Drosophila suzukii

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Drosophila suzukii (moucheron asiatique, drosophile japonaise ou drosophile à ailes tachetées) est une espèce d'insectes diptères de la famille des Drosophilidae, originaire d'Asie du Sud-Est. Cette mouche appartient au même sous-groupe du genre Drosophila que Drosophila melanogaster.

C'est un ravageur redoutable des fruits rouges (cerise, framboise, fraise, raisin, tomate, etc.), apparu en France en 2010.

Contrairement aux femelles des autres espèces du genre qui pondent dans des fruits pourris, les femelles de cette espèce pondent dans les fruits en cours de maturation. Diffusée dans un nombre croissant de pays, dont en Europe (et en France sur le raisin et d'autres fruits en Alsace), D. suzukii est en passe de devenir un ravageur majeur des cultures fruitières dans le monde[1].

Description[modifier | modifier le code]

L'adulte est un moucheron qui ressemble beaucoup aux autres mouches des fruits. C'est un insecte de petite taille, 2 à 3 mm de long, aux yeux rouges, au thorax brun clair ou jaunâtre et avec des bandes transversales noires sur l'abdomen. Les antennes sont courtes et trapues avec une arista plumeuse. Le dimorphisme sexuel est évident : les mâles présentent une tache sombre sur le premier bord supérieur de chaque aile et les femelles, qui ne portent pas ces taches, sont plus grandes que les mâles et possèdent un long ovipositeur pointu et dentelé.

Les œufs, de forme ovale (le petit axe mesure 0,2 mm), sont d'un blanc laiteux, avec à une extrémité deux filaments (aéropyles) de 0,4 à 0,6 mm de long.

Les larves, en forme d'asticots, sont blanches (les organes internes sont visibles) avec des pièces buccales noires. Elles connaissent trois stades de développement larvaire et atteignent 5,5 mm de long sur 0,8 mm de large au dernier stade.

Les pupes, fusiformes, sont de couleur brun rougeâtre[2].

Lorsque drosophila suzukii est observée pour la première fois dans une nouvelle région, on l'a souvent confondue avec la trypète occidentale des cerises (Rhagoletis indifferens)[3]. La mouche de la cerise est nettement plus grande que Drosophila suzukii (jusqu'à 5 mm) et présente un motif de bandes sombres sur ses ailes au lieu de la tache distinctive de Drosophila suzukii. Les taches caractéristiques sur les ailes du mâle de Drosophila suzukii lui ont valu le nom commun de « drosophile à ailes tachetées ».

Au contraire des autres mouches des fruits qui sont surtout attirées par les fruits pourris ou fermentés, la femelle de Drosophila suzukii attaque les fruits frais et mûrs en utilisant son ovipositeur en forme de scie pour pondre ses œufs sous la peau tendre du fruit. Les larves éclosent et se développent à l'intérieur du fruit, en détruisant sa valeur commerciale. Les fruits contaminés deviennent mou sur un des côtés (celui d'où le moucheron à pondu ses œufs). Il est conseillé de les ramasser, si possible, avant maturation.

Espèce invasive[modifier | modifier le code]

Dégâts causés par l'insecte sur la cerise.

Découverte en 1916 au Japon, elle est dans les années 1930 largement observée au Japon, en Corée et en Chine. Elle est décrite comme espèce particulière en 1931.

Elle est introduite aux États-Unis ; on l'observe à Hawaï dans les années 1980 puis sur la côte Ouest des États-Unis en 2008 puis sur la côte Est en 2010.

En 2009, l'espèce est détectée en Europe : en Italie (province de Trente), en Espagne (Catalogne). En 2010, la présence de Drosophila suzukii est confirmée en Corse[4]. Cette mouche est ensuite signalée dans le Nord et l'Est de la France (bassin parisien, Picardie, Lorraine, Alsace), où elle cause des dégâts importants, notamment dans les champs de fraisiers. Elle s'est aussi largement propagée en Allemagne et depuis l'an passé dans les vignobles belges, lorrains et alsaciens rien que sur le raisin noir.

Lutte[modifier | modifier le code]

Les producteurs de fruits sont très démunis.

Des mesures prophylactiques peuvent être mises en oeuvre (notamment l'aération de la végétation), la pose de filets, ou divers traitements insecticides[5].

En France, des équipes de l'INRA se sont attaquées très tôt à ce fléau, en priorisant la lutte biologique[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La drosophile japonaise repérée aussi sur des fruits Des viticulteurs alsaciens se plaignent d’attaques de drosophiles japonaises. Ils ne sont pas les seuls : un arboriculteur de Fegersheim a déjà repéré l’insecte. Le 05/10/2014 05:00 par Geneviève Daune-Anglar
  2. (en) Claudio Ioriatti, Marco Stacconi, Gianfranco Anfor, « Drosophila suzukii (spotted wing drosophila) », sur Invasive Species Compendium, CABI, (consulté le 16 avril 2016).
  3. (en) « Spotted Wing Drosophila, Drosophila suzukii: A New Pest in California », sur University of California Statewide IPM Program (UC IPM), (consulté le 16 avril 2016).
  4. Fiche D. suzukii , FREDON de Corse, consultée 2016-09-19
  5. Agroscope, « Drosophila suzukii », sur www.agroscope.admin.ch (consulté le 16 mai 2017)
  6. Patricia Léveillé, « Cerises : la lutte biologique veut faire mouche contre Drosophila suzukii », sur www.inra.fr, (consulté le 16 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David E. Bellamy, Mark S. Sisterson et Spencer S. Walse, « Quantifying Host Potentials: Indexing Postharvest Fresh Fruits for Spotted Wing Drosophila, Drosophila suzukii », PLOS One, vol. 8, no 4,‎ , p. 1–10 (DOI 10.1371/journal.pone.0061227)
  • Kelly A. Hamby, Rosanna S. Kwok, Frank G. Zalom et Joanna C. Chiu, « Integrating Circadian Activity and Gene Expression Profiles to Predict Chronotoxicity of Drosophila suzukii Response to Insecticides », PLOS One, vol. 8, no 7,‎ , p. 1–14 (DOI 10.1371/journal.pone.0068472)
  • Valerio Mazzoni, Gianfranco Anfora et Meta Virant-Doberlet, « Substrate Vibrations During Courtship in Three Drosophila species », PLOS One, vol. 8, no 11,‎ , p. 1–8 (DOI 10.1371/journal.pone.0080708)
  • Balint Z. Kacsoh et Todd A. Schlenke, « High Hemocyte Load is Associated with Increased Resistance Against Parasitoids in Drosophila suzukii, a Relative of D. melanogaster », PLOS One, vol. 7, no 4,‎ , p. 1–16 (DOI 10.1371/journal.pone.0034721)