Droit de la sous-traitance en France

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Le droit de la sous-traitance en France est l'application des dispositions légales et de la jurisprudence françaises concernant le travail de personnes au sein de structures différentes que celles dont elles dépendent.

En France, la sous-traitance est régie par la loi no 75-1334 du 31 décembre 1975[1] qui définit la sous-traitance comme « l'opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant l'exécution de tout ou partie du contrat d'entreprise ou d'une partie du marché public conclu avec le maître de l'ouvrage. »

Cette définition étant limitée à des activités bien définies, la jurisprudence a élargi les champs d'application, en autorisant certaines pratiques mais en en condamnant d'autres.

Dispositions légales[modifier | modifier le code]

La loi du 31 décembre 1975 détaille les opérations de sous-traitance notamment entre entreprises ou avec l'État pour des marchés publics.

Elle précise et limite les droits pour les sous-traitants.

Cadre élargi[modifier | modifier le code]

La législation et la jurisprudence ont élargi cette notion : la sous-traitance est alors regardée comme un prêt de main-d'œuvre, et il convient de déterminer si ce prêt est licite ou illicite.

Mise à disposition de main-d'œuvre[modifier | modifier le code]

La mise à disposition de main-d'œuvre est interdite, sauf :

De même, la portée du droit européen permet à des entreprises de l'Union de détacher de la main-d'œuvre aux conditions de travail de ces pays[2].

Interdictions[modifier | modifier le code]

Trois interdictions sur les six énoncées à l'article L.8211-1 du code du travail peuvent concerner la sous-traitance :

Les sanctions en cas de non-respect de la législation sont prévues par l'article L.152-3.

Une jurisprudence de la CJCE[3] permet de restreindre la sous-traitance à l'exécution des parties essentielles du contrat.

La sous-traitance via des contrats entre structures différentes peut revêtir l'apparence d'une autonomie juridique, mais serait en fait contenue par une dépendance économique.

Prêt illicite de main-d'œuvre[modifier | modifier le code]

La jurisprudence reconnaît le caractère lucratif d'une opération dès qu'une partie (que ce soit la société qui met du personnel à disposition, ou son client qui en bénéficie) bénéficie financièrement de cette opération[4].

Le prestataire peut être déclaré bénéficiaire s'il tire visiblement une marge sur le personnel qu'il envoie. Le client peut être déclaré bénéficiaire si le contrat de sous-traitance est conclu à un prix inférieur à ce qu'il aurait dû payer pour un emploi similaire, cotisations sociales incluses.

Requalifications[modifier | modifier le code]

Certains tribunaux peuvent constater qu'un contrat d'entreprise entre une personne physique et une entreprise dissimule en fait un contrat de travail, et requalifier ce contrat. Le Conseil de prud'hommes devient alors compétent en lieu et place du tribunal de commerce[5].

Un « prêt de main-d'œuvre à titre lucratif est interdit et fait disparaître la qualité de salarié entre le prêteur et celui qui est "prêté" »[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loi n°75-1334 sur Legifrance
  2. CJCE, arrêt Vaxholm du 18 décembre 2007
  3. 18 mars 2004, affaire C-314/01
  4. Cour de cassation, 20 mars 2007, n°05-85253 (texte sur Légifrance)
  5. Cass. du 10 déc. 2002, n° 00-44646, Mme X contre Dépêche du Midi, sur Légifrance ; [1] Cass. soc du 8 novembre 1995, n°92-40004, M. X contre Compagnie internationale des golfs et loisirs (CIGL), texte sur Légifrance]
  6. Cass. soc. du 8 juillet 97, n° 94-43360, travailleurs contre Desos Correze, sur Légifrance

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles liés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]