Dix-neuf poèmes anciens

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Les Dix-neuf poèmes anciens (en chinois traditionnel 古詩十九首, en chinois simplifié 古詩十九首, en pinyin Gǔshī Shíjiǔ Shǒu) sont une anthologie de poèmes populaires chinois de la dynastie Han. La plupart sont anonymes. Ce sont des classiques de la poésie chinoise. Extrêmement connus et abondamment commentés en Chine, ils restent encore très peu connus en Occident au début du XXIe siècle, malgré les nombreuses traductions dont ils ont fait l'objet[1].

Auteur et date de composition[modifier | modifier le code]

Les noms du ou des auteurs des Dix-neuf poèmes anciens sont inconnus, tout comme la date de leur composition et celle à laquelle ils ont été regroupés. On suppose qu'ils ont été écrits sous la dynastie Han, quelque part entre le IIIe siècle av. J.-C. et le début du IIIe siècle apr. J.-C.[2] Dans son édition française aux Belles Lettres, Jean-Pierre Diény estime qu'ils n'ont pas été composés avant la fin du Ier siècle av. J.-C., probablement sous les Han orientaux, après les premiers développements des poèmes en pentamètres par les hommes de lettres Ban Gu et Zhang Heng[3].

Les Dix-neuf poèmes anciens ont été conservés dans l'anthologie Wen siuan compilée par le prince Xiao Tong au début du VIe siècle[2].

Influences[modifier | modifier le code]

On reconnaît dans les Dix-Neuf Poèmes anciens l'influence du Classique des vers, notamment des « Airs des pays » (Guo feng), mais aussi des Chants de Chu et des chansons populaires des Han (yuefu).

Contenu[modifier | modifier le code]

Les Dix-neuf poèmes anciens sont composés en pentasyllabes. Ils ont pour thèmes principaux la séparation entre les êtres aimés et la méditation sur la mort. Le style se caractérise par sa sobriété[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avant-propos de Jean-Pierre Diény à son édition des Dix-neuf poèmes anciens, p. XI.
  2. a et b Avant-propos de Jean-Pierre Diény à son édition des Dix-neuf poèmes anciens, p. XII.
  3. Introduction de Jean-Pierre Diény à son édition des Dix-neuf poèmes anciens, p. XXXVIII.
  4. Article « Gushi Shijiushou », dans André Lévy (dir.), Dictionnaire de la littérature chinoise, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1994, rééd. 2000, p. 101

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions et traductions
  • Les Dix-neuf Poèmes anciens, texte établi, traduit et annoté par Jean-Pierre Diény, Paris, Belles Lettres, 2010. (Texte chinois et traduction française.)
  • « Dix-neuf poèmes anciens », Centre franco-chinois d'études sinologiques, Pékin, septembre-, 2e année, n°9, p. 716-720, et n°10, p. 122-125. (Traduction française.)
    • repris dans Paul Demiéville (dir.), Anthologie de la poésie chinoise classique, « Poésie », Gallimard, 1962, p. 90-102.
  • (en) Anne Birrell, Popular Songs and Ballads of Han China, Londres, Unwin Hyman, 1988.
  • (de) Erwin Von Zach, Die Chinesische Anthologie, Übersetzungen aus dem Wen hsüan, Cambridge, Harvard University Press, 1958, 2 volumes (traduction des Dix-neuf poèmes dans le volume 1, p. 513-520).
  • (en) Wai-lim Yip, Chinese Poetry: An Anthology of Major Modes and Genres , Durham-Londres, Duke University Press, 1997. (ISBN 0-8223-1946-2)
Études savantes
  • (en) Burton Watson, CHINESE LYRICISM: Shih Poetry from the Second to the Twelfth Century, New York, Columbia University Press, 1971. (ISBN 0-231-03464-4)