Données archéologiques sur les premiers Israélites

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Cet article concerne la sédentarisation et l'origine des premiers Israélites qui s'installent au début du Fer I (c. -1200 à -1000) dans les montagnes de la vallée du Jourdain, une population dont l'une des caractéristiques est de ne pas consommer de porc et qui est appelée Israël sur la stèle de Merenptah en -1200. Les installations (voir carte) se développent progressivement à partir des contreforts qui dominent le Jourdain, il s'agit à l'origine de populations nomades qui peuplent le territoire de Canaan au Bronze récent[1]. Loin des grands axes de communication sur lesquels se situent les cités-États, les Hautes Terres de Cisjordanie n'étaient peuplées au Bronze récent (c -1550 -1200), que de nomades ou semi-nomades.

L'exposé est centré sur les données archéologiques c'est-à-dire, au départ, les faits bruts, datés et validés par publication dans les revues professionnelles à comité de lecture. Il convient de noter que certaines données sont interprétées différemment selon les auteurs et selon les époques. L'exposé de l'historique des différents modèles archéologiques est décrite dans Histoire des théories sur l'origine des premiers Israélites. Le consensus qui se dégage parmi les experts permet maintenant de reconstituer l'Histoire de l'Israël antique.

Absence de traces archéologiques des Israélites avant les prospections de surface sur les Hautes Terres[modifier | modifier le code]

Les quelques lignes d'introduction qui suivent sont un bref rappel de données archéologiques qui font l'objet d'autres articles cités en lien.

Nous n'avons aucune trace d'une communauté israélite en Égypte antérieurement à l'exil babylonien. La première trace archéologique d'une communauté judéenne en Égypte est très tardive et se situe dans l'île d'Éléphantine sous la domination perse. Cette communauté est très bien documentée grâce aux nombreux papyrus araméens qui ont été trouvés à Éléphantine (voir Données archéologiques sur la communauté juive d'Éléphantine et -410).

Il n'existe aucune trace des Hébreux de la Bible dans l'archéologie égyptienne. Aucune trace archéologique ne permet d'affirmer que les Hébreux auraient massivement quitté l'Égypte en traversant le Sinaï : voir l'article Données archéologiques sur l'Exode et Moïse. Les traces archéologiques en Canaan montrent qu'ils ne se sont pas installés par une conquête militaire express, éliminant massivement les Cananéens. Aucune trace archéologique ne permet d'affirmer que les Hébreux auraient auraient été esclaves en Égypte : les fouilles en Égypte montrent que l'esclavage stricto sensu n'existait pas : les hommes non libres gardaient le droit d’ester (se présenter devant un tribunal comme demandeur ou comme défendeur) et de tester (énoncer sa volonté testamentaire)[2]. Les ouvriers de Deir el-Médineh, bâtisseurs de la Vallée des Rois n'étaient pas des esclaves, mais des petits fonctionnaires bénéficiant d'un logement individuel et du droit de grève[3].

Pour Israël Finkelstein : « Malheureusement, pendant des décennies, les archéologues s'entêtaient à chercher les indices sur l'origine des Israélites partout, sauf au bon endroit. »[4]

Sédentarisation des premiers israélites au Fer I (environ -1200 à -1000)[modifier | modifier le code]

Sites archéologiques d’implantation des premiers Israélites entre la fin du XIIIe siècle et le milieu du Xe siècle av. J.-C., sur les Hautes Terres de Canaan. Carte dessinée d’après le film « La Bible dévoilée », montrant le résultat des prospections de surface (Israël Finkelstein).
Cette carte montre l’emplacement des sites archéologiques d’implantation au Bronze Récent, sur les Hautes Terres de Canaan. Carte dessinée d’après le film « La Bible dévoilée », (Israël Finkelstein). La vague d'implantation des Israélites au Fer I va se faire sur un territoire pratiquement déserté.

La connaissance de cette période a fait un grand saut qualitatif avec les "regionals survey", une méthode archéologique consistant en une étude statistique régionale, notamment sur des prospections de surface, et non pas sur une étude locale, notamment sur des fouilles. Elles ont permis de mettre en évidence la sédentarisation d'une nouvelle population entre la fin du XIIIe siècle et le XIe siècle av. J.-C. Leurs résultats sont exposés dans un livre qui a marqué son époque, "The Archaeology of the Israelite settlement", écrit en 1988 par Israel Finkelstein[1]. Deux études ont discuté ces découvertes From Nomadism to Monarchy: Archaeological and Historical Aspects of Early Israel[5], ainsi que Aux origines d'Israël. Quand la Bible dit vrai, de William G. Dever[6].

Les prospections archéologiques menées depuis 1990 sur les Hautes Terres de Canaan montrent, au début de l'Âge du fer, la sédentarisation de petites communautés de nomades qui commencent probablement à cultiver des céréales, sédentarisation marquée ensuite par l'apparition de petits villages.

Deux cartes de densité montrant l’évolution de la population des Israélites au Fer I. Dessiné d’après deux cartes d’Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, Brill Academic Pub, (April 1988), p. 325 et p. 329.

Cette sédentarisation peut avoir débuté à la fin du Bronze récent (fin XIIIe siècle ou début XIIe siècle av. J.-C.), s'être amplifiée au Fer ancien (fin XIIe siècle au milieu XIe siècle) pour culminer à la fin du Fer I (fin du XIe siècle et première moitié du Xe siècle). Selon Israël Finkelstein, on observe sur les Hautes Terres centrales au Fer récent près de 250 sites occupant une superficie de 220 hectares (voir carte), contre 30 sites occupant une superficie totale de 50 hectares au Bronze récent. À raison de 200 habitants par hectare (densité communément acceptée), cette population des Hautes Terres s'évalue à 45 000 habitants. W. Dever compte, lui, 12.000 personnes vers -1200, 55.000 au XIIe siècle et 75.000 au XIe siècle. Cette sédentarisation s'observe principalement dans les collines centrales, mais aussi en Transjordanie (220 sites au début du Fer contre une trentaine à la fin du Bronze) et dans le Neguev. Au XIe siècle av. J.-C., elle se continue en Galilée (Hazor XII, Dan VI).

Antérieurement, selon Israël Finkelstein[7], cette vague d'implantations a été précédée par deux autres : une première vague d'implantations au Bronze ancien (-3500, -2200), suivie d'un abandon de la plupart des sites au Bronze intermédiaire (-2200, -2000), puis une seconde vague d'implantations au Bronze moyen (-2000, -1550), suivie à nouveau d'un abandon de la plupart des sites au Bronze récent (-1550, -1150). La troisième vague d'implantation s'effectue sur un territoire pratiquement vidé (restent seulement 25 sites, voir la seconde carte et comparer à la première).

La plupart des premières zones d'occupation datant des débuts du Fer I sont situées à l'est (côté Jourdain), ce qui permet aux habitants de faire paître leurs troupeaux de chèvres et de moutons tout en démarrant une activité agricole de blé et d'orge. Les implantations s'étendent ensuite à l'ouest, moins propice à l'élevage, mais plus propice à la culture de l'olivier et de la vigne[8],[9]. Dès le début, le développement est beaucoup plus rapide dans la moitié nord, plus arrosée et traversée par les voies de communication, que dans la moitié sud, sèche et peu accessible. Commencée sous forme de petites communautés rurales, cette dernière vague se développe graduellement en un système de petits villages, de bourgades de dimensions moyennes, pour atteindre les vallées et former de grandes cités.

Les premiers petits villages, qu'on peut observer lorsque les habitations ultérieures n'ont pas détruit les ruines, sont organisés en ovale, à la manière des campements bédouins, témoignant d'une origine nomade : Izbet Sartah (voir ci-après), Beer Sheba, Tel Esdar. Par la suite, certaines grandes bourgades seront fortifiées. Au Bronze moyen, on trouve déjà d'imposantes fortifications sur certains sites : Silo par exemple (voir ci-après).

Cette population utilise de nombreux silos, des citernes et des terrassements agricoles font leur apparition, montrant l'évolution agraire accompagnant la sédentarisation.

La question se pose de la continuité de cette période avec la suivante, le Fer II (à partir d'environ -1000). De tous les sites du Fer I, seuls cinq présentent une activité continue du Fer I au Fer II : Jérusalem, Béthel, Gibéon, Tell el-Ful et Tell er-Rumeideh. Cet abandon pourrait être dû à une stratégie économique et la peur des philistins[10] ou correspondre à l'augmentation de la population urbaine de la Shephelah et de villes côtières[11]. En fait, la plupart des sites sont abandonnés à un moment, de façon temporaire ou définitive, mais d'autres sites se développent et on constate une évolution géographique de l'ensemble de la population des Israélites sur Canaan : voir les deux cartes de densité[12]. Cette vague d'implantations se poursuit de façon continue au Fer IIA (lorsque se constituent les Royaumes d'Israël et de Juda) : on peut donc la qualifier d'israélite[13]. La population sera alors mixte, constituée pour partie d'Israélites et pour partie de Cananéens.

