Domaine de Montreuil

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Domaine de Montreuil
Domaine de Madame Élisabeth
Versailles Château Montreuil.jpg

Façade principale de la Maison

Présentation
Propriétaire
Statut patrimonial
 Inscrit MH (1980, Orangerie, partiellement)
Localisation
Situation
24 26 rue Champ-LagardeVoir et modifier les données sur Wikidata
Versailles
Yvelines
Drapeau de la France France
Coordonnées
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Le château ou domaine de Montreuil, dit Domaine de Madame Élisabeth, situé dans le centre de Versailles, abrite un parc de 7,2 hectares. Louis XVI l'acheta en 1783 pour sa sœur Élisabeth de France, dite Madame Élisabeth.

Historique[modifier | modifier le code]

L'Orangerie

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Seigneurie dès le XIIe siècle, Montreuil est doté d'une forteresse en 1375. Entré dans le domaine royal, le domaine est cédé aux Célestins de Paris par le roi Charles VI. Puis il est intégré au domaine de Versailles au temps de Louis XV. La source qui alimente à l'époque les étangs aujourd'hui asséchés, en fait un lieu à la mode où les proches de la Cour font construire de belles propriétés d'agrément.

C'est ainsi qu'en 1772, le prince de Rohan-Guéméné et son épouse, dite Madame de Guéméné acquièrent le domaine de Montreuil, qu'ils agrandissent pour former une propriété de 8 hectares. Les transformations, tant de la maison que des jardins sont confiées à l'architecte Alexandre Louis Étable de La Brière. En 1783, à la suite de la faillite retentissante des Guéméné, Louis XVI achète la demeure pour sa sœur cadette Élisabeth. C'est Marie Antoinette qui en fait la surprise à celle-ci. Lui ayant proposé une promenade à Montreuil, où Madame Élisabeth alors âgée de 19 ans se souvient d'avoir joué étant enfant, la reine lui annonce: « Vous êtes ici chez vous ». Madame Élisabeth y séjourne jusqu'en 1789.

De 1784 à 1789, les bâtiments sont mis au goût du jour, dans le style néo-classique, par l'architecte Jean-Jacques Huvé, futur maire de Versailles (1792-1793)[1]. Celui-ci fait élever des corps de logis à deux niveaux (rez-de-chaussée et étage) en pierre de taille, striés de refends horizontaux et surmontés de combles brisés. L'ensemble comprenait notamment une chapelle sur plan circulaire et éclairage zénithal, type alors en vogue (cf. chapelle de l'Hôpital Richaud par l'architecte Charles François Darnaudin, collègue d'Huvé comme inspecteur du château de Versailles), ainsi qu'un boudoir turc. Le mobilier fut commandé à l'ébéniste Jean-Baptiste-Claude Sené. Des pièces de ce mobilier sont conservées aujourd'hui au musée du Louvre[2] et au musée Nissim de Camondo[3].

Le mur de clôture, le long de l'avenue de Paris, couronné d'une balustrade, servait de terrasse d'où l'on pouvait admirer le parc et le jardin de huit hectares aménagé par Huvé dans ce qu'on appelait le goût anglo-chinois (grotte factice, cours d'eau, cascade, pont, etc.). Des dessins de l'architecte, conservés à la Bibliothèque nationale, au musée Carnavalet et au musée Lambinet gardent le souvenir de cet aménagement[4].

Madame Élisabeth établit à Montreuil un petit dispensaire dans une pièce de la maison pour les pauvres des environs. Ceux-ci sont soignés par le médecin et botaniste Louis Guillaume Le Monnier, qui fait venir des plantes rares dans le potager du domaine. La Révolution met fin à ces occupations.

Ayant échappé au morcellement des propriétés lors de la Révolution française, la famille Clausse en devient propriétaireau début du XIXe siècle, Charles Louis Clausse, maire de Versailles y décède le 10 septembre 1831.

Les bâtiments sont profondément transformés, sans doute sous la Restauration ou la Monarchie de Juillet, pour donner la configuration que l'on connaît actuellement.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Entre les deux dernières guerres, des restaurations importantes sont réalisées par le propriétaire, Jean-Baptiste Chantrell. En 1955, sa fille Lydie vend la propriété à une société immobilière. La maison de Madame Élisabeth appartient depuis 1984 au conseil général des Yvelines. L'Orangerie, acquise par le département en 1997, sert de lieu d'expositions temporaires.

Description[modifier | modifier le code]

L'habitation actuelle se compose d'un corps de logis rectangulaire de deux étages sur rez-de-chaussée flanqué de deux pavillons. La façade est ornée d'un péristyle à quatre colonnes. De la maison d'origine, ne subsiste que la partie initialement acquise par les Guéméné avec seulement trois pièces de l'appartement de Madame Élisabeth: la chambre qui devait être la sienne mais où elle n'a jamais couché (n'étant pas majeure, elle devait chaque soir retourner dormir au château), le salon turc et la salle du clavecin. Certains éléments de décor sont des réemplois.

Outre l'Orangerie, le domaine était bordé par une laiterie et une vacherie aujourd'hui disparues.

La visite du parc est libre.

L'orangerie (pour ses façades et toitures) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [5].

Citation[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]