Dun-sur-Auron

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dun-sur-Auron
L'hôtel de ville.
L'hôtel de ville.
Blason de Dun-sur-Auron
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Saint-Amand-Montrond
Canton Dun-sur-Auron
Intercommunalité Communauté de communes du Dunois
Maire
Mandat
Louis Cosyns
2014-2020
Code postal 18130
Code commune 18087
Démographie
Population
municipale
3 948 hab. (2014)
Densité 79 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 53′ 08″ nord, 2° 34′ 21″ est
Altitude Min. 151 m – Max. 188 m
Superficie 50,09 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Dun-sur-Auron

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Dun-sur-Auron

Dun-sur-Auron est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est traversé par les rivières de l'Auron et de l'Airain.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Denis-de-Palin Vornay Rose des vents
Saint-Germain-des-Bois N Bussy
O    Dun-sur-Auron    E
S
Contres Parnay Cogny

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Dun est probablement issu du terme d'origine gallo-romaine Dunum. Ce toponyme fait référence à la notion d'« enceinte fortifiée »[1].

Au Moyen Âge, la ville de Dun est connue sous le toponyme de « Dunensi » (en 880), et sous celui de « Duno », en 1095[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Âge du fer[modifier | modifier le code]

Le site de Dun-sur-Auron fait l'objet d'une occupation celtique dès la fin de l'âge du bronze et le début du 1er âge du fer. Des fosses à incinération, recouvertes de tumuli, ont été exhumées lors de fouilles réalisées dans la seconde moitié du XXe siècle au sein de la plaine dite de « La Périsse », dans marges de Dun. Le viatique recueilli dans ces structures funéraires, d'époque bronzifère tardive / Hallstatt « A1 », est entre autres composé de bracelet, de lames d'épées et de torques à reliefs triangulaires[2]. À partir du Hallstatt « final », puis le 2e âge du fer, le site de Dun-sur-Auron fait partie intégrante de la civitates (ou territoire) des Bituriges Cubii[3]. Grâce aux prospections archéologiques effectuées sur les terres dunoises à partir du XIXe siècle[Note 1], des structures protohistoriques, telles que des sépultures funéraires appartenant à une nécropole, ont ainsi été mises en évidence[5]. L'ancien cimetière celte de Dun se développe à proximité de la vallée de l'Auron[4]. L'emploi de la nécropole s'amplifie à la fin de la période laténienne « finale » et connaît une phase d'utilisation qui se prolonge jusqu'au début de la romanisation de Dun[3]. D'autres investigations, opérées au sein de certaines de ces tombes au cours des années 1960[6], ont permis de dégager des mobiliers funéraires notamment constitués d'artefacts sous la forme de pièces d'armes les unes de combat, les autres dites « de parade »[3]. Les rapports archéologiques montrent qu'il s'agit de sépultures aristocratiques[3].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Au cours de la période gallo-romaine, la cité berrichonne se part d'une schéma urbanistique de forme rectangulaire[7]. Le centre de la ville laisse apparaître un système de voirie d'aspect quadrillé[7]. Quelques vestiges de structures domestiques et d'autres de type fortifié attribués à cette époque ont été signalés sur les pourtours de la ville dunoise[7]. En lisière du territoire dunois, des photographies d'archéologie aérienne ont permis d'indiquer l'existence de ruines d'un habitat domestique appartenant à une villa. Cette villa, dénommée villa « des Tourattes », est localisée à 9 kilomètres « à vol d'oiseau » au Nord-Ouest de la commune de Thaumiers dont le site a délivré d'importants vestiges archéologiques attribués à l'époque gallo-romaine[8].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

D'origine très ancienne, Dunum est un lieu fortifié gaulois. Au Moyen Âge la seigneurie de Dun dépendait du vicomte de Bourges. En 1101, le dernier vicomte, Eudes de Dun surnommé Arpin, vendit sa vicomté à Philippe Ier pour pouvoir partir en croisade. Dun devint la troisième ville royale du Berry, prit le nom de Dun-le-Roi et Philippe Auguste la dota d'importantes fortifications. La carte aérienne de la ville montre que ces structures d'enceinte présentent globalement l'aspect d'un ovale[7][9][7]. Toutefois, le cœur de la cité de Dun conserve un plan de quadrillage orthonormé et rectiligne mis en place à l'époque gallo-romaine[7].

Les habitants bénéficient d’une charte communale inspirée de la charte de Lorris[10].

Durant l'été 1183, une compagnie de mercenaires (ou brabançons), commandée par Curbaran et Raymond Brun, ravagent le pays. Le 20 juillet, les Capuchonnés, peut être assistés de troupes de Philippe Auguste, les massacrent près de Dun[11],[12],[13].

