Données archéologiques sur les Philistins

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Le terme Philistins, tout comme le terme Hébreux, appartient au vocabulaire de la Bible[1]. Dans la Bible, les Philistins, à l'époque de Saül et de David, sont géographiquement situés sur les terres de l'actuel Gaza jusqu’à Ashdod.

Depuis les prospections archéologiques des années 1990 (voir article : Données archéologiques sur les premiers Israélites), on sait que les premiers Israélites sont d'origine cananéenne et se sédentarisent sur les hautes terres de Cisjordanie à partir de 1200 av. J.-C., où ils pratiquent l'élevage (moutons) et la culture des céréales[2]. Ces prospections nous montrent qu'ils sont en tout petit nombre devant la population cananéenne des vallées et des villes et qu'ils croissent très progressivement. Ils sont attestés sur la stèle de Mérenptah (1207 av. J.-C.).

Selon les données des fouilles (fouilles locales et tablettes assyriennes), les Pelesets (Philistins), repoussés par Ramsès III, s'installent dans de petits royaumes (des cités-États) à Ekron, Ashdod, Ascalon, Gath et Gaza. Ils sont attestés dans les tablettes assyriennes : les souverains assyriens les mentionnent sur la route de l'Égypte[3].

Si les Peuples de la mer ont fait parler d'eux, les documents archéologiques qu'ils nous ont laissés sont très peu nombreux et les invasions des Peuples de la mer sont assez mal comprises. Cette ignorance a donné lieu à un foisonnement de « théories », qui ne sont, en réalité, que des spéculations sans souci scientifique de la preuve. Cet article vise à recenser ce qui est scientifiquement établi sur les Pelesets (Philistins) et sur leurs relations avec les Israélites.

Données archéologiques sur les Pelesets (Philistins)[modifier | modifier le code]

Bateau et guerriers philistins (Médinet Habou, temple funéraire de Ramsès III, dessin de Faucher-Gudin, 1903)
Captifs philistins (Médinet Habou, temple funéraire de Ramsès III, dessin de Faucher-Gudin, 1903)

Les Pelesets (Philistins)[4] sont un des Peuples de la mer[5]. Ils sont attestés pour la première fois à Médinet Habou dans le temple funéraire de Ramsès III.

Sur le mur extérieur nord est gravée une illustration de la bataille navale de l'an 8 (-1186) que ce pharaon a livrée avec les Peuples de la mer. Elle nous montre de terribles guerriers en action, avec leurs étranges casques à cornes ou leurs toques emplumées[6]. Les assaillants sont vêtus de pagnes courts et de corselets de cuir, ils sont armés de longues épées, dont certaines ont des lames à cornes, de lances, ils sont protégés par des boucliers ronds mais, contrairement aux soldats égyptiens, ils n'ont pas d'arcs. Leurs bateaux ont une coque à double pointe, ornée de têtes d'oiseaux à la proue et à la poupe. Les archers égyptiens embarqués font des ravages, pendant que d'autres archers restés à terre attendent les survivants. L'examen attentif permet de reconnaître les visages de plusieurs chefs connus par ailleurs, dont un chef Hittite et un chef Shardane, membre des gardes du corps égyptiens (entre les cornes, sur une pointe, le casque est orné du disque ou de la sphère qui distingue ce corps de mercenaires égyptiens). Un autre bas-relief, tout près du premier, nous montre la bataille à terre, où les assaillants transportent leur famille dans de lourds chariots à roues pleines traînés par quatre bœufs attelés de front. L'examen attentif montre qu'il s'agit de zébus à larges bosses, inconnus en Palestine, mais utilisés en Anatolie et en Mésopotamie.

L'inscription qui accompagne ces scènes mentionne les Peleset, les Tjeker (ou Tyekker, ou Zekker), les Shekel (ou Shékélesh), les Denyen et les Weshesh. La teneur de cette inscription est confirmée dans la dernière partie du papyrus Harris, qui ajoute les Shardanes à la liste des agresseurs. Enfin, une stèle de Ramsès III à Deir el-Médineh précise que les Pelesets sont, en compagnie des Turshas (Teresh), venus de la mer. Les Peleset sont inconnus des Hittites.

