Don C. Talayesva

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Don C. Talayesva
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité

Don C. Talayesva est un indien Hopi, né à Oraibi, en Arizona, en mars 1890, et décédé en 1976[1]. Léo W. Simmons, sociologue américain, lui demanda, en 1938, de commencer à écrire sa vie afin que le lecteur soit à même de "se glisser dans la peau d'un Hopi" et de voir la vie indienne par ses yeux.

Soleil hopi[modifier | modifier le code]

Soleil hopi est l'autobiographie de Don C. Talayesva, un Indien hopi, chef du clan du Soleil. Le titre anglais est : Sun chief. L'autobiographie comprend 15 chapitres.

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Ch. 1: Jumeaux fondus en un[modifier | modifier le code]

Le premier chapitre raconte la naissance de Talayesva (relatée comme s'il y avait lui-même assisté), et les différents gestes rituels qui lui sont associés. Il y a, tout d'abord, la fusion, dans le ventre de la mère, avec l'aide du guérisseur, des jumeaux en un seul enfant, puis les différents rituels de purification, et enfin l'attribution du nom (par sa mère, Talayesva appartient au clan du Soleil, mais le rituel lui attribue les noms des clans paternels: le Sable, le Serpent, la Terre). Un destin glorieux lui est prédit.

Ch. 2: Crises d'enfance, premiers souvenirs[modifier | modifier le code]

Les premières années de vie sont racontées du point de vue de l'enfant, sans que les liens entre les événements et les phénomènes soient toujours explicités. Le narrateur relate en particulier le don de l'antilope qu'il a reçu, le bizutage subi par les "grands-pères" (qui sont les époux des tantes maternelles), la présence et les danses des esprits kachina et plus particulièrement la danse du serpent (dont l'historien de l'art Aby Warburg parlera également), le récit des origines des Kachina Géants (pour effrayer les enfants) et la quasi-mort pour s'être trop approché du sanctuaire de la Femme-Araignée (évoquée dans le récit des Kachina Géants).

Ch. 3: J'apprends la vie[modifier | modifier le code]

Ce sont les apprentissages des cinq premières années de vie qui sont ici relatés: la valeur de la nourriture, en particulier le maïs, à travers le récit de famines mémorables; le rapport aux animaux domestiques (ânes) et sauvages (faucons); le respect envers les esprits, maîtres des animaux; la reconnaissance des personnes d'autorité; l'art de guérisseur.

Ch. 4: Sottises et punitions[modifier | modifier le code]

Comme le titre l'indique, ce sont d'abord les sanctions qui sont présentées ici : qui a le droit de les attribuer? quelles sont-elles (fouet, enfumement)? Ensuite sont évoquées les choses du sexe, l'intérêt qu'elle suscite, les émois qu'elles provoquent ainsi que les récits qui sont racontés à leur sujet (dont la légende des filles au sexe denté). Finalement est décrite en détail l'initiation à la société des Katcina, d'abord vue comme une punition puis considérée par Talayesva comme le passage à la maturité.

Ch. 5: L'école dans la réserve[modifier | modifier le code]

Il y est question principalement des relations avec les Blancs. Le village est divisé en Hostiles et en Amis. Mais, de gré ou de force, tous les enfants sont envoyés à l'école blanche dans la Réserve pour y recevoir nom et instruction. Don (c'est le nom que Talayesva reçoit) y fait ses classes, plutôt de gré, de 10 à 15 ans. Il y a alors rencontre et confrontation de deux mondes, à propos de la religion (les katcina et Dieu), des explications du monde (les feux follets), des relations entre garçons et filles et de la sexualité (cohabitation et séparation).

Ch. 6 : L'école hors réserve[modifier | modifier le code]

Don est alors envoyé, pour plusieurs années, à l'école de Sherman, l'école hors réserve à Riverside en Californie. Il y apprend les moeurs occidentales (habillement, religion, savoir-vivre, nourriture, sexualité) et y fait ses premières expériences sexuelles. Mais il tombe gravement malade (pneumonie) qui met sa vie en danger. Dans une sorte de transe, il fait un long voyage initiatique vers la Maison des Morts, semé d'embûches et de choix à faire, et il découvre qu'il a un Guide spirituel hopi, un Esprit tutélaire. Ayant échappé à la mort, il veut redevenir "un vrai Hopi", raison pour laquelle il retourne en terre hopi. Voici comment il synthétise son expérience à Sherman : "Je savais parler comme un monsieur, lire, écrire et compter; je savais les noms et les capitales de tous les Etats des Etats-Unis, les noms de tous les livres de la Bible, citer cent strophes de l'Ecriture, chanter plus de deux douzaines de cantiques chrétiens et de chants patriotiques, prendre part aux débats, brailler aux matches de football, faire les figures des square-dances, faire le pain, coudre assez bien pour faire un pantalon et raconter des histoires cochonnes indéfiniment. C'était important d'avoir appris à vivre avec les Blancs et à gagner de l'argent en les aidant, mais mon expérience de mort m'avait appris que j'avais un Guide spirituel hopi que je devais suivre si je voulais vivre. Je voulais redevenir un vrai Hopi, chanter les chères vieilles chansons de Katcina, me sentir libre de faire l'amour sans craindre le péché ni le fouet."[2]

Ch. 7 : Retour au pays hopi[modifier | modifier le code]

Après ces années d'école hors de la réserve, Talayesva revient en pays hopi, où tout tourne autour de trois préoccupations: le travail au quotidien, les aventures sexuelles et les danses katcina.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Soleil Hopi. L'autobiographie d'un Indien Hopi. Librairie Plon. Collection Terre Humaine. 1959[3]. Cet ouvrage est considéré comme un des grands classiques de l'ethnologie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après la notice biographique figurant sur les rééditions Pocket/Terre Humaine « Don C. Talayesva est mort en 1976 dans la paix indienne ».
  2. Don C. Talayesva, Soleil hopi, Paris, Plon, , p. 177-178
  3. réédité en 2005 (ISBN 2266161660)