Doomscrolling

Le doomscrolling (ou « défilement morbide » au Québec[2]) est le fait de passer une quantité excessive de temps d'écran consacré à l'absorption de nouvelles à prédominance négative, majoritairement de nature dystopique[3]. Une telle consommation compulsive pouvant à terme entraîner des réponses psychophysiologiques néfastes chez certains individus[4]. Une partie de la population jeune et adolescente est particulièrement vulnérable et touchée par ce phénomène[5], ce qui inquiète les spécialistes de la santé mentale[6].
Histoire
[modifier | modifier le code]Origines et sémantique
[modifier | modifier le code]Le terme doomscrolling est un mot-valise, composé des mots anglais doom (fin, chute, effondrement), connotant le mal et les ténèbres ainsi que scrolling (Faire défiler son écran).
Selon la journaliste financière Karen Ho, le terme serait apparu en sur le réseau social Twitter[7],[8], mais il pourrait être plus ancien, et le phénomène lui-même est antérieur à l'invention du terme[9]. Le doomscrolling peut aggraver un phénomène antérieur, identifié dans les années 1970 dit syndrome du grand méchant monde (« La croyance que le monde est un endroit plus dangereux à vivre qu'il ne l'est en réalité, en raison d'une exposition au long terme à la violence mise en avant par les médias (télévision et cinéma notamment)[10] ».
Le mot « doomscrolling » a gagné en popularité dans les médias[3],[11] pendant la pandémie de Covid-19, les manifestations consécutives à la mort de George Floyd, l'élection présidentielle américaine de 2020 et l'assaut du Capitole des États-Unis. Il est aussi régulièrement employé dans la perspective des conséquences globales du changement climatique.
Le phénomène serait en augmentation, peut-être en lien avec le « scroll infini, sans pagination » (lors d'une requête sur Google, YouTube, TikTok ou d'autres plateforme, l'utilisateur n'a même plus besoin de cliquer sur « page suivante », quand il descend sur la page de résultats, les résultats suivants, choisis par l'algorithme, s'affichent d'eux-mêmes . Selon une étude du site britannique Bupa (groupe privé du secteur de la santé), en 2022, les recherches sur Google pouvant être reliée à des angoisses matinales auraient augmenté de 247 %.
L'ensemble de ces événements et les incertitudes (de nature sociale, politique, scientifique, etc.) en résultant ayant pu encourager davantage de personnes à s'adonner à ces pratiques[8],[12],[13]. Les réseaux sociaux amplifiant drastiquement le phénomène[14],[15].
En 2020, bien qu'alors non reconnu par la majorité des dictionnaires, Merriam-Webster, entreprise américaine qui publie des dictionnaires, a indiqué « surveiller » le terme (pour désigner des mots de plus en plus utilisés dans la société qui ne répondent pas encore aux critères d'inclusion)[12] et Dictionary.com, dictionnaire anglophone en ligne, l'a choisi comme mot du mois en [16].
Explications
[modifier | modifier le code]Exploitation de biais du cerveau humain
[modifier | modifier le code]La littérature scientifique récente a identifié plusieurs mécanismes comportementaux et cognitifs qui sous‑tendent le doomscrolling[17], qui est stratégiquement provoqué et entretenu par les GAFAM et les producteurs d'applications, et également recherché par de nombreuses productions de contenu en ligne. Il peut être attribué à plusieurs spécificités ou biais fréquent et naturel du cerveau humain :
- biais naturel de curiosité pour ce qui est nouveau ;
- biais d'intérêt pour ce qui semble avoir intéressé d'autres personnes avant nous ;
- Syndrome FOMO qui correspond à la peur de manquer quelque chose)
- biais de négativité, fréquent quand on consulte ou consomme des informations[11] : les informations négatives ou menaçante attirent plus l'attention, et ont un impact plus important sur le bien-être mental et les événements du quotidien que les événements positifs[18]. Jeffrey Hall, professeur d'études en communication à l'Université du Kansas à Lawrence, note que les menaces potentielles éveillent et entretiennent l'attention[19], chez tous les humains qui sont ainsi programmés par l'évolution, pour éviter des situations susceptibles de mettre leur vie ou leur intégrité en danger[20] : « si nos ancêtres, par exemple, découvraient comment une créature préhistorique pouvait les blesser ou les tuer, ils pouvaient agir afin d'éviter ce destin »[9].
Privilégier des informations négatives est un phénomène largement réflexe et inconscient. Les algorithmes des médias sociaux en tiennent compte dans leur contenu pour augmenter l'engagement des utilisateurs, et ils sélectionnent des publications de nature similaire, ce qui encourage la pratique du Doomscrolling[19]. Selon le directeur de la clinique de l'école de médecine de Perelman: « Les gens ont une question, ils veulent une réponse et supposent que l'obtenir les aidera à se sentir mieux... vous faites défiler perpétuellement votre écran. Beaucoup pensent que cela sera utile, mais ils finissent par se sentir encore plus mal par la suite »[9]. - surcharge informationnelle
Anatomie du cerveau
[modifier | modifier le code]Le gyrus frontal inférieur (GFI) joue un rôle important dans le traitement de l'information et l'intégration de nouvelles informations dans les croyances sur la réalité[21],[22]. Dans le gyrus frontal inférieur, le cerveau « filtre sélectivement les mauvaises nouvelles » lorsqu'on lui présente de nouvelles informations pour actualiser ses croyances[21]. Lorsqu'une personne s'adonne au doomscrolling, le cerveau peut se sentir menacé et désactiver son « filtre de mauvaises nouvelles » en réponse parce qu'il croit détecter une vraie menace[21].