Il convient, dans l'interprétation de ce type de textes, de tenir compte de la fonction magique que remplit l'écriture : si les récits ne sont pas forcément à prendre au pied de la lettre, il ne s'agit aucunement de créations poétiques, mais bien du monde réel —peuples, pays et dates— avec sa composante magique. Cette composante magique n'a en effet de sens, aux yeux des auteurs, que si l'effet magique recherché concerne effectivement le monde réel[7].

Les fouilles d'Ashdod sont une autre source, importante, sur l'établissement des Pelesets (Philistins) dans la bande littorale méridionale de la Palestine. La stratigraphie montre une cité-État cananéenne grande et prospère à l'âge du bronze, détruite par un incendie au bronze tardif. Reconstruite, la cité montre, par les poteries, l'influence nette de Chypre. La couche suivante contient en abondance — 50 %— des poteries du type Peuples de la mer (poteries dites philistines). Puis, dans la couche la plus récente, l'influence levantine devient manifeste. L'influence phénicienne se retrouvera sur l'ensemble de la zone côtière palestinienne, avant que l'ensemble de la Palestine ne devienne une province de l'empire Perse.

Depuis Séthi Ier jusqu'à Ramsès III, dans toute la période de -1300 à -1150, Beït Shéan est un important centre de garnison de l'armée égyptienne. Les fouilles ne donnent que peu de poteries philistines, mais des tombes attestent parmi les forces égyptiennes la participation de soldats des Peuples de la mer. Le papyrus Harris confirme que Ramsès III a employé comme mercenaires des Pelesets, des Shardanes, des Weshesh, des Denyen et des Shekelesh.

Les noms des rois philistins cités dans les archives assyriennes ont des caractéristiques sémitiques et les inscriptions retrouvées dans les sites philistins sont dans une langue de type cananéen[4].

Les poteries des Peuples de la mer (poteries dites philistines)[modifier | modifier le code]

Sous le nom quelque peu impropre de poteries philistines, on désigne un style hybride de poteries inspirées du style mycénien (décorations à spirales antithétiques, oiseaux et figures géométriques). Mais, au lieu de la brillante peinture mycénienne, les poteries philistines utilisent deux couleurs (le rouge et le noir, sur un fond blanchâtre). L'analyse de la composition de l'argile[8] a permis d'établir que, produites vers Ashdod, ces poteries philistines étaient exportées assez largement jusqu'à Beït Shéan, Megiddo, Hazor et même Tel Dan au nord. Cependant les poteries dites philistines ont été fabriquées beaucoup plus largement que par les seuls Pelesets (Philistins). Certaines de ces poteries, d'après la composition de l'argile, proviennent d'Ougarit et de villes cananéennes sans rapport avec les Pelesets. Les poteries des Peuples de la mer ne constituent donc pas un traceur fiable des Pelesets (Philistins).

Les poteries de style grossier, trouvées en Grèce par exemple, ne sont pas plus un traceur d'hypothétiques invasions d'une Haute Barbarie venue du nord : elles peuvent être tout aussi bien, n'importe où, des productions locales.

L'effondrement des grands royaumes[modifier | modifier le code]

Les invasions des Peuples de la mer marquent, à grande échelle dans tout le bassin méditerranéen, d'une grande instabilité le passage de l'âge du bronze tardif à l'âge du fer. Au bronze tardif, l'équilibre entre les deux grandes puissances régionales que sont l'Égypte et l'empire Hittite apporte une stabilité, des échanges commerciaux actifs et la prospérité.

Les cités philistines du sud-ouest de Canaan[modifier | modifier le code]

Quatre cités philistines sont mentionnées dans les tablettes assyriennes et cinq dans le texte biblique. Elles ont été retrouvées et fouillées.

