Dokimasie

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Dans la Grèce antique, la dokimasie (en grec ancien : δοκιμασία) est l'examen officiel auquel sont soumis des personnes, parfois des animaux[1] ou des objets[2]. Il s'agit le plus souvent de vérifier leur capacité à s'acquitter de leur charge publique (charge de magistrat ou d'orateur politique ou rhéteur). Dès l'époque classique, Athènes imposait une dokimasie aux jeunes gens libres (voir éphèbes) avant de les intégrer au corps civique. À partir du IVe siècle av. J.-C., cette procédure est requise lorsqu'une cité accorde sa citoyenneté à des étrangers.

Charges publiques[modifier | modifier le code]

Magistratures[modifier | modifier le code]

À Athènes, les citoyens élus ou désignés par le sort pour une charge publique étaient examinés devant les thesmothètes, à l'exception des citoyens choisis pour composer la Boulè, qui subissaient la dokimasie de la part de leurs prédécesseurs. La vérification portait sur l'éligibilité en vue de la charge, c'est-à-dire sur les critères d'âge (trente ans minimum), l'appartenance à une classe censitaire (pour la charge d'archonte, à certaines époques), l'absence d'exclusion pour raison de cumul incompatible, d'exercice préalable de la même charge ou de sanction d'atimie[3].

Rhéteurs[modifier | modifier le code]

La dokimasia rhetoron était un serment prêté dans les tribunaux, vouant les parjures à la mort et à la ruine familiale[4].

Éphèbes[modifier | modifier le code]

Les éphèbes devaient se soumettre à la dokimasie, en tant que vérification de l'âge, pour être inscrits dans la liste des citoyens de leur dème[2].

Nouveaux citoyens[modifier | modifier le code]

En 427 av. J.-C., la ville de Platées fut détruite lors de la guerre du Péloponnèse. Des citoyens platéens se réfugièrent à Athènes et reçurent la citoyenneté athénienne après avoir dû prouver (par une dokimasie, donc) leur nationalité platéenne et leur amitié envers leur nouvelle cité[5].

L'obligation de la dokimasie pour acquérir la citoyenneté athénienne ne daterait cependant que du IVe siècle av. J.-C.. Il s'agit alors de vérifier que le droit de cité accordé est une récompense adaptée aux bienfaits de l'étranger ainsi honoré[6].

La procédure fut ensuite imitée, au IIIe siècle av. J.-C. par d'autres cités désireuses d'augmenter leur population de façon contrôlée[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Feyel, « La dokimasia des animaux sacrifiés », Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, vol. Tome LXXX,‎ , p. 33–55 (ISSN 0035-1652, lire en ligne)
  2. a et b (de) Volkmann, « Dokimasia », Der Kleine Pauly, Deutscher Taschenbuch Verlag, vol. 2,‎
  3. (en) « Oxford Dictionary of the Classical World », sur oxfordreference.com (consulté le 20 mars 2016)
  4. (en) Ober, « The Polis as a Society. Aristotle, John Rawls and the Athenian Social contract », The Ancient Greek City-State, Copenhague,‎ , p. 158, note 50 (lire en ligne)
  5. (en) Kapparis, « The athenian decree for the naturalisation of the Plataeans », Greek, Roman and Byzantine Studies, no 36,‎ , p. 359-380 (lire en ligne)
    traduit et commente le texte de Démosthène, Contre Néera.
  6. a et b Christophe Feyel, « La dokimasia des nouveaux citoyens dans les cités grecques », Revue des Études Grecques, vol. 120,‎ , p. 19–49 (DOI 10.3406/reg.2007.7855, lire en ligne)