Dorothy Parker

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Dorothy Parker
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Woodlawn (Bronx)
Nom de naissance
Dorothy RothschildVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
The Wit, Dottie
Nationalité
américaine
Formation
Miss Dana's School for Young Ladies (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
poète, critique littéraire, nouvelliste, scénariste, parolière
Rédactrice à
Conjoint
Alan Campbell (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
critique sociale, féminisme
Membre de
Genre artistique
satire, humour
Site web
Distinction

Dorothy Parker, née Rothschild le à Long Branch (New Jersey) et morte le à New York[1] et dite Dottie, est une poète, nouvelliste, critique littéraire, parolière, dramaturge et scénariste américaine, connue pour son humour caustique, ses mots d'esprit et le regard acéré qu'elle porte sur la société urbaine du XXe siècle et la société patriarcale. Pour son agilité intellectuelle, elle est surnommée « The Wit » (la vivace d'esprit; la fine d'esprit, la sagace).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Une naissance difficile[modifier | modifier le code]

Dorothy Rothschild est la fille de Henry Rothschild, un tailleur prospère de confession juive, et d'Eliza Marston Rothschild, une protestante d'ascendance écossaise. Le couple Rothschild quitte la ville de New York avec leur fille âgée de neuf ans et leur deux fils âgés de six et quatre ans pour prendre leur vacances au bord de l'Océan Atlantique. Cette année de 1893 est marquée par un été à la chaleur humide particulièrement insupportable à New York. Les Rothschild vont chercher la fraîcheur de la brise océanique. Henry Rothschild a fermé son entreprise où travaillent 200 salariés pour une durée d'une semaine. Eliza Rothschild est enceinte, elle est au septième mois de sa grossesse, Henry espère que la fraîcheur marine fera du bien à son épouse, mais Eliza a quarante ans et il faut être prudent vis à vis de son état. La famille Rothschild monte dans leur phaéton pour pique-niquer à Point Pleasant avant de se rendre dans leur cottage situé dans le lieu dit West End à proximité du village de Long Beach Township. Dans la soirée du , il faut appeler une sage-femme et un médecin car Eliza Rothschild est en plein travail d'accouchement et peu avant les 22 heures, elle donne naissance à sa seconde fille, Dorothy. C'est une enfant prématurée, née deux mois avant le terme attendu, probablement en raison de plusieurs facteurs tels que la chaleur accablante de cet été, la fatigue du voyage, les brinquebalements du phaéton sur les rues pavées de New York puis sur la route de terre mal entretenue qui conduit au bord de l'océan. Dorothy est chétive, en mauvaise santé, ce n'est qu'au bout de trois semaines que le médecin autorise le retour de Dorothy et de sa mère à leur résidence de New York située sur la 8e Rue dans le quartier de Manhattan où une infirmière et des domestiques prendront soin d'elles[2],[3],[4],[5],[6].

En conflit avec son père et sa belle-mère[modifier | modifier le code]

Dorothy est regardée par son père comme une enfant en sursis à laquelle on ne s'attache pas, la seule personne qui lui donne de l'affection est sa mère. En 1899, alors que Dorothy est âgée de six ans, Eliza Rothschild décède des suites d'une longue maladie. Ce décès plonge la jeune Dorothy dans un état dépressif causé par l'impression d'être abandonnée par sa mère. Son père soucieux de respectabilité se remarie très vite, la même année, et épouse en seconde noces une femme protestante particulièrement dévote et rigide. Elle impose à Dorothy une discipline de fer, cadre éducatif qui lui donne le sentiment d'être élevée par une psychopathe dans un orphelinat [citation nécessaire], suscitant haine et détestation tant envers sa belle-mère qu'envers son père. Dorothy est envoyée à la rentrée scolaire de l'année 1899 dans une école catholique connue pour son éducation stricte la Blessed Sacrament Convent and Academy[7] de New York. Elle reste dans cette école jusqu'à ses quatorze ans, puis elle est renvoyée pour avoir tenu des propos irrespectueux au sujet de l'Immaculée Conception, où interrogée sur sa signification elle aurait répondu « Il s'agit d'un cas de combustion spontanée ». Le motif de ce renvoi est « l'école n'accepte pas d'enfants hérétiques ». Pendant la période de sa scolarité dans cet établissement Dorothy a appris à démasquer les hypocrisies, les mensonges au nom des bonnes convenances et à développer un esprit acerbe[3],[8],[9].

La Miss Dana's School for Young Ladies[modifier | modifier le code]

