Docteur No

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James Bond contre Dr No
Docteur No
Auteur Ian Fleming
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Roman d'espionnage
Version originale
Langue Anglais britannique
Titre Dr. No
Éditeur Jonathan Cape
Lieu de parution Londres
Date de parution 1958
Version française
Traducteur Jerry Hall
Éditeur Presses internationales
Collection Inter-espions no 9
Lieu de parution Paris
Date de parution 1960
Série James Bond
Chronologie

James Bond contre Dr No (Dr. No) est un roman d'espionnage de l'écrivain britannique Ian Fleming publié pour la première fois au Royaume-Uni en 1958. C'est le sixième opus de la série de livres de James Bond. La traduction française parue en 1960 a pour titre Docteur No avant que le titre français ne devienne en 1964 James Bond contre Dr No, avec plusieurs variantes selon les éditions.

L'agent secret James Bond est envoyé en Jamaïque pour faire la lumière sur la disparition des deux agents de la station locale du MI6. Ses investigations l'amènent à s'intéresser au Dr Julius No, un Chinois vivant sur l'île de Crab Key où il exploite du guano. Plusieurs personnes ont déjà trouvé la mort sur cette île.

Le roman est plutôt mal reçu par la critique, la charge étant menée par Paul Johnson qui résume le livre avec trois mots : « Sexe, snobisme et sadisme ». Cependant, il est le premier James Bond à être adapté au cinéma en 1962 sous le titre James Bond 007 contre Dr No, avec Sean Connery dans le rôle de 007. Il inaugure ainsi la série de films de James Bond produite par EON Productions. Le roman a aussi été adapté en comic strip en 1960 et en dramatique radio en 2008.

Résumé[modifier | modifier le code]

À Kingston, en Jamaïque, le commander John Strangways, chef de la station Caraïbes du MI6 (déjà vu dans Vivre et laisser mourir), et sa secrétaire Miss Trueblodd, sont assassinés par trois faux aveugles afro-asiatiques qui repartent avec les corps. Trois semaines plus tard, à Londres, l'agent secret britannique James Bond revient de convalescence après un grave empoisonnement à la tétrodotoxine infligé par l'agent du SMERSH Rosa Klebb (voir Bons Baisers de Russie). Son Beretta s'étant enrayé au moment inopportun, il doit l'échanger contre un Walther PPK et un Smith & Wesson jugés plus fiables et puissants par l'armurier, le major Boothroyd. M confie à 007 la mission d'enquêter sur la mystérieuse disparition des deux agents, ce qu'il considère être des « vacances ». Bond apprend que Strangways s'intéressait au Docteur Julius No, un reclus sino-allemand vivant sur l'île privée de Crab Key où il exploite du guano. Quatre membres de la Société nationale Audubon protégeant une colonie d'oiseaux rares installée sur l'île y ont trouvé la mort dans des circonstances suspectes.

À son arrivée en Jamaïque, Bond retrouve son vieil ami Quarrel (voir Vivre et laisser mourir) et il comprend vite que sa venue n'est pas passée inaperçue. Dès l'aéroport, il est suivi par une photographe asiatique un peu trop curieuse dont il n'arrive à tirer de force qu'une menace. Bond rencontre le Gouverneur intérimaire de la colonie qui, ne voulant pas de problèmes avant sa retraite, n'est pas enchanté de sa présence. Son adjoint le Colonial Secretary Pleydell-Smith se montre plus coopératif mais le dossier sur le Dr No a mystérieusement disparu. L'agent 007 est alors la cible de deux tentatives d'assassinat : un panier de fruits empoisonnés est livré à sa chambre d'hôtel et une scolopendre mortelle est placée dans son lit pendant qu'il dort.

