Dodécaèdre romain

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Deux dodécaèdres et un icosaèdre. Rheinisches Landesmuseum Bonn. Les dodécaèdres proviennent de Bonn et Frechen-Bachem, l'icosaèdre d'Arloff.
Dodécaèdre romain en bronze trouvé à Tongres (Belgique), Musée gallo-romain de Tongres.
Dodécaèdre romain trouvé en Allemagne, en exposition au fort romain de la Saalburg, situé près de Bad Homburg (Hesse).

Un dodécaèdre romain est un petit objet creux de bronze ou de pierre en forme de dodécaèdre régulier à 12 faces pentagonales ayant chacune un trou circulaire en son centre. Ces objets datent du IIe au IIIe siècle apr. J.-C.

Exemplaires et hypothèses[modifier | modifier le code]

De l'ordre d'une centaine de dodécaèdres romains ont été trouvés de l'Angleterre à la Hongrie et à l'est de l'Italie. La plus grande part a été découverte en France et en Allemagne. Leur taille varie de 4 à 11 centimètres.

Un icosaèdre romain a également été découvert près d'Arloff en Allemagne, après avoir longtemps été classé à tort comme un dodécaèdre. Cet icosaèdre est actuellement exposé au Rheinisches Landesmuseum de Bonn[1].

La fonction et l'usage de ces dodécaèdres restent inexpliqués. Aucun document d'époque texte ou représentation n'en fait mention. De très nombreuses spéculations ont été proposées allant du chandelier, du dé, de l'instrument d'astronomie au gabarit pour conduites d'eau, mais aussi à l'outil utilisé en topographie. Un usage religieux a aussi été suggéré basé sur le fait que la plupart des exemplaires a été trouvé sur des sites gallo-romains.

Louis Malleret rapporte en 1961 la découverte d'artefacts du même type dans le delta du Mékong[2]. D'autres objets, bien que plus petits et faits en or ont été trouvés depuis dans le sud-est de l'Asie. Leur fonction décorative est hors de doute[3].

Représentation de l'as colonial de Lyon, figurant un dodécaèdre (en haut du revers, au-dessus de la proue).

André Steyert propose de voir sur l'as colonial de Lyon, un dodécaèdre romain qu'il identifie avec un dé à douze faces. En faisant un rapprochement avec le jeu médieval du dodéchédron de fortune il explique sa présence sur la pièce romaine comme un symbole de fortune, accompagné par ailleurs de la massue d'Hercule qui représenterait la force[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) C. Hill, « L Gallo-Roman Dodecahedra: a progress report », The Antiquaries' Journal, vol. 74,‎ , p. 289–292
  1. Benno Artmann, Euclid – The Creation of Mathematics (2012), p. 307–308.
  2. L. Malleret L., Les dodécaèdres d'or du site d'Oc-Eo, Artibus Asiae, vol. XXIV, 3/4, Ascona 1961, 343-350.
  3. Anna T. N. Bennett, Gold in early Southeast Asia, ArcheoSciences, 33, 2009, 99-107; Xiong Zhaoming, The Hepu Han tombs and the maritime Silk Road of the Han Dynasty, Antiquity, Vol.88, Iss.342, décembre 2014, p. 1229-43
  4. André Steyert, Nouvelle histoire de Lyon : et des provinces, de lyonnais, Forez, Beaujolais, Franc-lyonnais et Dombes, t. 1, Lyon, Bernoux et Cumin, , p. 133.

Liens externes[modifier | modifier le code]