Dominique Belpomme

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Dominique Belpomme
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Biographie
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Nationalité
Activité

Dominique Belpomme, né le à Rouen, est un médecin de cancérologie, professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades et membre de plusieurs sociétés savantes internationales[réf. nécessaire]. Il est président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, qu’il a fondé en 1984.

Carrière[modifier | modifier le code]

  • 1967 : il est interne des hôpitaux de Paris[1].
  • 1975-1982 : il est nommé chef de clinique à l'Institut Gustave-Roussy puis à l'Hôpital Saint-Louis.
  • 1978 : Il reçoit le Prix Léon Dobry-Baratz de l'Académie de Médecine le 12 décembre 1978[2].
  • 1984 : Il crée l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse (ARTAC) avec d'autres cancérologues[3] à Paris, dont il est président.
  • 1998 : Il est nommé Professeur le 27 février 1998[4].
  • 2005 : Il défend le projet REACH du point de vue sanitaire en 2005[5], dans la suite logique de l'Appel de Paris dont il est un des initiateurs. L'Appel de Paris est aujourd'hui signé par de très nombreuses personnalités scientifiques internationales et par le Comité permanent des médecins européens (CPME) représentant l'ensemble des conseillers de l'ordre des médecins et organismes médicaux des 25 membres de l'Union Européenne[réf. souhaitée]. Cet appel souligne les liens de cause à effet entre pollution chimique et maladies[6],[7].
  • 2005-2006 : Il est nommé conseiller scientifique pour l'Agence spatiale européenne (ESA) en 2005 sur le Projet Melissa[8], le rapport Health risks associated with the Melissa life support system, with special reference to thermodynamic and cybernetic considerations étant disponible[9].
  • 2011 : il fonde, avec divers hommes politiques écologistes, l'European Cancer and Environment Research Institute (ECERI) à Bruxelles, dont il est président[10].
  • 2012 : Travaillant sur la prévention primaire des cancers mais également sur les diagnostiques et les traitements, Dominique Belpomme a déposé avec Philippe Irigaray en 2013 un brevet concernant un test diagnostique et pronostique du cancer[11] et dont un premier article faisant état de cette découverte fut publié en 2020.[12]
  • 2013 : Il est titulaire, à la faculté de Gembloux (Belgique), de la chaire Francqui[13].

Combats et controverses[modifier | modifier le code]

chlordécone et pesticides[modifier | modifier le code]

Il dénonce l'utilisation du chlordécone aux Antilles dans un rapport controversé, qui lui vaut d'être auditionné par une commission parlementaire d'enquête[14]. Initiateur de l'Appel de Paris en 2004[15] il avance qu'on peut « considérer que 80 à 90 % des cancers sont causés par la dégradation de notre environnement »[16]. Cette affirmation suscite des critiques chez certains de ses pairs, tel que le professeur David Khayat[17]. Mais cette hypothèse de travail fait l'objet de différents articles scientifiques publiés dans des journaux à comité de lecture notamment en 2007[18]. Mais également en 2009 en y apportant les mécanismes d'action.[19]

En juin 2010 est publiée l'étude Karuprostate[20], qui montre que l'exposition aux pesticides organochlorés est associée à une plus forte fréquence des cancers de la prostate constatés aux Antilles. Le caractère cancérigène étant dû à la perturbation du système endocrinien, il est possible que ces pesticides aient un rôle dans d'autres cancers hormono-dépendants comme le cancer du sein. Ce qui donne finalement raison au rapport du Pr. Belpomme.[21]

De plus les études en Martinique font également l'objet de publications dans des journaux à comité de lecture[22].

Les Antilles françaises étant peuplées d'environ un million d'habitants et ayant été fortement exposées à ces pesticides organochlorés, elles se présentent comme un cas d'étude scientifique où les informations sanitaires sont bonnes tout en conservant des caractéristiques tropicales.

Le 15 février 2004, il affirme sur France Inter que l'allongement de l'espérance de vie humaine estimée, non pas à la naissance mais à partir de 60 ans, est quasiment nul[réf. nécessaire]. Certains ont vu une confirmation de cette affirmation dans les résultats préliminaires publiés par le CDC des États-Unis concernant l'espérance de vie (à la naissance) en 2008 dans ce pays[23], résultats contredits par les statistiques définitives[24] et par la hausse continue de l'espérance de vie observée aux États-Unis depuis[25].