Gath, au nord-ouest du territoire philistin, mentionnée dans les lettres d'Amarna, a été fouillée à partir de 1996. La cité est détruite à l'époque des invasions des Peuples de la mer, au XIIIe siècle. Elle est reconstruite sous les Philistins (les Pelesets), l'un de ces peuples restés sur place, et elle se développe considérablement pour devenir une importante cité. Elle sera complètement détruite, après l'époque philistine, probablement par Hazael, roi d'Aram-Damas. Les restes d'un temple philistin y ont été dégagés, ainsi que de très nombreuses poteries, des objets de culte et un atelier de fabrication d'outils en os. On note une évolution de l'influence égénne, culture étrangère, vers une culture plus locale, phénomène dit d'acculturation.

Ekron, la moderne Tel Miqne, est située dans la bordure orientale de la plaine côtière, à 35 km à l'ouest de Jérusalem et à 18 km au nord de Gath. Les fouilles ont montré l'existence d'un fort développement vers -1600, suivi d'une destruction au XIIIe siècle à l'époque des invasions des Peuples de la mer, puis d'une reconstruction au XIIe siècle sous les Philistins (les Pelesets), l'un de ces Peuples de la mer resté sur place. Les fouilles de 1996 ont mis au jour une inscription royale qui identifie la cité[9]. Dans une strate de l'âge du Bronze tardif, on a dégagé un scarabée commémoratif égyptien au nom d'Amenhotep III. Les strates de l'époque philistine montrent, dans les céramiques bichromes rouges et noir dites philistines, une influence égéenne et une influence chypriote, qui évoluent vers une culture plus locale : il s'agit du même phénomène d'acculturation qu'à Gath. On a également retrouvé une aire de fours à usage industriel, un grand hall, une pièce cultuelle et un nombre important d'objets divers. Les 150 presses à huile retrouvées sont beaucoup plus tardives et ne concernent en rien l'époque philistine.

Ashdod a été fouillée de 1962 à 1972. Elle est détruite à l’époque des invasions des Peuples de la mer, au XIIIe siècle. Les Philistins (les Pelesets), qui avaient été l’un de ces peuples, la reconstruisent au XIIe siècle.

Ashkelon, grand port mentionné dans les Lettres d’Amarna, a été fouillée à plusieurs reprises entre 1954 et 2008. La cité se développe sous les Philistins (les Pelesets) vers -1150. Les fouilles ont mis au jour des poteries d'influence mycénienne.

La cité de Tell Qasile a été fouillée dès 1948 par Benjamin Mazar. Elle se développe pendant 150 ans sous les Philistins (les Pelesets). Les restes de trois temples y ont été dégagés. On y a trouvé aussi des barques cultuelles, un bloc résidentiel, des ateliers et des entrepôts. Les habitations sont du type carré, chaque appartement comprenant deux pièces rectangulaires séparées par une cour.

Les grands royaumes[modifier | modifier le code]

Peuples de la mer, Empire hittite, Empire égyptien

Depuis Séthi Ier, l'Égypte étend largement son influence sur la Palestine. Ramsès II, après la bataille de Kadesh (1274 av. J.-C.), s'accorde avec Hattushili III (vers 1269) sur un partage du Proche-Orient en deux zones d'influence. Hattusas, capitale hittite, est une grande ville entourée de remparts, avec une forteresse intérieure qui semble imprenable[10], un grand palais, les archives y sont abondantes (noms et dates des souverains, correspondance diplomatique). L'influence hittite s'étend sur toute l'Anatolie. Vers 1300 av. J.-C., Ougarit est une cité-État au commerce très actif, point de rencontre des routes terrestres et point d'échange maritime avec Byblos, le delta du Nil, Chypre et toute la Méditerranée). La population y très cosmopolite. Avec son immense et magnifique palais de pierres taillées[11], ses nombreux scribes, la cité d'Ammourapi[12] est un haut centre culturel avec des bibliothèques de milliers de tablettes d'argile écrites en sémitique cananéen, en hittite, en hourrite, en égyptien, en akkadien (Babylone), mais rien en égéen. Nous n'avons pas de traces archéologiques d'un commerce direct d'Ougarit et de Byblos avec Mycènes : il semble que les échanges passaient par l'intermédiaire de Chypre. À Chypre, un abondant matériel archéologique, trouvé à Enkomi et Kition, a permis de reconstituer l'histoire politique.