Au printemps 1906, après son renvoi, elle est acceptée au sein de la Miss Dana's School for Young Ladies (en) de Morristown dans l'État du New Jersey. Cette école doit son nom à sa fondatrice Miss E. Elizabeth Dana. Cet établissement d'enseignement secondaire (dit Finishing school) a pour mission de donner d'une part un enseignement classique (latin, grec, littérature anglaise, histoire, mathématiques, physique, chimie, philosophie) et d'autre part des « bonnes manières », l'art de s'exprimer avec grâce, d'être capable de tenir sa partie lors de conversations sur les événements d'actualité aux jeunes filles de « bonnes familles ». La Miss Dana's School est également dotée d'un gymnase, d'un court de tennis et d'un terrain de sport où en plus du tennis les élèves peuvent jouer au basket-ball ou à la spiroballe. Les élèves ont également des cours de musique et de peinture. Si l'enseignement moral est strict, la pédagogie est en revanche plutôt progressiste, cela d'autant plus que les classes ont un effectif de quinze élèves ce qui permettait une attention personnalisée des enseignants envers celles-ci. Dorothy se plonge dans la littérature, elle lit les œuvres de William Shakespeare, John Milton, William Makepeace Thackeray, Charles Dickens, Jonathan Swift, Thomas Hardy, Alexander Pope, John Gay, Thomas Carlyle, Ralph Waldo Emerson, Samuel Taylor Coleridge, Mary Shelley, John Keats, Paul Verlaine, François de La Rochefoucauld, etc. Miss Dana découvre très vite les aptitudes de Dorothy, sa conscience sociale et sa précocité intellectuelle et lui accorde une prévenance particulière. Dorothy s'éprend de la magie des mots à travers les odes et les satires de Virgile, de Catulle et d'Horace puis les chansons de Verlaine et enfin la rhétorique d'Aristote et de Platon. Le , Miss Dana décède à la suite d'une maladie fulgurante et avec sa disparition, son école connait alors des difficultés. Dorothy y reste jusqu'à sa faillite en 1910, pour ses dix sept ans[10],[11],[Note 1],[Note 2].

Un début de siècle mouvementé[modifier | modifier le code]

Dorothy est la spectatrice des grands bouleversements qui marquent l'avènement du XXe siècle aux États-Unis, diffusion massive du darwinisme, éclosion des partis socialistes, les controverses autour de l'exégèse biblique, l'expansion du capitalisme américain par les guerres hispano-américaine à Cuba et aux Philippines, l'engouement pour le self-made man américain qui réussit, personnage popularisé par les romans à succès d'Horatio Alger, l'essor de l'industrie automobile par Henry Ford[12] qui applique le Taylorisme, le développement de la presse et de ce que, le président Theodore Roosevelt nomme de façon péjorative les muckrakers, journalistes d'investigation qui dénoncent la pauvreté dans certains quartiers. Elle observe également l'exploitation de nouveaux migrants venus d'Europe, sorts que connait Dorothy puisque les domestiques de la maison familiale sont alors fraîchement débarquées d'Ellis Island. Elle côtoie également le changement du commerce par l'implantation de grands magasins comme la chaîne de magasins Woolworth marquant les débuts de la société de consommation, les loisirs qui modifient les modes de vie par les tenues de bains à Atlantic City qui défraient la chronique par l'exposition de certaines parties du corps dénudées ou l'apparition des Jazz band qui se produisent dans les salons de danses . De tout cela, Dorothy est la témoin et elle est particulièrement sensible aux articles des muckrakers, ce qui va susciter en elle une sympathie pour les exploités et une suspicion envers l'establishment[13],[14].

Carrière[modifier | modifier le code]

Des débuts précaires (1913-1916)[modifier | modifier le code]

Francis Crowninshield

Après avoir quitté la Miss Dana's School, Dorothy fait savoir à son père, devenu à nouveau veuf, qu'elle compte quitter le domicile familial. Son père va l'aider en lui allouant une rente modeste qui permet à Dorothy de s’installer dans une pension de famille où pour 8 $ par semaine, elle a droit, en plus de la chambre, à un petit déjeuner et un dîner chaque jour. C'est dans ces conditions, loin de l’atmosphère oppressante de la maison familiale, qu'elle commence à écrire des poèmes qu'elle envoie à Franklin P. Adams (en) qui tient une rubrique littéraire au New-York Tribune, The Conning Tower. Franklin P. Adams publie plusieurs de ses poèmes qu'il rémunère. Dorothy passe ses journées à écrire et le soir elle échange avec deux autres résidents de la pension de famille dont Thorne Smith qui sont comme elle épris de littérature. Dorothy affirme ses opinions sur l'égalité des droits civiques en faveur des femmes. Le , elle apprend le décès de son père suite à une longue maladie ; elle ne se rendra pas à ses funérailles. La mort de son père annule sa rente la mettant dans une situation précaire. Pour subvenir à ses besoins, Dorothy devient pianiste pour une école de danse à Manhattan. Elle continue à solliciter divers journaux et magazines pour publier ses poèmes. En 1916, le journaliste Frank Crowninshield, ami de Condé Nast (en) qui est le patron des Condé Nast Publications à qui appartiennent les magazines Vogue et Vanity Fair, non seulement achète des poèmes de Dorothy mais lui offre un emploi au sein de Vogue pour un salaire de 10 $ par semaine. Ce revenu permettait de payer son loyer de 8 $ par semaine, mais non pas ses autres dépenses de produits d'entretien et d'habits, l'obligeant à continuer d'occuper son emploi de pianiste. Ses conditions matérielles lui feront dire plus tard qu'elle était comme Edith Sitwell[15],[16],[17],[18],[19].