Traits caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'absence d'élevage et de consommation de porc reste le plus déterminant : contrairement à leurs voisins, les premiers Israélites n'élèvent pas de porc et ne mangent pas de viande de porc, ce qui permet à l'archéologie de les suivre à la trace, par l'analyse des déchets (os)[1]. Ce critère n'est cependant pas absolu. Selon Israël Finkelstein : « Il y a quelques années, cela était en effet interprété comme un marqueur de l'identité israélite. Pourtant, les récentes avancées de la recherche zoo-archéologique ont montré que la réalité était plus complexe : on a découvert en effet que les ossements de porc étaient également rares sur des sites du Fer I non israélites de l'intérieur des Basses Terres, ainsi que sur des sites ruraux du cœur du territoire philistin. »[14] L'élevage impose des contraintes et les populations nomades, par exemple, privilégient l'élevage des chèvres et des moutons dont les troupeaux peuvent se déplacer rapidement.

À cette époque du Fer I, les installations sont très simples et il n'y a pas de monuments, ni de bâtiments publics, ni de fortifications. Elles ressemblent aux campements nomades en cercles, elles sont montrées dans le film de Thierry Ragobert "La Bible dévoilée. Les révélations de l'archéologie"[15]. Les sépultures sont rudimentaires.

Les poteries sont simplistes et très utilitaristes et continuent le style de l'âge du bronze. Un type de poterie est typiquement associé à ces sites, ce sont les jarres à colliers, ou pithoi[16]. Ces poteries se différencient de celle des voisins directs (Cananéeens puis Philistins) par l'absence de décoration et un style simpliste, qui selon Avraham Faust, reflète une dimension égalitariste et peut-être des recommandations religieuses[17].

La maison à quatre pièces est adoptée par les Israélites. Depuis leur sédentarisation vers -1200 jusqu'à la conquête assyrienne en -586, c'est un élément caractéristique de cette population, qui va être décliné en plusieurs types de bâtiments, habitations, tombe, temple, Bâtiment tripartite à piliers[18]. Cependant, cet élément, à l'époque, ne semble pas être exclusif des Israélites, car on le retrouve dans des strates philistines. Il semble prendre origine au Bronze Récent et une construction similaire est même retrouvée au Bronze Moyen.

Pour résumer, il s'agit d'une population sédentaire non urbaine répartie en petites communautés d'une douzaine de personnes formant une société égalitaire essayant de vivre dans les conditions difficiles des forêts montagnardes et des régions semi-arides. Pour Amihai Mazar, la structure socio-économique de cette population correspond à ce que décrivent les textes bibliques de la période des Juges[19].

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Aussi bien sur les sites cananéens à l'Âge du bronze que sur des sites de l'époque israélite à l'Âge du fer, au nord comme au sud, quelques objets de cultes divers ont été dégagés : des déesses de la fertilité, des compagnes de Dieu (culte de la déesse Ashera) et des représentations animales des divinités. Selon Israël Finkelstein : en raison de la grande pauvreté des données archéologiques sur ce sujet, les pratiques religieuses de ces populations nous restent inconnues pour l’essentiel[20]. Selon Amihai Mazar[21], qui en a retrouvé un bel exemplaire venant des collines du nord, « le taureau est le symbole de Baal, le principal dieu cananéen, et de El, le maître des dieux dans le panthéon cananéen ». Les premières traces archéologiques du culte de YHWH apparaîtront avec l'écriture, beaucoup plus tard. Il en ressort que ces populations n'avaient pas de religion différente des autres peuples de Canaan.

Identification des premiers israélites, stèle de Mérenptah[modifier | modifier le code]

Plusieurs points permettent d'associer cette population qui se sédentarise aux Israélites. D'abord la stèle du pharaon Mérenptah (voir ci-dessous) qui atteste de la présence d'un peuple nommé Israël en Canaan. Ensuite, la culture de ce peuple, l’alimentation, l'absence de consommation de porc, qui la distingue nettement de ses voisins, et la religion (les lieux de cultes), sont des traits qui semblent fédérer cette population et évoquent les traditions bibliques du futur royaume d'Israël.

Plus tard, d'autres traits culturels, comme l'habitat (la maison à quatre pièces), s'ils ne sont pas propres à cette population et se retrouvent ailleurs dans l'orient ancien, rentreront néanmoins dans les habitudes de ce peuple qui se les appropriera.

La stèle du pharaon Mérenptah, datée de -1207, cite le pays de Canaan et la population nommée Israël parmi les vaincus. C'est la seule fois que ce nom apparaît en Égypte à cette époque. L'inscription précise, par le déterminatif (bâton, suivi d'un homme et d'une femme assis avec les trois traits du pluriel), qu'Israël désigne des hommes et des femmes qui n'habitent pas dans une ville, autrement dit un groupe nomade ou semi-nomade, et non pas un peuple au sens usuel du terme, dont les noms dans la liste qui précède sur la stèle reçoivent le déterminatif de ville étrangère (le bâton suivi de trois montagnes)[22].

« Israël est dévasté, sa semence n'est plus »
i i z
Z1s Z1s
r
i A r
Z1
T14 A1 B1
Z2s
f
k
t
G36
[23]
b
n
O1
r
t




isrAr[24] fk.t bn pr.t
Israël (?) dévasté [négatif] semence

Israël est, selon Michael G. Hasel, reconnu et nommé comme un peuple distinct avant sa sédentarisation au début de l'âge du fer : la stèle de Merenptah indique une population nomade, tout au moins une population qui n'est pas lié à un État ou une cité-État, habitant la région environ un demi siècle avant la sédentarisation constatée[25].

Il y a donc une corrélation entre l'évidence archéologique d'une origine nomade des premiers Israélites avec un texte de d'époque, la stèle de Merenptah, qui atteste d'une organisation tribale développée à la toute fin du Bronze Récent. Comme ces populations occupent les hautes terres du Fer I deviendront l'Israël du Xe siècle, il y a donc une continuité de population et il n'est pas utile de parler de proto-israélites comme le fait W. Dever[26].

Franck J. Yurco identifie le mur occidental de la cour de la cachette à Karnak avec la stèle de Mérenptah. Le sceau attribuant l'ensemble mural à Ramsès II semble avoir été une usurpartion tardive[27]. Il identifie l'Israël de la stèle avec une fresque dont il ne reste qu'une partie montrant une bataille contre des Cananéens dans des collines. Anson Rainey identifie plutôt Israël avec une fresque montrant des prisonniers shasous[28],[29].

Évolution des méthodes archéologiques[modifier | modifier le code]

Israël Finkelstein a été le premier à effectuer des regional surveys[1], c’est-à-dire à pratiquer une méthode statistique qui a permis cette découverte : toute une équipe a effectué un ramassage de tous les débris de matériaux liés à la présence humaine, lors d’un ratissage systématique de toute la région des hautes terres, à partir de 1990. Chaque débris, daté, a fourni un point sur la carte correspondant à cette date. L’ensemble de toutes ces cartes a, par l’accumulation des résultats, permis de localiser petit à petit les premières présences humaines sur les Hautes Terres. Des fouilles locales ont, finalement, permis de mettre au jour les murs des enclos, les restes des habitations et des citernes creusées dans le roc, sur le site de Silo[30]. Vers -1000, la population sédentarisée est estimée à 40 000 habitants répartis sur 230 sites dans la moitié nord, pour 5 000 habitants répartis sur vingt sites dans la moitié sud. L’étude fine de la croissance de cette population au cours du temps montre que la sédentarisation est progressive et très régulière sur toute la durée du Fer I au Fer IIA.

Cette méthode et ses premiers résultats ont été décrits en 1988 dans le Livre de Finkelstein, The Archaeology of the Israelite settlement, et ont été présentés dans un film[15].

Les couches archéologiques sont nommées d'après la typologie des artefacts que chacune contient : « Bronze », « Fer », avec des sous-niveaux. Une typologie donnée peut, selon l'endroit, voir sa date varier, selon la façon dont jouent les influences culturelles. Dater une couche se fait donc localement. Pour ce faire, toute une série de techniques peuvent être utilisées, notamment la datation par le carbone 14 (à partir d'un noyau d'olive ou d'un résidu de bois carbonisé). Les strates se définissent à partir de la continuité géologique du terrain, des strates plus récentes recouvrant en général des strates plus anciennes (elles sont numérotées en chiffres romains). Creuser un silo ou une fosse rompt la continuité de la stratification et du matériel de remblai n'est pas relié à une strate, ce qui en complique l'identification.

Le drame principal pour l'archéologue est qu'il détruit là où il creuse. Les fouilles menées au milieu du siècle dernier ont irrémédiablement détruit toute possibilité de datation au carbone 14. Les archéologues sont conscients des progrès très rapides des technologies, de plus en plus performantes. Ils laissent désormais le plus possible de terrain non fouillé, afin que les générations futures puissent en tirer un savoir qu'eux-mêmes ne peuvent obtenir.

