Drapeau de la Martinique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Drapeau national français

La Martinique compte plusieurs drapeaux régionaux, mais seul le le drapeau national français dispose du statut officiel[1].

Drapeau Rouge Vert Noir (RVN)[modifier | modifier le code]

Drapeau martiniquais RVN

Le drapeau rouge, vert et noir est le drapeau nationaliste de la Martinique, revendiqué par différents groupes et partis indépendantistes. Ces couleurs seraient apparues dès 1665 lors de révoltes d’esclaves menées par « Francis Fabulé » un Noir marron qui aurait combattu avec les Caraïbes contre les colons français.

Elles auraient été reprises en 1801 lors d’une révolte d’esclaves au Carbet par « Jean Kina », et en 1870, lors de la Grande insurrection du Sud durant laquelle les insurgés auraient arboré des foulards ou des bandeaux rouge, vert et noir en signe de ralliement.

Si ces couleurs ont été reprises dans les années 60 par l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique (OJAM), elles l'ont été sous la forme de trois bandes verticales, comme le drapeau français, que les jeunes militants placardaient sur les murs de Fort-de-France en contestation à la départementalisation.

Ce serait le Mouvement national de libération de la Martinique qui, en 1968, aurait élaboré le dessin actuel constitué d'un triangle et de deux quadrilatères. Selon Alex Ferdinand, le rouge représente le socialisme, le noir, le combat pour la cause noire et le vert celui pour la paysannerie. Ces couleurs reprennent aussi celles de l'Universal Negro Improvement Association and African Communities League (UNIA) du leader emblématique Marcus Garvey[2]. Ce drapeau est devenu l’emblème de la revendication autonomiste et indépendantiste martiniquaise et réapparaît aujourd’hui lors de manifestations politiques et syndicales, sans pour autant faire l'unanimité dans le mouvement nationaliste[2].

Drapeau de l'UNIA

Les couleurs auraient finalement été reprises par les membres de l'Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique[3], mais dans le manifeste de l'OJAM qui détaillait les revendications de l'organisation, ces trois couleurs apparaissaient sous la forme de trois bandes verticales[réf. nécessaire].

Alors que Gesner Mancé explique que le drapeau fut créé par Victor (dit Totor) Lessort en 1963 lors de son séjour en prison en attendant le procès de l'OJAM[4], le Mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine (Modemas) explique que c'est le Mouvement national de libération de la Martinique qui a mis au point le dessin actuel avec le triangle et les deux quadrilatères en 1968[3].

Cependant, Guy Cabort-Masson explique que c'est lui, avec Alex Ferdinand, qui aurait dessiné le drapeau définitif en 1968 à Paris, avant qu'il n'apparaisse, à partir de 1971, en Martinique[2].

Drapeau flottant à l'entrée de Sainte-Anne

Quand il devient maire de Sainte-Anne en 1989, Garcin Malsa fait retirer le drapeau de la France du fronton de la mairie, à la colère des Anciens combattants. En 1995, une délibération du conseil municipal est adoptée pour que pavoise sur la mairie le drapeau rouge, vert et noir comme drapeau national martiniquais. Plusieurs procès ont lieu à la suite de plaintes du préfet de la Martinique mais aussi de lettres de vacanciers métropolitains[réf. nécessaire] au président de la République Jacques Chirac.

Finalement, en 2001, le maire accepte de replacer le drapeau de la France avec d'autres drapeaux de pays caribéens sur la mairie, avec au-dessus, le drapeau rouge vert noir. Plusieurs décisions de justice déclarent cette présence illégale, y compris un arrêt du conseil d'État de 2005[5]. En effet, le juge administratif s'appuie sur le principe de neutralité qui s'impose aux services publics et interdit qu'un bâtiment public soit pavoisé de manière à promouvoir des idées politiques, philosophiques ou religieuses: « Considérant qu'en se fondant, pour apprécier la légalité de la délibération du 6 octobre 1995 par laquelle le conseil municipal de la Commune de Sainte-Anne a approuvé la pose d'un drapeau rouge, vert, noir sur le fronton de la mairie, sur la circonstance que le principe de neutralité des services publics s'oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d'opinions politiques, religieuses ou philosophiques, la cour administrative d'appel de Bordeaux n'a commis aucune erreur de droit; (...) »

Le nouveau maire de Sainte-Anne fit enlever le drapeau rouge, vert et noir en question une fois élu. Cependant en octobre 2004, le préfet rendant visite au maire ne demanda pas l'enlèvement du drapeau pavoisant la salle des délibérations, malgré les décisions de justice.[réf. nécessaire]

Drapeau aux serpents[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armoiries de la Martinique.
Drapeau dit « aux serpents »

Ce drapeau, issu du pavillon orné du serpent fer de lance, serpent endémique de l'île, n'a aucun caractère officiel en Martinique mais est toutefois visible de façon officieuse ci et là. En effet, ce drapeau flotte à côté du drapeau national français sur certains édifices publics de l'île tels que la Préfecture et l'Hôtel de police de Fort-de-France. On retrouve aussi cet emblème sur l'écusson de la gendarmerie martiniquaise. En outre, c'est le drapeau aux serpents qui est utilisé comme drapeau de la Martinique en tant qu'emoji.