De Vogue à Vanity Fair (1916-1920)[modifier | modifier le code]

Edna-Woolman-Chase

Le travail de Dorothy chez Vogue consiste à faire des recensions au sujet des livres nouvellement parus que les éditeurs envoient au magazine. Cette tâche lui apprend la rigueur, à trouver les justes mots en des phrases concises pour inviter les lecteurs à acheter l'ouvrage ou à s'en détourner. Très rapidement, Dorothy se fait la réputation d'une femme à la plume qui frappe juste et qui sait faire des choix littéraires, sélectionner parmi les livres reçus par Vogue ceux qui ont un intérêt littéraire. Dorothy est fascinée par le monde de la mode exposé par Vogue, elle soigne son élégance et comme elle le dira plus tard au sujet de cette période « j'étais juste une petite jeune femme juive coquette cherchant à être plaisante » . La qualité de ses critiques est telle que dès la fin de l'année 1916, Edna Woolman Chase, la rédactrice en chef de Vogue rencontre Frank Crowninshield pour qu'il lui propose un emploi à Vanity Fair dont la ligne éditoriale est plus adaptée à son style et le valorisera, ce qu'il fait et Dorothy accepte le poste. Elle y devient la première femme critique littéraire. Vanity Fair a déjà une solide réputation dans les milieux culturels, le journal ayant fait découvrir à ses lecteurs les artistes de l'avant garde de l'époque, tels que Picasso, Matisse, Marie Laurencin, Raoul Dufy, Gertrude Stein, E. E. Cummings, D.H. Lawrence, T.S. Eliot, Arnold Bennett, H.G. Wells. C'est également le premier magazine américain à reconnaître les artistes afro-américains. Vanity Fair a la réputation d'être « l'arbitre des élégances » auprès de l'Amérique. Pour la jeune Dorothy, entrer dans la rédaction de ce magazine c'est devenir membre de l'élite intellectuelle[20],[21],[22].

Dorothy Parker durant sa collaboration à Vanity Fair

Dorothy continue son travail de critique littéraire et publie également des poèmes et des nouvelles dans les colonnes de Vanity Fair qui emportent l'adhésion des lecteurs. Frank Crowninshield note les traits de style qui font l'originalité de l'écriture de Dorothy (devenue Parker depuis son mariage en juin 1917 avec Edwin Pond Parker II), à savoir un modèle du style satirique allié à une vivacité intellectuelle remarquable. En 1919, elle utilise sa réputation pour lancer un appel aux femmes américaines pour demander le rappel au plus vite des soldats, qui comme son mari sont toujours éloignés de leur foyer parce que cantonnés en Allemagne avec les forces d'occupations alliées. Pendant qu'Edwin Parker est éloigné, Dorothy, accompagnée de Frank Crowninshield, est régulièrement invitée au domicile de Condé Nast qui teste sa nouvelle rédactrice. Cette année 1919 est aussi la rencontre de Dorothy avec Robert Benchley et de Robert Sherwood qui viennent d'entrer dans l'équipe de rédaction de Vanity Fair , c'est le début d'une collaboration qui va changer sa vie[23],[24].


L'Algonquin Round Table[modifier | modifier le code]

Dorothy Parker à l'Algonquin Round Table, avec Art Samuels, Charles MacArthur, Harpo Marx, et Alexander Woollcott

Les trois amis, Dorothy Parker, Robert Benchley et Robert Sherwood prennent l'habitude de prendre leur petit déjeuner au restaurant de l'hôtel Algonquin situé sur la cinquième avenue, qui a eu pour clients des personnalités illustres du cinéma muet comme Douglas Fairbanks, Laurette Taylor, Booth Tarkington, Elsie Janis, Jane Cowl, etc. Avec le temps l'hôtel devient un lieu de rendez-vous entre divers écrivains et artistes newyorkais qui se réunissent autour d'une table ronde. Cette dernière donnera le nom de ces rencontres, l'Algonquin Round Table. Le trio composé de Dorothy et des deux Robert est invité à participer aux réunions de l'Algonquin Round Table où sont présents Irving Berlin, George S. Kaufman, Edna Ferber, Marc Connelly, Harold Ross, Jasha Heifetz, Alexander Woollcott, Alice Duer Miller, Harpo Marx, Moss Hart, Tallulah Bankhead, Noel Coward, Heywood Broun (en), etc., les acteurs, librettistes, compositeurs de comédies musicales y rencontrent également des journalistes et des agents artistiques[25],[26],[27],[28].

Lors de leurs réunions, les participants lisent et partagent les articles de différents journaux, magazines et revues commentant l'actualité culturelle. Dorothy s'y fait connaître par ses « bons mots », chose essentielle pour un groupe soucieux du style et ainsi, elle fait se reconnaître par l'ensemble de la profession[29].

Le groupe de l'Algonquin Round Table devient un groupe connu pour représenter l'avant-garde culturelle aussi bien dans le cinéma, le théâtre, que par les articles de ses membres dans les journaux et magazines[30]. Quant le mari de Dorothy, Edwin Parker, fait son entrée dans le groupe, les gens le regardent avec bienveillance mais rapidement il suscite l'embarras car il ne dit rien, ne s'exprime jamais sur les sujets abordés, se contentant de parfois sourire. Edwin s'en rend compte et s'absente définitivement des réunions du groupe. Quand Dorothy est interrogée pour connaitre les motifs de cette absence, elle répond de façon évasive telle que « Vous ne savez donc pas ce qui est arrivé aujourd’hui à Eddy ? » ou « Oh mon Dieu que lui est-il donc encore arrivé ! ». Après un moment, plus personne ne s’intéresse à Edwin[31].