L'armement de base est la lance, de divers modèles, l'arc et les flèches, et l'épée. L'introduction, en Méditerranée orientale, des épées de taille à poignées en coquilles, inventées en Europe centrale, va révolutionner les techniques de combat. Courtes, elles sont plus maniables et leur garde protégée les rend plus efficaces. Des exemplaires ont été retrouvés dans des sites très variés. Par ailleurs, l'introduction de la forge permet la technique du façonnage du bronze par martelage. Divers types de poignards et divers types de haches emmanchées, dont des haches de jet, ont également été retrouvés. Des corselets de bronze sont utilisés pour la protection. Les chars de combat, tirés par des chevaux, sont légers et rapides.

Le commerce du cuivre se fait par le transport de lingots dits peaux de bœuf, effilés aux deux extrémités, dont certains exemplaires pèsent plus de trois cents kilogrammes.

Les causes de leur fragilité[modifier | modifier le code]

Ce système d'échanges économiques développe une fragilité par sa réussite même :

  • La spécialisation des productions, chaque pays ayant des productions spécifiques qu'il exporte et étant dépendant des autres par l'importation, entraîne une dépendance pour certains produits devenus indispensables. L'Égypte, par exemple, a un besoin vital des bois qu'elle fait venir du Liban. Or cet approvisionnement se trouve menacé si le grand axe de circulation, le long de la côte, n'est plus sûr, ou si la piraterie entrave la route des échanges maritimes. Les Peuples de la mer s'attaquent précisément à ces deux axes de communication.

Ce système politique, dans lequel les empires grossissent en absorbant les adversaires, développe une autre fragilité par sa réussite même :

  • L'empire Hittite grossit en passant des alliances avec les peuples voisins. Après un conflit avec l'Assyrie, puissance montante, c'est une trahison[13] des anciens alliés de Kadesh (Kashka, Mitanni, puis Lukka et Arzawa) qui, vers 1200 av. J.-C., raye définitivement l'empire Hittite de la carte. Les anciens alliés, désormais seuls, deviennent des proies faciles : Hatti, Karkemish, Arzawa tombent, puis Ougarit disparaît à son tour, vers -1185, entraînant la chute des Amorrites. Nous connaissons un échange de lettres dramatiques entre Hammurabi, roi d'Ougarit, et Suppiluliumas II, roi d'Alashiya[14]. En 1175 av. J.-C., il ne reste des puissances du nord qu'un amas de ruines, mais ces ruines sont bien réelles et ont été retrouvées.
  • Des mercenaires étrangers, de plus en plus nombreux, sont recrutés pour assurer la sécurité aux frontières et l'influence égyptienne à l'extérieur, dans les villes de garnison. Les pirates Shardanes qui sévissent vers l'embouchure du Nil sont vaincus par Ramsès II, qui les recrute ensuite comme mercenaires. Ils participent à la bataille de Kadesh. Mais, sous Ramsès III, on trouve des Shardanes des deux côtés, pour et contre l'Égypte, ce qui fragilise les forces égyptiennes[15].

