Droit-de-l'hommisme

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Le droit-de-l’hommisme (ou droits-de-l’hommisme) est une expression péjorative exprimant soit l’application excessivement tolérante du concept de droits de l’homme soit son détournement.

La première définition est généralement utilisée par des personnes représentant le pouvoir politique, alors qu’au contraire la seconde est invoquée pour désigner le détournement sémantique de la notion de droits de l’homme par ce pouvoir.

Selon Isabelle Lasserre, spécialiste des questions de défense et stratégie, les non-batailles de l'après-guerre froide ont été remplacées, au début des années 1990, par un certain droit-de-l'hommisme servant de justification à l'interventionnisme effréné dans le monde et au droit d'ingérence[1].

Droit-de-l’hommisme selon le pouvoir[modifier | modifier le code]

L’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine a déclaré en mai 2007 que « le droit-de-l’hommisme est une posture de repli. C’est une politique de remplacement qui prend acte de notre incapacité à intervenir, y compris sur le plan militaire. Ce droit-de-l’hommisme est valorisant vis-à-vis des opinions publiques européennes, mais il n’a aucune influence sur les mondes russe, arabe ou chinois. Nous faisons des discours pour pallier notre absence de pouvoir ou d’influence[2]. » Hubert Védrine conseille au contraire davantage de réalisme en politique étrangère.

De manière plus générale, la Ligue des droits de l’homme se voit accusée de pratiquer le droit-de-l’hommisme[réf. souhaitée]. À Jean-Pierre Chevènement qui, en 1999, fustigeait le « droits-de-l’hommisme de pacotille » répondent, comme en écho, les déclarations de Nicolas Sarkozy contre « tous les droits-de-l’hommistes de la création »[3]. Nicolas Sarkozy s’opposa notamment à la LDH, ainsi qu’aux associations qui protestèrent contre son projet de loi sur la sécurité intérieure (LSI) en déclarant : « Tous les droits-de-l’hommistes de la création passent devant la porte de Saint-Ouen en disant : “Mon dieu, les pauvres” puis s’en vont pour aller dîner en ville »[4].

Droit-de-l’hommisme selon les critiques du pouvoir[modifier | modifier le code]

Selon les critiques du pouvoir politique le droit-de-l’hommisme désigne une stratégie de communication du pouvoir consistant à exploiter et détourner la philosophie des droits de l’homme pour promouvoir des intérêts qui en sont très éloignés. Par exemple les droits de l’homme peuvent être fallacieusement invoqués pour « justifier » une politique impérialiste ou oligarchique [5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle Lasserre, L'Impuissance française 1989-2007, Flammarion, , p. 209.
  2. Richard Werly, « Hubert Védrine : Le « droit de l’hommisme », posture de repli », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  3. Alain Pellet, « Du bon usage du « droits-de-l’hommisme » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. Pascal Ceaux, Hervé Gattegno et Piotr Smolar, « Nicolas Sarkozy se veut le défenseur de la "France des oubliés" », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. http://modele-dac.net/immigration.html
  6. Jean Bricmont, Impérialisme humanitaire : droits de l'homme, droit d'ingérence, droit du plus fort ?, Bruxelles, Aden,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]