Des guerres de religion à la Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1709, une révolte secoue la ville. L’année précédente, les récoltes ont été très mauvaises, le grain manque ou devient très cher. Réduits aux dernières extrémités, les habitants prennent d’assaut un grenier, en proclamant qu’ils « mouraient de faim », demandant « qu'on les pendît pour finir plus tôt leur vie »[14].

Révolution française et Premier Empire[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune de Dun-le-Roi change de nom pour Dun-sur-Auron[15]. À la Restauration, la commune reprend son nom d’Ancien Régime, qu’elle conserve jusqu’à la Troisième République. En 1880, la commune reprend son nom révolutionnaire qu’elle conserve jusqu’à aujourd’hui[15].

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

En 1940, la 114e compagnie de travailleurs étrangers est installée à Dun-sur-Auron pour travailler pour le compte du ministère de l'Air[16].

Le 1er septembre 1944, des combats ont lieu près de Dun entre des éléments allemands de la colonne Taglischbeck, battant en retraite, et du 2e bataillon de la 33e 1/2 brigade FFI, faisant 14 victimes françaises, soldats tués au feu et civils abattus. Un monument a été élevé en 1950 à la mémoire de ces victimes de la libération de Dun[17].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : armorial des communes du Cher.
Blason de Dun-sur-Auron

Les armes de Dun-sur-Auron se blasonnent ainsi : D'azur à la fasce cousue de gueules, accompagnée en chef de trois fleurs de lys d'or et en pointe d'un mouton d'argent[18].

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1983 1989 Berthe Fiévet[19] PS Députée de 1981 à 1986
1989 1995 Bernard Boussard DVD  
1995 en cours
(au 2 avril 2014)
Louis Cosyns UMP-LR Agent général d'assurances
Député du Cher de 2002 à 2012
Réélu pour le mandat 2014-2020[20]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[22],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 3 948 habitants, en diminution de -1,35 % par rapport à 2009 (Cher : -0,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 849 2 849 2 929 3 282 3 874 4 019 4 097 4 617 4 948
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 365 5 460 5 454 5 093 5 001 4 555 4 274 4 123 4 244
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 462 4 687 4 602 4 040 3 870 3 843 3 775 3 676 3 782
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
4 008 3 995 4 154 4 238 4 261 4 013 3 854 4 002 3 948
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Évènements[modifier | modifier le code]

L'été sportif se déroulant tous les ans pendant une semaine au mois d'août.

Vie militaire[modifier | modifier le code]

De 1940 à 1942, le 72e régiment d’artillerie, régiment d'Île-de-France, est cantonné à Issoudun, Dun-sur-Auron et L'Isle-Jourdain (Vienne)[27].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Cadre de vie[modifier | modifier le code]

Dans son palmarès 2016, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris de France a attribué deux fleurs à la commune au Concours des villes et villages fleuris[28].

