Droits LGBT en Égypte

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Les droits LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels) en Égypte sont marqués par l'absence de reconnaissance de l'homosexualité de la part de l'administration au pouvoir dans ce pays. Les relations homosexuelles sont couvertes par la législation générale qui gouverne la moralité publique. Au XXIe siècle, cette législation a été le sujet d'une interprétation plus stricte, ce qui a placé la vie des homosexuels sous la menace continuelle de persécutions et d'emprisonnement.

Code pénal[modifier | modifier le code]

L'homosexualité n'est pas illégale de droit en Égypte. Cependant, au début du vingt-et-unième siècle, elle a commencé à devenir de fait illégale à travers un large ensemble d'interprétation de plusieurs articles du code pénal égyptien, et d'autres décisions de la politique publique égyptienne en ce qui concerne la sauvegarde de "l'ordre et de la morale publiques".

En l'an 2000, la police a arrêté deux hommes pour outrage public après des informations selon lesquelles ils avaient conclu un contrat de mariage homosexuel[1]. En mai 2001, la police a effectué une descente lors d'une fête sur un bateau au Caire, embarquant soixante hommes avant de relâcher les étrangers. Les cinquante-deux hommes restant furent arrêtés et jugés pour des motifs judiciaires vagues tels que "violation des enseignements de la religion", "diffusion d'idées dépravées", "mépris de la religion" et "dépravation morale". Le Human Rights Watch a traduit et publié en ligne des parties du code pénal[2].

Les 52 Cairotes furent défendus par des organisations de droits humains internationales telles que Human Rights Watch ou Amnesty International. Ils n'avaient cependant pas de soutien organisé, plaidèrent non coupable, et furent jugés par les cours de sécurité de l'état. Des membres du parlement allemand et le président français ont appelé le gouvernement égyptien à respecter les droits de ces citoyens LGBT[3],[4]. Vingt-trois des accusés furent condamnés à la prison avec travaux forcés, tandis que les autres bénéficièrent d'un acquittement[5]. D'autres hommes ont été arrêtés lors de plusieurs descentes visant des homosexuels, bien que les étrangers soient généralement rapidement relâchés.

À plusieurs reprises, récemment, des hommes ont été arrêtés pour avoir rencontré ou tenté de rencontrer d'autres hommes adultes à travers des chatrooms internet et des messageries. Ce fut le cas le 20 juin 2003, quand un touriste israélien en Égypte fut jeté en prison pour homosexualité, pendant quinze jours, avant d'être relâché et de pouvoir rentrer en Israël[6].

Le 24 septembre 2003, la police a mis en place des contrôles des deux côtés du pont de Qasr el-Nil, qui traverse le Nil dans la ville du Caire et représente un lieu de drague populaire chez les hommes adultes cherchant d'autres hommes pour des relations sexuelles, et y ont arrêté soixante-deux hommes pour homosexualité[7].

En 2004, un étudiant d'université privée de dix-sept ans a reçu une peine de 17 ans de prison, dont deux ans de travaux forcés, pour avoir posté un profil personnel sur un site de rencontres gay.

Les réactions du gouvernement égyptien aux critiques internationales furent, soit de nier qu'il y ait de persécution des personnes LGBT[8], soit de défendre leur politique en affirmant que l'homosexualité était une perversion morale[9].

VIH/SIDA[modifier | modifier le code]

En 1996, le ministère de la santé lança une ligne directe nationale sur le Sida. Une couverture d'"Egypt Today" en 1999 traitait de l'épidémie de VIH-Sida en Égypte et de l'idée qu'ils étaient considérés comme provenant des étrangers, des homosexuels et des drogués. L'article mentionnait aussi le projet de créer une organisation LGBT pour cibler la communauté LGBTégyptienne, et bien qu'une brochure sur le sécuri-sexe homosexuel aient été publiée, une telle organisation ne vit jamais le jour[1], et le manque d'informations sur l'épidémie perdure.

En 2005, le gouvernement égyptien commença à permettre des tests de dépistage confidentiels du VIH, bien que plusieurs personnes craignent en étant testées séropositives d'être vues comme homosexuelles, et de facto comme des criminels. Quelques Égyptiens ont accès à des kits de dépistage venant d'Amérique, mais la plupart manquent d'informations fiables sur l'épidémie et de soins de qualité dans le cas où ils sont infectés[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gay Marriage Results in Prosecution, Sodomy Laws
  2. In a Time of Torture: The Assault on Justice In Egypt’s Crackdown on Homosexual Conduct: APPENDIX: Laws Affecting Male Homosexual Conduct in Egypt, Human Rights Watch
  3. German MPs Want Egypt to End Trial of Homosexuals>
  4. French President Worried About Fate Of Egyptian Gays, Sodomy Laws
  5. Egypt Sentences 23 of 52 Suspected Gays, Sodomy Laws
  6. New Page 1, Gay Middle East
  7. News & Politics, Planet out
  8. Egypt Spars With US Congressmen Over Gay Arrests, Sodomy Laws
  9. Egypt Officially Brands Homosexuality ‘Perverted’, Sodomy Laws
  10. Egypt’s Fearful Gays Shy from HIV Testing, Sodomy Laws

Liens externes[modifier | modifier le code]