Le renvoi de Vanity Fair (1920)[modifier | modifier le code]

En janvier 1920, Florenz Ziegfield[32] et son épouse Bille Burke viennent, indignés, voir Frank Crowninshield. Ils n'ont pas apprécié les recensions de Dorothy Parker qui a éreinté trois de leurs productions montées sur la scène de Broadway et plus particulièrement la comédie Caesar's Wife par Somerset Maugham, où Dorothy Parker qualifie le jeu de Billie Burke de vulgaire. Il est difficile pour Vanity Fair de prendre la défense de Dorothy face au plus grand producteur de Broadway, également ami proche de Condé Nast, et les excuses de Dorothy n'auraient probablement pas suffi à calmer les colères des Ziegfield. Le , Dorothy est conviée par Frank Crowninshield à un entretien au salon de thé du Plazza Hotel, il lui annonce sur un ton désolé que Condé Nast a ordonné son licenciement et qu'elle doit quitter Vanity Fair dans les soixante jours. Dorothy Parker quitte le Plazza Hotel pour se rendre à l'Algonquin, elle y retrouve Robert Benchley et Robert Sherwood qui l’y attendent. Immédiatement, ils partent prendre la défense de leur amie auprès de Frank Crowninshield, en vain et par solidarité ils démissionnent. La nouvelle de leurs départs fait l'objet d'un article dès le lendemain dans le New York Times[33],[34]. Son licenciement est également causé par son retard chronique dans les réunions de Vanity Fair, Dorothy s'absentant des matinées complètes, préférant se rendre à l'Algonquin pour échanger avec Robert Benchley et Robert Sherwood sur les derniers événements culturels[35].

Le lancement du New Yorker[modifier | modifier le code]

Après son départ de Vanity Fair, le trio recherche de nouvelles opportunités d'emploi. Robert Benchley et Dorothy Parker travaillent en free lance, ils ont pu ouvrir un bureau au troisième étage au dessus du Metropolitan Opera pour un loyer modeste. Robert Sherwood inaugure la rubrique des critiques cinématographiques au sein du magazine Life ; puis il vend un scénario à un de ses amis, le réalisateur Rex Ingram, à l'occasion d'un repas « arrosé » à l'Algonquin, où est présente Dorothy Parker. Cette dernière se remet de son licenciement auprès de ses amis de l'Algonquin Round Table, en participant avec eux à de nombreuses parties de poker où sont notamment présents Robert Benchley, Harpo Marx, Franklin P. Adams, Clare Boothe Luce, etc. Ces interminables parties se tiennent au Thanatopsis Pleasure and Inside Straight Club, club informel ouvert en soirée à l'hôtel Algonquin et réservé aux seuls membres de l'Algonquin Round Table. C'est Dorothy Parker qui a tenu à ce que soit ajouté le nom de Thanatopsis, signifiant « contemplation de la mort ». C'est lors d'une de ces soirées que Harold Ross parle de son projet de lancement d'un nouveau magazine The New Yorker, et de l'appui financier de Raoul Fleishmann qui lui a versé une avance de 25 000 $ pour cela, somme issue de sa fortune personnelle en tant que co-héritiers de la chaîne de magasins Fleischmann's Yeast (en). Peu de temps après, lors d'un repas à l'Algonquin Round Table, Robert Benchley et Dorothy Parker se disent prêts à participer à l'aventure, leur bureau, si petit soit-il, pourrait servir de salle de rédaction pour le New Yorker[36].

Pour aider financièrement Robert Benchley et Dorothy Parker, Robert Sherwood, qui travaille au magazine Life, fait appel au fondateur du magazine Edward Sandford Martin (en)[37], qui les embauche en tant que contributeurs réguliers. Edward S. Martin demande à Dorothy Parker de publier un poème par semaine. Au bout de quelques mois chez Life, Robert Benchley et Dorothy Parker mettent fin à leur activité de free lance pour travailler à plein temps pour le magazine[38].

Entre temps[modifier | modifier le code]

Peu à peu le nom de Dorothy Parker est sur les lèvres de toutes les personnes du monde culturel de New York. Elle élargit son public en écrivant dans divers journaux et magazines comme le Saturday Evening Post. Son humour, son ton sardonique, ses traits d'esprits font sa réputation et sa marque distinctive[39].

Le , Sacco et Vanzetti, deux migrants fraîchement venus de leur Italie natale sont arrêtés pour vols et meurtres à Braintree dans l'État du Massachusetts. C'est le début d'un long procès qui va durer pendant sept ans jusqu'à son dénouement tragique, l’exécution des deux inculpés sur la chaise électrique. Cette affaire secoue l’Amérique, Dorothy Parker fait partie des personnes qui dénoncent un procès uniquement à charge, où les éléments à décharge ont été écartés[40],[41]. Le , elle se joint à une manifestation qui se tient à Boston, comptant parmi elle John Dos Passos et Robert Benchley, et qui aboutit aux bureaux du gouverneur Alvan T. Fuller pour implorer sa clémence et l'annulation de l'exécution. Alors que la foule approche les bâtiments abritant les services du gouverneur, les policiers arrivent et arrêtent une quarantaine de marcheurs dont Dorothy Parker, Dos Passos et Benchley et ils sont tous condamnés à une amende de cinq dollars[42].

