Djura

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Djura
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Biographie
Naissance
Nom de naissance
Djouhra Abouda LacroixVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Française
Activités

Djouhra Abouda Lacroix, connue sous le nom de Djura, née le 3 avril 1949[1] à Ifigha, en Algérie, est une chanteuse franco-algérienne de musique kabyle[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le père de Djura émigre en 1954 à Paris et la famille le rejoint dans le quartier de Belleville puis à La Courneuve[3]. Djura n'a que cinq ans et ne parle que le kabyle.

Études[modifier | modifier le code]

D'abord attirée par les métiers du théâtre et du cinéma que lui interdit son père, elle obtient son baccalauréat et retourne, à dix-sept ans, en Algérie, où son frère souhaite la marier.

Rentrée en France, Djura rompt avec sa famille, travaille pour subvenir à ses besoins et obtient une licence d'art plastiques.

Réalisations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Elle réalise alors deux courts métrages Algérie couleurs et Ciné cité.

En cherchant des musiques pour son long métrage, Ali au pays des merveilles, réalisé en 1976 sur la condition des travailleurs immigrés, elle rencontre son futur producteur et mari, Hervé Lacroix, qui lui conseille de s'engager dans la chanson. Le film, qui donne la parole à un manœuvre maghrébin confonté à une France méprisante ou indifférente, est présenté à la cinémathèque d'Alger[4],[5].

Fondation de l'ensemble DjurDjura[modifier | modifier le code]

En 1979, elle fonde le groupe DjurDjura, du nom de la montagne Djurdjura. Elle y associe plusieurs de ses sœurs, notamment Malha et Fatima. Leur premier disque sort la même année aux éditions Kondo-Râ[4].

Éclatement du groupe[modifier | modifier le code]

En 1986, un différend familial les sépare, qu'elle narre dans son roman autobiographique Le voile du Silence (1987)[6]. Le livre se vend à plus de 200 000 exemplaires[4].

Carrière solo[modifier | modifier le code]

Djura réalise ensuite des albums personnels, notamment Le Défi en 1986, A Yemma en 1990 et Uni-vers-elles en 2002.

Elle publie un essai La Saison des narcisses en 1993.

En 2008, elle crée L'Opéra des cités, fresque musicale qui retrace, à travers les yeux d’une petite fille venue en France à l’âge de 5 ans, l’histoire de l’immigration sur trois générations. Les talents des cités sont présentés sur les grandes scènes de France. Le projet a pour but d'instaurer le dialogue entre les communautés qui représentent la France multiculturelle. L'association Opéra des cités travaille à Marseille, dans les écoles, pour mettre en place une opération, un conte pour enfant qui est présenté à Marseille en juin 2012. L'Opéra des cités devrait ensuite se produire à Paris.

Par décret en date du 17 mars 2017, le président François Hollande a nommé Djura au Conseil économique, social et environnemental français[7].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Djouhra Abouda a été décorée en 2005 de la Légion d’honneur pour la « promotion de l’égalité des chances »[2].

Discographie[modifier | modifier le code]

Ensemble Djurdjura[modifier | modifier le code]

Solo[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le voile du Silence, 1987 ; Le Livre de poche, 1991
  • La Saison des narcisses, Michel Laffond, 1993, 233 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Déjeux, La littérature féminine de langue française au Maghreb, , p. 225
  2. a et b Nassima Benmalek, « France : Jura, la fondatrice du groupe Djurdjura, personnalité associée au CESE », observalgerie.com, 7 avril 2018 : « La chanteuse franco-algérienne Djouhra Abouda (Jura), fondatrice du groupe de musique « Djurdjura », a été nommée personnalité associée au Conseil économique, social et environnemental (Cese). »
  3. « Quand Djura chante », Afrik.com, 19 mars 2018.
  4. a b et c Achour Cheurfi, Portrait de Djura, Dictionnaire des musiciens et interprètes algériens.
  5. Élodie Maillot, « Algériennes et chanteuses », musique.rfi.fr, 28 mars 2002.
  6. « L'âme du groupe Djurdjura vient de publier un livre, «Le voile du silence» dans lequel elle nous apporte la vie d'une petite fille de Kabylie, née peu de temps avant le déclenchement de la guerre de libération algérienne, celle de l'adolescente émigrée à Paris pendant les années de guerre et vivant dans les taudis du boulevard Masséna, celle enfin de la jeune femme qui veut vivre libre et que son frère a failli tuer parce qu'elle avait choisi de vivre avec un homme qui n'était pas de sa culture, de sa tradition, de sa religion. » », résume un article de L'Humanité du 22 juin 1990 ([1].
  7. Mohamed El Ouazguiti, « Président François Hollande nomme l’artiste Amazighe Kabyle DJURA au Conseil économique, social et environnemental », amazighworld.org, 4 avril 2017.

Liens externes[modifier | modifier le code]