Dragon V2

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Maquette du vaisseau Dragon V2 présentée en aout 2014.

Dragon V2 est un véhicule spatial réutilisable capable de transporter un équipage de sept astronautes proposé par la société SpaceX pour réaliser la relève des équipages de la Station spatiale internationale. Dragon V2 est un des trois vaisseaux développés en réponse à l'appel d'offres du programme CCDeV de l'agence spatiale américaine, la NASA, initialisé en 2010 pour reprendre une tâche assurée jusque-là par la Navette spatiale américaine retirée en 2011. Dragon V2 est largement inspiré du vaisseau cargo SpaceX Dragon qui assure une partie du ravitaillement de la station spatiale. Dragon V2 a été retenu par la NASA en septembre 2014 avec le vaisseau CST-100 de Boeing pour transporter les équipages de la station spatiale. Un premier vol est planifié en 2017.

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis le retrait de la Navette spatiale américaine pour des raisons de sécurité, en 2011, la relève des équipages de la Station spatiale internationale est uniquement assurée par les vaisseaux russes Soyouz. Cette situation place l'agence spatiale américaine dans une situation de dépendance vis-à-vis de l'agence spatiale russe mal supportée et coûteuse (426 millions $ pour le transport des astronautes américains au titre de l'année 2016 et du premier semestre 2017[1]). La NASA décide de confier au secteur privé le développement d'un nouveau véhicule spatial dont le rôle serait d'assurer la relève des astronautes américains séjournant à bord de la station spatiale. Elle lance à cet effet le programme CCDeV dont l'objectif est de financer les premiers développements de plusieurs proposants avant de sélectionner le meilleur candidat.

Déroulement du projet[modifier | modifier le code]

En 2010 quatre candidats sont retenus, qui sont ramenés à trois le 3 août 2012[2] :

Les développements des trois candidats sont ralentis par les difficultés financières de la NASA qui ne peut allouer les sommes prévues à ces sociétés. En conséquence, la date du premier vol est repoussée de deux ans en 2013, passant de 2015 à 2017[1].

La présentation d'une première maquette de Dragon V2 développé par SpaceX a eu lieu fin mai 2014. En septembre 2014, la NASA annonce que le Dragon V2 est retenu avec le CST-100 pour la desserte de la station spatiale. Une somme de 2,6 milliards de dollars doit être versée par la NASA pour permettre à SpaceX de mettre au point le vaisseau. Le premier vol d'essais avec un équipage comprenant au moins un astronaute de la NASA est prévu pour 2016 ou 2017. Le premier vol opérationnel est planifié par la NASA en décembre 2017 (premier vol USCV-1)[3],[4].

Comparaison des principales caractéristiques des trois candidats du programme CCDeV rapprochées de celles du vaisseau Soyouz [5]
Caractéristique CST-100 Starliner Dragon V2 Dream Chaser Soyouz TMA m/MMS
Constructeur Boeing SpaceX Sierra Nevada RKK Energia
Type de véhicule de rentrée Capsule classique Capsule classique Corps portant Capsule classique
Masse 10 t. 7,510 t. 11,3 t. 7,15 t.
Diamètre externe 4,56 m 3,6 m. 7 m. 2,72 m. (module de descente 2,2 m.)
Longueur 5,03 m. 7,2 m. 9 m 7,48 m.
Volume pressurisé 12,5 m3 11 m3 16 m3 4 + 6,5 m3
Source d'énergie Batteries Panneaux solaires Batteries Panneaux solaires
Système d'éjection Propulseurs externes Propulseurs intégrés  ? Tour de sauvetage
Autonomie en vol libre 60 h Une semaine à deux ans  ? 4 jours
Méthode d'atterrissage Parachutes + airbags (Terre) Atterrissage vertical propulsé Vol plané Parachutes + propulsion pour la vitesse résiduelle
Site d'atterrissage Terre ou mer Terre (zone prévue) Piste d'atterrissage Terre
Lanceur Atlas V Falcon 9 Atlas V Soyouz
Réutilisabilité Non Oui Oui Non
Autres caractéristiques Parachutes de secours en cas de défaillance
du système d'atterrissage propulsif
A l'atterrissage déport possible jusqu'à 1 500 km Partie pressurisée subivisée en deux modules

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Les principales caractéristiques du vaisseau baptisé Dragon V2 (mais également avant sa présentation de mai 2014 DragonRider ou Dragon 2), sont les suivantes[6] :

  • L'atterrissage du vaisseau devait s'effectuer sur le sol ferme à l'aide de propulseurs pour la première fois sur un vaisseau américain.