Bond décide de se rendre avec Quarrel sur l'île de Crab Key pour enquêter sur le Dr No. Ils y font la rencontre de Honeychile Rider, une jeune et belle femme vivant seule de la vente des précieux coquillages qu'elle collecte. Repérés par les sbires de No, ils réussissent à leur échapper en se cachant sous l'eau dans la mangrove. Honeychile explique à Bond économiser de l'argent pour aller aux États-Unis se refaire son nez cassé. Bond se promet de s'occuper d'elle après sa mission. Le lendemain matin, il est réveillé par Quarrel qui a repéré, fonçant droit sur eux, ce qu'Honeychile dit être le dragon de l'île. Il s'agit en réalité d'un swamp buggy blindé équipé d'un lance-flammes. Leurs armes n'ont aucun effet sur le véhicule et Quarrel se retrouve brûlé vif sous les yeux de Bond et Honeychile qui n'ont d'autre choix que de se rendre.

Bond et Honeychile sont emmenés dans un luxueux complexe caché dans la montagne où ils sont accueillis comme d'importants clients d'un hôtel prestigieux. Ils sont invités à dîner avec le Dr No qui leur explique avoir été le trésorier d'un tong chinois de New York auquel il a volé une grosse somme d'argent. Les membres de l'organisation l'ont retrouvé, l'ont torturé puis lui ont coupé les mains avant de lui tirer une balle dans le cœur. Mais étant l'une des rares personnes à avoir le cœur à droite, il survécut. Il fit construire secrètement cette base sur l'île de Crab Key opérée par une communauté d'afro-asiatiques. Depuis son repaire, il sabote les essais des missiles américains envoyés des Îles Turques-et-Caïques en en prenant le contrôle radio avec l'aide des soviétiques qui sont prêt à payer une fortune pour retarder ou faire annuler le programme de recherche des américains, voire pour récupérer un des prototypes tombés en mer. C'est pour préserver le secret de son opération qu'il a tué les quatre membres d'Aublon et les deux agents du MI6.

Après le dîner, le Dr No leur dévoile la manière dont ils vont mourir. Honeychile est attachée à des rochers sur le chemin de milliers de crabes des palétuviers dans le but d'être dévorée vivante. Quant à Bond, un véritable parcours de la mort va tester sa volonté de survie et la capacité de son corps à résister à la douleur. Il doit ramper dans le système de ventilation où il lutte contre des chocs électriques, des brûlures et de grandes araignées venimeuses. L'épreuve se termine par un combat contre un calmar géant que Bond, exténué, remporte à l'aide d'armes improvisées. En retournant vers la base, 007 trouve le Dr No sur les quais en train de superviser le chargement de gouano dans un bateau. Il prend discrètement le contrôle de la grue et déverse son chargement sur le docteur qui meurt enseveli sous une tas de gouano. Bond retrouve rapidement Honeychile qui a réussi à se libérer toute seule. Ensemble, ils s'échappent de l'île avec le « dragon » puis le canoë d'Honeychile.

De retour en Jamaïque, Bond fournit assez d'éléments de preuves aux autorités pour qu'elles lancent immédiatement la prise d'assaut de la base, essayant de masquer leur inaction passé. Après avoir fait son rapport à ses supérieurs, Bond retourne auprès d'Honeychile...

Personnages[modifier | modifier le code]

Principaux[modifier | modifier le code]

Secondaires[modifier | modifier le code]

  • Commander John Strangways : chef de la station Caraïbes du MI6.
  • Miss Mary Trueblodd : agent du MI6 passant pour la secrétaire de Strangways.
  • Sir James Molony : médecin ayant soigné James Bond.
  • Major Boothroyd : armurier du MI6.
  • Chef d'État-Major du MI6.
  • Annabel Chung : photographe du Daily Gleaner.
  • Gouverneur intérimaire de Jamaïque.
  • Miss Taro : secrétaire de Pleydell-Smith.
  • Sœurs Rose & Lily : employées de la base du Dr No.
  • Bill Templar : Général de brigade commandant la Force de Défense Caribéenne.
  • Superintendant de police.

