Drapeau de la Martinique

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Aucun drapeau de la Martinique n'a de statut officiel hormis le drapeau de la France, bien que plusieurs drapeaux soient utilisés localement.

Drapeau aux serpents[modifier | modifier le code]

Drapeau dit « aux serpents »

Le drapeau orné du serpent fer de lance, symbole de l'île, n'a aucun caractère officiel en Martinique. Il s'agit à l'origine du pavillon de la marine marchande adopté par une ordonnance du [réf. nécessaire] :

« Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie. »

On retrouve aujourd'hui ce drapeau à côté du drapeau français sur des édifices publics de l'île tels que la préfecture, l’hôtel de police de Fort-de-France, le pôle de recherches agro)environnementales de la Martinique (CIRAD, IRD, INRA). Il est également repris à l'occasion d'évènements sportifs caribéens comme les Carifta games ou la Coupe caribéenne des nations de football[réf. nécessaire].

Pourtant, son utilisation fait polémique en raison de son origine historique car le pavillon flottait sur les navires pratiquant le commerce triangulaire[réf. nécessaire].

Drapeau rouge, vert et noir[modifier | modifier le code]

Drapeau nationaliste de la Martinique

Le drapeau rouge, vert et noir est revendiqué par différents groupes et partis indépendantistes martiniquais et figure sur le fronton de la mairie du Prêcheur dont le maire est affilié au Modemas.

Différentes versions existent sur l'origine du drapeau rouge, vert et noir[1]. Selon le Modemas[2], les trois couleurs seraient apparues dès 1665, lors de révoltes d'esclaves menées par « Francis Fabulé » un Noir marron qui aurait combattu avec les Caraïbes contre les colons français. Elles auraient été reprises en 1801 lors d'une révolte d'esclaves au Carbet et en 1870, lors de la Grande insurrection du Sud.

Drapeau de l'UNIA

Les couleurs auraient finalement été reprises par les membres de l'Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique[2], mais dans le Manifeste de l'OJAM qui détaillait les revendications de l'OJAM, ces trois couleurs apparaissaient sous la forme de trois bandes verticales, à l'image du drapeau français.

Alors que Gesner Mancé explique que le drapeau fut créé par Victor (dit Totor) Lessort en 1963 lors de son séjour en prison en attendant le procès de l'OJAM[3], le Modemas explique que c'est le Mouvement national de libération de la Martinique qui a mis au point le dessin actuel avec le triangle et les deux quadrilatères en 1968[2].

Cependant, Guy Cabort-Masson explique que c'est lui, avec Alex Ferdinand, auraient dessiné le drapeau définitif en 1968 à Paris, avant qu'il n'apparaissent à partir de 1971 en Martinique[1].

Cependant l'origine lointaine des trois couleurs ne semble pas attestée et selon Alex Ferdinand, le rouge représentait le socialisme, le noir, le combat pour la cause noire et le vert celui pour la paysannerie, ces trois couleurs reprenant aussi celles de l'UNIA de Marcus Garvey[1].
Le drapeau a ensuite été repris dans les années soixante-dix, apparaissant lors des manifestations politiques et des luttes syndicales, mais sans pour autant faire l'unanimité dans le mouvement nationaliste[1].

Drapeau flottant à l'entrée de Sainte-Anne

Quand il devient maire de Sainte-Anne en 1989, Garcin Malsa fait retirer le drapeau de la France du fronton de la mairie, à la colère des Anciens combattants. En 1995, une délibération du conseil municipal est adoptée pour que pavoise sur la mairie le drapeau rouge, vert et noir comme drapeau national martiniquais. Plusieurs procès ont lieu à la suite de plaintes du préfet de la Martinique mais aussi de lettres de vacanciers français au président de la République Jacques Chirac.

Finalement en 2001, le maire accepte de replacer le drapeau de la France avec d'autres drapeaux de pays caribéens sur la mairie, avec un peu plus haut le drapeau rouge vert noir mais plusieurs décisions de justice déclarent cette présence illégale, y compris un arrêt du conseil d'État de 2005. En effet, le juge administratif s'appuie sur le principe de neutralité qui s'impose aux services publics et interdit qu'un bâtiment public soit pavoisé de manière à promouvoir des idées politiques, philosophiques ou religieuses[4]. Cependant en octobre 2004, le préfet rendant visite au maire ne demande pas l'enlèvement du drapeau pavoisant la salle des délibérations, malgré les décisions de justice.

Drapeau du Taekwondo martiniquais[modifier | modifier le code]

Drapeau de la délégation martiniquaise lors des rencontres internationales de Taekwondo

Le 30 avril 2011 à Gyeongju en Corée du Sud, la Martinique est devenue membre associé de la Fédération mondiale de taekwondo[5], lors de la 22e assemblée générale de cette association. Reconnue en tant que nation sportive à part entière, la Ligue Martinique de Taekwondo a participé à ce jour à deux éditions des championnats du monde de la discipline sous ses propres couleurs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Ulrike Zander, « Le drapeau rouge-vert-noir en Martinique : un emblème national ? », Autrepart, vol. 2,‎ , p. 181-196 (lire en ligne)
  2. a, b et c Modemas, Rouge Vert Noir Trois couleurs pour un drapeau ! Wouj – Vè – Nwè Twa koulè ba an drapo !, s.l., s.d.
  3. Gesner Mencé, L'affaire de l'O.J.A.M. (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) : ou Le "Complot du Mardi-Gras", Le Lamentin, Éditions Désormeaux, , 256 p. (ISBN 2-85275-032-5), p. 90
  4. « Considérant qu'en se fondant, pour apprécier la légalité de la délibération du 6 octobre 1995 par laquelle le conseil municipal de la COMMUNE DE SAINTE-ANNE a approuvé la pose d'un drapeau rouge, vert, noir sur le fronton de la mairie, sur la circonstance que le principe de neutralité des services publics s'oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d'opinions politiques, religieuses ou philosophiques, la cour administrative d'appel de Bordeaux n'a commis aucune erreur de droit » (« Conseil d'Etat, 10ème et 9ème sous-sections réunies, du 27 juillet 2005, 259806, publié au recueil Lebon », Légifrance (consulté le 2 février 2016)
  5. (en) « WTF MEMBERSHIP EXPANDS TO 197 WITH ADDITION OF 5 NEW NATIONAL ASSOCIATIONS », sur http://www.worldtaekwondofederation.net/

Articles connexes[modifier | modifier le code]