Hospitalisation et tentative de suicide[modifier | modifier le code]

Après sa séparation d'Edwin Pond Parker, qui a sombré dans l'alcoolisme, Dorothy Parker connait une période dépressive où elle aussi, malgré la prohibition se met à boire. Elle trouve le réconfort dans les bras du dramaturge Charles McArthur. En fin de l'année 1922, elle annonce de façon désappointée à son amie la peintre Neysa McMein qu'elle est « enceinte et bien enceinte, quelle merde ! ». Elle cherche à se faire avorter, les trois médecins qu'elle rencontre établissent un certificat disant que si elle mène à terme sa grossesse au regard de son état dépressif, cela entraînerait des dommages psychologiques... Mais le remède coûte cher, il faut passer par un marché noir et trouver un médecin qui accepte de l'avorter. Neysa trouve un hôpital où un médecin pratique l'avortement et Dorothy Parker est hospitalisée au titre de troubles gastriques. Elle quitte l’hôpital au bout d'une semaine et rentre chez elle en piteux état, seul son chien et un oiseau l'attendent. Lorsqu'elle revient à l'Algonquin Round Table, ses amis lui posent des questions sur son absence. Dorothy s'enferme dans le silence. Elle est heurtée par l'abandon de Charles McArthur, qui s'ajoute au traumatisme de l'avortement. Elle sombre dans un état dépressif profond. Un soir, alors qu'elle est dans un hôtel, une des membres du personnel s'étonne que malgré la sonnerie du repas elle ne soit pas descendue dans la salle du restaurant, et décide de monter à sa chambre. Elle toque à sa porte sans réponse, entre dans la chambre puis se rend à la salle de bain et découvre Dorothy Parker dans la baignoire avec les poignets ensanglantés et sur le sol un rasoir, elle appelle immédiatement un médecin[43].

L'ambulance et les secouristes arrivent juste à temps, à cinq minutes près, Dorothy Parker passait de vie à trépas. Elle est conduite à l'Hôpital presbytérien de New York, où elle se relève au bout de deux jours ; ses amis de l'Algonquin Round Table viennent alors lui rendre visite. Aux diverses questions portant sur les raisons de sa tentative de suicide, elle élude par des mots d'esprit. Dès qu'elle rente chez elle, elle se remet à boire plus que de mesure et à fumer cigarette sur cigarette, signes de la persistance de son état dépressif[44].

Scénariste[modifier | modifier le code]

Pour Hollywood, elle écrit des scénarios la plupart du temps en collaboration avec son second mari Alan Campbell (en)[45], notamment ceux d’Une étoile est née (1937)[46],[47], de Cinquième Colonne d'Alfred Hitchcock (1942), d’Une vie perdue (1947) et de L'Éventail de Lady Windermere d'Otto Preminger (adaptation de la pièce d'Oscar Wilde, 1949). Elle écrit parfois simplement les dialogues comme dans La Vipère de William Wyler (1941).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative en hommage à Dorothy Parker

Dorothy Rothschild est d'abord mariée de 1917 à 1928 à Edwin Pond Parker II[48],[49], un agent de change de Wall Street [50], puis au scénariste Alan Campbell, à deux reprises, de 1934 à 1947, puis de 1950 à la mort de ce dernier d'une overdose[51] en 1967 [50].

Edwin Pond Parker II[modifier | modifier le code]

En 1917, lors d'un bal donné dans un hôtel de Brandford dans le Connecticut, Dorothy fait la connaissance d'Edwin Pond Parker II. Ils tombent amoureux l'un de l'autre, mais leur idylle est interrompue par l'entrée en guerre des États-Unis le . En mai 1917, Edwin est engagé au sein de la 33ème compagnie d'ambulances cantonnée à Butler, New Jersey (en), compagnie composée de pacifistes volontaires issus principalement des universités de Yale, Princeton et Harvard. Parmi eux, il y a Ernest Hemingway, E.E. Cummings et John Dos Passos. En juin 1917, Dorothy et Edwin se marient. La 33ème compagnie est par la suite intégrée à la 4e division d'infanterie (États-Unis) qui a ses quartiers à Camp Merritt, New Jersey (en) avant d'être envoyée en juillet 1918 sur le théâtre des opérations en France. Pendant ses week-ends, Dorothy Parker se rend aux divers lieux où est cantonné son époux Edwin, et quand il est en France, elle lui écrit quotidiennement des lettres d'amour où elle fait part de son impatience pour la fin de ce conflit sanglant. Les combats ayant pris fin le , Dorothy espère le prompt retour d'Edwin, mais elle apprend qu'il est cantonné en Rhénanie avec les forces d'occupations alliées pour l'année 1919[52],[53].