Lieux[modifier | modifier le code]

Écriture[modifier | modifier le code]

Major Boothroyd[modifier | modifier le code]

En , Ian Fleming reçoit une lettre de l'expert en arme à feu Geoffrey Boothroyd (en) qui critique le choix du pistolet de James Bond, un Beretta .25 qu'il considère comme une « arme de femme ». Il lui conseille plutôt un Smith & Wesson .38 ou un Walther PPK 9 mm. Fleming retient ce dernier qui deviendra l'arme emblématique de Bond à partir de Docteur No. Pour remercier Geoffrey Boothroyd, il donne son nom à l'armurier du MI6, le major Boothroyd qui deviendra « Q » dans les films de James Bond[1].

Publication et réception[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Dr. No est publiée le au Royaume-Uni par l'éditeur Jonathan Cape. La couverture de la première édition est dessinée par Pat Marriott et représente la silhouette d'une femme[2].

La traduction française de Jerry Hall parait en 1960 chez Presses Internationales sous le titre Docteur No. Il reparaît en 1963 sous le titre Dr No. Une nouvelle traduction de Françoise Thirion est publiée en 1964 chez Plon sous le titre James Bond contre Dr No. Cette traduction est également publiée par d'autres éditeurs sous les titres James Bond contre docteur No et James Bond 007 contre docteur No[3].

Réception[modifier | modifier le code]

Docteur No est le premier roman de Ian Fleming à recevoir un mauvais accueil de la part de la critique[réf. nécessaire]. Le plus virulent est Paul Johnson du New Statesman qui intitule sa critique « Sexe, snobisme et sadisme », et considère le livre comme « le plus dégoûtant qu'il ait jamais lu »[4].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Film James Bond 007 contre Dr No.

En 1960, Docteur No est adapté en comic strip publié quotidiennement dans le tabloïd Daily Express du au . Le strip est écrit par Peter O'Donnell et illustré par John McLusky (en)[5]. Il est réédité le par Titan Books (en) dans un album de bande dessinée d'anthologie regroupant également les histoires Les diamants sont éternels et Bons baisers de Russie[6].

En 1962, le roman est adapté au cinéma sous le titre James Bond 007 contre Dr No par le réalisateur Terence Young. C'est le premier film de James Bond produit par EON Productions, avec Sean Connery dans le rôle de 007, Joseph Wiseman dans celui du Dr No et Ursula Andress en Honeychile Rider. Si la trame principale du roman est conservée, plusieurs éléments sont modifiés comme le fait que le Dr No appartienne à l'organisation criminelle SPECTRE ou que la base utilise l'énergie nucléaire[7].

En 2008, à l'occasion du centenaire de la naissance de Ian Fleming, le roman est adapté en dramatique radio diffusé sur BBC Radio 4 le . Écrite par Mark Holden et Sam Barbour et réalisée par Martin Jarvis, l'adaptation met en scène Toby Stephens — le méchant de Meurs un autre jour — dans le rôle de James Bond et David Suchet dans celui du Dr No[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Bond's unsung heroes: Geoffrey Boothroyd, the real Q », sur The Telegraph, (consulté le 22 juillet 2018).
  2. (en) « Dr. No (1959) », sur mi6-hq.com (consulté le 21 juillet 2018).
  3. « Docteur No de Ian Fleming », sur 007.edition.free.fr (consulté le 21 juillet 2018).
  4. (en) Paul Johnson, « Sex, snobbery and sadism », sur New Statesman, (consulté le 21 juillet 2018).
  5. (en) « James Bond 007 Newspaper Comic Strips », sur mi6-hq.com (consulté le 21 juillet 2018).
  6. (en) « Comic strip Dr No - Titan Books », sur mi6-hq.com (consulté le 21 juillet 2018).
  7. (en) « Film Dr No », sur mi6-hq.com (consulté le 21 juillet 2018).
  8. (en) John Plunkett, « Radio 4 marks anniversary with new Dr No », sur The Guardian, (consulté le 21 juillet 2018).
  9. (en) « Saturday Drama - Dr No », sur BBC (consulté le 21 juillet 2018).