Dorand G.20

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Dorand G.20
Rôle hélicoptère de patrouille maritime
Constructeur Drapeau : France René Dorand
Nombre construit 1
Équipage
3
Motorisation
Moteur Renault 6Q (en)-04
Nombre 2
Puissance unitaire 240 ch
Nombre de pales 2 x 2
Dimensions
Diamètre du rotor 15.4 m (rotor supérieur)
13 m (rotor inférieur) m
Longueur 11.08 m
Hauteur 3.13 m
Masses
À vide 1400 kg
Avec armement 2500 kg
Maximale 3000 kg
Performances
Vitesse de croisière 165 km/h
Vitesse maximale 250 km/h
Plafond 5000 m
Distance franchissable 800 km

Le Dorand G.20 est un prototype d’hélicoptère militaire qui fut réalisé en 1938 par les ingénieurs René Dorand et Marcel Vuillerme, deux anciens collaborateurs de Louis Charles Breguet qui l’avaient aidé à mettre au point son hélicoptère, le Breguet Gyroplane Laboratoire, entre 1933 et 1936. Il devait être armé de bombes et de mitrailleuses. Il ne vola jamais.

Conception[modifier | modifier le code]

En 1938, après la nationalisation des constructeurs aéronautiques par le gouvernement du Front Populaire, René Dorand quitte Breguet et crée sa propre « Société Française du Gyroplane » (SFG). Il commence à travailler avec Marcel Vuillerme sur un nouveau hélicoptère, le G.II (également appelé Dorand G.20 selon les sources[1]). Destiné à la marine française, c’était un projet en avance de vingt ans sur son époque, avec des spécifications presque impossibles à réaliser :

  • Il était destiné à chasser les sous-marins ennemis[2]. Dans la pratique, les premiers hélicoptères de lutte anti-sous-marine (ASM) apparurent dans les années 1960.
  • Il devait atteindre la vitesse de 250 km/h et avoir une distance franchissable de 800 km, performances hors d'atteinte pour un hélicoptère à l'époque[3].
  • Il devait pouvoir être démonté et transporté dans le croiseur sous-marin Surcouf[2], jouant le même rôle que les hydravions à flotteurs catapultés par les grands navires de guerre. Sa hauteur étant limitée à cause de la place dans le hangar du Surcouf, les deux rotors coaxiaux n'étaient espacés que de 65 centimètres, avec les risques que les pales en rotation se touchent.

Le G.20 avait un fuselage en forme de cigare, de construction métallique. Le nez était couvert de panneaux de plexiglas, offrant une excellente visibilité au pilote y compris vers le bas. Le train d'atterrissage était classique (deux roues principales et une roulette arrière) et rétractable. L'appareil avait un empennage en V, avec des surfaces de contrôle recouvertes de toile. Deux à trois membres d'équipage (un pilote, un ou deux mitrailleurs) étaient placés en tandem dans le fuselage, qui contenait également une soute à bombes ou à charges de profondeur[3].

Le G.20 disposait de 2 rotors tripales co-axiaux, avec deux particularités :

  • d'une part, le rotor en position basse était plus petit que celui en position haute (respectivement 13 et 15,4 mètres) afin d'éviter qu'ils n'entrent en collision, mais nécessitait des régimes moteurs différents[3].
  • d'autre part, dans les premières études, un mitrailleur prenait place dans la tête (creuse) des rotors. Cette configuration, qui théoriquement donnait un champ de tir de 360° vers le haut au mitrailleur[2], fut vite abandonnée car impraticable.

L'appareil était propulsé par deux moteurs Renault 6Q (en)-04 de 240 cv. Une boîte de transmissions permettait de couper un moteur tombé en panne et de transférer la puissance du moteur restant sur les deux rotors[3].

Le prototype fut construit sans armement et sans tourelle de rotor. Sa construction commença à Guéthary, dans le sud-ouest. Lors de la capitulation de la France en 1940, il fut transféré à Chambéry, en Savoie[2] dans le sud-est. Les Allemands découvrirent l'appareil, mais n'y attachèrent guère d'importance et en autorisèrent la construction, quoique ralentie[3].

Le projet reprit après la Libération de la France. En couverture du magazine Science & Vie de décembre 1945, un dessin montre un hélicoptère armé d’un canon dans le nez attaquant un sous-marin en surface. En réalité, il faudra attendre encore vingt ans pour qu’un tel appareil soit réalisé en 1965 durant la guerre du Viêt Nam, le Bell AH-1 Cobra[4].

Le G.20 fut terminé en 1947 et entama ses essais au sol. Mais la Marine Nationale avait perdu tout intérêt pour l'appareil : malgré son apparence futuriste, il était dépassé par les hélicoptères mis au point entre-temps par les Allemands et les Américains. Les performances estimées paraissaient trop optimistes et aucun financement ne vint. Il semble qu'aucun pilote n'ait voulu tester le G.20, considéré comme potentiellement dangereux[3]. L'unique prototype fut ferraillé sans avoir volé[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le "II" en chiffres romains exprime qu'il est le successeur du Breguet Gyroplane Laboratoire, lequel n'était effectivement qu'un "laboratoire volant" (de nos jours, on dirait un "démonstrateur technologique") sans ambition opérationnelle. Comme il pouvait être confondu avec un "11" en chiffres arabes, il fut renommé G.20. De nos jours, on aurait plutôt écrit "2.0" par référence aux programmes informatiques.
  2. a, b, c et d Roland de Narbonne, « Les gyroplanes de Louis Breguet », Le Fana de l'Aviation, no 571,‎ , p. 67
  3. a, b, c, d, e et f AviationsMilitaires.net, « Gyroplane G.20 », 2010-2017 (consulté le 5 juillet 2017).
  4. a et b Modelstories, « GYROPLANE G20 hélicoptère ASM », (consulté le 5 juillet 2017).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Boyer, « René Dorand – 50 ans de giraviation », Le Trait d'Union, no Hors-Série,‎ .
  • Roland de Narbonne, « Les gyroplanes de Louis Breguet », Le Fana de l'Aviation, no 571,‎ , p. 67.
  • Jean Cuny et Pierre Leyvastre, Les Avions Breguet (1940-1970), Larivière, coll. « Docavia, (ASIN B01721RGQK).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]