La montée des Israélites[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Pelesets (côte), Cananéens (vallées), premiers Israélites (hautes terres)

C'est en 1207 av. J.-C., sur la stèle de Mérenptah, qu'apparaissent les Israélites dans les documents archéologiques. Les prospections archéologiques des années 1990 permettent de situer les premières installations vers Silo. Contrairement aux Peuples de la mer, qui recherchent les voies de communication, les Israélites s'installent dans les parties les plus inaccessibles des hautes terres. C'est, semble-t-il, la difficulté, dans cette période troublée, de se procurer les céréales dont ils ont besoin pour se nourrir, qui les conduit à se sédentariser pour pouvoir les planter. La carte des sites[16] ne montre rien qui puisse correspondre à la structuration en douze tribus chère à la Bible : elles sont, notamment, toutes situées au sud de la vallée de Jezréel et ne débordent nulle part des zones montagneuses (il n'y en a aucune dans les plaines côtières).

Ils sont très peu nombreux et aucun document d'aucune des nombreuses archives ne les mentionne ensuite. En particulier, aucune mention n'est faite nulle part d'un roi Saül, ni d'un roi Salomon, ni aucune mention du roi David de son vivant. Le nom de David n'apparaît qu'une seule fois, en tant que fondateur d'une dynastie distincte de celle du royaume d'Israël[17], sur la stèle de Tel Dan, gravée par Hazaël, roi de d'Aram-Damas, vers 900 av. J.-C.

À cette époque, Jérusalem est encore un petit village de montagne, dans l'espace actuellement nommé Cité de David, dont aucune construction importante n'a été retrouvée. La population totale de la région de Jérusalem, estimée à 5 000 habitants entre 1000 et 900 av. J.-C.[18], quand l'Égypte en comprend 2 800 000 vers 1250 av. J.-C., ne permet pas de rassembler quoi que ce soit qui puisse ressembler à une armée. Aucun armement n'a d'ailleurs été retrouvé dans les sites des premiers Israélites[19] et, selon le titre que Finkelstein et Silberman ont donné au paragraphe, les exploits guerriers de David contre les Philistins sont des « Contes pour les veillées d'hiver »[20].

L'attaque de Shéshonq Ier[modifier | modifier le code]

Les Israélites se développent, par contre, sur les hautes terres situées au nord de Jérusalem (250 sites retrouvés), avec une population totale estimée à 40 000 habitants entre 1000 et 900 av. J.-C.[21]. Ces petites chefferies, denses dans la région où la Bible situe Saül, subissent une vague de destructions avant 900 av. J.-C. Un haut-relief et des inscriptions situées sur les murs extérieurs de la grande salle du temple d'Amon à Karnak[22] nous apprend que ces destructions sont l'œuvre de Sheshonq Ier. Afin de rétablir le contrôle égyptien sur la Palestine, Sheshonq attaque les cités cananéennes de Megiddo, Tel Rehov, Beït Shéan, Tanak[23] pour se rendre maître des voies de communication, mais aussi, et c'est tout à fait nouveau, cette zone montagneuse contrôlée par les Israélites. Contrairement au récit biblique, Jérusalem n'est pas concerné[24], et que l'attaque n'est pas le fait des Philistins mais bien le fait de l'armée égyptienne. Il faut également noter qu'aucune attaque n'est portée contre les cités-États philistines, ce qui laisse supposer que les rois pelesets (philistins) ne contrarient aucunement le commerce égyptien dans la région côtière.

Les guerres d'Omri[modifier | modifier le code]

Le premier royaume centralisé attesté par l'archéologie, est celui que fonde Omri. Les archives assyriennes désignent le royaume d'Israël sous le nom de Maison d'Omri. Salmanazar III fait graver une inscription monolithique pour commémorer la bataille de Qarqar (853 av. J.-C.). L'inscription précise que le roi Achab l'Israélite a fourni, parmi les alliés, l'un des plus gros contingents (2 000 chars de combat et 10 000 fantassins).

Selon l'inscription de la grande stèle noire de Mesha (Moab), « Omri, roi d'Israël, humilia Moab pendant de nombreux jours. ». Hazaël, roi d'Aram-Damas, se plaint sur la stèle de Tel Dan qu'Israël ait occupé une partie de son territoire.

