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Dooz Kawa

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Dooz Kawa
Description de cette image, également commentée ci-après
Dooz Kawa sur la scène du Moulin à Marseille le 22 février 2020 lors de la tournée de son album « Nomad's Land »
Informations générales
Nom de naissance Frank Latreille-Ladoux
Naissance
Chartres (France)
Décès (à 45 ans)
Marseille 9e (France)
Nationalité Français
Activité principale Rappeur, beatmaker
Genre musical Rap, hip-hop
Instruments Voix
Membre de T-Kaï Cee (2003-2008)
Soleil Noir (2022)
Années actives 2003-2024
Labels Modulor France, Narcozic Society
Site officiel https://www.doozkawa.com/

Dooz Kawa, né Frank Latreille-Ladoux le à Chartres et mort le à Marseille[1], est un artiste et rappeur français, connu pour ses textes sophistiqués sur des instrumentaux aux diverses inspirations, notamment du jazz manouche et des musiques de l'Est de l'Europe.

Né de parents allemands — sa mère est d'origine tchécoslovaque —[2], Dooz Kawa commence le rap à l'âge de 12 ans[3]. Quatre ans plus tard, il compose ses premiers morceaux avant de monter, avec Raid'nProject, le collectif T-Kaï Cee avec lequel il fait ses premiers concerts en Alsace[3].

Prénommé Frank, l'adolescent tagge les murs de la caserne de son père militaire avec les lettres « K.W.A » (« King With Attitude »), une référence à un nom attribué à des garnisons allemandes[2],[4] ; K.W.A. rappelle également le nom du groupe hip hop N.W.A.[2]. Dooz évoque le nombre 12, et a été choisi pour son double « o », qui convient au style des tags[4].

En 2006, Dooz Kawa rencontre Biréli Lagrène avec qui il sort plusieurs titres. En 2010, le rappeur sort son premier album intitulé Étoiles du sol[3]. Il consacre un morceau de son album, Dieu d’amour, à la spiritualité[5]. Il sort cinq albums dans les années 2010[6].

En 2022, avec le groupe Soleil Noir composé de Dooz Kawa, Davodka, Swift Guad et Euphonik il sort l'album Jour de Nuit. La même année il fonde l'association Etoiles du Sol avec Samantha Al Joboory, une association pour la prévention des violences dans l’enfance et la sensibilisation au respect du vivant[7].

En 2024, il sort le troisième volet de ses EP Narkozik puis son dernier album Vol de Nuit.

Il décède le à Marseille, annonce sa famille sur ses réseaux sociaux. Sa mort est annoncée le par son label Modulor Records[8].

Influences et style musical

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Dooz Kawa se distingue par l'écriture de textes à la poésie sophistiquée[9],[10] et des instrumentales travaillées. Pour ces dernières, il collabore régulièrement avec des musiciens d'autres milieux musicaux, tels que le jazz manouche et la musique classique. Il a ainsi travaillé avec Vincent Beer-Demander[11],[12], et Biréli Lagrène et Mandino Reinhardt, deux guitaristes manouches avec qui il a signé ses deux premières collaborations[13]. Dooz Kawa déclare à ce sujet : « Il n'y a pas de frontière entre les esthétiques musicales, en fait. On peut les relier sans aucun problème, il faut juste les passeurs qui le font[12] ».

Repéré pour la qualité de ses textes, il est invité plusieurs fois à parler de son art à de grandes écoles telles que Sciences Po (Paris) et l'École normale supérieure (Paris)[9]. Il a participé à des séminaires organisés par ces deux écoles, réunissant plusieurs rappeurs et rappeuses[14]. Les enseignants de Normale Sup, institution traditionnellement vouée à la transmission d'une culture élitiste reconnaissent la valeur esthétique de l'œuvre de Dooz Kawa ; l'un d'eux explique ainsi :

« Il y a des jeux extrêmement raffinés sur le langage (…), il y a vraiment un travail du texte qu’il est tout a fait légitime d’étudier[3]. »

