visé depuis 2012 par un mandat d'arrêt européen, est condamné le à trois ans de prison ferme pour abus de biens sociaux et banqueroute par détournement ou dissimulation et 200 000  d'amende par le tribunal correctionnel d'Orléans[8].

Dès le , plusieurs offres de reprise sont déposées au tribunal de commerce d'Orléans[9]. Le , ce dernier décide de confier les destinées de l'entreprise à Antoine Ioannidès, industriel franco-britannique, épaulé par deux cadres de Duralex et la famille Boulos composée d’importateurs grossistes Libanais actifs dans la région du Proche et Moyen-Orient. La somme de 3,6 M doit être investie et 200 emplois préservés sur les 236 que compte Duralex[10], 36 postes et 14 CDD sont supprimés[11].

Ce sont finalement 6,2 M qui sont investis au cours des 19 premiers mois par les repreneurs, et ce sans soutien bancaire. Le premier exercice s'élève à 34 M € de chiffre d'affaires et le bénéfice à 3,4 M €, sur les 18 premiers mois. En 2010, les principaux débouchés commerciaux des produits Duralex sont le Proche et le Moyen-Orient, qui représentent près de la moitié du chiffre d'affaires de la société[12]. En 2014, 87,6 % des activités de Duralex s'effectuent à l'export[13].

Produits[modifier | modifier le code]

Exemple de vaisselle fabriquée par Duralex.

Le verre qui compose la vaisselle est fondu à partir d'un mélange de sable siliceux, de calcaire, de carbonate de sodium et d'alumine. Y sont ajoutés quelques oxydes métalliques pour colorer ou décolorer.

Le matériau permet de fabriquer différents éléments de vaisselle : verre à boire, assiette, saladier, plat rond, etc.

Le numéro gravé dans le fond du verre correspond au numéro de l'empreinte du moule, et non au numéro du moule.

Dans l'art[modifier | modifier le code]

À Quimper, l'artiste Jean-Marc Pinson transforme des verres Duralex en œuvres d'art[14].

Le verre « Gigogne » Duralex a été exposé au musée des arts décoratifs de Paris dans le cadre de l'exposition « éditer le design » de janvier 2007 qui faisait la part belle à l'ustensile quotidien[15]. Il est également présent au MoMa Store, la boutique du Museum of Modern Art de New York[16].

Le verre "Picardie" Duralex apparait dans le 23e opus de la franchise cinématographique James Bond, Skyfall[13]. C'est le verre dans lequel James Bond incarné par l'acteur Daniel Craig boit un whisky Macallan, un scorpion sur la main. Il utilise un verre similaire dans le même bar, le jour suivant[17]. Cette apparition fait suite à de nombreuses autres dans différents films, des classiques français de l’après-guerre aux films de la Nouvelle Vague[16].

L'artiste conceptuel contemporain Michael Craig-Martin a utilisé un verre Duralex dans son œuvre la plus connue, An Oak Tree (en).

Enfin, Attention fragile, un film documentaire, a été réalisé en 2012, dans lequel cinq verriers racontent la vie à l'usine, quatre ans après la reprise du site (coproduction Cent Soleils / Bip TV-Issoudun / TV Tours). > version intégrale du film

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]