Principaux sites archéologiques au Fer I[modifier | modifier le code]

Les données archéologiques ci-dessous sont, pour la plupart, tirées du livre The Archaeology of the Israelite Settlement[31].

Quelques sites d'intérêt particulier[modifier | modifier le code]

Silo[modifier | modifier le code]

À la suite d'autres fouilles (en 1926-1932 puis en 1963), Israël Finkelstein effectue quatre saisons de fouilles sur le terrain (de 1981 à 1984)[32]. Une source d'eau importante est située à 900 m au nord-est du tell. Le site est situé au fond d'une vallée fertile orientée au nord.

Silo, qui a été détruit à la fin du bronze moyen, est utilisé au Bronze récent comme un lieu de culte par la population nomade des hautes terres[33],[34]. Un os de porc seulement(0,7 %) y est retrouvé à cette époque[35]. D’importantes fortifications datant du Bronze moyen, sont mises à jour, d’une épaisseur variant de 3 à 5m, avec des parties retrouvées s’élevant jusqu’à 8 m de haut. Le site est détruit à la fin du Bronze moyen, il est inoccupé au Bronze récent mais sert probablement de lieu de culte isolé, des offrandes étant apportées depuis les localités environnantes[36].

Au Fer I, aucune structure cultuelle n'a été retrouvée, cependant une grande partie du site de cette époque n'a pas encore été fouillée. Selon Israël Finkelstein, « Les trouvailles ne révèlent pas de traces patentes de l'existence d'un lieu de culte majeur à Silo. Aucun vestige archéologique de sanctuaire n’a jamais été mis à jour sur le site. Idem pour les artefacts. [...] Sur toute l'étendue du site, seuls quelques fragments d'un unique support d'offrandes et quelques tessons de deux vaisselles qui peuvent avoir eu une fonction cultuelle ont été collectés. On s'attendrait pourtant à trouver ce type d'évidences sur tout site du Fer I localisé dans les Hautes Terres. Nulle favissa (fosse remplie de vaisselle de culte) comme celle découverte dans les strates du Bronze récent de ce site, nulle collection de vaisselles de culte comme dans les couches du début du Fer II à Megiddo et à Tanak. L'assemblage archéo-zoologique de la phase du Fer I à Silo fournit lui aussi une évidence in absentia. Rien dans cet assemblage n'indique des procédures sacrificielles, comme la préférence pour certaines espèces, ou pour un âge particulier au moment de l'abattage, ou le fait de privilégier des parties spécifiques du corps de l'animal abattu. Tout au contraire, l'assemblage archéo-zoologique de Silo est très semblable aux assemblages typiques des sites du Fer I au Levant. »[37] Cette absence de structure cultuelle (sanctuaire ou autel) au Fer I (contrairement au Bronze ancien ou au Bronze récent) est d'ailleurs générale, commune à tous les sites des Hautes Terres, ce qu'Israël Finkelstein a souligné dès le début : « Les villages ne possédaient pas d'autel ni de sanctuaire ; aussi leurs croyances religieuses nous sont elles inconnues. Dans un seul cas, sur un site minuscule, sis au sommet d'un mont, dans les régions montagneuses du Nord, les fouilles entreprises par Amihai Mazar, de l'université hébraïque de Jérusalem, ont mis au jour une figurine de bronze représentant un taureau, ce qui semble indiquer la vénération de quelque divinité cananéenne. Sur un autre site, le Mont Ébal, Adam Zertal, de l'université d'Haïfa, découvrit une structure de pierre insolite qu'il a identifiée à un autel israélite primitif, mais la fonction précise de ce site et de ses murs de clôture reste controversée. »[38] Les tombes sont très simples et les morts sont enterrés sans offrandes mortuaires.

Silo appartient au groupe des grands sites du Fer I dans les Hautes Terres, mais sa taille — à peine plus d'un hectare — n'a rien d'exceptionnel. On observe une concentration de sites dans la région environnante (voir carte), des vallées fertiles favorables à l’agriculture, avec des pâturages à l’est et des terrasses à l’ouest consacrées à la viticulture et à l’oléiculture. Les fouilles (Israël Finkelstein 1981-1984) montrent l’existence, au Fer I, de structures de stockage (des silos et des complexes édifices à piliers, sans aucun reste d'habitations sur tout le site). Les céramiques relativement abondantes retrouvées dans les édifices à piliers, principalement des jarres de stockage, ont été fabriquées dans des ateliers proches (Sichem, voir carte, et Wadi Farah, au nord-est de Sichem) à l’exception des pitoï à collier (jarres géantes pour conserver l’huile, le grain, le vin ou d’autres produits) manufacturées plus au nord (nécessairement dans des ateliers spécialisés). Plusieurs pierres à moudre le grain ont été retrouvées. Par l'absence de maisons d'habitation, Silo n'apparaît pas comme un site typique des Hautes Terres au Fer I. Silo, seul site du Fer I des Hautes Terres comportant des vestiges d’édifices publics, apparaît donc comme un centre de redistribution probable[39].

Le site est déserté après sa violente destruction au Fer I, dans la seconde moitié du XIe siècle (datation au carbone 14 des graines carbonisées)[40].

Izbet Sartah[modifier | modifier le code]

Article connexe : Izbet Sartah.

Le site a fait, de 1976 à 1978, l'objet de fouilles approfondies par Moshe Kochavi et Israël Finkelstein (Université de Tel Aviv), expédition sponsorisée par l'Université de Bar Ilan[41].

Le site est un des rares où le développement ultérieur des habitations n'a pas fait disparaître les restes de l'implantation initiale. Ce premier habitat est ovale, une série de pièces entourant une grande cour intérieure[42]. Il est constitué d’une ceinture elliptique de pièces (22 à 24 pièces, sur 750m2, périmètre extérieur 135 à 140 m) entourant la cour intérieure (1450m2). Le mur externe n’est pas uniforme ni égal car il a été obtenu en reliant entre eux les murs externes des pièces, dont la largeur est variable. Les pièces sont du type casemate (fortifiées), elles ouvrent sur la cour et ne communiquent pas entre elles[43]. Des restes de huit pièces ont été retrouvés, ainsi que l'entrée. Cette disposition est bien adaptée à l'hébergement d'un troupeau de chèvres et de moutons dans la cour intérieure. Les fouilles ont mis à jour quelques silos, des lames de faucilles et des meules de pierre, signature d'une faible activité agricole. Ce plan reprend celui des campements bédouins : le mode de vie nomade s'accommode de l'élevage de chèvres et de moutons, aptes à se déplacer rapidement, et ne s'accommode pas de l'élevage d'autres animaux moins aptes à se déplacer tels que les bovins.

De telles structures (cour entourée ovale d'une ceinture de pièces) ont été retrouvées dans des couches archéologiques du Fer I à Orvat ‘Avot, Khirbet el-Tina, dans le Désert de Judée, dans les Hautes Terres du Neguev, à Beer-Sheba et à Tel Esdar. Comme à Izbet Sartah, un peu d'outillage a été mis à jour, mais, il faut le souligner, aucune arme : ces semi-nomades sédentarisés n'étaient pas du tout organisés pour constituer une armée. Postérieurement, on trouve des structures similaires mais dans lesquelles la ceinture est constituée de maisons à piliers comprenant trois ou quatre pièces (Ai, Beer-Sheba strate VII).

Dans une seconde phase, l'habitat est sous forme de petites maisons à piliers, séparées mais proches les unes des autres, l'espace étant entrecoupé de silos à grains. Baruch Rosen, par l'analyse détaillée des éléments recueillis lors des fouilles, estime la population à une centaine d'habitants, sur 350 hectares de terre, dont un peu plus de la moitié sont cultivées, le reste servant à l'élevage. Compte tenu des techniques en usage, la production annuelle peut monter à 43 tonnes de blé et 21 tonnes d'orge. Les labours nécessitent l'utilisation d'environ 40 bœufs. L'élevage représente un troupeau d'environ 300 chèvres et moutons.