Dans une étude où les chercheurs ont manipulé le gyrus frontal inférieur gauche à l'aide de la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), les patients étaient plus susceptibles d'incorporer des informations négatives lors de la mise à jour de leurs croyances[22], ce qui suggère que le gyrus frontal inférieur gauche pourrait être responsable de l'inhibition de la modification des croyances personnelles par les mauvaises nouvelles ; lorsque les participants ont reçu des informations favorables et ont reçu la stimulation magnétique transcrânienne, le cerveau a quand même mis à jour les croyances en réponse aux nouvelles positives[22]. L'étude suggère également que le cerveau filtre sélectivement l'information et met à jour les croyances de manière à réduire le stress et l'anxiété en traitant les bonnes nouvelles avec une plus grande considération (biais d'optimisme)[22]. L'augmentation du doomscrooling expose le cerveau à une plus grande quantité de nouvelles défavorables et peut limiter la capacité du cerveau à accepter les bonnes nouvelles et à écarter les mauvaises[22], ce qui peut entraîner des émotions négatives qui font que l'on se sent anxieux, déprimé et isolé[9].
Effets sur la santé
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Effets psychologiques
[modifier | modifier le code]Le doomscrolling excessif a des effets négatifs démontrés sur la santé mentale[21],[23],[24], notamment mis en évidence durant la pandémie de Covid-19[25],[26],[27], variant selon son intensité et la vulnérabilité de la personne[28].
De nombreuses études confirment un lien entre la consommation de « mauvaises nouvelles » ou de messages à tonalités négatives mis en avant par les algorithmes des plateformes (sur Instagram, TikTok[29] et twitter[30] devenu X notamment), et des niveaux plus élevés d'anxiété, d'irritabilité, de dépression, de stress psychologique, d'épuisement émotionnel et d'isolement social, allant même à des symptômes similaires au trouble de stress post-traumatique (TSPT, aggravés par l'exposition répétée à des images traumatisantes ; on parle alors de traumatisme vicariant)[31],[32].
Des études montrent aussi que le fait d'avoir subi une catastrophe (un tremblement de terre par exemple)[33] ou l'exposition récurrente à des données bouleversantes déclenche le réflexe de vouloir en savoir plus sur le sujet[34], pouvant alimenter un cycle mental envahissant et qui se perpétue, éventuellement associé à une solastalgie quand les informations concernent les crises de la biodiversité et/ou du climat[35]. Et, dans ce contexte, [Qui ?] a montré que la relation entre dépression, exposition médiatique négative et engagement climatique est complexe (chez certains, le doomscrolling sur des contenus climatiques renforce la conscience du problème ; et chez d’autres, il provoque un épuisement émotionnel qui inhibe le passage à l’action) ; l’état dépressif module la consommation compulsive d’actualités négatives et inversement. Plus les symptômes dépressifs sont marqués, plus ils sont associés à une intensification du doomscrolling, en partie parce que la recherche d’informations anxiogènes alimente et entretient des ruminations négatives. Ce comportement, bien que motivé par un besoin perçu de se tenir informé, tend à accroître la détresse psychologique et peut réduire la capacité à s’engager activement dans des initiatives liées au climat, par sentiment d’impuissance, ou par retrait social[36].
Avant même l'avènement du smartphone, mais alors que les ordinateurs individuels se diffusaient, une étude (1997) de psychologie, à l' Université du Sussex, a fait visionner à des participants des informations télévisées respectivement composées « d'informations positives, neutres et négatives »[37] ; elle a montré que ceux qui regardaient les émissions avec des nouvelles négatives voyaient leurs niveaux d'anxiété, de tristesse et de regrets personnels s'accroître. Ces effets peuvent persister durant des heures (une étude conduite par des chercheurs en psychologie avec le Huffington Post a conclu que les participants regardant trois minutes d'informations négatives le matin étaient 27% plus susceptibles d'avoir déclaré avoir vécu une mauvaise journée 6 à 8 heures plus tard. Comparativement, le groupe qui a regardé des reportages portant sur les solutions positives avaient déclaré à 88 % avoir passé une bonne journée).
Même en scrollant des nouvelles apparemment positive ou neutres, la consommation excessive (massive et continue) de contenus est très consommatrice de temps[38], et a des effets négatifs mesurables sur le cerveau et le système neuro‑hormonal.
- L'exposition répétée à des milliers d'images très idéalisées de la vie d'autrui, et/ou à des personnages anormalement ou mensongèrement jeunes, beaux, riches, stars, bronzés, très bien habillés, etc., favorise la comparaison sociale ascendante, un mécanisme psychologique bien documenté, facteur d'auto-objectification, de baisse de l'estime de soi et d'augmentation de l'anxiété, de sentiment de solitude, d'envie et d'insatisfaction personnelle[39],[40].