Il expose son point de vue sur les conséquences sur la santé de la dégradation de l'environnement dans une interview publiée le 6 avril 2016[26]. L'AFIS réfute ces affirmations en expliquant que les déclarations de Belpomme à Télérama seraient de « 70 % à 90 % à côté de la plaque[27] ».

Ces affirmations ont pourtant fait l'objet de publications scientifiques dans des journaux à comité de lecture et ce avec d'autres scientifiques.[18],[19] De plus le point de vue du Pr Dominique Belpomme est en partie confirmé par le rapport 2008-2009 du President's Cancer Panel, intitulé : "Réduire le risque de cancer dans l'environnement, ce que nous pouvons faire maintenant"[28], qui a été remis au Président Obama et qui a marqué un tournant dans le processus politique américain sur les produits chimiques. Ce rapport, qui a été publié le 6 mai 2010 soit après deux ans de réunions publiques et la contribution de divers scientifiques et organisations, a en effet conclu que le programme national de lutte contre le cancer n'a pas traité de manière adéquate les «dommages graves» des cancérogènes chimiques[29].On pouvait même lire dès le 6 mais 2010 dans la presse américaine : "Les médecins sous-estiment l'environnement comme cause du cancer" avec pour sous-titre "Un panel présidentiel met en garde contre l'exposition humaine aux cancérogènes"[30].

Ondes électromagnétiques[modifier | modifier le code]

Le Pr Dominique Belpomme est connu pour ses études sur l’électro-hypersensibilité (EHS).

En 2013, l'Anses (Autorité nationale de sécurité sanitaire) remet un rapport au sujet des ondes magnétiques, où elle estime que si l'exposition aux ondes électromagnétiques par les téléphones portables par exemple, "peut provoquer des modifications biologiques sur le corps", les données scientifiques disponibles ne montrent néanmoins "pas d'effet avéré sur la santé". Belpomme réagit à ce rapport en affirmant au contraire que "Les champs magnétiques sont néfastes pour la santé", aggravent les risques d'Alzheimer et de cancer du cerveau [31].

En 2015, paraît l'étude qu'il a faite en compagnie de Christine Campagnac et de Philippe Irigaray sur les biomarqueurs des ondes électromagnétiques [32]. La description au clinique de l'EHS faite par le Pr Belpomme et son équipe fait l'objet de diverses publications dans des journaux à comité de lecture.[33]

En 2018, Belpomme est poursuivi par l'Ordre des Médecins pour « manquement à la déontologie », en délivrant des certificats d'électrosensibilité non individualisés (stéréotypés avec seulement le nom du patient changé), et en déterminant le diagnostic à partir de méthodes non validées scientifiquement (EncéphaloSCAN, ou tomosphygmographie cérébrale ultrasonore (TSCU))[34],[35]. Pour l'instant, en première instance il n'a eu qu'un avertissement comme en atteste le tweet du CNOM et les deux protagonistes ont fait appel. [36]

La chambre disciplinaire a donc estimé que le fait reproché ne justifiait pas de sanction, mais s'est manifestée par cette condamnation légère. Comme le rapporte à Paris Match le Dr Jacques Lucas au sujet des différents condamnations.[37] Malgré cette condamnation légère, le Pr Belpomme a donc fait appel.

De même que l'intérêt de l'utilisation de la tomosphygmographie cérébrale ultrasonore a fait récemment l'objet d'un article scientifique par le Dr Frédéric Greco.[38].

En juin 2020, le journaliste Nicolas Bérard, auteur de 5G mon amour, une “enquête sur la face cachée des réseaux mobiles”, se demande si la méthode de diagnostic de Belpomme est bonne ou non, en regrettant que "Personne n’a fait de critique constructive pour montrer l’inverse"; et souligne qu'"il est poursuivi alors que l’ordre des médecins et les autorités n’ont aucune alternative à proposer"[39].