Cependant Elon Musk a annoncé l'abandon de ce système pour des raisons de sécurité. Il revient ainsi à la version des parachutes. SpaceX avait choisi de remplacer les parachutes pour l'atterrissage par un système de propulsion comprenant 8 moteurs-fusées de type SuperDraco d'une poussée unitaire de 71 kiloNewtons montés par paires à la base du vaisseau. Ce système de propulsion doit également être utilisé en cas de lancement interrompu pour assurer l'éjection du vaisseau loin du lanceur défaillant. Ce dispositif remplace le système habituel de la tour de sauvetage chargée de préserver la vie des astronautes dans ce cas de figure. Le vaisseau disposera également de parachutes en cas de défaillance de sa propulsion. La redondance des propulseurs permet de faire face à la défaillance de deux d'entre eux. Pour les premiers vols, les parachutes seront utilisés et les propulseurs ne seront utilisés que durant les dernières secondes de la descente vers le sol terrestre. Le vaisseau atterrira sur un train d'atterrissage, comportant 4 pieds déployables, qui absorbera la vitesse résiduelle[7].

  • L'intérieur du vaisseau est aménagé de manière à pouvoir accueillir 7 astronautes, mais la version NASA en comptera moins afin d'augmenter l'espace disponible pour le matériel emporté[8].
  • Des écrans plats faisant face aux couchettes du pilote et du copilote rassemblent l'ensemble des données et des commandes. Pour les situations d'urgence, l'équipage dispose de boutons manuels classiques.
  • Le vaisseau est prolongé dans sa partie inférieure par un tronc de cône comportant des ailerons à des fins aérodynamiques en cas d'activation de l'éjection au lancement, ce tronc est également recouvert de cellules photovoltaïques destinées à remplacer les habituels panneaux solaires déployables.
  • Contrairement au vaisseau cargo, la version V2 peut s'amarrer de manière autonome à la station spatiale internationale.
  • Le cône qui protège l'écoutille au format NASA Docking System n'est plus largué dans l'espace mais est amovible.
  • Le bouclier thermique est réalisé avec un matériau Pica de troisième génération.
  • SpaceX a prévu de concevoir son vaisseau pour qu'il puisse effectuer une dizaine de vols. Néanmoins la version utilisée par la NASA ne sera pas certifiée pour être réutilisée, afin de simplifier les procédures[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Chris Bergin, « NASA’s Commercial Crew Catch 22 as another $424m heads to Russia », NASA Spaceflight.com,
  2. « NASA Announces Next Steps in Effort to Launch Americans from U.S. Soil », NASA,
  3. (en) Chris Bergin, « SpaceX’s Reisman ready for the next giant leap with Dragon V2 », NASA Spaceflight.com,
  4. (en) Chris Bergin, « Dream Chaser misses out on CCtCAP – Dragon and CST-100 win through », NASA Spaceflight.com,
  5. Stefan Barensky, « Deux capsules pour 6,8 Mds $ », Air & Cosmos, no 2421,‎ , p. 36-37
  6. (en) Chris Bergin, « SpaceX lifts the lid on the Dragon V2 crew spacecraft », NASA Spaceflight.com,
  7. (en) Chris Bergin, « Dragon V2 will initially rely on parachute landings », NASA Spaceflight.com,
  8. a et b yg1968, « SpaceX Dragon V2 Updates and Discussion », sur forum.nasaspaceflight.com, (consulté le 18 septembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]