Dolmen de Pierre-Fade

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Dolmen de Pierre-Fade
Dolmen de la Pierre-Fade.JPG

Vue d'ensemble de la Pierre-Fade

Présentation
Type
Construction
Néolithique final, Chalcolithique (vers 2 200 à 2 000 av. J.-C.)
Propriétaire
Personne privée
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
LaschampsVoir et modifier les données sur Wikidata
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Le dolmen de la Pierre-Fade (ou dolmen de Pierre Fade) est un mégalithe situé dans la commune de Saint-Étienne-des-Champs, dans le département français du Puy-de-Dôme, en Auvergne.

Il est parfois appelé "la pierre des fées" (de l'auvergnat fadà qui a donné « Fade »[1], c'est-à-dire « fée » en français). Les croyances qui rattachent ces monuments très anciens aux fées sont fréquentes (comme pour le dolmen de La Roche-aux-Fées[M 2],[M 3] en Ille-et-Vilaine), mais aucune légende populaire n'est avérée pour ce mégalithe auvergnat.

Ce dolmen est en très bon état de conservation et il est de type "simple" par sa structure et ses dimensions modestes, contrairement aux monuments mégalithiques plus élaborés, comme ceux rencontrés par exemple en Bretagne.

C'est la seule sépulture mégalithique, parmi les trois exemples très bien conservés dans le département du Puy-de-Dôme, qui possède encore son tumulus[2].

Situation[modifier | modifier le code]

Chemin qui descend le coteau menant au dolmen, dans la vallée du Sioulet

Le dolmen de Pierre-Fade se dresse sur les flancs d'un coteau, plus précisément sur une rupture depente, à 674 m d'altitude, au lieu-dit Les Brousses, de la commune de Saint-Étienne-des-Champs (parcelle cadastrale AX n°131). En contrebas, coule la rivière du Sioulet, ce qui aurait pu être un facteur déterminant l'installation d'un monument d’inhumation et aussi symbolique. La rivière constitue également une source très proche de matériaux utilisés dans l'édification du dolmen : des galets en basalte se trouvent dans le remplissage du tumulus. On peut supposer que la présence de ces galets n'est pas liée au hasard et que leur position relève d'un rite dont la pratique nous est inconnue aujourd'hui.

Le choix d'un emplacement de ce type de monument sur les hauteurs, surplombant une vallée, apparaît assez évident : on recherchait certainement une visibilité maximale. Durant le Néolithique, l'implantation humaine s'effectue d'abord sur des sites perchés pour mieux se défendre d'attaques éventuelles d'autres groupes. Un mégalithe peut en outre représenter le marqueur spatial d'un territoire d'un groupe sédentarisé[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Les premières mentions recensant le dolmen proviennent d'historiens du XIXe siècle comme Jean-Baptiste Bouillet et Louis Leguay[4].

En 1910, une fouille sommaire aurait été entreprise, mais les rares objets exhumés (une petite hache en pierre et un bol en terre cuite) ne nous sont pas parvenus[5].

Une fouille plus sérieuse dite « de sauvetage », sous la forme d'une étude méthodique avec des relevés, des plans et la conservation du mobilier archéologique, est conduite sous la direction de Claire Gautrand-Moser (Conservateur du musée Ernest-Rupin, Brive), en juillet 1975.

Le dolmen est classé au titre des Monuments historiques depuis 1989[6],[M 1].

Il a été restauré par l'archéologue Jean-Pierre Lagasquie en avril 2001 car il menaçait de s'effondrer sur lui-même : entre autres, les orthostates du dolmen ont été redressés. Le sculpteur auvergnat Yves Connier consolida la dalle verticale du chevet fendue, à l'aide d'agrafes. Le tumulus fut mis en valeur et restitué tel qu'il existait avant la fouille de 1975[7].

Description[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des dolmens du sud de la France, la Pierre-Fade est organisée en structure simple, aux dimensions modestes : 3 m de longueur, 1,65 m de largeur et 2,4 m de hauteur. Par conséquent, ce devait être une chambre funéraire unique, bien qu'elle pût être réutilisée lors d'inhumations successives à diverses périodes.

L'ouverture du tombeau est orientée au sud-est, c'est-à-dire face au soleil levant entre l'équinoxe de septembre et celui de mars.

Le dolmen est couvert d'une seule grosse dalle de 2,6 X 2,2 m, pesant plus de 6 tonnes. Celle-ci est tenue latéralement par quatre orthostates (une paire de piliers de chaque côté), tous inclinés vers l'intérieur de la chambre. Le chevet est également fermé par une dalle.

Les pierres sont encore enfoncées dans la partie subsistante du tumulus ; il s'agit d'un tertre artificiel (mesurant 8,5 X 6,6 m), rempli de pierres et de terre, qui était à l'origine ovoïde et beaucoup plus important puisqu'il recouvrait l'ensemble du dolmen.

À l'intérieur du monument mégalithique, il n'y a aucune gravure ou sculpture.

Datation[modifier | modifier le code]

Le mobilier archéologique découvert in situ lors de la campagne de fouille de 1975 et issu des premiers utilisateurs (cinq poignards en silex et six fragments de lames) permet de dater l'édification du dolmen au Néolithique final ou au Chalcolithique (première période de la Protohistoire), soit vers -2 200 à 2 000 av. J.-C.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Karl-Heinz Reichel, Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Créer, , 878 p. (ISBN 2-8481-9021-3), p. 393
  2. Sylvie Amblard, Inventaire des dolmens du département du Puy-de-Dôme, mémoire de maîtrise, Université Paris X - Nanterre, 1976, 2 vol.
  3. À propos de l'emplacement privilégié des mégalithes auvergnats sur les hauteurs, cf. Daniel Martin (dir.), L'identité de l'Auvergne, mythe ou réalité historique, Nonette, Éditions Créer, 2002, p. 53 (ISBN 978-2909797700)
  4. « Inventaire des mégalithes de France », Bulletin de la Société anthropologie de Paris, 1880, p. 123 (disponible sur Gallica).
  5. Paul Eychart, Le dolmen de Saint-Étienne-des-Champs (Puy-de-Dôme), 1969, p. 92.
  6. Arrêté de classement parmi les Monuments historiques, 3 mars 1989.
  7. Jean-Pierre Lagasquie, « Auvergne : Le sauvetage du dolmen des fées », dans Archéologia, n° 384, décembre 2001, p. 34-41. (ISSN 0570-6270)

Références à la base Mérimée[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]