Notes[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Ces travaux d'investigations archéologiques sont notamment réalisées par Moreau et Martinet et leur rapports ont été publiés en 1878[4].
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
Références
  1. a et b Ernest Nègre, « Noms de peuples gaulois 2421 2546 », dans Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, , 708 p. (lire en ligne), page 150.
  2. Olivier Buchsenschutz, M. Willaume et P. Gablin, « Le site Bronze final : Premier âge du Fer des Grandes-Chapelles à Brion (Indre) - Études et travaux », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. tome 76, no 10 et 12,‎ , pages 410, 418 et 419 (DOI 10.3406/bspf.1979.5164, lire en ligne).
  3. a, b, c et d Anne Villard, « Approche des rites funéraires dans les tombes aristocratiques de la fin de l'Age de Fer et du début de l'époque romaine, à partir de l'exemple biturige. (An outline of burial practices in aristocratic graves of the Late Iron Age and Early Roman period: the example of the bituriges). », dans Anne Villard et al., Monde des morts, monde des vivants en Gaule rurale : Actes du Colloque ARCHEA/AGER (Orléans, 7-9 février 1992), vol. Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, 6, Tours, Fédération pour l'édition de la Revue archéologique du Centre de la France, (lire en ligne), pages 319 à 321.
  4. a et b Ian B. M. Ralston (dir.), Laurence Augier et Olivier Buchsenschutz (dir.), « L'histoire des recherches et le contexte archéologique. », dans Olivier Buchsenschutz (directeur d'ouvrage), Ian Ralston (directeur d'ouvrage) et al., Occupation de l'âge du Fer dans la vallée de l'Auron, vol. Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, 22, Tours, Fédération pour l'édition de la Revue archéologique du centre de la France, (lire en ligne), page 27.
  5. Serge Lepeltier, Olivier Buchsenschutz (dir.) et Ian Ralston (dir.), « Préface », dans Olivier Buchsenschutz (directeur d'ouvrage), Ian Ralston (directeur d'ouvrage) et al., Occupation de l'âge du Fer dans la vallée de l'Auron, vol. Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, 22, Tours, Fédération pour l'édition de la Revue archéologique du centre de la France, (lire en ligne), page 13.
  6. Olivier Buchsenschutz (dir.), « Historiographie : Habitats et nécropoles (1850-2000) », dans Olivier Buchsenschutz (direction d'ouvrage), Marie-Bernadette Chardenoux, Pierre-Yves Lambert, Stéphane Verger, Thierry Lejars et Katherine Gruel., L'Europe celtique à l'Âge du fer : VIIIe – Ier siècle av. J.-C., Paris 14e, puf( Presses Universitaires de France ), coll. « Nouvelle Clio », 2015 (deuxième édition), 496 p. (ISBN 978-2-13-057756-0, ISSN 0768-2379), page 45.
  7. a, b, c, d, e, f et g Jacqueline Soyer, « Les fortifications circulaires isolées en France. », Annales de Normandie, vol. 15e année, no 3,‎ , pages 330 et 331 (DOI 10.3406/annor.1965.6731, lire en ligne).
  8. Christine Bryant-Villerio, « Thaumiers. », dans Christine Bryant-Villerio et al., Agglomérations secondaires antiques en Région Centre, vol. 1, t. Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, 17, Fédération pour l'édition de la Revue archéologique du Centre de la France, (lire en ligne), page 48.
  9. Cette forme ovoïde est en grande partie effacée postérieurement à opération de reboisement réalisée au cours des XVIIe et XVIIIe siècle[7].
  10. Archives départementales de l’Indre, Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, catalogue d’exposition, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre, 2009, p. 15
  11. Georges Duby. Les Trois Ordres, ou l’imaginaire du féodalisme, in Féodalité. Gallimard, 1996. Collection Quarto. p. 795-803. Première publication : 1978.
  12. La guerre au Moyen Âge – 2003 – PUF - Philippe Contamine - page 401
  13. Histoire du Berry: Volume 2 - 1844 - Louis Reinal - page 68-72
  14. Jean Nicolas, La Rébellion française : mouvements populaires et conscience sociale, 1661-1789, Paris : Gallimard, 2008. Collection Folio, (ISBN 978-2-07-035971-4), p. 423
  15. a et b EHESS, notice de la commune sur le site Cassini, consultée le 20 février 2009
  16. Didier Arnold, Les réfugiés de la Guerre d'Espagne dans le Cher. 1936-1946, documents disponibles aux Archives départementales du Cher, Archives départementales du Cher, mis à jour en mars 2013, consulté le 25 mars 2013, p. 2
  17. "Paul Boisset, mort pour la France", section Histoire et généalogie de l'Association Artls et Loisirs, Saint-Laurent-Nouan, septembre 2010
  18. Le blason de la commune sur Gaso. Consultation : février 2009.
  19. indiquée en fonctions en 1988, Brigitte Coulon, Gérard Coulon, « Les femmes à la conquête de leurs droits : autour d'une polémique dans la presse locale en 1913 », Berry no 7, automne 1988, ISSN 0985-1569, p. 8
  20. « Maires et adjoints déjà élus dans le canton de Dun-sur-Auron », L’Écho du Berry (Édition du Cher), no 3124,‎ , p. 24
  21. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  25. a et b « Notice », sur Base Mérimée, (consulté le 17 novembre 2016).
  26. « Notice », sur Base Mérimée, (consulté le 17 novembre 2016).
  27. Roger Picard, La Vienne dans la guerre 1939/1945 : la vie quotidienne sous l’Occupation, Lyon : Horvath, 1993. 264 pages. (ISBN 2-7171-0838-6), p. 41
  28. Site des villes et villages fleuris, consulté le 23 décembre 2016.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif - DIREN (Direction Régionale de l'Environnement), « Fiche 9 : La vieille ville de Dun-sur-Auron. », dans Direction Régionale de l'Environnement, Atlas des sites du département du Cher., Centre du développement durable, , 110 p. (lire en ligne [PDF]), pages 51 à 56.
  • Michèle Dassas, « Dun-sur-Auron : la guerre des Lys », dans Michèle Dassas, Sur la Route de Jacques Cœur : Rêves et découvertes - des lieux et des contes, Romorantin, Éditions CPE, , 192 p. (ISBN 2-84503-168-8), pages 141 à 148.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]