- Au plan neurobiologique, le geste répétitif du scrolling déclenche de petites libérations de dopamine, neurotransmetteur impliqué dans le circuit de la récompense et la recherche de plaisir immédiat[41]. Le flux constant de notifications et de vidéos entretient ainsi un état de stimulation dopaminergique fréquente, qui renforce la recherche de gratifications rapides et réduit la tolérance aux activités plus lentes et exigeantes, comme la lecture ou la résolution de problèmes, moins riches en récompenses instantanées[42].
Parallèlement, l'usage intensif des réseaux sociaux tend à réduire les interactions physiques, ce qui peut affecter la sécrétion d'ocytocine (hormone associée à l'attachement et au lien social)[43]. Or, les contacts sociaux réels sont connus pour stimuler cette hormone, contribuant à la régulation émotionnelle et au bien‑être. La diminution de ces interactions, combinée à la comparaison sociale en ligne, peut donc accentuer les effets négatifs sur l'humeur et la santé mentale.
Effets physiques
[modifier | modifier le code]Des études sociologiques, psychosociologiques, psychiatriques et cliniques montrent que le doomscrolling peut dégrader le sommeil, réduire l'attention et provoquer une suralimentation[31]. Son aspect addictif entraine des postures et des mouvements compulsivement répétitifs de doigts, et la pandémie de Covid-19 qui s'est déclarée alors que les smartphones étaient en pleine diffusion dans le monde, a eu comme effet collatéral d'augmenter le stress et le temps passé à chercher de l'information ou des dérivatifs sur l'internet et les réseaux sociaux, faisant qu'en 2021, l'usage moyen mondial du mobile atteignait près de sept heures par jour, et qu'en 2022, 36 % des adultes américains déclaraient avoir pris l'habitude compulsive de consulter - en continu - des informations directement ou indirectement liées à la pandémie)[44]. Outre des effets décrits plus hauts sur la santé mentale, l'exposition chronique, et notamment tardive et dans la nuit, à la lumière bleue des écrans, en réduisant la production de mélatonine et altère la qualité du sommeil et du système immunitaire, alors que les postures de consultation prolongée favorise les douleurs cervicales, aux épaules et aux pouces.
La prise en charge de la douleur physique ne traite que le symptôme, elle doit donc combiner des dimensions socio-psychologiques, physiques et pratiques, incluant une limitation progressive du temps d'écran et de scrolling, la désactivation des notifications à certaines heures, la suppression de comptes, des pauses régulières, voire une approche de type digital detox avec accompagnement psychologique pour rééquilibrer les réponses neurochimiques et traiter le traumatisme vicariant[45].
Les chercheurs appellent à la diffusion de messages de santé publique et à une régulation accrue des plateformes, conjointement jugés essentielles pour comprendre et réduire ce comportement numérique délétère pour les individus, les couples, les familles et la vie sociale.
Des cliniciens ajoutent que les médias basés sur une culture de la peur (fearmongering) peuvent aussi affaiblir la capacité d'une personne à supporter un traumatisme. Deborah Serani, professeur à l'Institut Gordon F. Derner d'études psychologiques avancées de l'Université Adelphi, affirme que ce type de média déclenche un comportement défensif, où la première ligne de défense est l'« encapsulation ». Au cours de l'encapsulation, l'individu « tente d'enfermer ou de sceller les représentations du traumatisme », ce qui entraîne un déni ou un désaveu. Les experts décrivent le phénomène similaire à l'acte de "se renfermer sur soi-même" ce qui peut à terme entraîner de la fatigue, un discours plat ainsi qu'un déclin cognitif.
Évitement des actualités
[modifier | modifier le code]Certaines personnes ont commencé à faire face à l'abondance des actualités négatives en évitant complètement les actualités. Une étude menée entre 2017 et 2022 a montré que l'évitement des actualités est en augmentation, et que 38 % des personnes ont admis qu'elles évitaient parfois ou souvent activement les actualités en 2022, comparativement à 29 % en 2017[46]. Même certains journalistes ont admis qu'ils évitaient les actualités ; la journaliste Amanda Ripley a écrit que « les personnes qui produisent les actualités elles-mêmes ont du mal, et bien qu'elles ne soient pas susceptibles de l'admettre, cela déforme la couverture. »[47] Elle a également identifié des moyens qui, selon elle, pourraient contribuer à résoudre le problème, comme le fait d'ajouter intentionnellement moins de fatalisme et plus d'espoir dans les récits afin que les lecteurs ne se sentent pas impuissants, ce qui les conduit à se déconnecter complètement[47].
Prévention, traitement
[modifier | modifier le code]Parmi les pistes de prévention et de réduction figurent une modification de la réglementation ; les pratiques de pleine conscience (visant à réguler l’attention et les émotions)[17] ; ainsi que des campagnes d’éducation au numérique pour développer l’esprit critique et la gestion du temps d’écran[17].
Notes et références
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Voir aussi
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