Les conquêtes militaires du royaume d'Israël sont donc attestées à l'est et au nord-est. Par contre, les archives d'Omri, pas plus que celles des autres royaumes, ne font aucune mention d'une attaque contre les cités-États philistines (la Philistie n'existe pas en tant qu'État centralisé). Les armées d'Hazaël, roi de Damas (842 à 805 av. J.-C.) mettent fin au royaume des Omrides et aux cité-États des Pelesets.

La population totale du royaume d'Israël est estimée à 350 000 habitants vers 800 av. J.-C. Elle comprend une composante israélite et une composante cananéenne, qui coopèrent toutes deux et assurent la réussite économique, politique et militaire du royaume.

Hébreux contre Philistins ?[modifier | modifier le code]

Aucune donnée archéologique n'indique un quelconque combat entre Israélites et Pelesets (Philistins). La Jérusalem de David n'était pas de taille à pouvoir rassembler une armée. La description de l'équipement militaire de Goliath ne correspond en rien à celui, connu, des Pelesets. Le récit du combat de David contre Goliath (équipement, cérémonial du défi et combat singulier) est, par contre, très proche du poème d'Homère, l'Iliade (équipement d'Achille, combat singulier de Pâris contre Ménélas et d'Hector contre Ajax).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les termes Samaritain et royaume de Samarie n'appartiennent pas non plus au vocabulaire de l'archéologie, qui parle d'Israélites et du royaume d'Israël. Le terme Palestine est utilisé en archéologie pour désigner la région, indépendamment de l'époque et sans aucune référence au terme Philistins dont il découle étymologiquement.
  2. Les techniques actuelles d'étude du paléoenvironnement (graines, pollens, traces de défrichage etc.) permettent de se faire une idée assez précise du mode de vie de cette population. Pour le site d'Izbet Sartah, l'un des plus gros, l'analyse détaillée de Baruch Rosen a montré que le site comporte une centaine d'habitants, 350 hectares de terres (une grosse moitié cultivée, une petite moitié en pâtures), produit 53 tonnes de blé et 21 tonnes d'orge par an, utilise 40 bœufs de labours et élève 300 chèvres et moutons (Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie., éditions Gallimard 2004, p. 134).
  3. La cité Gath n'est pas attestée dans les tablettes assyriennes.
  4. a et b Françoise Briquel Chatonnet, Philistins, pp. 1718-1719 du "Dictionnaire de l'Antiquité", sous la direction de Jean Leclant, éditions PUF, 2005. (ISBN 2 13 055018 5).
  5. Jürgen Osing, "Peuples de la mer", p. 1712 du "Dictionnaire de l'Antiquité", sous la direction de Jean Leclant, éditions PUF, 2005. (ISBN 2 13 055018 5).
  6. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie., éditions Gallimard 2004, pp. 107-111. N. K. Sandars, Les Peuples de la mer, éditions France-Empire, 1981, pp. 126-141.
  7. En Égypte, les scribes apprennent l'écriture dans les Maisons de Vie, ainsi nommées car l'écriture est censée donner, par magie, effectivement la vie aux personnes qu'elle nomme.
  8. On sait déterminer précisément, par l'analyse fine de la composition de l'argile, à quel endroit elle a été extraite. On sait déterminer précisément, par l'analyse fine de la structure, l'historique exact de la cuisson et, connaissant les différences technologiques entre plusieurs sites de four, on peut souvent préciser sur quel site la cuisson a été effectuée.
  9. Israel Exploration Journal, 47 (1997), pp.9-16.
  10. Büyükkale, forteresse de 5 000 mètres carrés. Le palais d'Hattusas a la même surface.
  11. Construction de 10 000 mètres carrés. Il faudra attendre le palais de Samarie, qu'Omri fait bâtir par des maçons phéniciens, pour retrouver un ouvrage d'ampleur comparable.