La fin et une inhumation à épisodes[modifier | modifier le code]

Dorothy Parker décède des suites d'une crise cardiaque dans sa suite au Volney Hotel de Manhattan avec son chien Troy. C'est la femme de chambre qui découvre sa dépouille, elle a alors soixante-treize ans. Après ses funéraillesLillian Hellman et Zero Mostel prononcent son éloge funèbre, Dorothy Parker est incinérée au crématorium du Ferncliff Cemetery (en), dans le comté de Westchester. Son notaire, ne sachant quoi faire de l'urne funéraire, la garde chez lui dans un tiroir de son étude jusqu'à ce que Benjamin Hooks (en)[54] (directeur de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP)) lui propose de recueillir l'urne au siège de la NAACP. En octobre 1988, l'urne funéraire de Dorothy Parker est déposée au siège de la NAACP à Baltimore (Maryland), dans un jardin spécialement aménagé le Dorothy Parker Memorial Gardens. Au cours du temps, le mémorial est oublié et tombé en friche. C'est un guide touristique, l'historien Kevin C. Fitzpatrick (en) qui le découvre en 2006 et constatant son état de délabrement, il fonde la Dorothy Parker Society[55], vouée à la mémoire de l'œuvre de Dorothy Parker, et qui récolte des fonds pour l'entretien du mémorial. Craignant un déménagement du siège de NAACP, Kevin C. Fitzpatrick contacte la famille de Dorothy Parker qui, avec la collaboration de la NAACP, dépose les cendres de Dorothy Parker au Cimetière de Woodlawn dans le Bronx, en 2020[46],[56],[57],[58],[59],[60].

Engagements[modifier | modifier le code]

Très engagée politiquement, Dorothy Parker compte parmi les défenseurs de Sacco et Vanzetti. Dans les années 1950, elle est une des victimes du maccarthysme et inscrite sur la liste noire du cinéma ; elle était en effet liée plus ou moins directement à la mouvance communiste, ayant entre autres aidé à fonder la Hollywood Anti-Nazi League en 1936[61],[62].

Lillian Hellman, l'exécutrice testamentaire de Dorothy Parker, conformément à ses volontés, lègue ses biens à Martin Luther King puis à la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) après l'assassinat de ce dernier au Lorraine Motel, à Memphis (Tennessee), comme cela était stipulé dans le testament de Dorothy Parker ; la NAACP continue à toucher les droits d'auteur sur les œuvres de Dorothy Parker[63],[64],[65].

Analyse de son œuvre[modifier | modifier le code]

Elle débute dans la critique littéraire et théâtrale dans Vanity Fair et Vogue [66],[67], puis contribue également chez The New Yorker[68]. Ses éreintements sont très mordants comme ses enthousiasmes sont communicatifs. Elle publie dans cette presse new-yorkaise des poèmes plutôt désabusés qui, réunis en recueil, sont publiés en librairie en 1926 avec « Enough Rope »[69] suivi de « Sunset Gun » en 1928 et « Death and Taxes » en 1931. Ils deviennent rapidement des best-sellers [48].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Éditions anglophones[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Dorothy Parker & Franklin P. Adams, Men I'm Not Married to - Women I'm Not Married to, Garden City, New York, Doubleday, Page, 1922, rééd. 11 juin 2018, 76 p. (ISBN 9781721057726, lire en ligne),
  • (en-US) Enough Rope, New York, Pocket Books, 1926, rééd. 1939, 110 p. (OCLC 1001865318),
  • (en-US) Sunset Gun, Poems, New York, Boni & Liveright, , 86 p. (ISBN 9781121224964, lire en ligne),
  • (en-US) Big Blonde and Other Stories, New York, Penguin, 1929, rééd. 1 septembre 1995, 58 p. (ISBN 9780146000768, lire en ligne),
  • (en-US) Colleen Bresse (dir.), Complete Stories, New York, Penguin Classics, 1924, rééd. 31 décembre 2002, 484 p. (ISBN 9780142437216, lire en ligne),
  • (en-US) Dorothy Parker Stories, New York, Wings Books, 1933, rééd. 7 novembre 1992, 408 p. (ISBN 9780517084663, lire en ligne),
  • (en-US) The Collected Short Stories of Dorothy Parker, New York, Modern library, , 392 p. (OCLC 818818700, lire en ligne),
  • (en-US) The Complete Poems of Dorothy Parker, Penguin Classics, 1944, rééd. 1 avril 1999, 320 p. (ISBN 9780141180229),
  • (en-US) The Collected Dorothy Parker, Penguin Classics, 1944, rééd. 31 mai 2001, 604 p. (ISBN 9780141182582),
  • (en-US) The Portable Dorothy Parker, Penguin Books, mai 1944, rééd. juin 1991, 644 p. (ISBN 9780140997095, lire en ligne),
  • (en-US) Constant Reader, New York, Viking Press, , 176 p. (ISBN 9780670239160, lire en ligne),
  • (en-US) The Poetry and Short Stories of Dorothy Parker, New York, Modern Library, , 484 p. (ISBN 9780679601326, lire en ligne),
  • (en-US) Stuart Y. Silverstein (dir.), Not Much Fun: The Lost Poems of Dorothy Parker, New York, Scribner, , 260 p. (ISBN 9780743211482, lire en ligne),
  • (en-US) Stuart Y. Silverstein (dir.), The Uncollected Dorothy Parker, Londres, Duckworth Publishing, 1999, rééd. 1 mars 2006, 260 p. (ISBN 9780715633489, lire en ligne),
  • (en-US) The Custard Heart, Penguin Classics, , 50 p. (ISBN 9780241339589),