Tel Mazos[modifier | modifier le code]

Tel Mazos est le site le plus important de la vallée de Beersheba. Il a été fouillé en quatre saisons de 1972 à 1979. Au Bronze Récent, le site est inoccupé. Au Fer I, trois strates ont été caractérisées, avec des sous-divisions. La strate IIIB se caractérise par des foyers, quelques silos, des fours, ainsi que des sols en terre battue ayant pu servir pour des tentes ou des huttes. La céramique y est de tradition cananéenne du sud (aucune poterie philipine). Dans la strate IIIA quelques structures ont été bâties, dont le prototype de la maison à quatre pièces à piliers. La strate II marque l’apogée du site. Il faut noter la continuité culturelle et ethnique au passage des strates III (de la fin du XIIIe siècle au milieu du XIIe siècle) à la strate II (du milieu du XIIe siècle au milieu du XIe siècle). Dans ces dernières sont mis au jour, pour la première fois, des bâtiments publics et des maisons à quatre pièces. Le centre est entouré d’une ceinture continue de maisons qui ne laissent aucun intervalle entre elles, une sur deux un peu en avant et l’autre un peu en arrière, créant ainsi une sorte de ligne de défense. Quelques structures existent à l’intérieur de cette ceinture et quelques autres sont situées à l’extérieur. Dans plusieurs structures, une influence de l’architecture égyptienne et cananéenne des plaines côtières du sud est perceptible. Tel Mazos permet de contrôler la route du sud, qui passe par la vallée de Beersheba. La strate II a livré une riche moisson de céramiques, dont des poteries médianites et philistines, des récipients de style côtier et une tête de lion en ivoire de style cananéen. Tout ceci signe une activité commerciale prospère et des connexions fortes avec l’Arabie du sud et la plaine côtière. Dans la strate I (vers la fin du XIe siècle jusqu’au Xe siècle), le plan change, une sorte de citadelle est érigée, la ceinture continue de maisons disparaît, quelques constructions restent inchangées tandis que d’autres disparaissent pour laisser place à des silos et à des voies pavées.

Les principales caractéristiques de Tel Mazos diffèrent fortement de celles des implantations israélites des Hautes Terres. Elles diffèrent tout aussi fortement des implantations israélites dans la vallée elle-même. Du XIIe au XIe siècle, il s'agit d'un cas exceptionnel. Cependant, dans la population mélangée de ce site, on ne peut pas exclure qu'il se soit trouvé quelques familles d'Israélites.

[modifier | modifier le code]

Le site est fouillé lors de sept campagnes entre 1964 et 1972. Aï est une grande cité au Bronze ancien. Le site est inoccupé depuis -2400 jusqu’au début du Fer I (ce qui contredit totalement le récit biblique). Un groupe de constructions du Fer I, n’ayant pas été recouvertes postérieurement, a été découvert : les données archéologiques qu’elles fournissent sont donc d’une grande importance. Il s’agit d’une structure jointive de constructions à piliers de trois à quatre pièces, la façade arrière des grandes pièces constituant une sorte de mur de défense à casemates, l’accès aux maisons se faisant exclusivement par la façade intérieure. Le village du Fer I ne couvre qu’une superficie dix fois inférieure à celle du Bronze ancien. Une vingtaine de groupes de maisons à piliers a été mise à jour. Le site est abandonné au milieu du XIe siècle.

Giloh[modifier | modifier le code]

Découvert lors de la prospection de 1968, le site a été fouillé en 1978-1979 par Amihai Mazar : il est situé en haut d'une crête rocheuse, peu accessible, exposé au vent, éloigné de tout point d'eau permanent et il manque de sol cultivable. Il n'a été occupé que dans une courte période au Fer I (hormis une tour du Fer II implantée dans une autre partie du site) : les données archéologiques qu'on en tire sont donc assez claires et Amihai Mazar l'a daté du début du XIIe siècle. Les restes d'une grande cour avec un long mur de grosses pierres sont interprétés comme ceux d'une bergerie. Côté nord, une maison ressemble à une maison à quatre pièces, des piliers ont été utilisés dans la construction. Des murs de fortifications ont été mis à jour. Au nord-est, il s'agit de deux murs parallèles de bonne facture, distants de 2,5m, le mur extérieur ayant une épaisseur de 1m et le mur intérieur de 1,80m. Les traces repérées lors de la prospection conduisent, à l'est, à une section différente formée d'un mur unique de 1,5m d'épaisseur et, parallèlement, à l'intérieur, le mur extérieur d'une maison a été mis à jour. L'ensemble a été interprété comme un système de défense bâti, par section, par plusieurs groupes d'habitants, chaque famille ayant sa maison et une large cour pour les troupeaux. La céramique mise à jour n'est pas très abondante, elle est dispersée, mais elle est très variée et donne une information précieuse sur les pourcentages : 27% de pots pour la cuisson, 34% de jarres de stockage (dont des pithoï à collier faits à partir de l'argile locale, ce qui est paradoxal car leur facture demande un savoir-faire élaboré[44]), 17% d'autres jarres, des bols, des cratères, des cruches et des petits cruchons.

Tell el-Far'ah (Tirzah)[modifier | modifier le code]

Roland de Vaux a fouillé le site entre 1946 et 1960. Des scarabées commémoratifs égyptiens ont été retrouvés datant du Bronze moyen (-2000, -1550), trois seulement datant du Bronze récent (-1550, -1200). Il n'y a pas d'évidence d'une couche datant du Fer I (-1200, -1000). Au Fer IIA, où Tirça a servi de capitale au Royaume d'Israël avant la fondation de Samarie, aucun témoignage d'architecture monumentale n'a été retrouvé. Cependant, un nombre relativement élevé de sceaux datés du Fer I récent-Fer IIA ancien ont été mis à jour dans cette même strate, ce qui permet de supposer l'existence d'un appareil bureaucratique[45]. Des pitoï à collier (jarres de stockage) ont aussi été retrouvées.

D'autres sites[modifier | modifier le code]

Dan[modifier | modifier le code]

Au Bronze moyen, Dan est une importante cité fortifiée. Datant du Bronze récent, seules des tombes ont été retrouvées, riches en récipients mycéniens. Au Fer I, des silos et des fosses de stockage ont été retrouvés : 25 dans la partie sud, et, dans la partie est, une fosse particulièrement intéressante contenant 29 récipients entiers dont des pitoï du style de Tyr ainsi que des cratères à plusieurs anses.

Hazor[modifier | modifier le code]

Cité très importante à l'Âge du bronze, Hazor (ou Haçor) est entièrement détruite dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Le site est inoccupé pendant 150 à 200 ans. Un petit village s'installe au cœur des ruines, au milieu du Fer I, sans fortifications, sans aucun bâtiment public ni aucun bâtiment véritable, avec seulement les fondations de huttes et de tentes, ainsi que des fosses de stockage. Dans beaucoup de ces fosses, on a trouvé une grande quantité de poteries et l'une d'entre elle a reçu des dépôts votifs[46].

Le Mont Ebal[modifier | modifier le code]

Le Mont Ebal est un site qui daterait au moins du XIIIe siècle av. J.-C. (deux scarabées commémoratifs égyptiens de Ramsès II ou Ramsès III ont été retrouvés). On a mis à jour une construction rectangulaire de pierre (7x9m), sans porte, les murs de 1,5m d'épaisseur ayant été préservés jusqu'à 1m de hauteur. À l'intérieur, on a retrouvé des restes d'animaux brulés, uniquement des moutons, des chèvres, des bœufs et des daims. La structure est considérée par Adam Zertal comme un autel, ou du moins un lieu de culte, dans lequel sont faites des offrandes. Sur le site, trente-quatre pierres à moudre le grain ont été retrouvées, ce qui signe une activité agricole[47].

Sichem[modifier | modifier le code]

Sichem, la plus grande cité de la partie nord des collines centrales depuis le Bronze moyen au Fer I, est abondamment mentionnée dans des sources historiques (notamment Lettres d’Amarna). Elle est détruite au Bronze récent mais immédiatement reconstruite et réoccupée. Elle est alors moins peuplée, mais les implantations du Fer I s’y observent sans destruction ni révolution dans la culture archéologique. Les fouilles ayant été menées avec les techniques de l’époque (sans datation au carbone 14) et le rapport final n’ayant pas été publié, aucune culture matérielle précise de l’époque du Fer I n’est clairement mise à jour.

Béthel[modifier | modifier le code]

Béthel est l’un des plus important site des collines centrales. Il a été fouillé plusieurs fois entre les années 1934 et 1960.

Au Bronze moyen, Béthel est une grande cité fortifiée. Elle est détruite vers -1240 ou -1235.

Au Fer I, la culture que l’archéologie met à jour est radicalement différente, mais l’occupation du site est très faible. La cité est détruite plusieurs fois, et reconstruite. De la fin du Xe siècle datent des constructions à rangées de piliers, puis Béthel devient une cité importante. L’histoire de l’occupation au Fer I est difficile à établir à cause de l’absence de datation au carbone 14 (ancienneté des techniques de fouille) et à cause de l’empiètement de la ville moderne sur le site.

Khirbet Raddana[modifier | modifier le code]

Plusieurs campagnes de fouilles ont été menées, de 1971 à 1981, avec les techniques de l’époque (sans datation au carbone 14). Le site, recouvrant une seule période, date du Fer I, peut-être du milieu du XIIe siècle selon le style des maisons à piliers mises à jour par les fouilles. L’implantation est constituée de cinq ou six groupes de structures, chacune comportant deux ou trois maisons à piliers autour d’une cour centrale. Le site est détruit, probablement vers le milieu du XIe siècle.