En janvier 2021, au moment où la 5G s'installe dans les grandes villes de France, sort Le livre noir des ondes, Les dangers des technologies sans fil et comment s’en protéger, que Belpomme a dirigé.

Documentaires[modifier | modifier le code]

Le professeur Belpomme est à l'affiche de deux films documentaires traitant des problèmes liés aux pesticides : Nos enfants nous accuseront (2008) de Jean-Paul Jaud, et Sous les pavés, la terre (2009) de Thierry Kruger et Pablo Girault. Il apparait aussi dans Les sacrifiés des ondes (2012) un film documentaire de Jean-Yves Bilien sur une enquête de Maxence Layet sur l'effet potentiellement néfaste des ondes électromagnétiques créées par l'homme.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Comment naissent les maladies : ... Et que faire pour rester en bonne santé, Editions Les Liens Qui Libèrent (6 avril 2016) (ISBN 979-1020902610)
  • Avant qu'il ne soit trop tard, Fayard, 2007, 302 p. (ISBN 978-2213625980)
  • Guérir du cancer ou s'en protéger, Fayard, 2005, 444 p. (ISBN 978-2213624204)
  • Avec Bernard Pascuito, Ces maladies créées par l'homme : Comment la dégradation de l'environnement met en péril notre santé, Albin Michel, 2004, 384 p. (ISBN 978-2226142238)
  • Les grands défis de la politique de santé en France et en Europe, Librairie de Médicis, 2002, 915 p. (ISBN 978-2853271660)
  • Cancérologie générale : Physiopathologique clinique, Editions J.-B. Baillière (24 août 1992) (ISBN 978-2700800753)
  • Le livre noir des ondes, Les dangers des technologies sans fil et comment s’en protéger. Un guide pour tous. Sous la direction du Pr. Dominique Belpomme, (ISBN 978-2-87434-184-7) — 416 pages - éditions Marco Pietteur