Traductions francophones[modifier | modifier le code]

  • Nous voilà (Here We Are), recueil de nouvelles, préface et traduction de l'américain par Benoîte Groult, Paris, Denoël, 1960
    • réédité en 1983 sous le titre (fr) La Vie à deux : recueil de nouvelles (trad. Benoîte Groult), Union générale d'éditions, coll. « 10/18 », , 257 p. (ISBN 9782264005687, lire en ligne)
  • Comme une valse : nouvelles, Paris, Julliard, 1989 ; réédition, Paris, 10/18 no 2248, 1992
  • Mauvaise journée, demain (Thirteen Short Stories), Paris, C. Bourgois, 1999; réédition, Paris, 10/18 no 3203, 2000 ; réédition, C. Bourgeois, « Titres » no 113, 2010
  • Articles et critiques, Paris, Christian Bourgois, 2000 ; réédition, Paris, 10/18 no 3462, 2002
  • Hymnes à la haine (The Hate Verses), poèmes, préface de Benoîte Groult, Paris, Phébus, 2002 ; réédition, Paris, Phébus, Libretto no 330, 2010

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

Scénarios[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Plusieurs traits d'esprit ont été prêtés à Dorothy Parker. Elle prétend avoir répondu à la question d'un rédacteur en chef inquiet, qui connaissait son défaut de ne pas respecter les délais, par le message Tell him I am fucking busy - or vice versa (« Dites lui que je suis occupée à baiser - ou vice versa »). Elle en était capable, mais certains jugent que c'est improbable, car jamais Dorothy Parker ne s'est laissée aller à la vulgarité. Un autre trait d'esprit lui est attribué : on dit que devant une porte d'entrée, Clare Boothe Luce lui aurait dit pour affirmer sa préséance avec un ton de supériorité « l'âge avant la beauté » et Dorothy lui aurait rétorqué « Les perles devant les salopes » en lui passant devant le nez. Or Clare Boothe Luce était tout sauf arrogante et jamais Dorothy Parker n'aurait prononcé une telle pique. Soit ces deux citations sont apocryphes, soit ce sont des blagues qu'aurait dites Dorothy en privé, mais certainement pas en public[29].

Quand Zelda et Scott Fitzgerald deviennent membre de l'Algonquin Round Table, leur venue fait dire à Dorothy Parker de façon caustique « Zelda est belle mais boudeuse, et tous les deux sont trop m'as tu vu pour les décrire. »[70].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Anglophone[modifier | modifier le code]

Articles dans des encyclopédies et ouvrages de références[modifier | modifier le code]

  • (en-US) American National Biography, Volume 17: Park - Pushmataha, New York, Oxford University Press, USA, 1990, rééd. 1 janvier 1999, 952 p. (ISBN 9780195127966, lire en ligne), p. 16-18,
  • (en-US) Encyclopedia Of World Biography, volume 12, Detroit, Gale Research, , 540 p. (ISBN 9780787622213, lire en ligne), p. 106,
  • (en-US) Women in World History, Volume 12 : O-Q, Waterford, Connecticut, Yorkin Publications, 1999, rééd. 19 juin 2001, 879 p. (ISBN 9780787640712, lire en ligne), p. 322-335,
  • (en-US) The Oxford Encyclopedia of American Literature, Volume 3: Norman Mailer - Sentimental Literature, New York, Oxford University Press, USA, , 557 p. (ISBN 9780195167269, lire en ligne), p. 348-351,
  • (en-US) Steven G. Kellman (dir.), Magill's Survey of American Literature-Vol.5, Pasadena, Californie, Salem Press, , 2419 p. (ISBN 9781587652905, lire en ligne), p. 2021-2026,

Essais[modifier | modifier le code]

  • (en-US) John Keats, You Might as Well Live: The Life and Times of Dorothy Parker, New York, Simon & Schuster, , 330 p. (ISBN 9780671206604, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article,
  • (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, New York, MacMillan Publishing, 1986, rééd. 1 mai 1987, 384 p. (ISBN 9780025413108, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article,
  • (en-US) Sondra Melzer, The Rhetoric of Rage: Women in Dorothy Parker, New York, Peter Lang Publishing, , 216 p. (ISBN 9780820430386, lire en ligne),
  • (en-US) Arthur F. Kinney, Dorothy Parker Revisited, New York, Twayne Publishers, , 250 p. (ISBN 9780805778366, lire en ligne),
  • (en-US) Kevin C. Fitzpatrick, A Journey Into Dorothy Parker's New York, Berkeley, Californie, Roaring Forties Press, , 164 p. (ISBN 9780976670605, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article,
  • (en-US) Rhonda S. Pettit, The Critical Waltz: Essays on the Work of Dorothy Parker, Madison, New Jersey, Fairleigh Dickinson University Press, , 392 p. (ISBN 9780838639689, lire en ligne),
  • (en-US) Ellen Meister, Farewell, Dorothy Parker, New York, G. P. Putnam's Sons, , 374 p. (ISBN 9780399159077, lire en ligne), biographie romancée,
  • (en-US) Ellen Meister, Dorothy Parker drank here, New York, G.P. Putnam's Sons, , 344 p. (ISBN 9780399166877, lire en ligne), biographie romancée,