Khirbet ed-Dawara[modifier | modifier le code]

Le site a été fouillé en 1985-1986 (par Finkelstein). C’est un site d’une seule période et d’une seule phase architecturale, fondé dans la seconde moitié du XIe siècle et abandonné à la fin du Xe siècle. Il était entouré d’un solide mur de 2 à 3 m d’épaisseur, constitué de grosses pierres, effondré mais visible dès avant les fouilles. Trois maisons à quatre pièces ont été mises à jour dans la partie ouest, construites avec des piliers monolithiques : deux sont perpendiculaires au mur, la troisième lui est parallèle et s’intercale entre les deux premières. Le tout forme des casemates adjacentes au mur. Une autre maison à quatre pièces a été mise à jour dans la partie nord-est, perpendiculaire au mur. Le socle rocheux affleurant dans tout le centre du site, il n’est pas possible de déterminer le plan de la partie centrale du site.

Gibeon[modifier | modifier le code]

La stratigraphie du site est tellement confuse qu'il est pratiquement impossible de tirer des données claires et datées.

Tell el-Fül (Gibeah)[modifier | modifier le code]

Le site a d'abord été fouillé par Albright en 1922 et 1933. Des forteresses ont été mises à jour, mais leur repérage a été imprécis et leur contour ainsi que leur nombre ont été controversés. Des casemates ont aussi été trouvées. Une nouvelle fouille a été effectuée en 1964 dans le but de clarifier la situation, mais elle a abouti à diverses analyses. Du fait des interventions successives, en dépit de la taille modeste du site et en dépit de fouilles intensives sur une longue période, il n'est pas possible de déterminer d'une façon fiable la chronologie de ces fortifications. Les poteries recueillies lors des fouilles, qui ont été ramassées en divers endroits dans les forteresses, ont malheureusement été mélangées. La stratigraphie, au lieu d’être repérée à partir du sol, a été repérée à partir des connexions entre les murs : elle repère les constructions au lieu de repérer la chronologie. Enfin, la publication des fouilles a été approximative dans les dessins. En dépit de l’importance du site pour l’histoire et pour la géographie, les questions importantes qui se posent sur la région demeurent sans réponse.

Tell Beit Mirsim[modifier | modifier le code]

Le site a été fouillé de 1926 à 1932 avec les techniques de l’époque. Toute possibilité de datation par le carbone 14 étant désormais détruite, les datations proposées ne reposent que sur la typologie de fragments de poteries, dont certaines avec des caractéristiques dites philistines, qui ont été trouvées dans des silos. Or des poteries ne renseignent sur ceux qui s’en servent qu’à condition qu’elles soient utilisées, donc entières. La typologie de déchets jetés parce qu’ils ne servent à rien ne peut donner qu’une date à laquelle ils ont été fabriqués pour servir, pas une date à laquelle ils ne servent à rien. De plus, creuser une cavité rompt la stratigraphie et le matériau de remblai n’est pas rattaché à une strate. Enfin, quand des silos se recoupent, il est difficile de savoir lequel est antérieur, et, quand un silo est coupé par un mur, il est difficile de savoir si le mur a coupé le silo ou si le silo a été creusé adossé au mur (comme c’est souvent le cas). En bref, la fouille d’un silo et sa datation ne renseigne de façon fiable que si elle est menée avec les plus grandes précautions. Au lieu de l’époque des Philistins, proposée tout d’abord, le site concerne plus probablement la fin du XIIIe siècle ou le début du XIIe siècle, donc la tradition du Bronze récent cananéen.

Hébron (Jebel Rumeideh)[modifier | modifier le code]

Le site a été fouillé en 1964-1966, puis vers 1988. Datant du Bronze moyen, un grand mur de fortifications a été mis à jour. Datant du Bronze récent, des tombes ont été trouvées. Datant du Fer I, quelques traces subsistent, mais elles ont été perturbées par une activité au Fer II et par une seconde plus tardive (notamment vers -700, où des sceaux dits LMLK ont été mis à jour).

Beersheba[modifier | modifier le code]

Dans la strate VII datant de la fin du XIe siècle, les fouilles ont mis à jour une structure elliptique en casemates semblable à celle d'Izbet Sartah[48]. Les pièces mesurent de 1,25 m à 1,75 m de large sur 9 m à 12 m de long environ, avec un mur extérieur de 1 m d'épaisseur. On estime à 18 leur nombre total, dont on n'a retrouvé que les traces de 5 d'entre elles. L'entrée, de 1,5 m de large, est un passage aménagé entre deux casemates. On estime la superficie de la cour à 900 m2[49]. Comme pour Izbet Sartah, une telle structure est bien adaptée à une activité d'élevage parallèlement à une activité agricole.

Sites en forme de pied[modifier | modifier le code]

À partir du XIIIe siècle apparaissent également, selon Adam Zertal, des Sites en forme de pied dans la région des hautes terres. Ces sites sont formés d'un enclos en forme de pied entouré d'un chemin de pierre[50],[51]. Cinq de ces sites ont été trouvés entre 1990 et 2008, dont Bedhat esh-Sha'ab[52]. L'un d'entre eux sera en usage jusqu'au VIIIe siècle. Le pied est en Égypte à l'époque et dans la Bible un symbole de possession territoriale. Pour Adam Zertal c'est un symbole de lien entre le peuple et le territoire et de présence de la déité. D'après lui, ces sites sont utilisés par la population des hautes terres comme des lieux de culte. « Regel », pied en hébreu, est aussi le mot utilisé pour “festival” et jours saints. Ainsi l'expression « aliya la-regel », « monter au pied », serait associée à ces sites de pèlerinage utilisés par les premiers Israélites, jusqu'à ce que Jérusalem soit instituée comme lieu d'un culte centralisé.

Les différentes populations de Canaan au Bronze Récent (environ -1550 à -1200)[modifier | modifier le code]

Carte de Canaan au Bronze récent, partie nord, établie à partir des Lettres d'Amarna, texte recoupé avec une étude pétrographique de l'argile (partie nord) et le résultat des fouilles archéologiques. Dessiné d'après Israël Finkelstein, ‘’Le royaume biblique oublié’’, éditions Odile Jacob, 282 pages (26 avril 2013), p. 34 (voir texte explicatif).

Les découvertes archéologiques décrivent la sédentarisation au Fer I (vers -1200) de groupes tribaux qui suivaient auparavant un mode de vie pastoral nomade ou semi-nomade[5],[6]. Du fait de ce nomadisme, il n'y a pas d'évidences purement archéologiques de cette population préalablement à sa sédentarisation. Les populations nomades laissent peu, voire pas du tout de traces archéologiques[53], à moins d'être mentionnées dans des textes anciens. Au Bronze récent (environ -1550 à -1200), Amenhotep III (environ -1391 / -1390 à -1353 / -1352) puis Amenhotep IV (-1355/-1353 à -1338/-1337), qui exercent leur pouvoir sur Canaan, entretiennent avec les gouverneurs des cités-États de Canaan une abondante correspondance : ce courrier diplomatique provenant de Canaan constitue la majorité des Lettres d'Amarna[54],[55] (c. -1391 à -1337). Il décrit de façon précise le rôle des Égyptiens, des Cananéens et des marginaux. Ces marginaux sont, selon, Ann E. Killebrew, « des ‘apiru et des shasu »[56]. Les Apirou, notamment, sont mentionnés de multiples fois dans ces lettres. C'est donc toute l'organisation sociale à cette époque qui est décrite, et ce courrier a permis de reconstituer avec précision l’organisation du territoire. Pour ce faire, trois sources d’information ont été recoupées par l'équipe d'Israël Finkelstein : le contenu textuel des tablettes d’Amarna, la provenance géographique de l’argile dont chacune est constituée et les informations de terrain obtenues au moyen des fouilles archéologiques. L’analyse pétrographique détaillée pour la partie nord de Canaan a, en effet, permis de localiser géographiquement la provenance des lettres (du moins de celles fabriquées localement). Le recoupement des trois sources d’information permet de préciser le système des cités-États du nord de Canaan et de tracer, pour chacune sans trop d’incertitude, la frontière de leur zone d’influence. Trois garnisons maintiennent la présence égyptienne (voir carte). Il apparaît qu’à cette époque de nombreux troubles se produisent, que des marginaux ([notamment les Apirou) y contribuent, que l'Égypte est peu empressée à intervenir si loin des axes de communication, et que les cités-États du nord se partagent entre une coalition pro-Sichem (dont Labayou, roi de Sichem, est le chef) et une coalition anti-Sichem (voir carte)[57].

EA 161, lettre d'Aziru, leader d'Amurru (défendant son cas devant le pharaon), une des Lettres d'Amarna, écrites sur des tablettes d'argiles

Les Lettres d'Amarna donnent aussi un bon aperçu des relations entre Canaan, Amourrou et l'Égypte (voir illustration ci-contre). Certaines fois, elles semblent être a contrario de l'archéologie, ainsi les villes de Jérusalem et Lakish y sont décrites comme des villes importantes alors que les fouilles archéologiques ne mettent pas en évidence une ville importante à cette époque[58],[59]. Sichem n'est, à l'époque, qu'une modeste bourgade, ce qui ne l'empêche pas d'étendre son influence sur un vaste territoire. Sur ce paradoxe, voir ci-après le paragraphe Entité archéologique de Tirça. La présence de poteries dites late mycéennes IIIA à El-Amarna en Égypte et en Canaan, permet de dater les sites archéologiques et de déterminer quelles strates archéologiques correspondent à cette période historique.

