Drapeau de l'État islamique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Drapeau de l'État islamique
Drapeau de l'État islamique.
Drapeau de l'État islamique.
Utilisation Drapeau et pavillon national Version officielle
Caractéristiques
Proportions 3:5
Adoption
Éléments Noir, avec la chahada écrite en blanc au-dessus du sceau de Mahomet blanc aux écritures noires.
Variante du drapeau de l'État islamique.

Le drapeau de l'État islamique est une variante de l'étendard noir de Mahomet utilisé par l'État islamique (également dit « Daesh »), un califat autoproclamé s'étendant sur une partie des territoires de l'Irak et de la Syrie.

Description[modifier | modifier le code]

Copie d'une lettre attribuée à Mahomet portant un sceau correspondant à celui présent sur le drapeau de l'État islamique.
Un drapeau de l'État islamique d'Irak, capturé par des militaires américains en décembre 2010, au cours de la guerre d'Irak.

Ce drapeau comporte la chahada, la profession de foi de l'islam. Sur la première ligne est inscrit en blanc لَا إِلٰهَ إِلَّا الله (lā ilāha illa-llāh), c'est-à-dire « Il n'y a de dieu que Dieu », exprimant l'unicité de Dieu (tawhid).

La seconde partie de cette profession de foi est indiquée sous la forme du sceau de Mahomet. Sur ce sceau est tout d'abord indiqué الله (Allah, « Dieu ») puis رسول (rasoul, « prophète ») et محمد (Muhammad, « Mahomet »)[1]. En 2007, les représentants de l'État islamique d'Irak ont spécifié dans un communiqué de quelle manière devait être lu le sceau. Il ne faut pas le lire de haut en bas, ce qui signifierait « Allah, le prophète de Muhammad », mais de bas en haut, soit « Muhammad le prophète d’Allah ». La position du nom d'Allah en tête du sceau symbolise sa toute-puissance[2].

L'écriture koufique utilisée sur ce drapeau[3] détonne par sa simplicité, si on la compare avec d'autres styles calligraphiques arabes, tels que les savants entrelacs de la calligraphie thuluth utilisée dans le drapeau de l'Arabie saoudite. Cette écriture, la plus ancienne calligraphie arabe, ainsi que la représentation du sceau de Mahomet, reproduit à partir des fac-similés de lettres attribuées au prophète, font référence aux premiers temps de l'islam, époque à laquelle s'identifient particulièrement les tenants de l'idéologie salafiste[2].

Origine[modifier | modifier le code]

Plusieurs groupes djihadistes ont commencé à utiliser des variantes de l'étendard noir de Mahomet à partir des années 1980[4]. La version utilisée par l'État islamique aurait fait son apparition en [5]. Ce drapeau existe aussi en version carrée.

Attaques contre le drapeau[modifier | modifier le code]

La montée en puissance de l'État islamique a entrainé de nombreuses réactions hostiles se traduisant notamment par des attaques contre le drapeau de cette entité. À la suite de la bataille d'Aarsal début août 2014, au cours de laquelle des groupes djihadistes, dont l'EI, ont tué et capturé des membres des forces de sécurité libanaises, des citoyens de ce pays ont brûlé des drapeaux de l'organisation[6]. À la suite de la décapitation de deux soldats libanais capturés à Aarsal, cette réaction a évolué en véritable campagne sur Internet, relayée sur Twitter via le hashtag « #BurnISISFlagChallenge » en imitation du Ice Bucket Challenge alors en pleine expansion. Ce phénomène a suscité l'inquiétude du ministre libanais de la Justice qui estime que mettre le feu à ce drapeau est un « sacrilège » et un « affront à l'islam » du fait de la profession de foi musulmane qui y est inscrite[7].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ilene Prusher, « What the ISIS Flag Says About the Militant Group », Time Magazine,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Laurent De Saint Perier, « Que signifie le drapeau noir des salafistes », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne).
  3. (en) Mushreq Abbas, « Bloody battles between Nusra and ISIS », Al-Hayat,‎ (lire en ligne), traduit depuis l'arabe sur Al-Monitor.
  4. (en) Philipp Holtmann, « The Symbols of Online Jihad: How Jihadis Foster Central Myths in E-Environments to Guide Online-Groups », dans Rüdiger Lohlker, Jihadism: Online Discourses and Representations, V&R unipress GmbH, (ISBN 978-3-8471-0068-3), p. 42.
  5. Hervé Bar et AFP, « L'État islamique « a créé un logo d'une force dingue et l'a complètement banalisé » », sur lorientlejour.com, .
  6. (en) Nicolas Lupo, « Islamic State flag burning ignites controversy in Lebanon », Al-Monitor,‎ (lire en ligne).
  7. (en) « Lebanon's Ice Bucket Challenge: Burn Islamic State flag », Haaretz,‎ (lire en ligne).