Et une partie des publications scientifiques publiées dans des journaux à comité de lecture disponibles sur la base Pubmed[40]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « AAIHP - Association Amicale des Anciens Internes en Médecine des Hôpitaux de Paris », sur www.aaihp.fr (consulté le 24 décembre 2020)
  2. « L'Académie a décerné ses prix annuels », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2020)
  3. « ARTAC – Association Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse », sur www.artac.info (consulté le 18 décembre 2020)
  4. « Dominique Belpomme - Nominations au Journal officiel de la République française », sur jorfsearch.steinertriples.fr (consulté le 18 décembre 2020)
  5. (en-US) « REACH « CPME » (consulté le 18 décembre 2020)
  6. « Appel de Paris - 4e Colloque Anniversaire de l'Appel de Paris », sur appel-de-paris.com (consulté le 18 décembre 2020)
  7. « Appel de Paris, colloque cancer, environnement et santé organisé par ARTAC, appel de Paris ARTAC », sur www.artac.info (consulté le 18 décembre 2020)
  8. W. Schiettecatte, H. De Wever, L. Hendrickx, « Melissa - TECHNICAL NOTE: 80.14 PRELIMINARY REQUIREMENTS FOR FUTURE BIOSAFE INVESTIGATIONS »,
  9. Alan J. Poppleton, « Special Considerations for Human Factors in Industrial Control System Security », Engineering & Technology Reference,‎ (ISSN 2056-4007, DOI 10.1049/etr.2015.0107, lire en ligne, consulté le 18 décembre 2020)
  10. ECERI Administrative Board (en anglais)
  11. (en) Méthylglyoxal en tant que marqueur du cancer, (lire en ligne)
  12. Philippe Irigaray et Dominique Belpomme, « Circulating free methylglyoxal as a metabolic tumor biomarker in a rat colon adenocarcinoma model », Molecular and Clinical Oncology, vol. 12, no 4,‎ , p. 311–316 (ISSN 2049-9450, PMID 32190311, PMCID 7058004, DOI 10.3892/mco.2020.2000, lire en ligne, consulté le 12 janvier 2021)
  13. « Titulaires – Fondation Francqui – Stichting », sur www.francquifoundation.be (consulté le 18 décembre 2020)
  14. « Pesticide aux Antilles : le rapport Belpomme décrédibilisé », Libération.fr, mis en ligne le 8 novembre 2007
  15. L'appel de Paris : Présentation, artac.info
  16. Améliorer l'environnement pour lutter contre le cancer, Paul Benkimoun, Le Monde du 3 juillet 2009
  17. « Au sujet de Dominique Belpomme, par le Professeur David Khayat », Agriculture & Environnement, mis en ligne le 27 novembre 2005
  18. a et b (en) « belpomme d cancer 2007 - Search Results - PubMed », sur PubMed (consulté le 18 décembre 2020)
  19. a et b (en) « belpomme d cancer 2009. - Search Results - PubMed », sur PubMed (consulté le 18 décembre 2020)
  20. (en) Multigner L, Rodrigue Ndong J, Giustiet A. et al. « Chlordecone Exposure and Risk of Prostate Cancer » J Clin Oncol. 2010. DOI:10.1200/JCO.2009.27.2153
  21. Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, « Rapport Martinique »
  22. (en) « belpomme d martinique - Search Results - PubMed », sur PubMed (consulté le 18 décembre 2020)
  23. L'espérance de vie recule aux États-Unis, notre-planete.info, 17 février 2011.
  24. « États-Unis : l'espérance de vie toujours en hausse » Alternatives Économiques no 306, octobre 2011.
  25. Espérance de vie à la naissance (aux États-Unis, en fonction de l'année de naissance) Statistiques compilées par la Banque mondiale.
  26. Dominique Belpomme, cancérologue : “70 à 90 % des cancers seraient liés à l'environnement”, Weronika Zarachowicz, Télérama, 6 avril 2016
  27. Dominique Belpomme dans Télérama : 70 % à 90 % à côté de la plaque, Afis-Média, 3 mai 2016
  28. (en) Suzanne H Reuben, United States, President's Cancer Panel et United States, Reducing environmental cancer risk: what we can do now : President's Cancer Panel 2008-2009 annual report, President's Cancer Panel, (OCLC 635562349, lire en ligne)
  29. Richard Clapp, « Chemicals policy in the 2008-2009 President's Cancer Panel Report », New solutions: a journal of environmental and occupational health policy: NS, vol. 21, no 3,‎ , p. 447–455 (ISSN 1541-3772, PMID 22001041, DOI 10.2190/NS.21.3.j, lire en ligne, consulté le 24 décembre 2020)
  30. (en) Marla Cone, Environmental Health News, « Doctors Underestimate Environment as Cause for Cancer », sur Scientific American (consulté le 24 décembre 2020)
  31. https://www.francetvinfo.fr/sante/cancer/belpomme-les-champs-magnetiques-sont-nefastes-pour-la-sante_1670801.html
  32. "Reliable disease biomarkers characterizing and identifying electrohypersensitivity and multiple chemical sensitivity as two etiopathogenic aspects of a unique pathological disorder", [1]
  33. (en) « belpomme d EHS - Search Results - PubMed », sur PubMed (consulté le 18 décembre 2020)
  34. « Electrosensibilité : le Pr Belpomme poursuivi par l'Ordre des Médecins », sur scienceetavenir.fr
  35. https://sante.lefigaro.fr/article/electrosensibilite-le-pr-belpomme-vise-par-une-procedure-disciplinaire-de-l-ordre-des-medecins
  36. Ordre des Médecins, « tweet »,
  37. Paris Match, « Conseil de l'ordre des médecins : Une institution pour protéger les patients », sur parismatch.com (consulté le 18 décembre 2020)
  38. Frédéric Greco, « Technical Assessment of Ultrasonic Cerebral Tomosphygmography and New Scientific Evaluation of Its Clinical Interest for the Diagnosis of Electrohypersensitivity and Multiple Chemical Sensitivity », Diagnostics (Basel, Switzerland), vol. 10, no 6,‎ (ISSN 2075-4418, PMID 32599757, PMCID 7345985, DOI 10.3390/diagnostics10060427, lire en ligne, consulté le 18 décembre 2020)
  39. https://www.lesinrocks.com/cheek/faut-il-avoir-peur-de-la-5g-2-156905-10-06-2020/
  40. (en) « belpomme d - Search Results - PubMed », sur PubMed (consulté le 18 décembre 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]