À ses origines, il s'agissait d'un pavillon de la marine marchande adopté par ordonnance du [6]:

« Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie. »

Tous les navires de commerce ou autres, qui se dirigeaient vers la Martinique, hissaient ce pavillon [Merci d'étayer cette affirmation, car elle n'a aucun lien avec l'ordonnance précitée]. Par analogie, il existait d'autres pavillons représentant la Guadeloupe, la Guyane et ainsi de suite, pour les autres colonies; ces pavillons étaient hissés par ces mêmes navires marchands.

L'utilisation de ce drapeau est sujet à des polémiques[6],[7] en raison de son origine historique, car le pavillon flottait sur les navires pratiquant le commerce triangulaire (esclavagisme). Il est pointé du doigt comme étant à caractère colonialiste et esclavagiste, invoquant à tort le fait que les serpents auraient été introduits sur l'île par les colons afin d'effrayer les esclaves[8]. Toutefois, d'aucuns estiment qu'il est hasardeux et même impossible de dire que c'était un pavillon ou un drapeau esclavagiste[9].

En 2017, plusieurs pétitions et actions ont été lancées à l'encontre de ce drapeau[10]. En date du 15 Octobre 2018, à la suite d'une question du Web Mag local lors de sa visite en Martinique, le Président Macron a pris la décision d'enlever cet emblème, qui rappelle l'époque de l'esclave, des uniformes des gendarmes[11].

Drapeau du Taekwondo martiniquais[modifier | modifier le code]

Drapeau de la délégation martiniquaise lors des rencontres internationales de Taekwondo

Le 30 avril 2011 à Gyeongju en Corée du Sud, la Martinique est devenue membre associé de la Fédération mondiale de taekwondo[12], lors de la 22e assemblée générale de cette association. Reconnue en tant que nation sportive à part entière, la Ligue Martinique de Taekwondo a participé à ce jour à deux éditions des championnats du monde de la discipline sous ses propres couleurs[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le drapeau tricolore français est le seul drapeau ayant un statut officiel.
  2. a b et c Ulrike Zander, « Le drapeau rouge-vert-noir en Martinique : un emblème national ? », Autrepart, vol. 2,‎ , p. 181-196 (lire en ligne)
  3. a et b Modemas, Rouge Vert Noir Trois couleurs pour un drapeau ! Wouj – Vè – Nwè Twa koulè ba an drapo !, s.l., s.d.
  4. Gesner Mencé, L'affaire de l'O.J.A.M. (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) : ou Le "Complot du Mardi-Gras", Le Lamentin, Éditions Désormeaux, , 256 p. (ISBN 2-85275-032-5), p. 90
  5. « Conseil d'Etat, 10ème et 9ème sous-sections réunies, du 27 juillet 2005, 259806, publié au recueil Lebon », Légifrance (consulté le 11 septembre 2018)
  6. a et b Quel drapeau pour la Martinique?, La Première, consulté le 11 septembre 2018
  7. SaaTurn brûle le drapeau aux serpents de la Martinique, nofi.media, consulté le 11 septembre 2018
  8. En 1650, Jean-Baptiste du Tertre a rapporté les propos d' indiens Caraïbes selon lesquels ce sont les Arawaks qui ont importé ces serpents pour stopper l'invasion de leurs îles par les Caraïbes : Plusieurs personnes s'estonnent avec assez de raison de ce que les Isles de la Martinique et de Sainte-Alousie, étant situées au milieu de toutes les Antilles, qui n'ont point de bestes vénéneuses, produisent néantmoins des serpens, dont les piqueures mortelles ont fait perdre la vie à tant de François, de Sauvages et de Nègres. » Quelques-uns croyent que cela procède de l'intempérie du climat..., d'autres croyent, avec plus de probabilité, que cela vient du terroir qui est extrêmement pierreux, et tout semblable à celuy dans lequel les vipères de l'Europe se plaisent davantage. » « Il n'est pas hors de propos de rapporter icy l'opinion des Sauvages sur cette matière. Quelques-uns d'entr'eux nous ont asseuré, qu'ils tenoient par tradition très- certaine de leurs pères, que cela venoit des « Arroüagues », nation de la terre ferme, ausquels les « Kara'ibes » de nos Isles font une très-cruelle guerre. Ceux-là, disent-ils, se voyant tourmentez et vexez par les continuelles incursions des nostres, s'avisèrent d'une ruse de guerre no commune, mais extrêmement dommages ble et périlleuse à leurs ennemis, car ils amassèrent grand nombre de ces serpens, lesquels ils enfermèrent dans des paniers et callebasses, les apportèrent dans l'Isle de la Martinique, et là leur donnèrent liberté, afin que sans sortir de leur terre, ils puissent par le moyen de ces funestes animaux, leur faire une guerre immortelle. »
  9. « Le drapeau de la Martinique, symbole esclavagiste ? », Modemas (consulté le 23 mai 2018).
  10. « Polémique sur le drapeau de la Martinique », ParisDépêches (consulté le 23 mai 2018).
  11. Victor HAUTEVILLE, « Sur ordre du Président, la gendarmerie en Martinique ne portera plus l’emblème aux 4 serpents ! », ICIMARTINIQUE.COM,‎ (lire en ligne).
  12. (en) « WTF MEMBERSHIP EXPANDS TO 197 WITH ADDITION OF 5 NEW NATIONAL ASSOCIATIONS », sur http://www.worldtaekwondofederation.net/
  13. WTF - membres - Ligue Martinique Taekwondo, worldtaekwondo.org, consulté le 11 septembre 2018

Articles connexes[modifier | modifier le code]