  12. Ammourapi, roi d'Ougarit, sans rapport avec Hammurabi, roi de Babylonie.
  13. « Vous n'étiez pas à côté de moi. Ne suis-je pas allé seul à Nihirija. Et quand l'ennemi a tenté de prendre une partie du pays Hatti, j'ai été abandonné de tous dans la ville d'Alatarma. »
  14. Suppiluliumas II à Hammurabi : « Fortifiez vos villes, mettez-y les troupes et les chars et attendez l'ennemi de pied ferme. » Réponse d'Hammurabi : « Mon père, les bateaux ennemis sont déjà là, ils ont mis le feu à mes villes et causé de grands dégâts dans le pays.../... Ainsi le pays est abandonné à lui-même... » (Chypre, où la population s'exilera dans son ensemble). Les archives amorites, dont on sait qu'elles étaient importantes, n'ont malheureusement pas été retrouvées.
  15. Les Shardanes sont attestés pendant 170 ans au total. Les casques à cornes, dont les cornes sont signe de divinité, sont déjà connus à Ur vers 1250 av. J.-C. mais sont, par contre, inconnus des Égéens.
  16. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie, éditions Bayard, 2002 p. 141 (ISBN 2-227-139-51-X).
  17. « J'ai tué [Jo]ram fils d'[Achab] roi d'Israël, et [j'ai] tué [Ahas]yahu fils de [Joram] roi de la maison de David. Et j'ai réduit [leur ville en ruine et changé] leur terre en [désolation]. »
  18. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible. À la recherche de David et Salomon, éditions Bayard, 2006, p. 69.
  19. « Aucune arme, du type épée ou lance, ne fut découverte — alors que ce genre de trouvailles est typique des villages des plaines. » (Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie, éditions Bayard, 2002, p. 133.
  20. Idem p. 59.
  21. Idem p. 69.
  22. Les inscriptions ne comportent pas la date. La date de -926 qu'on tire de la Bible est plausible, mais elle n'est nullement attestée.
  23. Ces cités-États, dont les fouilles (poteries, objets en métal ou en pierre, mobilier cultuel, architecture) montrent qu'elles sont cananéennes et non pas israélites, sont alors brutalement réduites en cendres.
  24. Selon le récit biblique (1R 14, 25-26) « La cinquième année du roi Roboam, Shéshonq marcha contre Jérusalem. Il se fit livrer les trésors du temple de Yahvé et ceux du palais royal, absolument tout. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maeir, A.M., Aegean Feasting and Other Indo-European Elements in the Philistine Household. in : "Dais - the Aegean Feast: Proceedings of the 12th Annual International Aegean Conference, Melbourne 25–29 March, 2008", eds. R. Laffineur and L. Hitchcock. Aegeaum 29. Liege: University of Liege., 2008
  • Dothan, Trude Krakauer. 1982. The Philistines and Their Material Culture. Jerusalem: Israel Exploration Society
  • Dothan, Trude Krakauer, and Moshe Dothan. 1992. People of the Sea: The Search for the Philistines. New York: Macmillan Publishing Company
  • Ehrlich, Carl S. 1996. The Philistines in Transition: A History from ca. 1000–730 B.C.E. Studies in the History and Culture of the Ancient Near East 10, ser. eds. Baruch Halpern, and Manfred Hermann Emil Weippert. Leiden: E. J. Brill
  • Gitin, Seymour, Amihai Mazar and Ephraim Stern, eds. 1998. Mediterranean Peoples in Transition: Thirteenth to Early Tenth Centuries BCE. Jerusalem: Israel Exploration Society
  • Maeir, Aren 2005. Philister-Keramik. Pp. 528–36 in "Reallexikon der Assyriologie und vorderasiatischen Archäologie", Band 14. Berlin: W. de Gruyter.
  • Oren, Eliezer D., ed. 2000. The Sea Peoples and Their World: A Reassessment. University Museum Monograph 108. Philadelphia: The University of Pennsylvania Museum of Archaeology and Anthropology
  • Redford, Donald Bruce. 1992. Egypt, Canaan, and Israel in Ancient Times. Princeton: Princeton University Press

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]