À la fin du Bronze récent, loin des axes de communications, le territoire est organisé en « chefferies dimorphes », comme le qualifient les anthropologues. Israel Finkelstein précise : « Dans ce type d’organisation, une communauté unique se partage un vaste territoire sur lequel cohabitent deux activités économiques : l’agriculture et l’élevage. Les liens familiaux forment le socle d’un système politique au sein duquel villageois sédentaires et éleveurs nomades vivent plus ou moins sous l’autorité d’un même chef de clan, doté d’une forte personnalité, vivant, avec son entourage, dans une place forte centrale. »[60]

La sédentarisation au Fer I provient nécessairement de populations présentes au Bronze récent (environ -1400 à -1200) dans la région : l'origine est locale. Certains lieux de culte du Bronze récent, comme Silo (voir ci-dessus) et Béthel sont utilisés par la population nomade des Hautes Terres au Bronze récent et expressément mentionnés dans la Bible comme lieu de culte des Israélites.

Parmi ces populations, on trouve la population nommée Israël sur la stèle de Mérenptah. D'autres populations nomades comme les Shasou et les Apirou ont souvent été évoquées, mais ce sont des termes qui déterminent un rôle social plus que des ethnies.

Égyptiens[modifier | modifier le code]

Les Égyptiens exercent une domination sur les cités-États de Canaan qui leur assurent des ressources et un soutien logistique. Ils maintiennent des garnisons à Gaza, Jaffa et Beth-Shean (voir carte ci-dessus). Ils sont plus ou moins présents selon les époques. Une partie de notre savoir sur le pays à cet époque provient de leurs stèles racontant leurs exploits et surtout des archives diplomatiques retrouvées à El Amarna.

Après la campagne du pharaon Ahmosis (~-1550) contre les Hyksôs à Sharuhen, il y a pendant 80 ans peu d'incursions égyptiennes en Canaan.

C'est le pharaon Thoutmôsis III (-1425) qui rétablit l'influence égyptienne sur les cités-États, notamment à la bataille de Megiddo dans laquelle il affronte une union de forces cananéennes. Il rétablit ainsi l'influence égyptienne sur Canaan et sur le sud de la Syrie. Son successeur le pharaon Amenhotep II mène deux campagnes en Canaan, le long de la voie Maris et dans le nord de la Galilée.

Les Lettres d'Amarna font état de nombreux troubles et du peu d'interventions de l'Égypte.

Puis les pharaons de la XIXe dynastie montrent à nouveau leur intérêt pour ce pays et la région plus au nord. Ils installent un contrôle plus marqué de l’Égypte sur le pays, qui continue avec la XXe dynastie. En effet la Palestine est pour eux le chemin obligatoire vers le nord. La stèle de Merenptah (vers -1210) atteste de la présence d'une population (des hommes et des femmes selon la stèle) appelée Israël en Canaan.

Cananéens[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Hazor, la tête de ces royaumes dans le texte biblique, est la principale ville cananéenne

La civilisation cananéenne voit son apogée au Bronze Moyen II (-2000 à -1550). Elle est alors composée de puissantes cités-États, dont l'une des caractéristiques est d'être protégées de hauts remparts de terre. La plus importante de ces villes est indéniablement Hazor, mais l'on trouve aussi Acre, Megiddo, Jéricho, Tel el-Ajjul. Cette civilisation est marquée par un effondrement systémique à la fin du Bronze moyen, longtemps associée à l'expulsion des Hyksôs par les Égyptiens, et au Bronze récent (-1550 à -1200) elles occupent des surfaces plus réduites et ont perdu leurs remparts.

À Karnak, la liste des 119 cités-États battues par les égyptiens à Megiddo est la liste la plus détaillée que nous ayons de ces villes.

Cette époque est souvent une époque faste où les cités cananéennes vivent une grande prospérité, mais elle est aussi marquée par de nombreuses destructions.

Les Lettres d'Amarna ont permis de reconstituer avec précision l’organisation du territoire (voir carte ci-dessus).

Vers la fin du Bronze récent (c -1200 -1150), les plus grandes cités subissent des destructions violentes, qui marqueront la fin de leur époque cananéenne. Cette destruction est toujours suivie d'une période sans occupation, où l'on retrouve seulement pendant 100 ou 200 ans des traces d'occupation nomade. Ainsi en est-il de Hazor, Lakish, Dan, Megiddo. Ces villes seront habitées plus tard par des Israélites au Fer I : la population sera alors mixte, constituée pour partie d'Israélites et pour partie de Cananéens.

Populations apirou[modifier | modifier le code]

Le terme Apirou, Hapirou ou Habirou désigne principalement des marginaux, mercenaires plus ou moins brigands. Il y est fait abondamment mention dans les Lettres d'Amarna et ils sont plus ou moins présents selon les régions. On sait maintenant que les Apirou portent des noms d'origines ethniques variées : ils constituent donc un groupe socio-économique et non pas une ethnie. Des groupes d'Apirou ont travaillé en Égypte et, selon Olivier Rouault, « Le terme de Hapirou/Habirou, a fait couler beaucoup d'encre, en partie en raison de sa ressemblance avec le nom des Hébreux, avec lequel il semble finalement n'avoir aucun rapport »[61].

Populations shasous[modifier | modifier le code]

Prisonnier Shasou prisoner sur un bas-relief du temple de Ramsès IIIà Médinet Habou

Les Shasou sont des semi-nomades de Palestine et de Syrie appartenant à l'ethnie des Bédouins. Des groupes travaillent en Égypte et, après le règne de Ramsès III, le terme Shasou devient synonyme de Bédouin[62]. Dans sa théorie de l'infiltration pacifique, Albrecht Alt assimile les Israélites aux Shasou, mais cette assimilation est aujourd'hui abandonnée par la plupart des archéologues.

À partir du XVe siècle, le terme shasou apparaît dans les documents égyptiens. Pour R. Givéon le seul évènement pouvant expliquer l'apparition des Shasous à cette date est l'expulsion des Hyksôs (autour de -1550)[63]. « Shasou » en égyptien signifie « errer, traverser », et désigne des populations transhumantes, à la manière du terme arabe « bédouin ».

La première occurrence se trouve dans l'inscription biographique trouvée à El-Kab de l'amiral Ahmôsé[64] qui raconte avoir fait des prisonniers Shasou en servant le pharaon Âakhéperenrê Thoutmôsis II, vers -1490. Les Shasous se trouvaient sur son chemin alors qu'il menait une expédition punitive vers le nord. Ces populations sont trouvées majoritairement dans le sud de la Palestine, et prennent une certaine importance puisque à l'époque d'Amenhotep II, ils représentent un nombre significatif de prisonniers, la moitié en nombre des Cananéens.

Ce terme de « shasous » paraît être associé à plusieurs peuples, les Égyptiens semblant identifier et nommer différents groupes de « shasous » comme, entre autres, les Shasous de Séir (Édom), les Shasous de Yhw (Yhwh)[65], les Shasous de Maât. Donald Redford estime que nous avons affaire à un groupe qui adorait le dieu d'Israël, ce qui l'amène à parler d'Israël naissant à propos des Shasous[66]. De façon similaire Shmuel Ahituv parle des « adorateurs de Yahu, le dieu d'Israël[67] ».

L'utilisation de ce terme semble disparaître vers le XIIe siècle.

Évolution de la population israélite de la fin du Fer I au début du Fer IIA (vers -1000, jusque vers -900)[modifier | modifier le code]

Carte du Royaume d’Israël avant l’époque des Omrides (densité élevée de population). Royaume de Juda (faible densité de population). Dessiné d’après Israël Finkelstein, Le Royaume biblique oublié, éditions Odile Jacob, p. 128.

C'est la possibilité de suivre de façon continue l'évolution de cette population depuis le début de la sédentarisation jusqu'à l'époque des Omrides, avec déplacements géographiques des régions de grande densité, qui permet d'affirmer qu'il s'agit bien de la population des Israélites dès le début.

Il reste encore une certaine incertitude sur les datations au carbone 14 dans cette période. On sait, en effet, que la densité de carbone 14 présent initialement dépend un peu de l'époque, ce qui conduit pour les datations fines à en tenir compte : c'est ce qu'on appelle la « calibration », ou l'« étalonnage ». Or, du fait de la présence à cette époque d'un palier dans la courbe d'étalonnage, la quantité de carbone 14 restante aujourd'hui dépend un peu moins de la date à laquelle l'échantillon (noyau d'olive, reste de bois brûlé etc., stade final du carbone organique) s'est constitué. La barre d'erreur sur cette date s'en trouve donc augmentée. Les dates indiquées ci-après sont à prendre avec cette incertitude. Les controverses passionnées qui ont eu lieu dans le passé entre certaines écoles d'archéologie en Israël sont en passe d'extinction[68], le carbone 14 n'étant pas, en lui-même, sensible aux biais idéologiques.

