Douce France (chanson)

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Douce France
Chanson de Charles Trenet
Sortie 1947
Enregistré janvier 1947
Durée 3 min 11 s
Genre Chanson française
Auteur-compositeur Charles Trenet
Label Salabert

Douce France est une chanson écrite par Charles Trenet en 1943, composée avec Léo Chauliac, enregistrée en 1947.

Références littéraires[modifier | modifier le code]

Son titre est inspiré d'un lieu commun sur la France apparu vers l'an 1080 dans la Chanson de Roland[1]. Roland mourant regarde l'Espagne, se souvient de ses conquêtes et de sa « dulce France » :

Le comte Roland s'étendit dessous un pin.
Vers l'Espagne, il a tourné son visage.
Bien des choses lui reviennent en mémoire,
Tant de terres que le baron conquit,
La douce France, les hommes de son lignage,
Charlemagne, son seigneur qui l'éleva.
Il ne peut s'empêcher de pleurer et de soupirer[2].

L'expression la plus célèbre de cette nostalgie des exilés a été déclinée en « douceur angevine », aux alentours de 1555 par Joachim du Bellay, dans son sonnet des Regrets commençant par le célèbre hémistiche « Heureux qui comme Ulysse » :

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
(...)
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
(...)
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine[3].

Cette « douceur angevine » fait d'abord référence au climat très tempéré de l'Anjou.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette chanson créée par Charles Trenet en 1943[4] est un soutien moral aux « expatriés de force » (prisonniers de guerre et travailleurs du STO) et en aucun cas un acte de collaboration[5].

Elle a été reprise en 1986 par le groupe Carte de séjour, en 1997 par le groupe Orkest Polytour dans une version « Hot Club de France », et en 2011 par Carla Bruni dans une version italienne[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chanson de Roland,
    - VIII, 116-117 « La siet li reis ki dulce France tient.$ Blanche ad la barbe e tut fleurit le chef. »
    - LXXXV, 1054,
    - CL, 2017 « E beneist Karlun e France dulce » (Qu'il bénisse Charles et la douce France).
  2. Chanson de Roland, CLXXVI, 2375-2381.« Li quens Rollant se juz desuz un pin.
    Envers Espaigne en ad turnet sun vis.
    De plusurs choses a remembrer li prist,
    De tantes teres cum li bers cunquist,
    De dulce France, des humes de sun lign,
    De Carlemagne, son seignor kil nurrit.
    Ne poet muer n'en plurt e ne suspirt. »
  3. Ioach. du Bellay Ang., Les Regrets et Autres Œuvres Poetiques, XXXI, Federic Morel impr., Paris, 1558
  4. Charles Trenet, Encyclopédie Larousse
  5. VSD (magazine) du 22 au 28 février 2001, page 86
  6. (en) Peter Allen, « Carla Bruni records 'Sweet France' – in Italian », Telegraph,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]