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Mark Van Doren, « Dorothy Parker », The English Journal, Vol. 23, No. 7,‎ , p. 535-543 (9 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Julia Boissoneau Hans, « Whose Line is it Anyway? Reclamation of Language in Dorothy Parker's Polyphonic Monologues », Studies in American Humor, New Series 3, No. 17,‎ , p. 99-116 (18 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Angela Weaver, « "Such a Congenial Little Circle": Dorothy Parker and the Early-Twentieth-Century Magazine Market », Women's Studies Quarterly, Vol. 38, No. 3/4,‎ , p. 25-41 (17 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Matthew Wills, « How Dorothy Parker Changed Lyric Love Poetry Forever », JStor Daily,‎ (lire en ligne),

Francophone[modifier | modifier le code]

  • Dominique de Saint Pern, L'Extravagante Dorothy Parker, Paris, Grasset, , 372 p. (ISBN 978-2246478911)
  • J.J. Murphy (trad. Hélène Collon), Le Cercle des plumes assassines [« Murder your darlings »], éditions Baker Street, , 342 p. (ISBN 291755956X)
  • Camille Mancy, Les Traversées de Dorothy Parker, Paris, Prisma, , 168 p. (ISBN 978-2810430277)

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Mrs Parker et le Cercle vicieux, film américain réalisé par Alan Rudolph, 1994.
  • En 1987, Prince écrit une chanson, The Ballad of Dorothy Parker, sur l'album Sign o' the Times, où il cite le surnom de l'auteur (« The Wit ») [71],[72].
  • En 2014, Myriam Gendron met en musique une partie des poèmes de Dorothy Parker [73].
  • En 2017, Dorothy Parker est le thème central d'une des chansons de l'album Légendes Urbaines de Jean Guidoni. Dans Dorothy, les couplets, qui énumèrent tout ce qu'il déteste, sont contrebalancés par ce qu'il aime chez Dorothy, qu'il connaît « par cœur ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon ses meilleurs biographes, il est faux de dire que Dorothy Parker aurait quitté l'école à ses 14 ans, elle a continué ses études jusqu'en 1910 ou 1911 au plus tard.
  2. C'est parce qu'elle a suivi jusqu'à ses 18 ans l'enseignement de la Dana School que Dorothy a pu acquérir une culture et ouverture d'esprit sur le monde environnant

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Dorothy PARKER - Dictionnaire créatrices », sur www.dictionnaire-creatrices.com (consulté le )
  2. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, New York, MacMillan Publishing Company, 1986, rééd. 1 mai 1987, 345 p. (ISBN 9780025413108, lire en ligne), p. 3-5
  3. a et b (en-US) « Dorothy Parker | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
  4. (en-US) « Parker, Dorothy (1893–1967) | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
  5. (en-US) « Wit's End », sur Dorothy Parker Society (consulté le )
  6. (en-US) John Keats, You Might as Well Live: The Life and Times of Dorothy Parker, New York, Simon & Schuste, , 323 p. (ISBN 9780671206604, lire en ligne), p. 16
  7. Tom Miller, « Daytonian in Manhattan: The 1895 Blessed Sacrament Convent and Academy -- Nos. 168-170 West 79th Street », sur Daytonian in Manhattan, (consulté le )
  8. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 6-9
  9. (en-US) John Keats, You Might as Well Live, p. 17-20
  10. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 10-16
  11. (en-US) John Keats, You Might as Well Live, p. 21-26
  12. (en) « Henry Ford | Biography, Education, Inventions, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  13. (en-US) John Keats, You Might as Well Live, p. 26-28
  14. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 17
  15. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 17-18
  16. (en-US) Dramatic Writing M. F.A et English Literature B. A., « Biography of Dorothy Parker, American Poet and Humorist », sur ThoughtCo (consulté le )
  17. (en-US) « Dorothy Rothschild Parker », sur www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le )
  18. (en) « Edith Sitwell | Biography, Books, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  19. (en-US) John Keats, You Might as Well Live, p. 29-31
  20. (en-US) John Keats, You Might as Well Live, p. 32-34
  21. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 19-22
  22. (en-US) Kevin C. Fitzpatrick, A Journey Into Dorothy Parker's New York, Berkeley, Californie, Roaring Forties Press, , 149 p. (ISBN 9780976670605, lire en ligne), p. 35
  23. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 25-30
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  25. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 35-36
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  28. (en) « Algonquin Round Table | literary group », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
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  41. Encyclopædia Universalis, « AFFAIRE SACCO & VANZETTI », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
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  69. (en) Poetry Foundation, « Dorothy Parker », sur Poetry Foundation, (consulté le )
  70. (en-US) Leslie Frewin, The Late Mrs. Dorothy Parker, p. 71
  71. (en) Songfacts, « The Ballad of Dorothy Parker by Prince - Songfacts », sur www.songfacts.com (consulté le )
  72. (en) « The Ballad of Dorothy Parker », sur genius.com
  73. (en) Jeanette Kelly, « Myriam Gendron inspired by Dorothy Parker poems », sur cbc.ca,

Liens externes[modifier | modifier le code]