Entité archéologique de Gabaôn-Béthel[modifier | modifier le code]

La population israélite en Canaan, qui est particulièrement importante au début du Fer I dans la région de Silo, voit ensuite la principale concentration se déplacer plus au sud, dans la région de Gabaôn-Béthel, au nord de Jérusalem. Sur une superficie de 20x15km se concentrent environ 30 sites au Fer I. Les prospections ont passé la région au peigne fin et beaucoup de ces sites ont été fouillés : Gabaôn, Béthel, Tell en-Nasbeh (Miçpa), et-Tell (Aï), Khirbet Raddana, Tell ei-Ful, Khirbet ed-Dawwara. On constate un changement d'architecture, avec l'apparition de murs de fortification en casemates. À Khirbet ed-Dawwara, le mur de fortifications en casemates est imposant et des maisons à piliers lui sont adjacentes, utilisant éventuellement la casemate comme pièce d'habitation. Ce type d'architecture unifiée, avec des fortifications en casemates ou des murs ressemblant à des casemates, est unique à l'ouest du Jourdain pour cette période du Fer I[69]. L'unité de cette architecture de défense suggère une coordination sur un projet défensif commun, autrement dit un début d'entité régionale de Gabaôn-Béthel, sans atteindre toutefois le stade d'une administration centralisée. Alors que, sur les Hautes Terres centrales, la plupart des sites du Fer I continuent à être occupés au Fer II, les sites de l'entité archéologique de Gabaôn-Béthel, dans leur ensemble, déclinent rapidement et sont désertés au Fer IIA. On sait que Sheshonq Ier a mené une campagne dans la région à cette époque, et que Gabaôn figure dans la liste des cités qu'il a attaquées.

Entité archéologique de Sichem-Tirça[modifier | modifier le code]