Discographie

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Avec T-Kaï Cee

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Avec Soleil Noir

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Apparitions

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  • 2005 : Woop Woop (sur la compilation de B.Ben Prod Ils attendent quoi de nous ?)
  • 2011 : Bandits (sur la compilation de 3rd Lab 3rdLab .01)
  • 2012 : Boma yeh (sur la compilation de 3rd Lab 3rdLab .03)
  • 2013 : Pour les écorchés vifs (sur l'album de beatmaker de JIM The dark side of the mood)
  • 2017 : Planète Rash (sur l’album de Demi Portion 2 chez moi)
  • 2017 : Próba (sur l’album de Asbest the Moor King Mind of a Few)
  • 2019 : La Mémoire des jours (sur l’album de Greenfinch From Soul to Souls)
  • 2019 : Petit miroir (sur l’album de Davodka, À juste titre)
  • 2019 : Les fleurs poussent en décembre (sur la compilation de Larchiviste Records L'indépendance en action, Vol. 2)
  • 2020 : Le tourbillon (sur l’album de Swift Guad & Al'Tarba Musique classique)
  • 2020 : Urgences musicales avec Greenfinch, Swift Guad, Saligo, Dah Conectah, Nano, Davodka, Demi Portion, Degiheugi
  • 2021 : Persona non grata avec Swift Guad, Ol'Zico, Grödash, Aka Seul Two, Euphonik, Max Paro, Polsko
  • 2022 : Strasbourg (sur l'album de beatmaker de James Digger Badaboombap Volume 2)
  • 2022 : La Fin des Contes (sur l'album de Al'Tarba La Fin des Contes)
  • 2022 : Toxique (sur l'album de Euphonik Antidote)
  • 2023 : Ciel sauvage (sur l'album de Le Bon Nob Positif)
  • 2024 : Peut mieux faire (sur l’album de Gamni & Souli.B Antipode)

Filomgraphie

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Longs métrages

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  • 2024 : Chemin de Traverse de Ulysse Paya

Notes et références

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  1. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. a b et c « Dooz Kawa ou quand le jazz manouche se mélange au rap », sur VIPZONE, (consulté le ).
  3. a b c et d Véronique Dalmaz, « Le rappeur Dooz Kawa prof à Normale Sup le temps d’un séminaire », France Info, (consulté le ).
  4. a et b Olivier LBS, « Rencontre avec Dooz Kawa », sur Le Bon Son, (consulté le )
  5. Malo Tresca, « Les rappeurs et Dieu », La Croix, (consulté le ).
  6. Alexis Fricker, « Dooz Kawa, rappeur d’espérance, à guichets fermés samedi soir à la Laiterie » Accès payant, DNA, (consulté le ).
  7. « Etoiles du Sol » (consulté le ).
  8. « "Il laisse derrière lui le rap en PLS" : mort de Dooz Kawa, rappeur à la poésie philosophique et engagée », sur ladepeche.fr (consulté le )
  9. a et b Madeleine Meteyer, « Dooz Kawa, la plume du rap français » Inscription nécessaire, sur Le Figaro, (consulté le ).
  10. « Dooz Kawa, Gaël Faye, La Canaille... Le rap qui s'écoute un dictionnaire à la main », sur LExpress.fr, (consulté le ).
  11. « Au festival Mandol’In Marseille, Jean-Claude Vannier retrouve Georges Brassens », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. a et b « VIDEO. Ces deux artistes combinent musique classique et rap », sur Franceinfo, (consulté le ).
  13. « Lumières sur Dooz Kawa, le rappeur de l’ombre », sur www.estrepublicain.fr (consulté le ).
  14. Genono, « Quand les rappeurs deviennent conférenciers », sur Mouv', (consulté le ).
  15. Jacques Besnard, « Dooz Kawa: "Les rappeurs qui font des trucs bien passent pour des exceptions" », La Libre, (consulté le ).

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Liens externes

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