La population israélite en Canaan voit ensuite sa principale concentration se déplacer plus au nord, dans la région de Sichem-Tirça. Tell el-Far'ah (Tirzah), est inoccupée au Fer I. À l'époque de transition du Fer I récent au Fer IIA ancien (de -950 environ jusque vers -900), elle n'est occupée que sur une étendue petite (1ha dans la couche VIIa, secteur ouest, sur un monticule) et n'est pas fortifiée. Cependant, étant donné le nombre relativement élevé de sceaux qui ont été mis à jour (dans la couche VIIa, c'est à dire dans la période considérée), on peut y supposer l'existence d'un appareil bureaucratique. Tirça, présentée comme la capitale d'Israël à ses débuts dans le texte biblique, sert effectivement, semble-t-il, de capitale aux débuts du Royaume des Omrides. Quant à l'étendue du territoire que cet appareil administratif contrôle (voir carte), un certain parallèle existe avec celui couvert par la coalition autour de Sichem à l'époque des Lettres d'Amarna, paradoxe mentionné ci-dessus à propos des Lettres d'Amarna. Dans les deux cas, il faut noter que le territoire contrôlé est vaste alors que, pourtant, il n'est gouverné qu'à partir d'une cité petite, sans aucune architecture monumentale, sans fortifications et sans centre administratif développé. Un tel système, paradoxal, n'est pourtant pas exceptionnel : il est même assez constant à cette époque (on le trouve notamment à Sichem au Bronze récent, et à Gabaôn ou Gibéa au Fer I récent). On peut y songer quant à l'organisation de Jérusalem, site dans lequel les fouilles n'ont mis à jour, pour cette époque, aucune architecture monumentale, aucune fortification d'importance, ni aucune trace d'appareil administratif. Puis l’influence de Tirça[70] déclinera progressivement et sera remplacée par celle de Samarie, la cité d’Omri, avec une fonction administrative importante, un palais, une vaste esplanade et un grand mur en casemates. L'archéologie montrera alors l'organisation d'un État véritable, avec des constructions monumentales et une administration centralisée. Ce sujet est traité dans l'article Données archéologiques sur Omri et les Omrides.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anson F. Rainey, William M. Schniedewind, Zipora Cochavi-Rainey, The El-Amarna Correspondence: A New Edition of the Cuneiform Letters from the Site of El-Amarna Based on Collations of All Extant Tablets, éditions Brill Academic Publishers (14 novembre 2014) (ISBN 9004281452 et 978-9004281455)
  • Margreet L. Steiner, Ann E. Killebrew, The Oxford Handbook of the Archaeology of the Levant: C. 8000-332 BCE, Oxford University Press, 912 pages (16 janvier 2014). (ISBN 019921297X et 978-0199212972)
  • Israël Finkelstein, Le royaume biblique oublié, éditions Odile Jacob, 282 pages pages (26 avril 2013). (ISBN 2738129471 et 978-2738129475)
  • Avraham Faust, Israel's Ethnogenesis: Settlement, Interaction, Expansion and Resistance, éditions Routledge, 289 pages (23 juin 2008). (ISBN 1845534565 et 978-1845534561)
  • Israel Finkelstein, Amihay Mazar, The Quest for the Historical Israel: Debating Archaeology and the History of Early Israel, Society of Biblical Literature, 232 pages (24 oct. 2007). (ISBN 1589832779 et 978-1589832770)
  • Ann E. Killebrew, Biblical Peoples and Ethnicity: An Archaeological Study of Egyptians, Canaanites, Philistines, and Early Israel, 1300–1100 B.C.E., Society of Biblical Lit, (30 septembre 2006). ASIN: B00FBYJ81M
  • The Bible and Radiocarbon Dating; Archaeology Text and Science, edited by Thomas E. Levy and Thomas Higham, edited by Equinox, London, 448 pages (1 octobre 2005). (ISBN 1845530578 et 978-1845530570)
  • William G. Dever, Aux origines d'Israël: Quand la Bible dit vrai, 285 pages, Bayard Jeunesse (21 avril 2005). (ISBN 2227474270 et 978-2227474277)
  • Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de archéologie, Folio histoire, 560 pages (15 janvier 2004). (ISBN 2070429393 et 978-2070429394)
  • Stager, Lawrence E., Forging an Identity: The Emergence of Ancient Israel, dans Michael Coogan (Ed.), The Oxford History of the Biblical World, Oxford University Press (2001). ASIN: B00E32N3VY
  • Amihai Mazar, Archaeology of the land of the Bible, 10,000-586 BCE, 1990 * Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, Brill Academic Pub, 380 pages (April 1988). (ISBN 9652210072 et 978-9652210074)
  • Les Lettres d'El-Amarna : Correspondance diplomatique du pharaon Aménophis IV, traduction W-L Moran, Editions du Cerf, 630 pages (5 mai 1987). (ISBN 220402645X et 978-2204026451)
  • Baruch Halpern, The Emergence of Israel in Canaan, Society of Biblical Lit, 352 pages (avril 1984). (ISBN 0891306099 et 978-0891306092)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Israel Finkelstein, The Archaeology of the Israelite settlement, Israel Exploration Society, 1988."
  2. Bernadette Menu, article Esclavage (Égypte), p. 839 du Dictionnaire de l’Antiquité, sous la direction de Jean Leclant, PUF 2005.
  3. Claire Lalouette, L'empire des Ramsès, éditions Flammarion (1995), p. 254-255.
  4. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de archéologie, 560 pages, Folio histoire (2004), p. 168 (ISBN 2070429393 et 978-2070429394)
  5. a et b From Nomadism to Monarchy: Archaeological and Historical Aspects of Early Israel, 1994, Israel Finkelstein, Nadav Na'Aman, Biblical Archaeology Society.
  6. a et b Aux origines d'Israël. Quand la Bible dit vrai, William G. Dever, Bayard (2005).
  7. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de archéologie, op. cit., p. 180.
  8. Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, Brill Academic Pub, 380 pages (April 1988), p. 135. (ISBN 9652210072 et 978-9652210074)
  9. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, op. cit., p. 180-189.
  10. Juval Portugali, Theoretical Speculations on the Transition from Nomadism to Monarchy. In Finkelstein I. and Na'aman N. (eds.), From Nomadism to Monarchy. Jerusalem, Yad Ishak Ben Zvi and the Israeli Exploration Society (1994).
  11. E. Bloch-Smith, Beth Alpert Nakhai, A Landscape Comes to Life: The Iron I Period, Near Eastern Archaeology (1999).
  12. Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, op. cit., p. 325 et p. 329.
  13. Israël Finkelstein, ‘’Le royaume biblique oublié’’, éditions Odile Jacob, 282 pages (26 avril 2013), p. 70. (ISBN 2738129471 et 978-2738129475)
  14. Israël Finkelstein, Le royaume biblique oublié, op. cit., p. 92.
  15. a et b Dans le film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie, Thierry Ragobert montre de très belles vues aériennes de ces habitats (chap. 3 de l'épisode 4).
  16. The Collared-rim Jars and Settlement of the Tribe of the Dan, Avraham Biran, in Recent Excavations in Israel: Studies in Iron Age Archaeology, Seymour Gitin, William G. Dever, Eisenbrauns (1989).
  17. Avraham Faust, Decoration versus Simplicity: Pottery and Ethnic Negotiations in Early Israel, Ars Judaica, 2013
  18. Bunimovitz, S., Faust, A., 2003, Building Identity: The Four Room House and the Israelite Mind”, in Gitin, S. (ed.), Symbiosis, Symbolism and the Power of the past: Ancient Israel and its Neighbors from the Late Bronze Age through Roman Palestineae, Winona Lake: Eisenbrauns, p. 411-423.
  19. Amihai Mazar, Archaeology of the land of the Bible, 10,000-586 BCE (1990).
  20. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de archéologie, op. cit. p. 174.
  21. Amihai Mazar dans le film La Bible dévoilée, épisode n°4.
  22. Jacques Briend, Institut Catholique de Paris, film La Bible dévoilée. Les révélations de l'Archéologie, chap. 2 de l'épisode 4.
  23. Dans le texte original, l'oiseau (une hirondelle) est placé en dessous du signe t (le demi-cercle) mais pour des raisons de lisibilité, nous avons pris la liberté de le placer à côté.
  24. D'après Flinders Petrie.
  25. Michael G. Hasel, « Israel in the Merneptah Stele », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 296 (1994), p. 45-61.
  26. Robert d. Miller, Identifying Earliest Israel, BASOR, no 333 (février 2004).
  27. Yurco, Frank J. (1986), « Merenptah's Canaanite Campaign », Journal of the American Research Center in Egypt 23:189–215.
  28. Hasel, Michael (2008), Merenptah's reference to Israel: critical issues for the origin of Israel, dans Richard S. Hess, Gerald A. Klingbeil, Ray, J. Paul, Critical Issues in Early Israelite History, Eisenbrauns.
  29. Laurence Stager, Merenptah, Israel and Sea Peoples: New light on an old relief. Eretz-Israel.
  30. Pierre de Miroschedji, revue La Recherche no 391, p. 32, 38 et 40.
  31. Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, op.cit., p. 135.
  32. I. Finkelstein, Organization, Method and History of the Excavations, in I. Finkelstein (ed.), Excavations at Shiloh 1981-1984: Preliminary Report, Tel Aviv 12 (1985), p. 123-130. I. Finkelstein, Excavation Results in Other Areas, in I. Finkelstein (ed.), Excavations at Shiloh 1981-1984: Preliminary Report, Tel Aviv 12 (1985), p. 146-158. I. Finkelstein, Summary and Conclusions: History of Shiloh from Middle Bronze Age II to Iron Age II, in I. Finkelstein (ed.), Excavations at Shiloh 1981-1984: Preliminary Report, Tel Aviv 12 (1985), p. 159-177.
  33. Israel Finkelstein, Shlomo Bunimovitz, Pottery, in Shiloh: The Archaeology of a Biblical Site, Israel Finkelstein, Shlomo Bunimovitz and Zvi Lederman, Tel Aviv (1993).
  34. Donald G. Schley, Shiloh: A Biblical City in Tradition and History, Sheffield: JSOT Press, 1989, 2009, pp. 191ff.
  35. Brian Hesse, Husbandry, Dietary Taboos, and the Bones of the Ancient Near East: Zooarchaeology in the Post-Processual World, in Methods in the Mediterranean: Historical and Archaeological Views on Texts and Archaeology, ed. D. Small; Leiden/New York: Brill (1995).
  36. Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, op. cit., p. 212-220.
  37. Israël Finkelstein, Le royaume biblique oublié, op. cit., p. 48-54.
  38. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de archéologie, op. cit., p. 174.
  39. Israël Finkelstein, Le royaume biblique oublié, op. cit., p. 48-54 et p. 245-247.
  40. Finkelstein I. Piazetsky E., The Iron I-IIA in the Highlands and beyond: C14 anchors,pottery phases and the Shoshenq I campain, Levant 38, p. 45-61.
  41. Finkelstein, Israelite Settlement in the Foothills, 13th-10th Century B.C. in the Light of Excavations at Izbet Sartah, Cathedra 27 (1983), p. 33-38.
  42. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, op. cit., p. 171-179.
  43. Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement,op. cit., p. 212-220.
  44. Ann E. Killebrew, The Emergence of Ancient Israel: The Social Boundaries of a “Mixed Multitude” in Canaan (2006), p. 569. Dans Google books.
  45. Israël Finkelstein, ‘’Le royaume biblique oublié’’, op. cit., p. 111-120.
  46. Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, op. cit., p. 98-103.
  47. Israël Finkelstein, The Archaeology of the Israelite Settlement, op. cit., p. 82-85.
  48. Z. Herzog, Beer-Sheba II The Early Iron Age Settlements, Tel Aviv (1984), p.80.
  49. Israël Finkelstein, "The Archaeology of the Israelite Settlement", op. cit., p. 242-243.
  50. Researchers at University of Haifa reveal exceptional archaeological discovery in Jordan valley testifying to biblical ownership of the land, Université de Haifa, press release
  51. Zertal Adam, Sites en forme de plante de pied, Pardès 2/2011 (no 50),
  52. Adam Zertal, Bedhat Esh-shams, An Iron I enclosure in the Jordan Valley, in Exploring the Longue Durée : essays in honor of Lawrence E. Stager, edited by J. David Schloen, Eisenbrauns (2009).
  53. Living on the Fringe: The Archaeology and History of the Negev, Sinai, and Neighbouring Regions in the Bronze and Iron Ages, monographs in mediterranean archaeology 6. Sheffield: Sheffield Academic Press.
  54. Anson F. Rainey, William M. Schniedewind, Zipora Cochavi-Rainey, The El-Amarna Correspondence: A New Edition of the Cuneiform Letters from the Site of El-Amarna Based on Collations of All Extant Tablets , éditions Brill Academic Publishers (14 novembre 2014) (ISBN 9004281452 et 978-9004281455)
  55. Les Lettres d'El-Amarna : Correspondance diplomatique du pharaon Aménophis IV, traduction W. L. Morgan, 630 pages, éditions du Cerf (5 mai 1987). (ISBN 220402645X et 978-2204026451)
  56. Ann E. Killebrew, The Emergence of Ancient Israel: The Social Boundaries of a “Mixed Multitude” in Canaan (2006), p. 571. Dans Google books.
  57. Israël Finkelstein, Le royaume biblique oublié, op. cit., pp. 31-44.
  58. The Contribution of the Amarna Letters to the Debate on Jerusalem's Political Position in the Tenth Century B. C. E., Nadav Naʾaman, Bulletin of the American Schools of Oriental Research, No. 304 (Nov., 1996)
  59. A Synopsis of the Stratigraphical, Chronological and Historical Issues, chapter 3, in The Lachish final excavation report; D. Ussishkin, The Renewed Archaeological Excavations at Lachish (1973-1994), vol. 1, p. 50-119.
  60. Israel Finkelstein, Neil Asher Silberman, ‘’Les rois sacrés de la Bible: À la recherche de David et Salomon’’, éditions Folio, 416 pages (29 novembre 2007), p. 53-54. (ISBN 207034553X et 978-2070345533)
  61. Olivier Rouault, p. 1026 du Dictionnaire de l'Antiquité, direction Jean Leclant, édition PUF (2005).
  62. Dominique Valbelle, p. 2015 du Dictionnaire de l'Antiquité, sous la direction de Jean Leclant, éditions PUF, 2005
  63. R. Givéon, Les bédouins Shosou des documents égyptiens, Leyde (1971).
  64. James Bennett Pritchard, Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, Princeton University Press,‎ (ISBN 0-691-03503-2).
  65. Astour, Michael C. (1979), « Yahweh in Egyptian Topographic Lists », dans Festschrift Elmar Edel, éditeurs. M. Gorg & E. Pusch, Bamberg.
  66. Donald B. Redford, Egypt, Canaan and Israel In Ancient Times, Princeton, Princeton University Press,‎ (ISBN 0-691-00086-7)
  67. S.Y. Ahituv, Canaanite Toponyms in Ancient Egyptian Documents, Magnes Press,‎ (ISBN 965-223-564-4)
  68. The Bible and Radiocarbon Dating; Archaeology Text and Science, edited by Thomas E. Levy and Thomas Higham, Edited by Equinox, London, 448 pages (2005). (ISBN 184553056X et 1845530578)
  69. Israël Finkelstein, ‘’Le royaume biblique oublié’’, op.cit, p. 71-74.
  70. Israël Finkelstein, ‘’Le royaume biblique oublié’’, p. 111-117, carte p. 128.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]